Ibid., p
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tache à un contre-sens sur Matth., xxrim, 35, l'histoire d meurtre de Zacharie. — L'auteur doit être Juif de nais sance; la langue du livre, trés voisine de celle de l’An cien Testament, et très différente de celle de l Évangi de Thomas (1ssu de cercles gnostiques), en est une preuv manifeste. Mais les erreurs géographiques importante qui se rencontrent dans l'ouvrage montrent bien qu'il ne faut pas en chercher l'auteur en Palestine. On peut conjecturer avec quelque vraisemblance que l'on a affaire à un judéo-chrétien hellénistique, originaire d'Égypte ou d’Asie-Mineure, et qui a écrit dans les premières années du r1? siècle.
La thése de Zahn sur l'unité et la haute antiquité du Protévangile actuel ne saurait plus être soutenue depuis les travaux de Berendts !, dont voici les conclusions. — Divers catalogues de livres apocryphes signalent une apo- calypse de Zacharie ?, dont 1l faut rechercher les traces dans l'ancienne littérature chrétienne. De cette étude il ressort que l'auteur supposé de cette apocalypse ne saurait étre ni Zacharie fils de Joiada tué par ordre du roi Joas (II Chron., xxiv, 20-22), n le prophète post-exilien du
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méme nom. Il n'y a pas de preuves suffisantes, en effet, pour admettre l'existence d'une apocalypse apocryphe mise sous le nom de l'un ou l'autre de ces personnages. Au contraire 1] n'est pas douteux qu'il ait existé un livre apocryphe qui aurait eu pour auteur prétendu ou pour objet Zacharie père du Baptiste. En étudiant les diverses traditions qui se retrouvent dans les auteurs ecclé-
1. A. Berendts, Studien über Zacharias-Apokryphen und Zachariaslegenden, Leipzig, 1895 ; et Die handschriftliche Ueberlieferung der Zacharias und Joannes Apokryphen. Texte und Untersuchungen, t. xxvi (INF... x1, fase 8}.
2. 1) Description des soixante livres canoniques : dans Preuschen, Analecta, p. 159. — 2) Stichométrie de Nicéphore, ibid., p. 157 ; et les textes apparentés,
ue sur la mort de Zacharie on arrive à la con-
elusion suivante 1 : ces différentes traditions ont toutes une racine commune, étant sorties de l’interprétation donnée par les chrétiens hellénisants du passage évangélique, BLUE xxm, 35; Luc., xr, 51. On s'est. imaginé que le Zacharie tué par les Juifs entre le sanctuaire et l'autel n'était autre que le pére du Baptiste. Seulement 1l existe sur les circonstances de sa mort des traditions différentes. La plus ancienne est celle des gnostiques, qu' Épiphane nous a conservée ?; elle est originaire de Syrie et a dû prendre corps avant le dernier quart du second siècle, peut-étre méme beaucoup plus tót. Il s'est formé d'autre part, en connexion plus ou moins étroite avec des traditions locales, une légende de la mort de Zacharie, qui a emprunté des traits à des histoires rabbiniques, peut-être méme à quelque ancien apocryphe juif. Elle a pu naitre vers l'an 135 de l'ére chrétienne, mais elle n'apparait d'une manière précise qu'à la fin du rn? siècle, et en Égypte. Débarrassée d'un grand nombre de ses éléments, elle s'est finalement incorporée au Protéeangile, mais ce ne doit pas être avant la fin du 1v? ou le commencement du v? siécle. Les premiers témoins de sa pré-