Cf. plus loin, p
2. Dans H. Gelzer, S. Julius Africanus und die byzantinische Chrono- : graphie, Leipzig, 1885, t. 11, 1, p. 326-328. — Le texte aussi dans les Monumenta Germaniz historica, Auctor. antiquiss., t. 1x, p. 278-279. In his diebus sub Augusto, Kalendas Januarias, magi obtulerunt ei (Christo) munera et adoraverunt eum; magi autem vocabantur Bithisarea, Melichior, Gathaspa. Audiens autem Herodes a magis quoniam rex natus essel, conturbatus est et omnes (sic) Hierusolima cum eo, et videns, quia inlusus esset a magis, misit homicidas suos dicens : interficite omnes pueros a bimatuet infra. Herodes autem querebat Johannem et misit ministros ante altarem ad Zachariam dicens illi : ubi abscondisti filium tuum? an ignoras quia potestatem te habeo occidendi et sangui tuus in manibus meis est? et dixit Zaxarias ; ego testes sum Dei viventis : tu effundis sanguinem « meum, spiritum autem meum dominus recipiet, et sub aurora occisus est Zacharias.
Elisabeth autem cognoscens quia querebatur (sic) Iohannes, adprehendens eum ascendit in montana et aspiciebat ubi eum absconderet. tunc suspirans Elisabeth exclamavit dicens : mons dei, suscipe me matrem cum filio.et statim scissus est mons et recepit eos. E In his diebus planzerunt Zachariam et fleverunt eum tribus diebus et tribus noctibus, et suscitavit eis dominus deus in loco Zachariæ Symeonem. iste acceperat responsum ab angelo non visurum se mortem, nisi videret Christum Domini incarne. et videns eum dizit: nunc dimittis servum tuum, domine, in pace, quia viderunt oculi mei salutarem tuum, quod parasti ante faciem populorum lumen ad revelationem gentium et gloria plebis tuz Israhel.
La Chronique du Barbarus Scaligeri est certainement une traduction d'un original grec; cf. Monumenta, ibid., p. 83-84. 3. Cf .plus haut, p. 83 n. 3.
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histoire intitulée : « Narration de la naissance de Jean le Précurseur et du meurtre de son pére Zacharie !. » C’est un récit trés bref, qui raconte d'une manière assez semblable à celle du Protévangile actuel la mort de Zacharie père du Baptiste. La grande brièveté du morceau empéche d'y voir un apocryphe complet; ce peut étre un abrégé d'une histoire plus considérable. Mais, en tout état de cause, il est difficile de considérer ce morceau comme un remaniement des chapitres xxii à xxiv. du Protévangile. Sans doute, l'économie générale des deux récits est la méme, mais 1l y a dans le détail des différences trop importantes pour que l'on puisse admettre cette hypothése. On se trouve bien en présence de deux récits différents et indépendants l'un de l'autre. Le fait que c'est tantót l'une, tantót l'autre des deux légendes qui se montre le plus compléte, en est une bonne preuve. Méme, à quelques endroits, les deux narrations sont complétement divergentes et ne peuvent plus se recouvrir. Tout ce que l'on peut admettre, c'est donc l'existence d'un récit primitif dont le Protévangile, dans les ch. xxu à xxiv, et la légende slave seraient deux recensions abrégées. Cette hypothése de Berendts, qui retranche du texte actuel les chapitres relatifs à la mort de Zacharie, a généralement rencontré bon accueil parmi les critiques; 1] ne sera plus désormais possible d'en faire abstraction dans l'étude du Protévangile.
Conrady a cru devoir le faire cependant dans la volumineuse étude qu'il a consacrée aux sources des récits canoniques de l'enfance ?. Mais son attitude dépend de la maniére toute spéciale dont il envisageles rapports du
1. Berendts, Die handschriftliche Ueberlieferung, a fait connaitre un certain nombre de textes grecs inédits, étroitement apparentés avec le texte slave dont il avait publié la traduction.
2. Conrady, Die Quelle der kanonischen Kindheitsgeschichte Jesus Góttingen, 1900.
Protévangile avec saint Matthieu et saint Luc. La pre mière impression que l’on éprouve à la lecture de notr apocryphe, c’est que, dans les passages parallèles au récits canoniques, l'auteur ne fait qu'arranger à sa manière les données fournies par ces derniers. Tous les cri tiques sont de cet avis, et considèrent le Ier et le IIIe Évan gile comme les sources de Pseudo-Jacques. Resch !, il est vrai, avait expliqué d'une manière différente, l'incontestable parenté du Protévangile et des récits canoniques. Il n'y aurait pas dépendance du premier à l'égard des seconds, mais dépendance commune de tous ces écrits à l'égard d'un récit primitif. Cet ouvrage, selon toute vraisemblance composé en hébreu, devait porter un {1tre comme : tóledót Yé3à' a, ou Liber generationis Jesu. Tel que Resch avait cru pouvoir le reconstituer, il compre- nait l'ensemble des récits relatifs à l'enfance de Jésus
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qui se retrouvent dans saint Matthieu, saint Luc et le Protévangile. Avec une hardiesse qui ne laisse pas que de surprendre, Conrady, poussant à bout l’idée de Resch, a fait de notre Protévangile dans son état actuel la source hébraïque d’où sont dérivés postérieurement les récits
canoniques de l’enfance. C’est dire qu’il renverse du tout au tout les rapports jusqu'à présent admis entre ces deux catégories de récits. C’est dire également qu'il accepte comme démontrée l'unité du Protévangile actuel, et qu'il déclare de nulle valeur les observations proposées par Berendts sur la légende de Zacharie.
Ce sont des pages curieuses que celles où Conrady étudie la source découverte par lui à nos Évangiles canoniques. En un long chapitre il analyse l'esprit de cet ouvrage. Il estle fruit, dit-il, non de la recherche historique; mais de l'imagination. Tout, à l'exception des noms histo-
1. Resch, Das Kindheïtsevangelium nach Lukas und Matthäus unter Herbeiziehung der aussercanonischen Paralleltexte. Texte und Untersuchungen, 1897, t. x, fasc. 3.
riques et de la grotte de la nativité, y est l’œuvre de l’imagination créatrice d'un poète qui a voulu demeurer inconnu. Si libre pourtant que paraisse l'évangéliste dans la composition de son histoire, il n'est pas indépendant des écrits de l'Ancien Testament ; c'est à eux qu’il emprunte nombre des motifs qui lui servent à illustrer son thème. Il ne faudrait pas cependant en conclure trop vite que c'est dans les milieux juifs qu'il faut chercher l'auteur du Protévangile; sous un vêtement hébreu se cache un esprit profondément imprégné de paganisme. En particulier, la manière dont l’auteur fait de Marie le centre de son œuvre, la manière dont il conçoit le Messie, détonent singulièrement aussi bien avec les idées juives qu'avec les idées chrétiennes. Cette préférence accordée à la mère au détriment du Sauveur est en contradiction avec l’esprit de l'Évangile authentique ; c’est le premier symptôme de l'invasion de l'esprit païen dans le christianisme : le Protévangile est la première légende qui s’élève du sol paien, ce ne sera pas la dernière.
Ces remarques sur le paganisme de l'auteur nous font découvrir aisément son lieu d'origine. C'est en Égypte qu'au début du 1v? siècle se trouvent développées les idées de pureté et d'ümpassibilité, qui ont servi à faire le portrait de Marie; c'est aux alentours d'Alexandrie, terre classique du syncrétisme religieux, qu'il faut chercher un terram favorable à l'éclosion de ces légendes paiennes relatives à des mystéres juifs ou chrétiens. Car, il ne faut pas se le dissimuler, ce n'est pas une histoire ordinaire que veut raconter l'auteur; 1l faut avoir l'esprit singuliérement obnubilé, pour ne pas découvrir, sous l'histoire de Joachim, d'Anne, de Marie et de Jésus enfant, un vieux mythe égyptien. Le Protévangile de Jacques n'est pas autre chose que la légende d'Isis, mais dans son dernier état, alors que cette divinité était considérée comme un numen virginale. Nous ne suivrons pas Conrady dans les preuves qu'il donne de cette singulière théorie, ce serait
entrer dans le domaine de la haute fantaisie. Qu'il nous suffise d'indiquer sommairement que Joachim n’est autre que Qeb le dieu de la terre, le Kronos des Grecs, qu' Anne est identifiée à la déesse du ciel, Nut, la Rhéa dela mythologie grecque. Naturellement Marie n'est pas différente d'Isis, Jésus enfin n'est pas autre qu'Osiris; il parait en effet que dans le dernier état de la légende i1siaque les rapports entre Isis et Osiris étaient ceux de la mère et du fils. Notons de plus que tous ces acteurs ne sont autres que des personnifications de la terre, du ciel, de la lune et du soleil, et nous aurons quelque idée de l'imbroglio que devient l'histoire assez simple qu'avait imaginée ^ Pseudo-Jacques. Α lire ces pages, on se demande parfois avec quelque inquiétude si l'on n'a pas affaire à une mystification.
Quant au but de l'auteur du Protévangile, qui l'eüt — pensé? c'était de donner au culte d'Isis un regain de^ jeunesse et d'actualité par l'infusion d'idées nouvelles. Nombreux étaient en Palestine à la fin du 1*T siècle les lieux du culte consacrés à Isis ou à Sérapis; il faut citer « en particulier la grotte de Bethléem qui devait être consacrée aux initiations isiaques. L'auteur du Protévan-« gile, plus ou moins conscient des progrès du christia-« nisme à l'époque, plus ou moins de connivence avec les prétres égyptiens installés à Bethléem ou à Jérusalem, a cru bien faire en présentant la légende d'Isis sous des traits reconnaissables pour les chrétiens, en attirant ceuxci vers la grotte de Bethléem. Sans aucun doute 1l serait 1 contraire à toute vraisemblance historique de considérer « cette tentative hardie comme le produit d'un effort individuel. A la racine de tout cela 1] faut bien imaginer un développement religieux qui est resté inconnu aux écrivains ecclésiastiques. Mais les historiens | ecclésiatiques n'ont pas connu l'Égypte, et c'est dem ce côté-là seulement qu'on peut trouver des documents « sur le mystérieux travail qui a fait passer dans le domaine |
Bini koc
de la tradition chrétienne les éléments des cultes mythologiques et naturalistes de l'ancienne Égypte. Le Protévangile est à cet égard un monument unique dans l'ancienne littérature chrétienne. Résumons la thèse de Conrady : « Le Protévangile de Jacques est une œuvre d'une remarquable unité; il a été composé en hébreu dans les toutes premières années du m siècle, par un alexandrin dévot à Isis, qui a caché sous les traits d'une légende chrétienne, l'histoire de la divinité qu'il servalt. »
On ne s'étonnera pas que cette thése hardie n'ait pas ralhé les adhésions de la critique. Harnack ! qui ne connaissait encore que les premières études de Conrady rejette d'une manière formelle l'unité du livre. Les traces d'une compilation sont évidentes pour lui. Le morceau, xvin-xx, dans lequel Joseph raconte à la première personne les miracles qui précédent la naissance du Christ, la rencontre avec la sage-femme et l'arrivée à la grotte, tranche nettement sur tout le reste. C'est ce morceau qui renferme le récit de la nativité de Jésus-Christ. Les: chapitres xxr-xxiv forment une histoire particulière. Enfin les chapitres 1-xvii présentent un tout complet, mais là encore i1 y a quelques inconsistances dans la narration (ex.: au ch. viri, Marie a douze ans; au ch. xir, elle en a seize). On devrait donc dans le Protévangile actuel distinguer trois parties : 1) 1-xvir, l'histoire de la conception, de la naissance, et de la vie de Marie, jusqu'au moment oü le récit rejoint les Évangiles canoniques. 2) L'histoire de la naissance de Jésus racontée par Joseph; on pourrait appeler ce morceau l' Apocryphum Josephi ?. 3) La légende de Zacharie : Apocryphum Zacha-
1. Die altchristliche Litteratur, Chronologie, t. 1, p. 598-603.
2. Harnack ne donne pas les chapitres qui y correspondraient, on peut y rapporter les c. xviu-xxi, ce dernier chapitre mentionne en en effet Joseph dés le début.
riæ. — Le plus récent de tous ces morceaux est indubi tablement le premier. Le second, qui débute par le récit de la vision de Joseph et qui par le style se distingue du
premier, a été écrit pour affirmer la virginité de Mari in partu et post partum. Bien que, selon toute vraisemblance, il utilise l'Évangile de Jean, il peut étre relativement ancien, et originairement gnostique, quoique € dernier point ne soit pas démontré. Quant à la troisié-
la légende de Zacharie assez avant dans le 11° siècle, il est: impossible de fixer la date, même approximative, de la
me partie, encore que l'on puisse retrouver des traces de
rédaction actuellement insérée dans le Protéeangile. — 88 l’on cherche à déterminer la date de la rédaction finale, | voici d'abord les renseignements que fournit Léa du livre lui-même: L'auteur utilise non seulement les
Évangiles canoniques de l'enfance qu'il cite parfois tex=« tuellement, mais encore le IVe Évangile. Salomé en. effet exige du miracle de l'enfantement virginal une | preuve tangible, comme Thomas dans l'Évangile de saint Jean en demande une de la résurrection du Christ 15 la parole adressée par le grand-prétre à Joseph et à Marie« après l'épreuve des eaux améres rappelle le mot que dit. Jésus à la femme adultère ?. En dehors des Évangiles canoniques, Pseudo-Jacques n'a visiblement utilisé au- | cune autre source, il a de toutes pièces fabriqué un roman. L'attitude qu'il adopte à l'égard du judaïsme pourrait faire croire de prime abord que l'on a affaire à un judéo- | chrétien; mais ce qu'il rapporte des coutumes juives témoigne, chez l'auteur et chez le publie auquel il. s'adresse, d'une trop grande ignorance des conditions
réelles de la vie Juive, pour que l'on puisse accepter cette
E WA E fe ΕΝ. E 1. Comparer Joa., xx, 25 : 'E&v μὴ βάλω τὸν δάχτυλόν uou εἰς τὸν τόπον. HS , \ , ΄ Y ^ , « ΄ FAT τῶν ἥλων... οὐ μὴ πιστεύσω, et Protév., x1x, 3 : ἐὰν μὴ βάλω τὸν δάχτυλόν μου χαὶ ἐρευνήσω τὴν φύσιν αὐτῆς, οὐ μὴ πιστεύσω. MS
2. Comparer Joa., viu 11: Εἰπεν δὲ ὁ ᾿Ιησούς" οὐδὲ ἐγώ σε διαχρίνω;
εἰ Prolév., XVI, 3: οὐδὲ ἐγὼ χρίνω ὑμᾶς.
| hypothèse. Pourtant cette attitude même à l'égard du | judaïsme peut nous renseigner sur l’époque de la compo- |sition ; car on ne voit pas que dans l’antiquité chrétienne on en ait pris de semblable avant l’époque de saint | Irénée. C’est seulement après que les gnostiques hellénisants auront cherché à discréditer la religion de Moïse let tout l'Ancien Testament, qu'on éprouvera le besoin de renouer le lien entre l’Église et la Synagogue. Dans ces conditions, et tout bien considéré, on ne voit pas de raison pour situer la composition du livre à la fin du n? siècle et méme il est difficile d'accepter qu'il ait pris naissance au 111 siècle.
C'est ce que confirme l'étude des témoignages. Si les auteurs du rv? siècle, en effet, semblent avoir connu le Protévangile dans son état actuel, le silence d'Eusébe à son égard ne laisse pas que d’être singulier; on pourrait en conclure que le livre n'était pas en circulation au début du 1v? siècle. Cette conclusion devrait être admise s'il n'y avait la référence que fait Origène, dans le Commentaire sur saint Matthieu, à certain Livre de Jacques, Qí6Xoc ᾿Ιαχώθου, qui parlait du premier mariage de | Joseph. Cette mention se trouve dans la première partie de notre Protévangile, il est donc indubitable qu'Origène l'a connue ; mais 1] ne connaît certainement pas la dernière partie, puisqu'il donne de la mort de Zacharie une version toute différente de celle du Protévangile. En résumé, Origène est le plus ancien témoin pour la γέννησις Μαρίας qui forme la partie principale de notre livre. Cette première partie a donc pu paraître quelque temps auparavant, peut-étre en Égypte. En tout cas, il n'est pas prudent de s'éloigner beaucoup de l'époque d'Origéne. La seconde partie du Protéeangile actuel que lon peut désigner sous le titre d'Apocryphum Joseph de nativitate Jesu et de virginitate Mariz in partu et post parium (xvin-xx1) a quelques parallèles dans l'ancienne littérature chrétienne, dans Clément d'Alexandrie (Stro-
PROTEY, — 7
98 HISTOIRE DU LIVRE mates, vii, 16), dans l’Ascension d'Isaie et dans Justi (passages mentionnés plus haut). Mais la question es de savoir s'il s'agit d'emprunts faits directement au Proté vangile, ou simplement d'échos d'une tradition légendai où aurait aussi puisé notre apocryphe. Il n'est done pas possible d'affirmer que le morceau, xvir1-xx1, existait déji au cours du ri? siècle. — En résumé donc : 1) La légende de Zacharie n'existait pas au second siécle dans l'état oü la donne notre Protévangile. 2) Il n’est pas certain non plus que la légende de Jésus existât à la méme époques 3) La légende de la nativité de Marie n'est pas de beaucoup antérieure à Origène. 4) La compilation de ces divers morceaux a dû se faire avant le milieu du 1v? siècles
D'une manière générale les critiques semblent se ranger à ces opinions, Ehrhard ! accepte dans les grandes lignes! l'hypothése de Harnack; pour lui, la rédaction définitives doit se placer avant le milieu du rv? siècle, mais posté: rieurement au concile de Nicée. On sait, en effet, que les ouvrages antérieurs à ce concile ont été peu copiés dans; les siècles suivants, et ce n'est pas le cas du Protévangile. dont 1l existe un trés grand nombre de manuscrits. — Bardenhewer ? admet lui aussi le caractére composite de l'écrit; le fait pourtant que Justin semble dépendre du Protévangile, lui ferait placer dans les premières décades du 118 siècle la rédaction de l'écrit fondamental. L'auteur, | en toute hypothèse, ne peut être qu'un judéo-chrétien; | mais son ignorance grossière de la géographie palestinienne exclut l'hypothése qui en ferait un habitant de la Terre Sainte; ce devait être un Égyptien ou un Asiate.M
1. Die altchristliche Litteratur und ihre Erforschung von 1884-1900, p. 142-153.
2. Geschichte der altkirchlichen Litteratur, V. 1, p. 403-406. — Neubert, « Marie dans l' Église anténicéenne, Paris, 1908, p. 160, note, a discuté M sommairement l'opinion de Harnack, il tendrait à placer beaucoup — plus haut la composition de l'écrit fondamental. 3
Les renseignements qu'il fournit sur la vie de la Vierge | avant l'annonciation sont dépourvus de toute valeur historique; son but évident était la glorification de la mére | du Sauveur. — Meyer enfin ! considére lui aussi la légende | de Zacharie comme une addition postérieure; le Proté- | eangile n'aurait acquis sa forme actuelle qu'au début du v? siécle. Mais l'écrit fondamental remonte beaucoup | plus haut; il est l'eeuvre, non pas comme l'ont pensé quelques-uns, d'un judéo-chrétien, mais d'un chrétien or- | dinaire. Puisque (Clément) et Origéne sont les premiers à le citer, cet auteur a vraisemblablement écrit en
| Égypte.
De la revue des opinions à laquelle nous nous sommes | livrés, plusieurs conclusions semblent se dégager. 1) Il | est impossible de soutenir l'unité fondamentale du Protéeangile actuel; la légende de Zacharie est certainement un appendice qui n'a été ajouté à l'ouvrage qu'à une date assez récente (fin du rv? ou commencement du v* siècle). Mais d'autre part la distinction que fait Harnack | entre l'Apocryphum Mariæ et l'Apocryphum Josephi est | d'un ordre tout à fait différent. Il s'agit moins ici de deux documents juxtaposés à une date tardive, que de deux sources utilisées simultanément, par un auteur qui écrivait vers le milieu ou vers la fin du ri? siècle, et qu'on peut appeler en toute vérité l'auteur du Protévangile de Jacques.
:2) Cet auteur n'est pas à rechercher en dehors de la grande Église. Il faut renoncer à en faire, comme Tischendorf le voulait, un ébionite, füt-ce un ébionite orthodoxe. Ce n'est pas davantage un gnostique. Les traces de docétisme qu'on a voulu relever dans son œuvre sont insignifiantes; il n'y a pas de vestiges non plus de spéculations gnostiques. On a voulu en trouver dans le