P. G., t. xrvi, col
h. Mémoires, X. 1x, p. 612.
9. P. G., t. zxxvi, col. 1124 sq., — il y a identité d'expression entre les développements de la premiere partie de Grégoire et les c. xxiv et xxv de Cyrille.
de Zacharie pére de Jean-Baptiste, que sur la naissance et le mariage de la Vierge. » En effet, aprés avoir en un exorde solennel exalté la grandeur de ce jour et célébré la virginité de Marie dans son enfantement, l'auteur s'avise d'appeler comme témoin de ce miracle le grand prêtre Zacharie : « Guidé par l'Esprit prophétique vers la connaissance des choses cachées, il connut le mystère de la virginité de Marie demeurée intacte dans son enfantement. Π ne refusa donc pas d'admettre dans le iuge à la place réservée par la loi aux vierges, la mère” H qui n'avait pas connu d'époux... Ainsi il ne l'écarte point de la place réservée aux vierges, et c'était l'espace com- pris entre le sanctuaire et l'autel. Or quand les Juifs en-x
tendirent parler du roi de la création entré de cette ma-«
nière dans la vie humaine, ils craignirent d’être soumis | à ce roi, et ils tuèrent prés de l'autel même, alors qu'il sacrifiait, le prêtre qui avait rendu ce témoignage sur l'enfantement. » On le voit, l'auteur du Sermon connait, « sur la mort de Zacharie pére du Baptiste, une version toute différente de celle que donne le Protévangile; la- méme qu'Origéne rapporte /n Matth, num. xxv et xxvi. Toutefois Grégoire connaissait notre apocryphe. Aprés la digression dont nous venons de parler, il prétend ramener ses auditeurs à Bethléem, « pour y contempler ce spectacle nouveau, la Vierge qui exulte dans son enfantement, la femme qui n'a point connu le mariage et qui pourtant allaite un nouveau-né. Mais d'abord écoutons son histoire, qui elle est, d’où elle vient, d’après ceux qui ont raconté sa vie. Or j'ai lu certaine histoire apocryphe qui sur elle faisait le récit qui va suivre (ἤχουσα τοίνυν ἀποχρύφου τινὸς ἱστορίας, τοιαῦτα παρατιθεμένης τὰ περὶ αὐτῆς διηγήματα), » col. 1137. Ici commence un résumé assez exact du Protévangile, entrecoupé çà et là de gloses, d'explications, de développements oratoires qui respectent assez bien le sens général du texte. Plusieurs épisodes sont néanmoins passés sous silence :
l'épreuve des eaux amères et l’histoire de Salomé. La grotte de Bethléem qui est mentionnée se trouve néanmoins être une étable; c’est-à-dire que l’orateur accomplit déjà la fusion entre les données du Protévangile et celles de saint Luc. Le fait d’ailleurs que le Sauveur naît entre deux animaux, prête à des développements oratoires, qui se retrouveront dans toute la littérature postérieure. C’est alors, en effet, « que le bœuf reconnaît son maître et l’âne la crèche de son Seigneur » (Isaïe, 1, 3). Le sermon se termine par des considérations sur l'arrivée des mages, leurs présents, enfin par des apostrophes fort oratoires et quelque peu ampoulées sur le massacre des Innocents. C'est tout le sujet de notre Protévangile jusqu'à la légende de Zacharie.
ÉPrPnANE est bien renseigné sur le compte de notre apocryphe, et le considère comme un récit digne de confiance. Il ne le confond pas en effet avec cette γέννα Μαρίας dont se servent les gnostiques qu'il a connus en Égypte (Hares., xxvi, 12), et qui racontait d'une manière si étrange la mort de Zacharie; ni avec les livres mis par les ébionites sous le nom de Jacques frére du Seigneur !, Ce n'est point à des livres composés ou utilisés par des hérétiques que l'auteur du Panarion accorderait sa confiance, et sa confiance dans le Protévangile est fort grande, puisqu'il lui emprunte des arguments pour réfuter les hérétiques qu'il appelle antidicomarianites 2 Comme leur nom l'indique, ces derniers en voulaient à l'honneur
1. Hzres., xxx, 23, P. G., t. x11, col. 444. Il n'est pas vraisemblable qu'ils'agisse ici du Protévangile de Jacques. Dans la méme hérésie, (col. 432), il est question d'Actes apocryphes des apôtres possédés parles Ebionites : πράξεις δὲ ἄλλας χαλοῦσιν ἀποστόλων εἶναι, ἐν αἷς πολλὰ τῆς ἀσεδείας αὐτῶν ἔμπλεα ἔνθεν οὐ παρέργως χατὰ τῆς ἀληθείας ἑαυτοὺς ὧπλισαν. ᾿Αναδαθμοὺς γάρ τινας xal ὑφηγήσεις δῆθεν ἐν τοῖς ἀναδαθμοῖς ᾿Ιαχώθου ὑποτίθενται, ὡς ἐξηγουμένου κατά τε τοῦ ναοῦ xai τῶν θυσιῶν, χατά τε τοῦ πυρὸς τοῦ ἐν τῷ θυσιαστηρίῳ. Y aurait-il identité entre ces écrits et ceux qui sont mentionnés au c. XXIII ?