‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 58 sur 112 · Hzres., xxxvii, P. G., t. xvni, col. 700 sq · texte numérisé non relu

Hzres., xxxvii, P. G., t. xvni, col. 700 sq

EROTÉV. — 8

de Marie, et niaient sa virginité perpétuelle. À en croire ces gens «qui ignorent | Éeriture aussi bien que l'his toire!, » Marie, après avoir mis au monde le Sauveur aurait eu avec Joseph des relations conjugales. C'est s méprendre grossièrement sur la nature de l'union qu existe entre Joseph et la Vierge. Quand elle fut confié à Joseph, parce que le sort l'ordonnait (χλήρων ek τοῦτο ἀνα χασάντων, col. 708, cf. Protev., 1x), elle ne lui fut pas donnée pour l'union charnelle, s'il faut dire la vérité. Joseph était veuf en effet. Sans doute, légalement il s'appelle l'époux de Marie ; mais en fait la tradition juive montre (ix τῆς τῶν ᾿Ιουδαίων παραδόσεως δείχνυται), que ce n'était pas du tout pour lui être unie que la Vierge lui fut donnée, mais bien pour étre gardée par lui... Comment en effet un vieillard si àgé aurait-il p avoir la Vierge pour femme, lui veuf depuis tant d'années ? Suit l'énumération des enfants que Joseph avait eus deson premier mariage, quatre garcons, ceux qui son à mentionnés parsaint Matthieu comme les fréres de Jésus; deux filles dont Épiphane n'ignore pas les noms : Salomé et Marie. Tous ces renseignements à l'exception du der nier sont tirés du Protévangile.

S'il convient done de rendre à Marie les hommages qui sont dus à sa virginité perpétuelle, il faudrait se gar-der toutefois d'avoir sur son compte les opinions que» professent les collyridiens ?. Épiphane désigne sous ce nom | bizarre des sectaires qui prétendaient rendre à la Vierge. un culte superstitieux. C’étaient des femmes surtout qui. propageaient ces pratiques, restes évidents des religions" naturalistes. Ce culte excessif rendu à Marie, dit Épiphane, n'a point de base dans l'Écriture, car Mari

1. Col. 705, à ἀγνοία τῶν μὴ τὰ ἀχριδὴ ἐγνωχότων τῶν θείων γραφῶν, μηδὲ ἱστορίαις προσξγγισάντων. Par ces histoires Épiphane entend, selon toute vraisemblance, les traditions dont il va parler plus loin et qui ne sont autres que les récits du Protévangile.

Page 1