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et de ses mœurs un tableau charmant. Jamais cependant il ne lui vient à la pensée que Marie ait pu grandir dans l'enceinte du temple. C'est au contraire dans la maison de ses parents qu'elle a donné l'exemple de toutes les vertus !. Le fait, d'autre part, que saint Ambroise connait de la difficulté classique sur les fréres de Jésus une explication analogue à celle du Protévangile ?, ne prouve pas nécessairement qu'il ait connu le livre lui-même; en tout cas 1] n'y fait pas la moindre allusion.
Aussi bien cet apocryphe devait rencontrer plus de succès dans les milieux hérétiques que chez les catholiques. On sait, en effet, que les priscillianistes avaient ceci de commun avec les manichéens, qu'ils n'hésitaient pas à puiser leurs renseignements et leurs doctrines dans les livres extra-canoniques. Il s'est conservé un curieux traité de PriscizziEN, De fide et apocryphis?, qui revendique nettement le droit de faire usage de cette littérature. En fait, les livres dont Priscillien prend la défense sont surtout des apocryphes de l'Ancien Testament, mais il serait bien invraisemblable que Pseudo-Jacques n'ait pas trouvé une place dans une aussi riche collection d’écrits supposés. Quoi qu'il en soit, il est certain que les manichéens exploitaient en faveur de leurs doctrines un livre apo-
PAGE en-partieulier, De virginibus, 1: II, c. τὰς P. L., t. xvi; col. 208-210.
2. De institutione Virginis et S. Mariz virginitate perpetua, ibid., col. 317. Potuerunt autem (fratres Domini) fratres esse ex Joseph, non ex Maria. Quod quidem si quis diligentius prosequatur inveniet; nos ea prosequenda non putavimus, quoniam. fraternum nomen liquet pluribus esse commune. On pourrait conjecturer que cette explication plus lointaine est celle du Protévangile, à laquelle saint Ambroise juge inutile de s'arréter.
L'explication du Protévangile est acceptée au contraire par l'Ambrosiaster. In ep. ad Gal., P. L., t. xvir, col. 344. Hic Jacobus fuit filius Joseph, qui ideo frater Domini appellatus est, quia et Joseph pater ejus etiam Domini pater nuncupatus est.
3. Priscilliani Opera, ed. Schepss, Corpus de Vienne, t. xvi, p. 44 sq.
cryphe, où l’on prétendait montrer que la vierge Marie n'était point d'origine davidique. Saint AvcusriN nous. a conservé un passage de Fauste le manichéen, d'aprés lequel Marie aurait eu pour père, un prêtre nommé Joa-. chim. Le Protévangile de Jacques ne connait par l'origine | lévitique du pére de la Vierge, mais il suffisait d'un léger remaniement dans le premier chapitre de cet écrit pour. faire de Joachim un sacrificateur. Saint Augustin repousse. d’ailleurs l’argumentation que les manichéens prétendent tirer de ce fait : « Tout cela, dit-il, provient d’un livre non canonique et ne me touche guère. Et quand méme j'accepterais le nom du père de la Vierge, je croiraisM que ce Joachim tenait par quelque lien au sang de David, plutôt que d'abandonner l'affirmation de l' Écriture où. il est dit formellement que Jésus est dela race de David !.» Quand done Augustin rapporte l’explication classique sur les frères de Jésus, fils de Joseph et d'une première femme ?, il ne se doute pas que c'est au iivre de Jacques.
1. Hoc ergo potius vel tale aliquid crederem, si illius apocryphæ scripture ubi Joachim pater Mariz legitur auctoritate detinerer, quam mentiri Evangelium in quo scriptum est, et Jesum Christum filium Dei, salvatorem nostrum ex semine David secundum carnem, et per virginem Mariam procreatum. — Ads. Faustum, 1. XXIII, P. L., t. xvi, col. 472.
2. In Galat. : Jacobus Domini jrater vel ex filiis Joseph de alia uxore — sel ex cognatione Mariz matris ejus debet intelligi. P. L.,t. xxxv, col. 2110. Cf. In Matth., ibid., col. 1374.
Parmi les sermons mis sous le nom de saint Augustin, il y en a trois sur l'Annonciation de la Vierge. Le troisième qui est conservé dans des mss. trés anciens rappelle par nombre de traits, aussi bien dans le fond
remarquera en particulier les allitérations. Il s'agit des angoisses de Jo- — seph. Nescit interea Joseph Maria sponsus quid cum ea egerit angelus. Subito Joseph intuitu familiari et licentia maritali aspicit Mariam conju-« gem suam : vidit in ea tumescentes venas in gutture et attenuari faciem, postremum vidit eam gressibus gravari, intellexit. Mariz uterum gravidari. Turbatur Joseph homo justus, quod Mariam quam de templo Domini .acceperat et nondum cognoverat gravidam sentiebat, et quam non meruerat | in conjugii honore, jam haberet in confusione; secumque diu. æstuans ac
“qu'est empruntée cette idée. D'ailleurs il y tient assez “peu et adopterait volontiers l'explication de ceux qui “voient dans les frères du Seigneur des proches parents à un degré quelconque.
Saint JÉRÔME d'ailleurs va se charger de rendre cette derniére explication triomphante au détriment de la première qu'il écarte avec mépris. Le solitaire de Bethléem, en effet, ne se montre pas tendre àl'égard des apoeryphes; il ne tient méme pas compte à Pseudo-Jacques de ses bonnes intentions. Celui-ci n'avait introduit la sage-femme dans la grotte de la nativité que pour lui faire constater l'enfantement virginal de Marie. Saint JÉRÓME traite tout cela d'extravagance et de folie: « Nulle sage-femme ici ; nul besoin des empressements de ces femmelettes. C'est Marie elle-móme qui enveloppe l'enfant de langes, elle est à elle-même sa propre accoucheuse : Et elle placa l'enfant dans la crèche, dit l'Évangile, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans l'hótellerie. Cette parole suffit à repousser les extravagances des apocryphes, puisque c'est Marie elle-même qui emmaillote le nouveau-né, et d'autre part elle confond Helvidius !.» Pseudo-Jacques avait donné une premiére femme à Joseph pour résoudre l’objection que l'on pouvait tirer contre la virginité perpétuelle de Marie de l'existence de fréres du Seigneur. Dans le livre qu'il
disputans dicit : Unde hoc contigit? Quid evenit ? Non cognovi, non tetigi νον heu ! heu ! quid contigit... Hanc Moysi sententiam præcavebam, ipsamque luxuriam in meo corpore refrznabam, maxime quia et David filiam esse el regali me functum sacerdotio prænoscebam. Le sacerdoce de Joseph est rappelé ailleurs; l'ange qui vient le rassurer lui dit: Joseph, fili David, natus ex genere sacerdotali, verum etiam et regali, filius prophetarum, socius Scribarum, ille Deus qui scripsit mirabilia in lege sua, ipse fecit. mirabilia in conjuge tua. P. L., t. xxx1x, col. 2109-2110. Évidemment le sermon n'est pas de saint Augustin; il serait intéressant de pouvoir le dater.
1. De perpetua virginitate ade. Helvidium, c. var, P. L., t. xxii, col. 192.
consacre à défendre contre Helvidius cette glorieuse prérogative de Marie, Jérôme repousse brutalement cette
explication, qui pourtant commençait de son temps à devenir courante parmi les latins. Helvidius avait vu dans l'estime que l’on professait pour la virginité absolue la condamnation du mariage : « Non, répond saint Jérôme, nous ne condamnons point le mariage ; mais nous ne pouvons le présumer quand 1l s'agit de ces saints personnages. Avec cette manière de raisonner sur des probabilités, nous pourrions tout aussi bien prétendre que Joseph a eu plusieurs femmes, puisque Abraham et Jacob en eurent également plusieurs, et ce serait deces épouses que seraient
nés les frères du Sauveur, hypothèse que plusieurs ont.
imaginée avec plus de téméraire audace que de piété L Tu dis que Marie n'est pas demeurée vierge, eh bien, moi, je revendique bien davantage. Joseph lui-même est toujours demeuré vierge à cause de Marie, afin que de ce mariage virginal naquit un fils vierge ?. » Ainsi se trouvait exclue l'opinion du Protévangile sur le premier mariage de Joseph. Nous avons dit plus haut combien l'exclusive de Jéróme avait été efficace; nous avons également rappelé, comment le discrédit, dans lequel étaient tombés les apocryphes par suite de leur emploi chez les hérétiques, avait amené leur condamnation par l'autorité ecclésiastique : rescrit d'Innocent Ier à Exupère de Toulouse et décret du pape Gélase De libris non recipiendis.
En fait c'est seulement dans un écrit hérétique que nous
trouvons au v® ou vi? siècle la trace du Protévangiles
Parmi les œuvres de saint Jean Chrysostome se trouve incorporé, on nesait trop pourquoi, un commentaire latin sur le premier Évangile ὃ, qu'à raison de son caractère
1. Quod plerique non tam pia quam audaci temeritate confingunt. 2. Ade. Helvidium, c. xix, P, L., t. xxii, col. 203. 9, Dans P, G., t. vi.
inachevé l'on désigne sous le nom d'Opus imperfectum in Matthzum. L'auteur est certainement un latin, entaché d'arianisme, qui écrit aprés le régne de Théodose, alors que les ariens sont durement persécutés. Comme il vit encore dans l'empire romain, il semblerait raisonnable de le situer dans le v? siècle avant l'établissement en Occident des divers royaumes barbares. La littérature apoeryphe lui est trés familière, il. connaît le Liered' Adam, le Livre de Seth, les Clémentines et cite d'autre part des Libri secretiores. Y aurait-il quelque invraisemblance à le mettre en relation avecles survivants des priscillianistes ? Quoi qu'il en soit, ce commentaire sur saint Matthieu utilise à diverses reprises les données du Protévangile, qu'il cite parfois textuellement. Expliquant les mots de l'Évangile : « Avant qu'ils n’eussent habité ensemble, Marie fut trouvée enceinte par l'opération du Saint- Esprit, » l'exégéte s'exprime ainsi : « Par qui fut-elle trouvée enceinte ? Sans aucun doute par Joseph son époux, qui surveillait la vie de Marie. Car, ainsi que le raconte une histoire qui m'est ni incroyable, nt déraisonnable, Joseph était absent quand se passérent les événements que Luc a rapportés... Or quand Joseph revint et trouva Marie manifestement enceinte, sans doute il dut la menacer en sa qualité d'époux, il dut lui représenter le jugement de Dieu en sa qualité d'homme timoré. Marie, elle, | voyant que malgré son innocence elle était soupconnée d'un crime, et qu'elle ne pouvait se disculper, s’écriait avec larmes : « Aussi vrai que le Seigneur est vivant, je «ne sais point d’où cela m'est arrivé !.» Ces derniers mots sont une citation textuelle du Protévangile, xin, 3. De | méme, les paroles que le commentateur prête à Joseph :«Je erains que ce quiest dans son sein n'ait une origine di- | vine ? » serrent de trés prés les mots du ch. xtv : φοξοῦμχι
1. Vivit dominus, nescio unde sit hoc, loc. cit., col. 632. 2. Timeo enim ne hoc quod est in utero ejus divinitus sit, col, 633. Ce
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μήπως ἀγγελιχὸν ἐστιν τὸ ἐν αὐτῇ. L'auteur de l'Ópus imperfe: cium possédait done par devers lui une traduction latine du Protévangile de Jacques. Mais dans la littérature catholique toute trace de notre apocryphe disparaît pour longtemps. Ni les sermons de saint Léon (f 461) sur la nativité du Sauveur, ni ceux de saint Pierre Chrysologue (f 450) sur l’incarnation du Christ, ni les fort nombreuses homélies de Maxime de Turin (milieu du v? siècle) ne font la moindre allusior aux circonstances rapportées dans le Protévangile. GmRÉcorre DE Tours lui-même (538-594), qui s'est fait un devoir de rassembler toutes les choses remarquables qui circulent sur le compte des saints, qui connaît les Acta Pilati (Hist. Franc., 1, 23), qui sait les légendes relatives à la dormition et à l’assomption de la Vierge (Miraculon rum, 1. L c. 1), qui a appris sur l'étoile des Mages une histoire trés particulière (zbid., c. τὴ, Grégoire ne fait, mention nulle part des traditions relatives à la nais: sance et à l'enfance de Marie. Sans doute, il sait de Ja ques frère du Seigneur, qu'il est tout simplement un fils. de Joseph né d'une première femme (Hist. Franc., 1, 22); mais c'est là une simple tradition exégétique qui, malgré lopposition de saint Jérôme, persévérera longtemps en* core. —Chose étrange, dans le temps même où le poète byzantin Romanos trouve dans le Protévangile quelques-unes de ses plus gracieuses inspirations, le poète latin For TUNAT,un contemporain et un ami de Grégoire de Tours, peut écrire un grand nombre d'hymnes à la Vierge et de poésies sur la nativité du Christ sans faire la. moindre allusion aux circonstances de la vie de Marie si populaires dans l'Église orientale. | Sans doute cela ne prouve pas que les légendes nées du Protévangile fussent durant le v? et le vi? siècle entié*
sont les deux seules citations textuelles du Protévangile qui se rencon= trent dans la littérature latine. Elles ne se trouvent pas dans Ferre 0- Matthieu.
A rement inconnues de l'Occident latin, elles circulaient cer- —tainement parmi le populaire, et, quand les artistes chré- “tiens voudront plus tard illustrer la vie de la sainte Vierge, c'est à elles qu'ils demanderont leurs inspirations. Elles ne semblent pas toutefois devoir entrer dans l'Église d'une maniére officielle, c'est-à-dire dans les sermons ou dans les poésies destinées à l'usage liturgique. Cela tient à une double circonstance: à la suspicion d'abord quia pesé pendant quelque temps sur les livres apocryphes, et secondement, au caractère très différent del'éloquence grecque et de l'éloquence latine. Le panégyrique grec, qu'il célèbre la Vierge, les saints ou les martyrs, est essentiellement historique. Ce qu'il veut présenter aux fidéles, c'est avant tout le récit détaillé des grandes actions du saint que l'Église célébre. Chaque année, à la date fixée,le peuple chrétien entend la méme narration, la passion du martyr, les exploits ascétiques du confesseur, la naissance, la présentation, l'annonciation de la sainte Théotokos. De là,sans doute, beaucoup d'uniformité dans les sermonnaires byzantins, mais de là aussi, la grande mMfamiharité qu'acquiert le peuple avec les vénérables légendes. Il en va tout autrement en Occident. Les sermons où domine l'élément historique, y sont rares, qu'il s'agisse des panégyriques célébrantles martyrs, ou des discours prononcés aux grandes fêtes chrétiennes. C'est toujours pour édifier ou exhorter que l'orateur latin monte en chaire, non pour raconter la vie des héros chrétiens ou les circonstances de la nativité du Christ. L’on comprend que, dans ces conditions, c’est peine perdue de chercher dans les sermonnaires latins la trace des légendes relatives à Marie, d'autant que la Vierge, tout en occupant dans le culte chrétien une place toujours ‘grandissante, ne verra qu'assez tard ses fêtes se sé- “parer de celles du Sauveur ‘
1. On trouve cependant parmi les sermons attribués à Hildefonse de
sion des légendes du Protévangile. L'exégése de ce temps est dominée par la tradition hiérony mienne. BEpE qui en
a été linitiateur, Accuix qui l'a imposée, SEDULIUS 3 3
Es e
de la Vierge (P. L., t. xcv, col. 1514) ne fait que dévelop
per les figures bibliques relatives à Marie, et une autre
sions aux légendes mariales. L’homélie sur la nativit
taire de saint Jérôme sur le 1% chapitre de saint Matthieu Cependant les légendes du Protévangile ne sont pas im
Tolède à propos de l’adoptianisme, parle de Joachim père de la vierge Marie .P. L., t. xcvr, col. 871. Dans une homélie sur la nativité de Marie, il décrit méme le contenu du Protévangile ou de l'un des remaniements latins:
Tolède (607-667) un sermon sur la Nativité de Marie qui se réfère au. Protévangile: P. L., t. xcvr, col. 278. Consideremus in quantum possumu. quia nec lingua sufficit loqui quod voluntas cupit proferre, quanta fuii benignitas Dei, ut de tam longinquo inquireret sibi templum ubi habitaret, Quia Maria virgo non sic est na'a sicut solent pueri vel puellz nasci ; sed de | Anna sterili et patre jam sene, extra consuetudinem mulierum, post refrigescentem calorem et sanguinem jam tepidum in pectore refrigescentem el omnem amorum libidinis discessum, mundo corde et cerpore ab omn pollutione carnali orta est. Sic enim voluit Dominus ut de tali vasculo mate sua nasceretur. Quod nunc scimus, quia per Spiritum sanctum illo ordi- | nanle et benigniter præcipiente, præparavil sibi matrem quz præcessi omnibus malribus. Talis enim fuit, qualis nec antea visa est, nec habeb sequentem. Mais ce sermon ne peut être d'Hildefonse; la fête dela Nat vité de Marie n'existait pas encore de son temps en Espagne.
P. L., t. cr, col. 1301. « Nous n'ignorons pas, dit-il, que certains lisent, concernant la sainte nativité de la Vierge, un livre où l'on parle des mérites de son père et de sa mère, et où l'on donne leurs noms, c'est à savoir Héli et Anne. C'est un livre apocryphe, aussi bien que l'autre qui traite du transitus de la Vierge; et 1] ne faut pas que l'Église catholique recoive le certain avec l'incertain, le douteux avec le vrai. Tout ce que sait l’Église catholique, c'est que Marie est issue de race royale, puisqu'elle descend du grand roi David, et que c'est aujourd'hui l'anniversaire de sa naissance 1, » — Hémo p'Har- BERSTADT (f 853), disciple d'Alcuin, ami de Raban Maur, dans son Épitome historiæ sacræ, connait également la famille de la sainte Vierge. ll s’agit d'expliquer. comment Jacques, fils d'Alphée, peut étre appelé le frére du Seigneur : « On lui donnait ce nom, parce qu'il était le fils de Marie, sœur de la mère du Seigneur et d'Alphée, d’où son nom de Jacques, fils d'Alphée... En effet, Marie mére du Seigneur, Marie mére de Jacques frére du Seigneur, et Marie mère de Jacques frère de Jean l'évangéliste, étaient trois sœurs, nées de pères différents mais de la méme mère Anne. Cette dernière, en effet, épousa d'abord Joachim, dont elle eut Marie, la mère du Seigneur. À la mort de Joachim, elle'épousa Cléophas, dont elle eut une seconde Marie, qui dans l'Évangile est appelée Marie de Cléophas: Or Cléophas avait un frére nommé Joseph, à qui il maria sa belle-fille la bienheureuse Marie; quant à sa fille propre, il la donna à Alphée, et c'est d'elle que naquit Jacques le Mineur (qu'on appelle aussi le Juste et le frère du Seigneur), que naquit aussi un autre Joseph. Enfin à la mort de Cléophas, Anne épousa un troisième mari, Salomé. Elle eut de lui une troisième Marie,
1. L'authenticité de cette homélie, contenue dans le Reg. 315 sous le nom d' Alcuin, a été contestée. On prétend qu'Alcuin n'a Jamaiséerit d'homélies; le style différerait aussi de celui des écrits authentiques.
qui, mariée à Zébédée, donna le jour à Jacques le Majeur et à Jean l'évangéliste. » Cette histoire du triple mariage d'Anne deviendra classique à la fin du moyen âge, au moins en Allemagne !.
Cependant, avec la fin du 1x° siècle, c'est déjà le déclin de la renaissance carolingienne, et l'ignorance va devenir assez grande, pour que l'on puisse accepter sans protestations les récits légendaires comme de l’histoire authentique. Déjà dans l’Expositio in Matthzum de Cnunis- TIAN DruraMar, moine de Corbie (P. L., t. cvi, col. 1287), — on trouve toutes les légendes de l'Évangile de l'enfance sur le séjour en Égypte, et la narration des faits mira culeux qui se passérent à Rome au moment de la naissance de Jésus. Une des éditions du Martyrologe d’Usuard sait de quelle manière a été instituée la fête de la nativité de la Vierge?; enfin au x? siècle l'abbesse HnorswirHA : de Gandersheim met en vers latins, pour la délectation« de ses religieuses, l'Évangile de Pseudo-Matthieu. C’est bien, en effet, l'apocryphe que nous désignons ainsi. qui est mis en œuvre sous ce titre: Historia nati 4 vitatis laudabilisque conversationis intactæ Dei Genitricis quam scriptam reperi sub nomine sancri Jacozr fratris. Domini. P. L. t. cxxxvu, col. 1065 sq. A plus d'une reprise, les hexamètres de Hrotswitha recouvrent à peu prés exactement la prose de notre Pseudo-Matthieu, on