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2. P. L., t. cxx1v, col. 450 : vr idus Sept.: Nativitas beatissima Dei genitricis Mariz perpetuz virginis. — L' Auctarium Hagenoyense ajoute: qua inventa est per quemdam heremitam, qui audivit omnianno in ista : nocte et non in aliis noctibus caelestem et dulcem armoniam ab angelis; tandem quzsieit a Domino quid hoc significaret. Cui responsum est diei. | nitus, quod beata virgo Maria mater D. N. J. C. nata est de beata Anna. matre sua in terris,et propter hoc gauderet totus chorus angelorum et sanctorum in celis. Cui præceptum est cælitus ut Roman pergeret, et papæ« illud indiceret, ut Ecclesia militans in terra gauderet illo die cum ecclesia. |
triumphante in ccelis. Et sic factum est.
Pre
en jugera par lunique exemple que nous en donnons, Voici la bienfaisance de Joachim:
Quidquid possedit per tres partes resecavit, Partem dans viduis, peregrinis atque puellis, Sæpius in templo partem famulantibus ergo, Particulamque sux domui sereaeerat omni. .
Hoc quoque non raro faciens pietate benigna Digne mercedem suscepit denique talem,
Ut propria substantiola bene multiplicata Ipsius gentis proceres præcelleret omnes,
Nec sibi consimilem portaret terra potentem Quem sic cunctarum fulciret copia rerum.
Le récit de Pseudo-Matthieu est ainsi décalqué presque littéralement jusqu'au ch. rx. Ce dernier n'est pas reproduit en entier, l'épisode de la fontaine en est absent, comme aussi tout ce qui concerne l'annonciation, le trouble de Joseph et les eaux d'épreuve. La poétesse s'excuse d’ailleurs de passer sous silence ces divers épisodes, les deux premiers parce qu'ils sont rapportés dans l'Évangile, le dernier parce qu'il est connu de tous. A partir de là, reprend la suite de notre apocryphe, jusques et y compris la fuite en Égypte et l'entrée de la sainte famille dans le temple des idoles à Héliopolis; le tout se termine par une apostrophe d'une quarantaine de vers et une invocation finale; le poème comprend environ 850 vers.
Nous avons déjà eu l'occasion de mentionner les sermons de FursERT DE CHARTRES (952-1028) sur la natiyité de la Vierge. Ils représentent au mieux l'attitude d'un esprit cultivé du temps à l'endroit des légendes mariales. La féte de la nativité de la Vierge vient d'étre instituée depuis une époque assez récente, puisque Fulbert a été le premier à la solenniser à Chartres. Plusieurs n'hésitent pas, en ce jour-là, à célébrer les louanges de Marie, -en puisant leurs renseignements sur son origine dans les livres apocryphes; quelques-uns méme lisent purement
et simplement le texte de ces narrations. Fulbert est plus hésitant. Trois de ses sermons sur la nativité de Marie méritent une attention plus particulière. Voici ce qu’on lit dans le premier (P. L., t. cxzx, col. 320) : « Entre tou les saints, il convient de Scie la mémoire de la bien- heureuse Vierge, avec d'autant plus de fréquence et de solennité, qu'elle a trouvé plus grande grâce auprès du. Seigneur. Aussi, même après les fêtes plus anciennes de | la Vierge (vraisemblablement l'Annonciation et l’Assomp-« tion), la dévotion des fidèles n’a point été satisfaite, avant. | qu'on n'y eût ajouté la fête de la Nativité que nous célé- | brons aujourd'hui. En ce jour donc il semblerait qu’on dût particulièrement lire dans l'Église le livre qui existe | sur la naissance et la vie de la Vierge, si les Pères n'avaient | pas jugé qu'il faut le reléguer parmi les apocryphes. Mais, puisque tel a été l'avis des sages, respectons, comme cela se doit, la coutume ecclésiastique, en lisant des choses | qui lui soient étrangéres, mais non point des récits qui lui soient opposés !. » Suit la division du sermon; Marie | a été annoncée par les prophètes; est née d'une manière admirable; ἃ mérité par ses vertus l’insigne honneur d'étre mére du Sauveur. Sur le second point,il semble bien que l'orateur tire ses renseignements de notre livre“ De natieitate Mariæ : « La bienheureuse vierge Marie est” donc née, comme nous l'avons lu, d'un pére originaire de Nazareth et d’une mère issue de Bethléem... Choisie entre toutes les autres filles des hommes, ce n'est pas du hasard qu’elle reçut son nom, ni du bon plaisir de ses pa- y rents, mais bien d'un message divin. » Cf. De Natie., 1, v. — Le deuxiéme sermon est beaucoup plus exphcite. Jbid., col. 324. « En cette fête de la Nativité, dit Fulbert, il faut bien dire un mot de l’histoire de Marie...
1. Le texte est obseur : At quoniam magnis ac sapientibus viris ita eisum est, nos alia quzdam sed non aliena legentes, ecclesiasticum morem debitis officiis exsequamur.
JX
Elle est née suivant la relation et les récits des saints Pères dans la cité de Nazareth, d’un père nommé Joachim, originaire de cette ville, et d'Anne, originaire de Bethléem. Leur vie était simple et droite devant le Seigneur, irréprochable et pieuse devant les homumes, etc. » C'est le texte du Liber de Nativitate qui est cité intégralement pour le 127 chapitre. Le reste de l'ouvrage est ensuite analysé à grands traits, et le tout se termine par un bref résumé de la vie de Marie, de sa mort et de sa sépulture. C'est dire que l'homélie n'est pas autre chose qu'une vie abrégée de la sainte Vierge.
Au début du troisième sermon, Fulbert déclare qu'il ne veut pas faire l'histoire de Marie, mais seulement la célébrer par des louanges mystiques. Il voudrait bien toutefois légitimer par des considérations historiques l'existence de la féte qu'il a lui-méme instituée dans sa cathédrale. Mais en lisant les anciens auteurs,il a remarqué qu'ils étaient trés sobres sur le compte de cette admirable naissance; 115 ont pris soin, s'ils en ont dit quelque chose, de le cacher aux infidéles, afin d'éviter que le bavardage des perfides n'en prit occasion pour transpercer le sein maternel de l'Église. Aussi bien, ce que les hérétiques ont pu connaître soit par des traditions, soit par des écrits "touchant la nativité de la mére du Seigneur et l'enfance de Jésus, ils l'ont souillé par d'habiles faussetés, en telle maniére, que, depuis lors,les docteurs de l'Église n'osent plus citer ces récits, bien qu'ils ne les répudient pas. Or il existe une relation assez peu connue, qui porte en tête le nom de l’illustre traducteur Jérôme. On y lit que le bienheureux Matthieu, après avoir fait paraître son Évangile, écrivit de sa propre main, en lettres hébraiques, l'histoire de la naissance de ladite Vierge et des enfances de Jésus. Il la cachait ainsi pour que nul infidèle ne pát la connaitre et l'attaquer de ses rires mordants. C'est cette histoire que le susdit traducteur a mise en latin, àla demande de certains personnages. Et comme cette relation
n'est point insérée dans le canon de la sainte Écriture, l'Église universelle est d'accord pour ne pas en accepter la lecture publique, sans toutefois la rejeter parmi les livres à repousser !. Α nous et à tous les fils de l'Église. qu'il suffise de croire en la virginité perpétuelle de Marie.»
Saint PrerRRE Daurzx (1006-1072) adopta sensiblement la méme attitude; sermon sur la nativité de Marie. P. L., — t. cxrLiv, col 754. « Plusieurs, dit-il, en cherchant à être plus sages qu'il ne convient, recherchent avec une curiosité superflue quel fut le pére, quelle fut la mére de la bienheureuse Marie. Mais c'est vraiment peine perdue pour un lecteur, que de vouloir rechercher ce que l'Évan- géliste a estimé superflu de raconter. » Cette protestation montre bien qu'à l'époque de Pierre Damien on se préoc-
cupait de rechercher sur les origines de Marie des rensei-" gnements extra-scripturaires, que l'on demandait aux apocryphes. Toutefois les écrivains du xi? et du xn siècle se montrent encore fort réservés dans leur emploi. Saint ANSELME (1033-1109), qui est amené dans le Liber de conceptu virginali et originali peccato à parler dela pureté de Marie, ne mentionne pas les légendes apocryphes, non plus que Guiserr DE Nocenr (1053-1124) dans son livre De laude $. Mariæ; Bruno ν᾿ Asmi (1045-1123) dans son traité De laudibus beatissime virginis Mariz , ou Ho- - NonRrus n'Auruw (f après 1152) dans son Sigillum. $. Mariz. 1
Chose remarquable en effet, les traités théologiques 4 ont beau se multiplier sur la vierge Marie (et cette épo- que du moyen âge les voit paraître en grande abondance), ils se refusent à faire place aux légendes, qui, à la méme -
1. Le texte n'est pas clair, et assez mal établi, nous le lisons : Et quia hzc relatio inter sacræ Scripturz canones non habetur inserta, ideo unanimis Ecclesiæ conventus (consensus?) in recitanda aperte nec omnino elegi, nec in non recipienda rejecit, cum nonnulla reperiantur dicta. vel facta, qua in præfala serie impossibilia videantur, qua tamen volentibus e amantibus legere non denegat fidelium industria (?).
époque, étaient chez les byzantins devenues de l’histoire authentique. Α l'occasion on leur fait même leur procès. Eapmer (f 1124), moine de Cantorbéry, et disciple de saint -Anselme, a composé un Liber deezxcellentia virginis Mariz; traite au chapitre τι de l’origine dela vierge Marie. P. L., t. cuix, col. 559. « Aprés avoir parlé, dit-il, des prophéties qui la concernent, nous pouvons bien affirmer que sa naissance a été précédée de quelques signes merveilleux. Mais quels ils furent, celui-là seul le sait sans hésitation qui, dés avant sa naissance, l'avait choisie pour sa mére, et l'on peut bien croire, ce me semble, que ce secret a été gardé à dessein, afin qu'en füt augmentée la vénération des fidéles... L' Église de Dieu, en effet, n'admet point comme une incontestable autorité cette histoire qui rapporte que la naissance de Marie fut annoncée . par un ange. Car, bien qu'elle ait été composée par le bienheureux Jéróme !, d'aprés une autre histoire qu'il avait lue dans sa jeunesse, et dont il avoue bien ne pas connaitre l’auteur, celui-ci affirme qu'il ne l'a point écrite pour donner la certitude des événements quiy sontrapportés, mais simplement pour faire plaisir à des amis qui le priaient. Dés lors, comme je l'ai dit, l'Église n'admet point l'autorité de cet écrit, elle juge indécent de lire à la louange de Marie quelque chose de contestable, alors qu'il reste une si grande abondance de choses certaines. » Ni saint BERnNAnRD, ni les Vicrorins (Hugues, Richard, Adam de Saint-Victor), si dévoués pourtant à l'honneur de Marie, ne se sont départis de cette attitude. Ils se préoceupent d'ailleurs assez peu de fairel'histoire dela Vierge; ee qui les intéresse, c'est de célébrerses vertus, de décrire avec minutie les gráces que Dieu lui a faites, de chercher dans la sainte Écriture les prophéties quis'y rapportent et les figures qui la signifiaient à l'avance. Il serait pour-
1. Allusion à un prologue différent de la lettre à Chromatius et Héliodore. Cf. le texte, p. 340.
tant bien remarquable, si les apocryphes avaient été. aussi lus qu’en Orient, si leurs légendes avaient été aussi familières au peuple, qu'on eût pu les passer aussi complé- tement sous silence. Pierre Comesrtor lui-même (7 1178), qui, dans son Histoire scolastique, entasse sur les faits
de l'Ancien et du Nouveau Testament tous les rensei- |
gnements qu'il peut trouver dans les écrivains profanes ou sacrés, ne semble pas connaitre le Protévangile ni ses « remaniements. Il contredit même d'une manière formelle la légende relative à la grotte de la nativité 1 Inutile d'ajouter que les grands scolastiques du xin? siècle n'ont point parlé de ces récits apocryphes.
C'est pourtant un de leurs contemporains qui a le plus. b
fait pour les tirer de l'oubii. VINCENT DE BEAUVAIS, en. |
les insérant dans le Speculum majus, leur a assuré le | succès. La quatrième partie de son grand ouvrage, le Speculum historiale?, est une histoire complète du monde, | mais une histoire théologique, qui commence par la Trinité, les anges, la création, l’œuvre des six jours. | C'est au chapitre rxiv du livre VI, qu'entre l’histoire de Virgile et celle d'Horace, commence le récit de la nais- | sance de la bienheureuse vierge Marie. Il est emprun- té au De nativitate Mariæ, dont 1] donne les trois pre- | miers chapitres sous la rubrique Hieronymus in histo- 1 ria Joachim et Annz. Le ch. xv, qui raconte la naissance et la présentation de Marie au temple, est emprunté au | méme opuscule. Par contre, c'est de Pseudo-Matthieu |
qu'est tiré le ch. Lxvi: de bona indole ejusdem Virginis, | sous cette rubrique: Jacobus, filius Joseph, in libro de infantia Salvatoris. Après quoi, Vincent de Beauvais revient à Horace. L'histoire dela Vierge reparait au c. xxr: De conjugio beatæ Mariæ Virginis et Joseph. La matière en est fournie conjointement par les deux textes latins.