‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 65 sur 112 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

4. On trouvera dans Batiffol, loc. cil., c. vi, les raisons pour lesquelles la réforme du bréviaire entreprise par Benoit XIV n'a pu aboutir. On verra, p. 284, que la commission consultative, frappée de la difficulté qu'il y avait à déterminer exactement, quel mystére est honoré dans la fête de la Présentation, résolut de s'en tenir à la décision de Pie V qui avait supprimé la féte. Plus tard elle devait revenir sur sa résolution. ll semble bien que la commission ait prêté grande attention aux critiques de Baillet, (cf. p. 49). Celui-ci avait fait remarquer dans la Vie des saints, qu'au début la fête avait dû avoir pour objet d'honorer la Présentation active de la Vierge, c'est-à-dire l'offrande que Marie fait de Jésus au jour de la Purification. Aprés que ce mystère eut

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qu'il en soit, elle s'est conservée, mais sans avoir jamais en Occident la même popularité dont elle jouit encore en Orient. Elle est une fête du clergé beaucoup plus que du peuple; et M. Olier, en en faisant une des grandes fête: de sa Compagnie, a plus fait pour la sauver que tou les hagiosraphes qui, jusqu'à nos jours, ont prétendu en démontrer le caractére historique.

La féte de saint Joachim a subi des vicissitudes du même genrel L'Église grecque, depuis le x? siècle au moins, célébre au 9 septembre la mémoire des parents de la sainte Théotokos. C'est au xvi* siècle seulement qu'on surprend en Occidentles traces d'un culte rendu saint Joachim. Un bréviaire romain, imprimé à Paris en 1528, marque au 17 septembre (xv kal. oct.) le dies? obitus de saint Joachim. Un bréviaire, édité à Venise en 1522, sans faire mention de la mort de Joachim ax calendrier, déclare que les Frères Mineurs font à cette date: l’office de saint Joachim. Un autre bréviaire, édité égales

été rattaché à la fête du 2 février, la Présentation du 21 novembre serait devenue la commémoraison de l'acte par lequel Marie, quatre vingts jours aprés sa naissance, fut présentée au temple par ses pas rents lors de la Purification d'Anne. C'est plus tard seulement qu'on aurait voulu commémorer Je fait que relate le Protévangile. Ces divers ses interprétations écartées, Daillet concluait : « Quoi qu'il en soit de la certitude de toute cette histoire, l’Église a consenti à l'établissement d'une féte du titre de la Présentation de la sainte Vierge, pour honorer, au moins d'une manière générale, l’innocence de sa vie dans” l'intervalle d'entre sa première enfance et le temps de son annonciation. Son intention est de nous faire honorer aussi le temps auquel Dieu a séparé cette sainte créature du grand commerce du monde pour la préparer de bonne heure dans le secret d'une vie paisible presque inconnue au grand ouvrage auquel il la destinait, et pour faire de sa vertu méme dans un âge si tendre une règle de sainteté et ux modèle qui doit être un jour imité par tous lesenfants de Jésus Christ. » Les vies des saints, t. 111, p. 350. Peut-être est-ce cette explis cation, qui a contribué à faire maintenir la Présentation par les commissaires de Benoit XIV. |

1. Acta sanctorum, au 20 mars, Paris, Palmé, t. 1x, p. 77 sq.

ment à Venise en 1522, donne un office propre du saint avec cette rubrique; Julius papa II instituit. festum sanelissumi patriarchæ Joachim, patris gloriosæ virginis Mariz et avi Domini nostri J.-C., xx die Martii. deinceps celebrari sub ritu majoris duplicis. Cet office, aussi bien pour les lecons que pour les hymnes et les antiennes, empruntait ses données aux livres apocryphes. Ce fut “la cause de sa suppression par saint Pie V; dans le bréviaire de 1568 l'offüce disparaît, et méme le nom de Joachim. En 1584, la féte est rétablie par le pape Grégoire XIII !.

Il y a des traces plus anciennes de la célébration d'une fête de sainte Anne en Occident ?. En 1378,le pape Urbain VI, à la requête des Anglais, leur permet de célébrer solennellement cette fête en leur pays ; un demi-siècle plus tard, un concile de Copenhague, en 1425, établit que la fête de sainte Anne sera solennisée chaque année, le lendemain de la fête de la Conception de ;a bienheureuse Vierge. Comment et à quelle date la célébration a-t-elle 1| été reportée au 26 juillet, c'est ce qu'il est assez difficile | de dire. Il est bien certain, en tout cas, que la dévotion | à sainte Anne a été beaucoup plus populaire en Occident “| que celle qui s'adressait à saint Joachim. Dès le milieu du xv? siècle, sainte Anne se trouve être, du moins en cer- "| tains pays, l'une des plus grandes saintes ; l'ordre des 7| Carmes semble avoir joué un grand rôle dans la propa- |gation de son culte. Il nous a été impossible de vérifier 1| si les divers offices de la sainte empruntaient peu ou beau-

Ι 1. D'après Benoît XIV, De festis, Rome, 1751, p. 517. Benoit XIV | renvoie à Thomassin, De dierum festorum celebratione, 1. II, c. xxu, n. 11; et il ajoute : Reformatum vero et fere ex integro reconcinnatum [uit | officium, quod eo die recitatur in ejus Sancti honorem, teste Spondano, ad annum Christi 1662, n. 1.

2. Acta sanctorum,t. v1 de juillet, Paris, Palmé, p. 233 sq.; la notice | eonsacrée à sainte Anne est extrémement diffuse, beaucoup moins substantielle que celle de Joachim.

Pie V, la fête de sainte Anne reparaitra bientôt sous Gré- — goire XIII, qui en 1584 l'impose à l'Église universelle 1.

III. Le Protévangile et ses remaniements latins depuis la Renaissance.

C'est l'humaniste francais Guillaume Posrzr ( 1581), qui fit connaitre en Occident le livre de Pseudo-Jacques Il l'avait rapporté d'un de ses voyages en Orient. Ayant vu cet opuscule en grande vénération dans plusieurs éghses | grecques, où on le lisait publiquement, il crut à tort qu'i était considéré comme une écriture canonique. Il lui donna donc le nom,inconnu jusque-là, de Protévangile,« et, dans l'enthousiasme de sa découverte, il n’hésita pass à y voir un complément précieux des récits évangéliques Sans lui, pensait-il, les narrations de saint Matthieu et. de saint Luc manquent de base; le Protéeangile n'était pas autre chose que le prologue de saint Marc. Postel en avait préparé une version latine; ce ne fut pas lur pourtant qui la publia, mais bien Théodore BIBLIANDER L'humaniste francais avait confié ses papiers à unlibraire | de Bâle, Jean Oporin (1507-1568), mais avait semblé se désintéresser de la publication. Bibliander fit done pa“ raitrela traduction latine de Postel en 1552 sous ce titre : Protevangelion seu de natalibus Jesu Christi et ipsius matris virg. Mariæ sermo historicus diet Jacobi minoris. Evan gelica historia, quam scripsit b. Marcus. Vita Marci eeangelistæ collecta per Theodorum Bibliandrum. Le premier |

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éditeur était fidèle aux vues de Postel en joignant au. Protévangile le récit de saint Marc; il montrait d'ailleurs à l'égard du texte apocryphe le méme enthousiasme que.

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l'inventeur. « Si quelqu'un prétend qu'il ne faut pas

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