‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 72 sur 112 · Or le grand jour du Seigneur était arrivé, et les fils · texte numérisé non relu

Or le grand jour du Seigneur était arrivé, et les fils

d'accorder le récit du Protévangile avec celui de Luc, 111, 23, interprété comme si la généalogie était celle de la Vierge. Le syriaque appelle le méme personnage Yónakir. D'aprés le fragment sahidique, le nom de Joachim était autrefois Cléopas. Ce changement de nom doit tenir à des combinaisons généalogiques analogues à celles que l'on retrouvera plus tard chez les Grecs etles Latins. On remarquera que le grec ne dit pas un mot de la tribu à laquelle appartient Joachim. Les versions postérieures ont ajouté : eth. : de la race de David ; sah. : dans la race du roi David, fils d'Isai; de même les remaniements latins. C'est à une époque où la descendance davidique de Joseph ne suffit plus à assurer l'origine davidique de Jésus. Joachim est extrémement riche; c'est une réponse directe aux accusations juives sur la pauvreté de Marie.

L'imparfait προσέφερε est un imparfait d'habitude : quand Joachim offrait un sacrifice, il donnait le double de ce qui était exigé. Et cela dans un but de bienfaisance. Ce qui est prescrit par la loi pour son expiation personnelle, il l'offre au Seigneur afin d’être pardonné, le surplus est pour le peuple ; non point offert en sacrifice pour lui, comme le comprend l'éthiopien, mais est donné au peuple. C'est ainsi qu'a compris Georges de Nicomédie, P. G., t. c, col. 1541. « De méme qu'il est juste d'offrir à Dieu les offrandes prescrites par la loi, de méme il est raisonnable de donner au peupleetaux malheureux tout ce qui est superflu. » C'est ce qu'ont également compris les remaniements latins.

2. Quel est ce grand jour du Seigneur ? Aucune indication ne permet de le conjecturer. Dans Joa., vir, 37,le dernier jour de la solennité appelée fête des Tabernacles est désigné sous le nom de ἡ ἡμέρα μεγάλη τῆς ἑορτῆς. Rien n'indique que cette fête soit visée ici, il s'agit d'une fête juive quelconque. L'auteur imagine qu'en ce jour tous les Israélites venaient l'un aprés l'autre apporter leurs offrandes. En sa qualité d'homme riche et bienfaisant, Joachim pouvait avoir des droits à se présenter le premier, il en est empêché par un certain Ruben; s'agit-il d'un officier du temple préposé au bon ordre de la cérémonie ? cela n'est pas indiqué. La lecon qui y voit le grand-prétre est tout à fait isolée. Il peut s'agir tout aussi bien d'un simple particulier, qui, fier de sa nombreuse postérité, méprise Joachim. Les commentateurs grecs

o! υἱοὶ ᾿Ισραὴλ τὰ δῶρα αὐτῶν ᾿. Kal ἔστη χατενώπιον αὐτοῦ ἱΡουθὶμ 2 λέγων οὐχ ἔξεστίν cot πρῶτον 3 προσενεγχεῖν

A S— / , , : ! 3 - , 1 τὰ δῶρά cou, χαθότι σπέρμα οὐχ ἐποίησας ἐν τῷ Lot ραήλ. 3. Kat ἐλυπήθη ' Ioaxely σφόδρα, xal ἀπίει elc τὴν 50-9 δεχάφυλον τοῦ λαοῦ λέγων θεάσομαι τὴν δωδεχάφυλον τὸ ᾿Ισραὴλ, εἰ ἐγὼ μόνος οὐχ ἐποίησα σπέρμα ἐν τῷ ' Iopafj A53 9 , , - I , 6 K M , , - , ἀνέστησαν ἐν τῷ ᾿Ισραήλ % Καὶ ἐμνήσθη τοῦ πατριάρχου ᾿Αθραὰμ, ὅτι ἐν τὴ ἐσχάτῃ ἡμέρᾳ 7 ἔδωκεν αὐτῷ ὁ θεὸς υἱὸν τὸν Ισαάχ. 4. Καὶ ἐλυπήθη ᾿Ιωαχεὶμ σφόδρα, καὶ οὐκ ἐφάνη

1 Fa, Fh. L'ajoutent : et Joachim apporta aussi ses offrandes — ? Orthographe divergente Ρουδίμ,, ἹΡουδείμ,,, Poubty, Ρουδήν. — Fa ajoute: le grand-prétre. — Syr. : Rubil. — Eth. : Robel. 3 Au témoignage de Georges de Nicomédie(P. G., t.c, col. 4341, 1384), le texte courant ne portait pas πρῶτον, toutefois quelques mss. lisaient πρώτῳ Où πρῶτον. Ce sont les leçons des divers mss« actuels, qui donnent de plus πρότερον, πρώτως, πρῶτος ; le syria= que a traduit : avant mol. z 4 C, O, et Syr. ajoutent : dans sa maison. — Eth. supprime touts l'épisode de la consultation des registres. j ? Quelques mss. simplifient et lisent : « je verrai si vraiment, etc. » D : πῶς ἔσομαι τῶν ιβ΄ φυλῶν τοῦ λαοῦ. — Syr. a une leçon i : et il dit aux douze tribus : « Est-ce que mom seul je n'ai pas engendré de postérité en Israél ? » ] $ C’est la leçon la plus courante : A seul lit : διδόντας io ἐν τῷ [ηλ. — Syr. : et il regarda et il rechercha, et il fit des recher- — ches, et il trouva que dans les générations du passé tous les e tes... Eth.: Et cepit cogitare intra se dicens : « Ecce, omnes filii — Israel posteritatem habent et liberos, ego vero non habeo.» 4 inde recogitabat de justis et. bonis eiris, quod nempe progeniem ete liberos habuerunt. | 7 D, Fa, Pos :ἐν ταῖς ἐσχάταις αὐτοῦ ἡμέραις, --- À seul lit: | ἐπ᾿ ἐσχάτου τῶν χρόνων. — Syr. : et il se souvint du pad triarche Abraham et de Sarah sa femme. — Eth. : tum Alrolam proaei nostri meminit. A

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a. 2-4 PROTÉVANGILE DE JACQUES 183

d'Israél apportaient leurs offrandes, et Rubim se dressa en face de lui, disant : « Il ne t'est pas permis d'apporter tout d'abord tes offrandes, parce que tu n'as pas engendré de postérité dans Israél.»3. Et Joachim fut vivement contristé, et 1] s'en alla au (registre des) douze tribus du peuple, se disant: « Je verraile (registre des) douze tribus d'Israél, (et je saurai) si moi seul je n'ai pas engendré de postérité en Israël.» Et il chercha, et il trouva que tous les justes avaient suscité une postérité dans Israël. Et il se souvint du patriarche Abraham; c’était dans ses derniers jours que - Dieu lui avait donné un fils, Isaac. 4. Et Joachim fut

y ont vu un représentant de la tribu de Ruben; l’action de ce personnage est symbolique; elle représente l'opposition entre la tribu à qui devait revenir le droit d'ainesse et la tribu de Juda, d’où sort le Christ. Le reproche qui est fait par Ruben à Joachim est bien conforme aux idées juives; la privation d'enfants est considérée comme une opprobre; des textes postérieurs y verront l'effet d'une malédiction et invoqueront à l'appuicertains passages de l'Écriture. Cf. De nativit., I7. Ὡς

3. Ainsi couvert de confusion, Joachim se demande si vraiment, seul entre tous les justes, il n'a point eu de postérité. La leçon du Syr., d'aprés laquelle il se retire dans sa maison est moins naturelle quel'autre; ce n'est pas chez lui qu'il peut s'informer de ce qui l'intéresse. On ne comprend guére non plus un discours adressé aux douze tribus. Au contraire le δωδεχάφυλον s'expliquerait très bien d'un registre, renfermant les généalogies des douze tribus. Sans doute le méme mot désigne dans le N. T. (Act., xxvr, 7,) et dans Clément Romain, I Cor., rv, 6, l'ensemble des douze tribus, maisil est au neutre. Ici, c'est un adjectif précédé de l'article féminin, on pourrait sous-entendre βίδλος, L'auteur s'imagine qu'il existe quelque livre de ce genre dans un local du temple. Les recherches de Joachim lui montrent qu'en effet tous les justes ont - suscité une postérité en Israël, σπέρμα ἀνέστησαν. L'expression est clas- - sique dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Cf. Gen., xxxvii, 8, et Matth., xx11, 24. — Toutefois une lueur d'espérance vient traverser - l'esprit de Joachim, il se rappelle qu'Abraham n'a eu son fils Isaac que dans son extréme vieillesse; il peut donc espérer, lui aussi, que Dieu aura pitié de lui.

4. C'est ce qui explique en partie sa résolution de se retirer au désert,

# A ἔπηξε τὴν σχηνὴν αὐτοῦ, xal ἐνήστευσεν ἡμέρας τεσσαράχοντα a

II, 4. Ἢ δὲ γυνὴ αὐτοῦ "Avva δύο θρήνους ἐθρήνει xat? δύο χοπετοὺς ἐχόπτετο, λέγουσα᾽ χόψομαι τὴν χηρείαν μου; χόψομαι xai τὴν ἀτεχνίαν μου 9. 2. Ἤγγισεν δὲ ἡ ἡμέρα κυρίου

ΤΡῸ: εἰς τὴν ὀρεινήν. — Syr.: et il n'alla plus dans sa maison, mais il se rendit dans le désert. — Arm. : « Et il passa en prières trente jours et trente nuits, implorant et ne vivant que de pain et È d'eau, et il s’assit et supplia Dieu.» Mais un peu plus loin, on voit que c'est à la fin du jeüne de 40 jours que lui apparait l'ange. d

? D : ἐπιδλέψηται, ait jeté les yeux sur moi. — Syr. lit aussi M m'ait visité. ?

3 Syr. : Or Anna sa femme était assise, se lamentant, et elle se lamentait d'une double lamentation, et disait.

. € S'il agit ainsi, ce n’est pas seulement pour ne plus voir sa femme, ce qui 4 ,

augmenterait sa peine, c'est encore et surtout pour supplierle Seigneur et obtenir de lui un signe lui témoignant que sa prière a été exaucée: 4 Le désert, ce n'est point une région aride, c'est la plaine herbeuse, où l'on mène au loin paître les troupeaux; les remaniements latins mettront Joachim en relation avec les pasteurs, qui sont ses serviteurs. Le site du désert n'est pas indiqué, on ne sait pas davantage où demeurait 2 Joachim, la géographie de l'auteur est tout à fait incertaine. Joachim jeünera quarante jours et quarante nuits comme ont fait autre- M fois Moïse (Ex., xxrv, 18) et Elie (I Reg., x1x, 8), comme fera plus tard | le Christ. S'agit-il d'un jeüne absolu ? L'expression de l'auteur, et la comparaison avec les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament sembleraient l'indiquer; la recension arménienne a trouvé ce jeüne trop austère; elle accorde à Joachim du pain et de l'eau. Dans les autres textes, c'est la prière qui doit servir à Joachim de nourriture et de breu-

vivement contristé, et il ne parut plus devant sa femme, mais il se rendit dans le désert, et y planta sa tente, et 1] jeûna quarante Jours et quarante nuits, se disant en luiméme : « Je ne descendrai, ni pour manger, ni pour boire, à x rco uod hl d DEM :

jusqu'à ce que m'ait visité le Seigneur mon Dieu, et la prière me sera nourriture et breuvage. »

II. 4. Or Anne sa femme faisait une double lamentation et exprimait violemment son double chagrin, disant :« Je pleurerai mon veuvage; je pleurerai ma stérilité. » 2. Or

vage. Cette trés jolie expression est une réminiscence directe de Joa., 1v, 34. « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de mon Père. » Cf. aussi Jerem., xv, 16. « Dès que tu m'as communiqué tes paroles, je les ai dévorées; elles sont devenues ma joie et l'allégresse de mon cœur. » Joachim attend done dans la solitude la visite du Seigneur, c'est-àdire un messsage lui annoncant que sa priére a été exaucée.

II. 1. La présentation d'Anne est encore plus sobre que celle de Joachim; l'auteur, sans nous rien dire de son passé, se contente de nous montrer son chagrin; et cela avec un art gracieux, en utilisant les petites cireonstarces de la vie domestique. Le nom d'Anne est emprunté à I Sam., 1 ; comme la mère de Samuel, la mère de Marie sait exprimer en vers ses sentiments intimes, et l'auteur nous donne uneidée de la plainte monotone qui s'échappe de ses lèvres. Les mots θρήνους θρηνεῖν, χοπέτους χόπτεσθαι sont des expressions hébraiques ; mais elles ne supposent pas, comme le veut Conrady,un original hébreu; l'auteur a pu très simplement les emprunter au grec des Septante. (Cf. Gen., L, 10; II Sam., τὶ 17; Zach.. xir, 10. D'ailleurs semblable tournure n'est pas inconnue dans le grec classique (Meyer cite lliade, xxiv, 722: θρηνεῖν ἀοιδήν).

2. Le jour du Seigneur n'est pas désigné: Hofmann, qui rattachait l'incident de Joachim insulté dans le temple à la fête du grand pardon, veut voir ici la fête des tabernacles, qui suivait de près; mais il ne faut pas chercher tant de précision dans notre auteur, et d'ailleurs le texte suppose entre les deux solennités un intervalle plus grand que celui qui séparait légalement ces deux fétes. Meyer voit dans le nom de la servante une allusion à la suivante de Judith, l'héroine ^de Béthulie; on ne saisit pas très bien le rapprochement. « Affliger, abaisser son àme » est encore une expression empruntée aux Septan-

186 PROTÉVANGILE DE JACQUES dL B

ἡ μεγάλη, xol εἶπεν ’Ioudl0 1 ἡ παιδίσχη αὐτῆς ἕως πότε ταπεινοῖς τὴν ψυχήν σου : ἰδοὺ ἤγγιχεν ἡ ἡμέρα κυρίου μεγάλη, xal οὐκ ἔξεστίν σοι πενθεῖν᾽ ἀλλὰ λάθε τοῦτο

, ^ ξὲ 14 € , Ce ΑΝ χεφαλοδέσμιον, ὃ ἔδωχέν μοι ἡ κυρία τοῦ ἔργου, xal οὗ " , D 4 CS H - , ἔξεστίν μοι ἀναδήσασθαι αὐτὸ, χαθότι παιδίσχη εἰμὶ, x0 χαραχτῆρα ἔχει βασιλιχόν ?. 3. Καὶ εἶπεν Αννα΄ ἀπόστηθ ἀπ᾿ ἐμοῦ, xal ταῦτα οὐχ ἐποίησα, xal κύριος ἐταπείνωσέν

1 Grande diversité dans le nom: 'loó0, ᾿Ιουθί, ᾿Ιουθίνη, ᾿Ιουθήν, etc. — Syr. : Yonathim. | 2 Syr.: prends ce bandeau que ma maîtresse m’a donné pou ma récompense, et mets-le; à moi il ne m’est pas permis de ceindre, parce que je suis une servante, moi, et que le signe di la royauté est sur lui.

ste, (cf. Lev., xvr, 31; xxim, 27-32; Num., xxix, 7), ellesignifie non seulement l’humilité intérieure imposée au jour de la fête de l'ex piation, mais encore la mortification extérieure particuliérement la pratique du jeûne. Or le jeûne est interdit aux jours de fête solem nelles et le dimanche, dans l’ancienne Église chrétienne, aussi bien que chez les Juifs. (Cf. Ps. cxvirr, 24; Judith, vru, 6. C'est ce que le servante fait observer à sa maîtresse, et en méme temps elle lui pros pose de revétir ses habits de féte et de se ceindre la téte d'un ornement précieux. Le χεφαλοδέσμιον est, en eflet, le diadéme au sens étymologique du mot, c'est-à-dire le bandeau plus ou moins orné qui sert à retenir les cheveux, et qui, fixé au bas de la tiare perse, devient um ornement royal. Ce n'est pas sans intention que l'auteur fait propo ser cet ornement à la femme de Joachim, il veut faire songer trés dis crétement à la dignité d'Anne; elle seule peut porter ce bandeau, ca il ne convient qu'à la fille des rois ; si l'origine davidique de Joachim et d'Anne n'est indiquée nulle part d'une maniére précise, elle est. constamment supposée. D'oü la servante tient-elle cet ornement l'imprécision du texte ne le laisse pas facilement deviner. La maîtresse, du service est-elle l'intendante préposée dans la maison d'Anne à surveillance du personnel féminin ? Ou bien s'agit-il d'une ancienne maîtresse au service de laquelle Judith aurait été antérieurement ? C'est ce dernier sens que semblerait indiquer le syriaque. 1

fx

“(voici qu’) arriva le grand jour du Seigneur, et Judith sa servante lui dit : « Jusques à quand affligeras-tu ton âme? Voici qu'est arrivé le grand jour du Seigneur et il ne t'est point permis de te lamenter. Allons, prends ce bandeau que m'a donné la maîtresse du service, et qu'il ne m'est pas permis de ceindre, parce que je suis une servante, et qu'il a une allure royale. » 3. Et Anne dit: « Éloigne-toi de moi; cela je ne le ferai pas, et (pourtant) le Seigneur m'a humiliée à l'excés; quelque mauvais drôle a bien pu te

3. La douleur d'Anne la rend facilement injuste envers sa servante; elle repousse avec indignation le présent qu'on veut lui faire. L'en- “chaînement desidées est assez facile à saisir si l’on donne à l’aoriste ἐποίησα, dans cette phrase sentencieuse, la signification du présent. C'est un emploi qui n'est pas inoui dans la langue classique, et il est inutile comme le fait Conrady de recourir à une faute de traduction d'un original hébreu. Cf. Joa., xv, 6; Apoc., x, 7. Anne exprime son intention de ne pas commettre d'action mauvaise ou simplement douteuse, malgré la sévérité dont Dieu use à son égard. Comme Tobie (Tob., 11, 21), elle craint que le bandeau aux mains de Judith n'ait une origine suspecte; il a pu étre donné à la jeuneservante, pour prix de ses complaisances, par quelque mauvais drôle. Anne ne veut point être complice de ces désordres. Indignée de ce soupçon, Judith exhale sa colère contre sa maîtresse ; elle lui souhaiterait volontiers tous les maux possibles; mais cela est bien inutile, puisque Anne est aflligée du plus grand des malheurs, la stérilité. Cette stérilité ne peut être à son avis que le résultat d'un châtiment divin. Cf. I Sam., τ, 5-6, pour la premiére Anne. L'injure, adressée à Anne par sa servante, fait pendant aux dures paroles que Ruben a dites à Joachim. Les deux époux “ont maintenant essuyé les mêmes reproches. C'est au Seigneur qu'il "appartient de les justifier. L'épisode de la servante a pu étre inspiré par l'aneedote qu'on lit dans Tobie, 11, 9-11.

- La version éthiopienne présente de l'incident une narration un peu “différente. Ce n'est point une servante, c'est une voisine qui reproche à Anne sa tristesse et lui propose de revêtir un ornement royal. Anne lui répond : « Je ne le ferai pas, à cause de mon grand chagrin. » C'est une des maniéres de comprendre le texte grec en traduisant : « Cela, je ne le ferai pas, car le Seigneur m'a aflligé grandement .» Nous avons traduit, en tenant compte de la version syriaque.

in.

ὀδρα !: μήπως πανού per vo; X με σφόδρα υήπως πανούργος 2 ἔδωχέν σοι τοῦτο, xal ἦλθες OU CE ue τῇ ἁμαρτίᾳ cou. Καὶ εἶπεν 'lou8t0- «f ἀράσομιί ce, καθότι κύριος ἀπέχλεισε τὴν μήτραν cou τοῦ μὴ δοῦναί σοι καρπὸν ἐν τῷ ᾿Ισραήλ ὃ ;

4. Kat ἐλυπήθη Αννα σφόδρα 4, χαὶ περιείλατο τὰ ἱμάτια αὐτῆς τὰ πενθιχὰ, xal ἀπεσμήξατο τὴν χεφαλὴν αὐτῆς xal ἐγεδύσατο τὰ ἱμάτια αὐτῆς τὰ νυμφιχὰ 9, καὶ περὶ ὥραν ἐνάτην χατέθη εἰς τὸν παράδεισον τοῦ περιπατῆσαι. Καὶ εἶδε δαφγηπ δαίαν. xal ἐχάθισεν ὑποχάτω αὐτῆς, xal ἐλιτάνευσεν TE δεσπότην λέγουσα᾽ ὁ θεὸς τῶν πατέρων ἡμῶν, εὐλόγησόν με΄ χαὶ ἐπάχουσον τῆς δεήσεώς μου, χαθὼς εὐλόγησας τὴν μήτραν 9 Σάρρας xal ἔδωχας αὐτὴ υἱὸν τὸν ᾿Ισαάκ.

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