III. 1. Et ayant levé les yeux au ciel, elle vit τ ΠΑ ἐς
ceux qu'elle portait au jour de ses noces, ainsi Judith, x, 3, se revétait des ἱμάτια τῆς εὐφροσύνης αὑτῆς. Vers la neuvième heure du jour, c’est-à-dire au milieu de laprés-midi, elle descend dans le jardin pour se promener ; la solennité du jour interdisant tout travail, c’est la seule récréation qu'elle peut s'offrir. C'est dans le calme du jardin, loin des vaines agitations des hommes, comme le font remarquer les commentateurs grees, que sa priére monte plus ardente vers celui qui étant le maitre tout-puissant (ὁ δεσπότης) peut lui venir en aide. Comme son mari Joachim avait tout naturellement songé dans son afflietion à Abraham, si longtemps privé du rejeton qu'il attendait, de méme la pensée d'Anne va tout droit à Sara, qui, dans sa vieillesse, a connu la miséricorde du Seigneur. Elle trouve dans ce souvenir un motif d'espérance. Pourtant son chagrin est trop grand pour qu'elle puisse se laisser tout d'abord aller à cette pensée, et aux paroles d'espoir succéde, comme pour Joachim, l'expression de la tristesse.
Le texte éthiopien a modifié le caractére de l'épisode. C'est en se rendant au temple, à la neuvième heure (cf. Act., rir, 1), qu'Anne rencontre sur sa route un nid dans un arbre, ce lui est une occasion de prier Dieu : « Bénis ces oiseaux, ὃ mon Dieu; multiplie-les, mais écoute aussi ma prière, et exauce ma supplication. Bénis-moi, comme tu as béni le sein de Sara, à qui tu as donné un fils dans sa vieillesse. » Une transition assez maladroite amène ensuite les plaintes du chapitre suivant,
III. {.La vue d'un nid de passereaux suffit pour faire éclater les plaintes d'Anne. Le spectacle de cette heureuse fécondité accordée par Dieu-
id
θίων ἐν τὴ δαφνηδαίᾳ, καὶ ἐποίησε θρῆνον ἐν ἑαυτὴ λέγουσα, οἴ μοι, τίς με ἐγέννησεν ; ποία δὲ μήτρα ἐξέφυσέ με, ὅτι κατάρο ἐγεννήθην ἐγὼ ἐνώπιον τῶν υἱῶν Ἰσραὴλ, καὶ ὠνειδίσθην, καὶ ἐξεμυχτήρισάν με ἐχ ναοῦ χυρίου 1. 2. Οἵ μοι, τίνι ὡμοιώθη ἐγώ ; οὐχ ὡμοιώθην ἐγὼ τοῖς πετεινοῖς τοῦ οὐρανοῦ, ὅτι καὶ τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ γόνιμά εἰσιν ἐνώπιόν σου ?, κύριε. Οἵ μοι, τίνι ὡμοιώθην ἐγώ ; οὐχ ὡμοιώθην ἐγὼ τοῖς θηρίοις τῆς γῆς, ὅτι χαὶ τὰ θηρία τῆς γῆς γόνιμά εἰσὶν ἐνώπιόν σου, κύριε. Ot μοι, τίνι ὡμοιώθην ἐγώ ; οὐχ ὡμοιώθην τοῖς ὕδασιν τούτοις, ὅτι xal τὰ ὕδατα ταῦτα γόνιμά εἰσιν vu πιόν σου, κύριε 3. 8. Ot μοι, τίνι ὡμοιώθην ἐγώ; οὐχ pod θην ἐγὼ τῇ γῇ ταύτῃ, ὅτι χαί ἡ γῇ αὕτη προσφέρει robe χαρποὺς αὐτῆς χατὰ χαιρὸν, καὶ σὲ εὐλογεῖ, χύριε.
! Syr. : Pourquoi n'ai-je pas été inengendrée? Ah! pourquoi et comment un sein a-t-il été formé pour moi, qui maintenant suis toute seule une malédiction pour les fils d'Israél? on m'a accablée d'opprobres, on m'a humiliée et chassée de la maison du Seigneur Dieu.
? D ajoute : xai cà εὐλογοῦσιν. C : ὅτι τὰ ἄλογα ζῶα. Un cer: tain nombre de mss., aprés la strophe sur les bêtes de la terre, en. ajoutent une sur les ἄλογα ζῶα. Syr. au contraire n'a que la strophe sur les bêtes muettes : « Et pourquoi ne suis-je pas! semblable, ne füt-ce qu'aux bêtes muettes? car elles sont fécondes* devant toi , ὃ Seigneur, » et la strophe sur la terre féconde. |
3 Les éditions anciennes ajoutent : οὐχ ὡμοιώθην ἐγὼ τοῖς κύμασι τῆς θαλάσσης, ὅτι xal τὰ κύματα γαληνιῶντα. καὶ σχιρτῶντα, xal οἱ ἐν αὐτοῖς ἰχθύες εὐλογοῦσί σε χύριε. Cette leçon» est partiellement conforme au texte de plusieurs mss.
à des êtres qui nous semblent si chétifs (cf. Matth., x, 29-31) rappelle” à la femme de Joachim sa triste condition. La complainte qui s'échappe de ses lèvres est d'une grande simplicité, mais sa monotonie même en fait le charme. Cinq strophes. Dans la première à l'exem- ^ ple de Job, 111, 2 sq., Anne maudit le jour de sa naissance; dans les qua=w
| passereaux dans le laurier, et elle poussa un gémissement,
disant en elle-même : « Malheur à moi, qui done m'a engendrée et quel sein m'a produite? Car je suis née maudite en présence des fils d'Israél. On m'a outragée, et l'on m'a chassée avec des railleries du temple du Seigneur. 2. Mal- «eur à moi, à qui suis-je devenue semblable? Ce n'est point aux oiseaux du ciel, car les oiseaux du ciel, eux aussi, sont “éconds devant toi, ὃ Seigneur. — Malheur à moi, à qui Suis-je devenue semblable? Ce n'est pas aux bêtes de la "erre. Car les bêtes de la terre sont fécondes, elles aussi, “devant toi, ὃ Seigneur. — Malheur à moi, à qui suis-je devenue semblable ? Ce n'est point à ces eaux; car ces eaux, elles aussi, sont fécondes devant toi, ὃ Seigneur. 3. Malheur à moi, à qui suis-je devenue semblable? Ce n'est point à cette terre. Car cette terre, elle aussi, porte ses fruits selon la saison, et te bénit, ó Seigneur. »
ire suivantes, toutes construites sur le même modèle, elle cherche dans la nature, pour les objecter au Seigneur, des exemples de la fécondité qui lui a été refusée. Conrady prétend que seul un hébreu pourrait concevoir et exécuter cette complainte; cela n'est pas évident. L'ensemble "dela pièce est fort simple, et ne témoigne pas d'un art bien raffiné; le thème une fois trouvé, et il ne semblait pas difficile de l'imaginer, tout le reste suivait naturellement. — La premiére strophe fait mention “d'un outrage recu par Anne dans le temple du Seigneur, ce peut être “simplement l'injure faite à Joachim, et qui rejaillit sur sa compagne. 2, 3. Le parallélisme est strictement gardé dans les quatre strophes
“qui suivent ; les oiseaux du ciel, les bêtes des champs (cf. Genèse, 1) l'eau et la terre sont tour à tour invoqués comme exemple de fécon- “dité. Quelques mss. ont cru devoir donner les raisons pour lesquelles les flots de la mer étaient féconds; l’auteur songeait évidemment à la parole créatrice de Genèse, 1, 12-20. On remarquera le mot final,
la bénédiction qui de la terre monte vers le créateur. — Grégoire :
de Nysse (In diem natalem Christi, P. G., t. xivi, col. 1137) rapporte le thème de cette priére; mais il s'écarte de notre texte en faisant “du Saint des Saints l'endroit où Anne, semblable en cela à la mère de Samuel, répand sa prière devant Dieu, ἐντὸς τοῦ ἁγίον τῶν ἁγίων
IV. 4. Καὶ ἰδοὺ ἄγγελος xupiou ἐπέστη ! λέγων αὐτῇ Αννα, Αννα, ἐπήχουσε χύριος τῆς δεήσεώς cou, xal συλλήder 2, xal γεννήσεις, καὶ λαληθήσεται τὸ σπέρμα σου ἐν ὅλῃ