VII. 1. Or pour l'enfant les mois s'ajoutaient (aux mois
' Et l'enfant eut deux ans, et Joachim dit : « Conduisons-la dans le temple du Seigneur, afin d'aecomplir la promesse que nous avons faite, de peur que le Seigneur ne nous la réclame, et que notre offrande ne soit plus agréée. » Et - Anne dit : « Attendons la troisième année, afin que l'enfant ne réclame point son pére ou sa mére. » Et Joachim dit : « Attendons. » 2. Et l'enfant eut trois ans et Joachim dit : « Appelez d'entre les filles des Hébreux celles qui sont sans tache, et qu'elles prennent chacune un flambeau, et que (ces flambeaux) soient allumés, de peur que l'enfant ne se retourne (pour regarder) derrière elle, et que son cœur ne soit retenu captif hors du temple du Seigneur. » Et
dans la bouche de la mére les objections que fait naitre l'extréme jeunesse de l'enfant. Dans un âge si tendre, elle peut encore avoir besoin de ses parents. Joachim répond à sa femme comme l'avait fait le père de Samuel. I Sam., 1, 22-23.
2. C'est donc quand Marie a atteint l’âge de trois ans, que, d'un commun accord, les parents se décident à accomplir leur vœu. Le nombre trois a une valeur symbolique, et il ne faut pas l'écarter; c'est d'ailleurs le chiffre auquel s'est rallié et toute la tradition grecque. Le brillant cortège qui doit accompagner l'enfant jusqu'au temple a un double but. L'auteur, moins instruit que ses successeurs sur les grandes vertus de Marie dans un âge si tendre, suppose que l'enfant pourrait avoir quelque répugnance à quitter ses parents pour aller s'enfermer au temple. Mais, toute réjouie par la vue des lumiéres brillantes, elle suivra sans hésiter et sans détourner la téte le virginal cortége. Il convient d'autre part qu'une nombreuse assemblée de vierges pures fasse escorte à la Vierge trés pure, au moment où eile va définitivement être consacrée au Seigneur. L'expression ἀνὰ λαμπάδα, « chacune un flambeau », est calquée sur l'expression néo-testamentaire ἀνὰ δηνάριον (Matth., xx, 9) : on la retrouvera.plus loin sous la forme ἀνὰ $266ov (vir, 3). Cet emploi singulier
de ἀνά peut s'expliquer par des expressions comme celles-ci : ἀνὰ
AE à pren Er ΜΝ T n
déc ii CU i er x e or fes:
2 = . J/ & . “ x 2 r c E 206 PROTÉVANGILE DE JACQUES VI, 2-3
Καὶ ἐποίησαν οὕτως ἕως ἀνέθησαν ἐν τῷ ναῷ κυρίου. Kal ἐδέξατο αὐτῆν ὁ ἱερεὺς 1, καὶ φιλήσας εὐλόγησεν αὐτὴν καὶ εἶπεν" ἐμεγάλυνεν χύριος τὸ ὄνομά σου ἐν πάσαις ταῖς γενεαῖς 21 ἐπὶ σοὶ ἐπ᾿ ἐσχάτου 3 τῶν ἡμερῶν φανερώσει κύριος τὸ λύτρον αὐτοῦ τοῖς υἱοῖς ᾿Ισραήλ 4. 3. Καὶ éxáütcey αὐτὴν ἐπὶ τρίτου βαθμοῦ τοῦ θυσιαστηρίου 5, xal ἐπέθαλεν κύριος ὁ θεὸς χάριν ἐπ ‘ar, xal κατεχόρευσεν τοῖς ποσὶν αὖτῆς, xal ἠγάπησεν αὐτὴν πᾶς οἶχος ᾿Ισραήλ 9.
1 Variantes assez nombreuses. 1) ἐδέξατο αὐτὴν Ζαχαρίας ὁ ἱερεύς. — 2) οἱ ἱερεῖς. — Syr.: Et quand elle arriva à son. temple, les prétres la recurent et l'embrassérent.
? C ajoute τῆς γῆς; À, E continuent : xal εἶπεν ὁ λαός" γένοι- — TO, GUY.
3 B, Fa, Καὶ, R etc.: ἐπ’ ἐσχάτων.
4 ( :τὸ λύτρον τῶν υἱῶν ᾿Ισραήλ. --- Syr. : le Seigneur exaltera ton nom, parce qu’en toi notre Seigneur a révélé sa rédemption aux hommes. — Eth. : Glorificet nomen tuum Dominus illo die quo ex te apparebit. 4
5 Syr. et Eth. : du temple.
6 Syr. : et tout le peuple des fils d'Israël l'aima et il lui donna le nom de Marie. — Eth. supprime la danse.
πᾶσαν ἡμέραν, chaque jour, ἀνὰ ziv ἔτος, chaque année (Hérodote) L'ordre de Joachim s'accomplit et le cortège arrive au temple. Dans la pensée de l'auteur,ce ne peut être que le grand-prétre qui reçoit Marie et lui adresse les paroles de bienvenue. On remarquera que les paroles sont sensiblement les mémes que celles prononcées au festin dont il a été question plus haut. Ce sur quoi l'auteur veut attirer l'attention, ' c'est la gloire future de Marie, le grand renom qu'elle aura dans toutes les générations à venir. Le grand-prêtre précise maintenant les raisons de cette gloire. C'est par Marie qu'au dernier jour, c’est-à-dire à la fin des temps, quand commencera l'ére messianique, Dieu manifestera sa rédemption aux fils d'Israél. Sile grand-prétre n'est pas autre que Zacharie, futur père du Baptiste, il n'est pas étonnant, qu'en sa qualité de prophète, il ait sur la rédemption prochaine d'Israél des lumières
elles firent ainsi jusqu’à ce qu’on fût monté au temple du . Seigneur. Et le prêtre la reçut, et l'ayant embrassée, il la — bénit et dit :« Le Seigneur a glorifié ton nom dans toutes - les générations. Par toi, au dernier des jours, le Seigneur manifestera sa rédemption aux fils d'Israël. » 3. Et illa fit “asseoir sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur ᾧ envoya sa grâce sur elle, et elle dansa sur ses pieds, et toute - la maison d’Israël l'aima.
toutes spéciales. Mais l'auteur primitif ne semble pasavoir fait cette — identification ; dès lors il faut penser qu'il attribue au grand-prétre en fonction une illumination prophétique. Ainsi Caiphe prédit, sans le savoir, que Jésus devait mourir pour sa nation. Joa., xr. 47-52, 3. C'est également à l'inspiration de l'Esprit-Saint, que les commentateurs grecs attribuent la démarche audacieuse du grand-prétre. L'accés — de l'autel en effet était sévèrement interdit non seulement aux femmes, mais aux hommes non employés au service du temple. L'auteur — du Protévangile ne semble pas s'étre douté de cette prohibition, et “trouve tout naturel que Marie soit placée par le grand-prétre sur le “troisième degré de l'autel; n'est-elle pas destinée à être la mère du pon- “tife suprême ἢ Le Protévangile conçoit donc cette oflrande de Marie 'eomme un rite non prévu, qui n'a dû s'accomplir que cette fois, et qui était légitimé par toutes les merveilleuses circonstances, qui avaient “entouré la naissance de Marie, par tout ce qu'on savait d'elle, et par tout “ce qu'on en attendait. Bref, la Présentation de Marie dans le Protévan- - gile ne ressemble pas le moins du monde à la profession religieuse qu'elle -est devenue dansles remaniements postérieurs. L'autel auquel il est fait allusion ne saurait étre celui que décrit l'Exode (xx, 24-25), et qui n'avait pas de degrés; c'est plutôt celui dont parle Ézéchiel (xri, 13- B7) et qui devait comporter trois degrés. Ce serait donc sur la plateforme méme où s'éléve l'autel qu'aurait été placée Marie. Il n'est pas “question non plus des quinze degrés qui mènent à l’autel et qui, sans doute d'aprés la description de Joséphe ( De bell. jud., V, v, 3), apparaîtront dans les légendes postérieures. Sous l'influence de la grâce divine, Marie danse en l'honneur de Dieu (cf. Ps. cxrix, 3; Lxvut, -26), et toute la maison d'Israél fut charmée de sa bonne grâce et l'ai- “ma, comme autrefois Israël et Juda aimaient David. I Sam., xvii, “16. De même Samuel, durant sa jeunesse dans le temple, était agréable à Dieu et aux hommes. I Sam., 11, 26; cf. Luc., 11, 52.
VIII. 4. Καὶ κατέθησαν oi γονεῖς αὐτῆς θαυμάζοντες xat αἰνοῦντες τὸν δεσπότην θεὸν, ὅτι οὐχ ἐπεστράφῃ ἡ παῖς
1 Plusieurs mss. ajoutent: ἔπ᾽ αὐτούς ou πρὸς αὐτούς, leçon. qu'adopte aussi Syr.
VIII. 4. Les parents de Marie s'en retournent, pleins d'admiration pour la sagesse précoce de leur enfant. Aprés quoi le Protévangile les | perd complétement de vue. Le texte arménien sait qu'ils moururent tous deux dans la méme année et que Marie ressentit beaucoup de. chagrin pour son père et sa mère, dont elle prit le deuil pendant trente jours. Il est difficile de savoir à quelle date remontent les traditions qui rapportent le sort ultérieur d'Anne. Nous voulons parler de la légende: des trois maris d'Anne et des trois Marie ses filles. D’après cette lé-gende, Anne aurait, aprés la mort de Joachim, épousé un certain Cléophas et, celui-ci étant mort lui aussi, elle aurait été finalement mariée à un personnage nommé Salomé. C'est de ce triple mariage d'Anne que. sont nées les trois Marie : la mère de Jésus; Marie, fille de Cléophas, épouse d'Alphée et mére des « fréres de Jésus », Jacques le Mineur, José, Simon, Jude; enfin Marie, fille de Salomé, épouse de Zébédée, mère de Jacquesle Majeuretde Jean. Hémo d'Halberstadt (cf. p. 149). connait déjà cette tradition qui plus tard s'exprimera dans les vers | mnémotechniques suivants (Légende dorée) :
Anna solet dici tres concepisse Marias,
Quas genuere viri Joachim, Cleophas, Salomeque. Has duxere viri Joseph, Alphæus, Zebedæus.
Prima parit Christum; Jacobum secunda minorem, Et Joseph justum peperit cum Simone, Juda; Tertia majorem Jacobum, volucremque Johannem.
Des vers analogues se retrouvent dans un sermon de Gerson sur la Nativité de Marie, éd. Dupin, t. 11, p. 59. La légende est vraisemblable ment d'origine latine, je n'ai pas souvenance d'en avoir trouvé la trace dans les nombreux auteurs grecs que j'ai lus. Les Grecs restés fidèles aux données mêmes du Protévangile n'avaient pas besoin de cette généa= logie compliquée. I] est facile de voir, en effet, que cette listea pour but d'expliquer le degré de parenté des « fréres de Jésus » avec le Sau veur. Depuis que saint Jérôme avait rejeté l'explication du Protévangile qui en faisait des fils de Joseph nés d'un premier mariage, on les.
VIII .1. Et ses parents descendirent pleins d'admiration et louant le Dieu tout-puissant de ce que l'enfant ne s'était pas retournée (pour regarder) par derrière. Or Marie était
considérait comme des cousins du Seigneur. Mais à quel degré et de quel côté, nul ne le savait. La légende des trois Marie en fait des cousins germains du Christ, non seulement au point de vue légal, mais au point de vue naturel ; c’est le même sang qui coule dans leurs veines, puisque tous ils sont petits-fils d'Anne. On remarquera qu'une des données peut se réclamer de l'Évangile ; Joa., xix, 25, appelle Marie de Cléophas, la sœur de Marie mère de Jésus. En assimilant cette Marie avec Marie mére de Jacques le Mineur et de José qui parait au pied de la croix dans Marc., xv, 40, on obtient la première liste des frères de Jésus. Mais la légende qui fait de Salomé un homme, aieul de Jacques et de Jean, est absolument fantaisiste. — Cette légende des trois maris d'Anne a joui, à partir du xv* siècle, d'une vogue extraordinaire; plusieurs y ont vu la seule explication possible de la difficulté tirée de l'existence de « frères du Seigneur ». Jean Eck, le fougueux adversaire de Luther, en fait un de ces points de doctrine que l'on ne peut nier sans renoncer à la foi catholique. Cf. Acta sanctorum, au 26 juillet. Anne entourée de toute sa famille est un des sujets que traitent avec bonheur peintres, sculpteurs et graveurs allemands du xv? et du xvi? siécle.
Pour ce qui concerne le séjour dela Vierge Marie dans le temple, on remarquera que le Protévangile ne le conçoit pas du tout de la manière qu'ont rendue populaire les remaniements latins. Ni dans le texte du Protévangile, ni dans la pensée del'auteur, le séjour de Marie au temple ne constitue un fait régulier et ordinaire. Il n'est pas question le moins du monde d'un couvent de vierges israélites, établi dans les dépendances du temple, et où l'on aurait eu coutume de garder pendant leur jeunesse les filles consacrées au Seigneur par leurs parents. Ceci est une idée latine, qui s'est développée parallélement à la diffusion du monachisme en Occident. Le vieil auteur du Protévangile ne supposait rien de semblable, et il lui fallait toute son ignorance naive des conditions réelles de la vie israélite pour concevoir la situation faite à Marie dans le temple. Marie est dans le temple, non point comme une religieuse dans un couvent, mais comme une sainte sur un autel, Ce n'est pas une femme en chair et en os, c'est déjà une créature spiritualisée hiératisée. Sa place n'est pas dans la vie ordinaire, elle ne peut étre que dans le Saint des Saints; et effectivement c’est là qu'elle séjourne, qu'elle recoit des anges sa nourriture. Les.commentateurs grecs du
PROTÉV. — 14
στερὰ νεμομένη, καὶ ἐλάμθανεν τροφὴν ἐχ χειρὸς ἀγγέλου 2. Γενομένης δὲ αὐτῆς δωδεχαετοῦς !, συμόούλιον ἐγένετο, τῶν ἱερέων λεγόντων" ἰδοὺ ἡ Μαρία γέγονεν δωδεχαετὴς ἐντῷ, yaQ χυρίου᾽ τί οὖν αὐτὴν ποιήσωμεν, μήπως 2 μιάνῃ τὸ ἁγίασ x κυρίου ; xal εἶπον τῷ ἀρχιερεῖ 9: Σὺ ἕστηχας ἐπὶ τὸ θυσιαστήσ ρίον κυρίου 4 εἴσελθε xal πρόσευξαι περὶ αὐτῆς καὶ ὃ éày| φανερώσει cot χύριος, τοῦτο xal ποιήσωμεν. 8. Καὶ ele
1 βμὺυ; τεσσαραχαίδεχα ἐτῶν. --- Syr.:« Quand elle eut grandi », | mais fait mention des douze ans à la ligne suivante. 3l 2 C: μήπως ἐπέλθῃ αὐτὴ τὰ γυναικῶν xal μιάνῃ. 8 a lu | μιανθῇ : de peur que le temple ne soit souillé. — Eth. : time- | mus eero ne hic menstruis laboret. ‘À ? Plusieurs mss. donnent au grand-prétre le nom de Zacharie, * Syr. et Eth. omettent ce premier membre de la phrase.
Protévangile ne s'y sont point trompés. Seuls, à ma connaissance, sainf | Épiphane (Ancoratus, 60, P. G.,t. xvii, col. 124) et son homonyme du. x? siècle ont essayé de donner du séjour de Marie au temple une explication scientifique. On avait coutume, dit l’évêque de Salamine, de consacrer les premiers-nés, aussi bien filles que garçons, au service du temple, et de les y garder jusqu'à l’âge mür, comme cela se voit par l'exemple de Samuel et celui de Marie. Les autres écrivains grecs concoivent tous le séjour de Marie au temple, comme quelque chose d'extraordinaire etd merveilleux. Germain [67 (P. G., t. xcvi, col. 309) s'exprime ainsi: « Là où le grand-prétre pénètre seul, et non pas fréquemment, mais um fois l'année seulement, pour accomplir le culte mystérieux, c'est que Marie est introduite par ses parents pour y séjourner indéfiniment, Ceci n'est-il pas un signe des merveilles qui s'opéreront plus tardem| elle? Qu'ils nous montrent done, les adversaires de Marie, quand s'est | jamais vue une chose semblable !... Comment, en voyant ces premiers débuts de la Vierge, ne veulent-ils pas admettre ce qui lui est EU plus tard. » Jean d'Eubée plus naivement encore (P. G., t. xcvi, coL, | r 1489) :« Quelle est donc,dit-il, la dureté des Juifs, qu'ils ne croient pas | ! à la divinité de Jésus et à la grandeur de Marie ? Quand done, dans. tout le cours des générations, ont-ils vu une enfantélevée dans le Saint. des Saints, ou derechef une femme restée vierge aprés l'enfantement?» | à Et Théophylacte dans une homélie sur la Présentation (P. G4 |^
“dans le temple du Seigneur, comme une colombe privée, “et elle recevait sa nourriture de la main d’un ange. 2. Or, quand elle eut douze ans, eut lieu un conseil des prêtres qui dirent : « Voici que Marie a douze ans, dans le temple du Seigneur; qu’en ferons-nous, pour qu’elle ne souille pas le sanctuaire du Seigneur?» Et ils dirent au grandprêtre : « Tu te tiens à l’autel du Seigneur. Entre (donc) et prie à son sujet; et ce que le Seigneur t'aura manifesté, cela nous le ferons. » 3. Et le grand-prêtre entra avec (le cos-
t. cxxvr, col. 129) :« Le grand-prétre, dit-il, inspiré de Dieu, ose laisser pénétrer Marie dans le Saint des Saints ; il comprit que la Vierge était bien réellement l'arche d'alliance, dont la place était dans le sanctuaire. Seules pourront s'en scandaliser les tétes dures qui nesavent pas s'élever au-dessus de la lettre.» Ce sont les Juifs qui sont ici visés; ils de- "valent trouver singulièrement étrange la fête dela Présentation et ne se | eachaient pas pour montrer ce qu'avait de contraire à la loi juive l'entrée de Marie dans le sanctuaire. On pourrait multiplier ces citations; elles contribueraient à prouver de quelle maniére, trés différente de “la nôtre, l'Église grecque concevait le séjour de Marie au temple. Et “cette interprétation nous semble la seule logique du texte primitif. Il est donc inutile, croyons-nous, de discuter les preuves que l'on donne de l'historicité de la Présentation et du séjour de Marie au temple. Ces “preuves rassemblées jadis par Canisius (De Maria Deipara, 1. I) et par Baronius (Apparatus ad Annales ecclesiasticos, n. 49 54.) admettent toutes comme postulat fondamental, que le séjour de la Vierge dans le temple est assimilable à celui d'une religieuse dans un couvent, quela vie monastique existait chez les Juifs, et que les parents de Marie, en “présentant celle-ci au temple,n'ont fait que suivre une coutume assez répandue chez leurs compatriotes. Nous ne pensons pas qu'il existe de preuves sérieuses à l'appui de cette hypothèse.
2. D'aprés les idées juives, le séjour de Marie dans le temple ne pouyait se prolonger apres l’âge de la puberté. L'auteur,qui, tout à l'heure, faisait si bon marché des coutumes juives, avait besoin de faire sortir la .Vierge du sanctuaire, de manière à rejoindre la narration évangélique “du mariage de Joseph et de Marie. Il est donc heureux de trouver le “prétexte cherché dans les scrupules des prêtres. Avec beaucoup de “délicatesse il fait comprendre les raisons pour lesquelles Marie ne peut rester dans le temple. Quelques mss. ont cru bon d'appuyer plus qu'il “ne convenait sur ces raisons. Plus rafliné, au contraire, Grégoire de
212 PROTÉVANGILE DE JACQUES VIII, à
ἤλθεν ὁ ἀρχιερεὺς λαδὼν τὸν en Ὁ: εἰς τὰ ἅγια
RE , τῶν ἁγίων, καὶ ηὔξατο περὶ αὐτῆς 5. Καὶ ἰδοὺ ἄγγελος χυρίου ἐπέστη λέγων αὐτῷ Ζαχαρία, Δαχαρία, ἔξελθε xal M E σίασον τοὺς χηρεύοντας τοῦ λαοῦ, Ξχαὶ ἐνεγχάτωσαν ἀνὰ" t 258 4 1 LE DA 2 , ,
g£a650y *, xal ᾧ ἐὰν ἐπιδείξῃ χύριος σημεῖον, τούτου ἔσται
γυνή ὅ. "E&5A00v δὲ οἱ χήρυχες καθ΄ ὅλης τῆς TT | τῆς ᾿Ιουδαίας, xal ἤχησεν ἡ σάλπιγξ xupíou, xol ἔδραμον, πάντες ὅ. *
1 L ajoute la glose:legómoemec ἱμάτιον.
? Eth. donne le texte de la prière : Dominus meus et Deus meus,
adjutor meus, saleatorque meus, te rogo, te obsecro, indica Me E quid. nobis circa hanc puellam agendum sit.
3 Eth. : omnes viros qui uxorem non duzerunt.
* Lajoute:xai Aá6s αὐτὰς καὶ θῦσον αὐτὰς ἐπὶ τὸ uote
τήριον. ] 5 Pos. : γυνὴ εἰς τήρησιν; D: εἰς τήρησιν τῆς παρθένου. +
8 Syr.:et tous vinrent vers le grand-prétre et donnèrent leur baguettes.
Nysse, dans le sermon déjà cité, fait entendre qu'il n'était pas conve nable de voir une jeune fille séjourner au milieu des prétres. L' expres sion : « tu te tiens à l'autel du Seigneur,» que certains mss. n'ont pas comprise, indique simplement, qu'ensa qualité de souverain sacrificateur, le grand-prétre est tout désigné pour consulter l'oracle du Sei-. gneur. ll rentrera donc dans le sanctuaire, revêtu du costume obli- Ἢ gatoire en pareille circonstance. Le mot δωδεχαχώδων est bien sine gulier pour désigner ce vêtement. Il fait évidemment allusion aux clochettes que l'Exode (xxvii, 33-35) prescrit de mettre au bas dela | robe du grand-prétre, et dont parlent encore Joséphe (Ant. III, vu, 4) et Philon (Vit. Mos., 1. III). Le nombre des clochettes n'était pas déter= miné dans l Ancien Testament. D’après le texte de l'Exode il E étre assez considérable; les rabbins ont parlé de soixante-douze, Clé ment d'Alexandrie (Strom., v, 241) en met trois cent soixante. Justin (Dial., 42) connait le chiffre de douze; cette précision doit venir de | la considération du nombre des tribus. Nous avons signalé plus haut (Introd., p. 89) la légende que la γέννα Mapias décrite par Épiphan rattachait à l'institution dece costume.
uc
tume aux) douze sonnettes dans le Saint des Saints, et il pria à son sujet. Et voici qu'un ange du Seigneur se tint devant lui, disant :« Zacharie, Zacharie, sors et rassemble ceux qui sont veufs parmi le peuple, et qu'ils apportent chacun une baguette; et celui à quile Seigneur montrera un signe, de celui-là elle sera la femme. » Les hérauts sortirent donc, (et se répandirent) dans tout le pays de Judée, et la trompette du Seigneur retentit, et tous accoururent.
Entré dans le sanctuaire le grand-prétre est interpellé parson nom, « Zacharie ». C'est la première fois que ce nom est attribué au grandprétre par tous les mss. et par toutes les version; (le remaniement arménien qui avait connu jusque-là le grand-prétre. Éléazar, fait intervenir juste à ce moment un changement de personnel ). On peut se demander si le nom de Zacharie a été inséré ici par l'auteur primitif, ou seulement par le rédacteur qui a joint la légende de Zacharie au livre de la nativité de Marie. Dans ce cas, ce serait une trace de la soudure des deux récits. On n'est pas obligé pourtant de faire cette dernière hypothèse, il est possible que l'auteur du noyau primitif ait déjà connu Zacharie comme grand-prétre. Cette idée, qui repose sur une | fausse interprétation de Luc., r, 8-10, se retrouve dans d’autres légendes indépendantes du Protévangile (ex. γέννα Μαρίας) et chez des commentateurs (saint Augustin, saint Ambroise) qui n'ont pas connu | notre texte. Zacharie doit rassembler tous ceux qui sont veufs parmi | le peuple. Nous avons indiqué plus haut les raisons de cette désignation, et les divergences qui s'accusent sur ce point dans les remaniements postérieurs. Il est remarquable que le texte éthiopien qui suit généralement le Syriaque ait supprimé lui aussi les veufs et écrit simplement omnes viros qui uxorem non duxerunt. — L'épreuve indiquée par l'oracle divin est la méme que celle de Num., xvir, avec quelques modifications; le signe qui doit manifester l'élu n'est point indiqué à l'avance ; c'est à l'événement méme qu'on le connaîtra. Il | est bien entendu que l'homme désigné par le miracle ne saurait être l'époux véritable de Marie. Quelques mss. ont cru bon de mettre tout de | suite la restriction εἰς τήρησιν, que le texte primitif semble avoir réservé pour le chapitre sulvant. La trompette du Seigneur, qui doit | convoquer les prétendants, est évidemment la.trompette qui doit annoncer dans tout le pays le commencement de l'année jubilaire, Lev., xxv, 9. L'auteur du Protévangile ne veut pas perdre une occasion de nous montrer sa science, d'ailleurs toute livresque, des coutun.es juives,