‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 78 sur 112 · IX. 1. ᾿Ιωσὴφ δὲ ῥίψας τὸ σχέπαρνον ἐξῆλθεν εἰς cuv&y · texte numérisé non relu

IX. 1. ᾿Ιωσὴφ δὲ ῥίψας τὸ σχέπαρνον ἐξῆλθεν εἰς cuv&y

λαθόντες τὰς δάδδους. Λαθὼν δὲ ἁπάντων τὰς ῥάδδους εἶσε ἦλθεν εἰς τὸ ἱερὸν xol ηὔξατο. Τελέσας δὲ τὴν εὐχὴ ἔλαθε τὰς δάδδους xal ἐξῆλθε xal ἀπέδωχεν αὐτοῖς" χαὶ σημεῖον οὐχ ἦν 1éy αὐταῖς. Τὴν δὲ ἐσχάτην ῥάδδον ? ἔλαθε ᾿Ιωσήφ 9: καὶ ἰδοὺ περιστερὰ ἐξῆλθεν ἐχ τῆς ῥάδδου xal ἐπετάσθη ἐπὶ τὴν χεφαλὴν ᾿Ιωσήφ. Καὶ εἶπεν ὁ ἱερεὺς τῷ

1 Plusieurs mss. grecs et Syr. : ne parut.

? Syr. : or la dernière baguette était à Joseph. — Eth. : ultima virga qua remansit ad. Josephum pertinebat. a2 3 D arrange autrement ce membre de phrase: τὴ δὲ ἐσχάτῃ

ῥάῤδῳ ἐφάνη περιστερὰ, xal ἐπέδωχε τῷ ᾿Ιωσήφ.

IX. 1. Joseph est introduit sans aucune préparation, comme un personnage déjà connu; aussi bien l’auteur du Protévangile suppose les lecteurs au courant des faits contenus dans les Évangiles canoniques il juge donc inutile de présenter longuement un homme si célèbre. Joseph nous est montré dans l'exercice de son métier de charpentier, la hache à la main. La promptitude avec laquelle il abandonne son tra vail pour obéir aux ordres du grand-prétre est un indice de sa vertu L'Évangile de saint Matthieu avait appelé Joseph un juste, et avait. montré son obéissance. L'auteur du remaniement arménien n'a pas. saisi cette nuance: Joseph en se rendant à la convocation du grand-pré- tre n'a pas réfléchi, et a agi instinctivement, en apparence, en réalités sous l'influence de l'esprit de Dieu (cf. p. 72, n. 3). Joseph se joint donc au groupe de prétendants, qui tous sont munis d'une baguette. De même que Moïse avait déposé les douze verges des principaux d'Israél en. présence de Yahveh dans la tente du témoignage (Num., xvrr, 7), de méme le grand-prétre, ayant pris les baguettes de tous les veufs rass semblés par son ordre, les dépose dans le sanctuaire. Il faut penser que le nom de chaque prétendant est inscrit sur la baguette. Num., ibid., 37 Dans la scéne racontée par les Nombres, c'est le lendemain seulement: que Moïse vient rechercher les verges; ici, le grand-prétre, aussitót sa. priére terminée, prend les baguettes et les remet à leurs propriétaires respectifs, il s'attend qu'au moment oü il remettra à l'élu du Seigneur la verge quilui appartient, un miraclese produira. En fait, il se trouve

IX. 1. Or Joseph, ayant jeté sa hache, sortit pour se joindre à eux. Et s’étant réunis, ils se rendirent vers le “prand-prêtre aprés avoir pris les baguettes. Or (celui-ci) ayant pris les baguettes de tous entra dans le sanctuaire et pria. Puis, ayant terminé sa prière, il prit les baguettes et sortit, et les (leur) donna. Et il n'y avait point de signe sur elles. Or la derniére baguette, ce fut Joseph qui la - reçut. Et voici qu'une colombe sortit de la baguette et vola sur la téte de Joseph. Et le prétre dit à Joseph : « C'est toi qui es désigné par le sort, pour prendre sous ta garde la

que, Joseph étant resté au dernier rang, le miracle ne se produit qu au dernier moment. Les remaniements latins rendront la scéne encore plus dramatique. Joseph restera à l'écart;la première épreuve ne réussira pas, et il faudra un second oracle pour trahir Joseph. On s'attendrait, d'aprés l'exemple des Nombres, à voir fleurir la baguette remise à Joseph; en réalité, c'est un prodige différent que décrit l'auteur. Il a visiblement emprunté l'idée de la colombe au récit du baptéme de Jésus, mais il songeait en méme temps à l'oracle d'Isaie, x1, 1:«Un rameau sortira du tronc de Jessé,et un rejeton naitra de ses racines, l'esprit, de l'Éternel reposera sur lui. » Il résulte de cette combinaison des deux données une légére inconsistance; on ne voit pas trés bien comment une colombe peut sortir d'un rameau ; l'Évangile de la nativité mettra plus d'ordre dans tout ce récit. Meyer conjecture que la colombe ne représente point ici le Saint-Esprit, comme dans le baptéme du Christ, mais bien Marie, qui est la colombe privée, élevée dans le temple du Seigneur (vrrr, 1). Le prodige ayant été constaté, le grand- - prêtre veut faire accepter à Joseph le rôle pour lequel l'a désigné le Seigneur. Le sens général de la phrase est assez clair, et les différentes versions donnent sensiblement la méme idée:« Joseph sera non pas l'époux, mais le gardien de la vierge du Seigneur. » L'explication littérale souffre pourtant quelque difficulté, à cause surtout de 1᾿ἑαυτῷ final. Les copistes l'ont diversement compris. Si on le maintient, et je erois qu'il faut le maintenir, il faut le faire rapporter directement à χεχλήρωσαι, on a ainsi le sens ; « Tu as obtenu pour toi, pour ta part. » Le faire rapporter à τήρησιν, donnerait un sens qui ne cadrerait pas avec l'idée générale que l'auteur se fait des relations entre Joseph et Marie. Cf, lintrod., p. 24 sq. Quelques mss. enfin ont lu αὐτῷ, qu'il faudrait rapporter à χύριος, Joseph doit garder la Vierge au Seigneur.

sig τήρησιν ἑαυτῷ L 2. Καὶ ἀντεῖπεν Ἰωσὴφ Aé[ov' υἱοὺς

- ͵ - e EDS / Vo vue B z-3 , | Aoc γένωμαι τοῖς υἱοῖς Ἰσραήλ. Kat εἶπεν ὁ ἱερεὺς τῷ ᾿Ιωσήφ φοδήθητι χύριον τὸν θεόν σου, xal μνήσθητι ὅσα ἐποίησεν à θεὸς Δαθὰν xai ᾿Αδειρὼν xal Κορὲ, πῶς ἐδιχάσθη ἡ γῆ χαΐ χατεπόθησαν διὰ τὴν ἀντιλογίαν αὐτῶν *. Kal νῦν φοδήθητι

1 L: σοὶ χεχλήρωται ἡ παρθένος αὔτη, παράλαθε αὐτὴν εἰς τήρησιν (σεαυτῷ). — A, B, E lisent : col. χεχλήρωται τὴν παρθένον (κυρίου) παραλαθεῖν εἰς τήρησιν; ce dernier mot est différemment complété: A, D:eic τήρησιν αὐτῆς; B, E, Fa, 1, 1 Reis τήρησιν ἑαυτῷ (αὐτῷ, σαυτῷ). --- Syr. : Joseph, c'est toique revient la vierge de la part du Seigneur, dans la part q est à toi, pour que tu la prennes, et que tu la gardes. — Eth.: Tu es quem elegit dominus et posuit custodem. super illam sanctam vir ginem. Accipe eam ex hac hora, et custodi illam.

? D ajoute: νεανίσχους. — Syr. : et ils sont des hommes. —. Eth.: supprime les fils, tout comme précédemment le veuvage: ego enim sum senez longævus, ipsa autem puella ad matrimonii &tatem pereenit ; st forte hanc. accepero, opprobrium erit. super me. inter omnes filios Israël. Y

3 D:xal πῶς ἔσομαι αὐτῆς φύλαξ. — Syr.: il se pourrait | que quelque accident arrivât et que je devinsse un objet de mo querie en Israël,

- e = = ἄν | 4 D :xóc ἀνοίξασα ἡ γῆ τὸ στόμα αὐτῆς καὶ κατέπιεν αὐτούς. ᾿ Syr. : et les a engloutis parce qu'ils se levèrent pour la lutte.

2. Joseph refuse d'abord l'honneur qui lui est fait. Il allégue son grand âge et, subsidiairement, la présence dans sa maison de fils déjà grands, 5 qui sont des hommes, dit le Syriaque. Les documents postérieurs sont. M) bien renseignés sur l’âge exact de Joseph. D'aprés l'Histoire arabe de Joseph le charpentier (ch. 1v, x, xiv, xv), ce patriarche aurait eu quatre- | vingt-dix ans quand Marie lui fut confiée. Épiphane a des renseigne- À ments du même genre. Hæres., 11, 10, il était πρεσδύτης ὀγδοήκοντα ἐτῶν πλείω ἢ £600. —Hæres., Lxxvu1, 8, 10, au retour d'Égypte, ilavait | quatre-vingt-quatre ans, et vécut encore huit ans. D’après l’histoire de Joseph de Charpentier, il aurait méme été jusqu'à cent onze ans, dépassant ainsi d'une année le premier Joseph qui d’après les M calculs juifs avait vécu cent dix ans. Les apocryphes que nous

= Vierge du Seigneur.» 2. Et Joseph refusait, disant : « J'ai - des fils, et Je suis vieux, tandis qu'elle, elle est une enfant. (Jai bien peur) de paraître ridicule aux fils d' Israel. » Et le prétre dit à Joseph : « Crains le Seigneur ton Dieu, et souviens-toi de ce que Dieu a fait à Dathan, Abiron et Coré, comment la terre s'est entr'ouverte, et (comment) ils s'y engloutirent à cause de leur résistance. Et maintenant, ὃ

possédons ne savent pas le nom de la première femme de Joseph, mais nous apprenons par Nicéphore, qui tient ce détail d'Hippolyte de Porto, évêque de Rome (!), H. E., τὶ, 3 (P. G., t. cxrv, col. 760) . qu'elle s'appelait Salomé, qu'elle était apparentée à la famille de Jean- Baptiste, étant fille d'Aggée, frére de Zacharie, et par conséquent cousine germaine du Baptiste. Au témoignage de saint Jérôme, /n Matth., -x11, 46,les apocryphes lui donnaient le nom d’Escha, Cf. les noms d' Estha, Esther, etc.,qui apparaissent dans les diverses généalogies imaginées pour concilier les listes de saint Matthieu et de saint Luc. Naturellement les fils dont parle Joseph ne sont autres que les personnages mentionnés dans l'Évangile comme les fréres du Seigneur. L'Histoire de Joseph (c. 11) les appelle Jude, Juste, Jacques et Simon. Ce sont les noms de Matth., xri, 55, avec le changement de José en Juste. D’après la méme histoire, Juste et Simon étaient les aînés, Jude et Jacques les plus jeunes des quatre frères. Les filles se seraient appelées Assia et Lydia. Beaucoup plus tard, Théophylacte en connait trois : Esther, Thamar et Salomé; cette derniére épousa Zébédée et lui donna Jacques et Jean. Épiphane n'en connaissait que deux : Marie et Salomé, Hæres., xxvii, 7; LXXVII, 9. On voit que toutes ces relations de parenté étaient fort imprécises. La version éthiopienne a supprimé les fils de Joseph.

Le Syriaque a insisté avec quelque lourdeur sur les inconvénients que pouvait entrainer la présence dans la maison de Joseph de fils déjà grands. Cette idée n'est pas dans le Protévangile, il ne mentionne les fils de Joseph, que pour faire ressortir son Âge, le reste du récit ne les mentionnera plus, sauf à un seul endroit; il ne semble pas que, dans la pensée de l'auteur, ils aient habité la maison paternelle. Ce qui ennuie Joseph, c'est l'évidente disproportion entre son âge et celui de Marie. La manière dont le grand-prêtre répond à cette difficulté est péremptoire. Joseph n'a qu'à s'exécuter, sous peine d'attirer sur lui et sur sa maison le chátiment que subirent Coré, Dathan, et Abiron avec leurs femmes, leurs fils et leurs petits-enfants. Num.,

Page 1