‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 81 sur 112 · D NET · texte numérisé non relu

D NET

idi

νέας Je 1 Oise dE e

stetig 4

ns EL

Mast.

de la tribu de David et sans souillure devant Dieu. Et les serviteurs s'en allèrent et l'amenérent. Et ils firent entrer | les vierges dans le temple du Seigneur. Et le grand-prétre dit : « Tirez au sort, (pour savoir) qui filera l'or, et l'amiante et le lin, et la soie, et la pourpre violette et l'écarlate et la pourpre véritable. » À Marie échurent la vraie pourpre et l’écarlate, et les ayant prises, elle s’en alla dans sa maison. [Or en ce temps-là Zacharie devint muet, et ce fut Samuel qui le remplaça, jusqu’au jour où Zacharie parla de nouveau.] Or Marie ayant pris l’écarlate se mit à filer.

XI. 1. Et elle prit sa cruche et sortit pour puiser de l’eau.

22,est destiné à mettre d'accord le Protévangile et les récits canoniques. La conception de Jean-Baptiste, qui suit de prés l'accident survenu à Zacharie, précède de six mois l'annonciation qui va être rapportée au chapitre suivant. Peut-étre aussi faut-il voir dans cette phrase incidente une premiére soudure destinée à rattacher au récit primitif la légende de Zacharie. Conrady (p.86) n'admet pas ces explications. Il considére au contraire comme capital, pour la suite du récit, la mention de cet incident. Sans le silence forcé de Zacharie, la scéne dela comparution de Joseph et de Marie devant les autorités sacerdotales serait invraisemblable. Comment Zacharie aurait-il pu accuser cette même Vierge, dont il avait prédit qu'un jour elle apporterait la rédemption au monde? Tout ingénieuse qu'elle soit, cette explication ne supprime pas l'impression étrange que fait au milieu du récit la mention de laecident survenu à Zacharie. Samuel, qui remplace provisoirement le prêtre Zacharie, devait s'appeler à l'origine Siméon, ce dont témoignent encore quelques mss. Cf. xxrv, 4.

XI.4. La scène de l'Annonciation dans le Protévangile diffère assez profondément de celle qu'a racontée saint Luc,:, 26-38. Ellese dédouble en deux parties, la salutation angélique à la fontaine, l'annonce du divin enfantement à la maison. La description est plus naive, plus po- pulaire, moins théologique que celle de l'Évangile. Marie nous est représentée dans l'accomplissement de ses occupations ordinaires et le tableau ne manque pas de grâce. Hofmann explique le dédoublement des récits évangéliques par l'existence de plusieurs traditions locales relatives à l'endroit où avait eu lieu l'annonciation. Certains la mettaient auprès de la fontaine, d'autres la situaient dans l'appartement de Marie. Voulant les accorder toutes, l'auteur du Protévangile a ra-

εὐλογημένη σὺ ἐν γυναιξίν 1 Kol meptebhémero δεξιὰ X ἀριστερὰ, πόθεν αὕτη ἡ φωνή. Καὶ σύντρομος γενομένη ἀπίεϊ εἰς τὸν οἶχον αὐτῆς χαὶ ἀνέπαυσεν τὴν χάλπην, χαὶ λαθοῦσα τὴν πορφύραν ἐκάθισεν ἐπὶ τοῦ θρόνου αὐτῆς xal εἶλχεν

λέγων᾽ μὴ co6o00 Μαριὰμ, εὗρες γὰρ χάριν ἐνώπιον τοῦ πάντων δεσπότου, xai συλλήψῃ ἐκ λόγου αὐτοῦ 3, Ἢ δὲ

1 Syr. : Salut à toi, toute belle. — L ajoute: xai εὐλογημένος ὁ χαρπὸς τῆς χοιλίας cou. H, K omettent: εὐλογημένη σὺ ἐν γυναιξίν. — Eth. : Salus sit super te, o. Maria, sancta et pura. Dominus enim benedixit tibi. Ille est tecum et tu ineenisti. gratiam apud eum. Exaltaberis magis quam. omnes mulieres qua creata sunt in mundo.

2 Fh:&yyehos τοῦ θεοῦ [}.αθριήλ.

3 A: ἐχ πνεύματος ἁγίου. — Eth. : tu vero gravida es virtute Verbi Domini et Spiritus Sancti. E

conté deux apparitions. Mais il est peu vraisemblable qu'il ait existé, dès le 11* siècle, deux traditions relatives au lieu de l'annonciation.—Meyer, pour expliquer la salutation à la fontaine, fait appel aux légendes populaires, qui mettent auprès des sources les rencontres avec les génies ou les fées. — La voix quise fait entendre est bien celle del'ange, encore que son nom ne soit pas exprimé; la salutation est celle de Luc. 1, 28: mais à laquelle se joint εὐλογημένη συ ἐν γυναιξίν de Luc., 1, 42. Cette + addition au texte de l'Évangile est très ancienne, elle est attestée par plusieurs manuscrits onciaux, et se retrouve dans le syria- — que, la vulgate, le gothique, l'éthiopien, dans Tertullien (De virg. veland., 6, P. L., t. 11, col. 897) et Eusèbe (Dem. eeang.,l. VIL, e. 1,2 P. G., t. xxu, col. 517). — Marie prise de frayeur rentre à la maison, et déposant sa cruche se remet au travail. Les représentations. iconographiques de l'Annonciation. ont longtemps figuré la cru- | che et la pourpre. Marie, qui tout à l'heure filait l’écarlate, a rep : | maintenant la pourpre. Si le texte est bien authentique, ce changement ne doit pas étre sans signification. Plusieurs commentateurs grecs font remarquer, qu'au moment de la conception, Marie doit avoir sur elle le tissu le plus précieux; ne va-t-elle pas devenir maintenant le véritable Saint des Saints, où Dieu va séjourner? La visite de l'ange

Et voici qu'une voix (lui) dit : « Salut, pleine de gráces, le … Seigneur est avec toi; bénie es-tu entre les femmes. » Et - elle regardait à droite et à gauche, d’où (pouvait bien venir) cette voix. Et prise de saisissement, elle retourna dans sa maison, déposa sa cruche, et ayant pris la pourpre s'assit — sur son siège et se mit à filer. 2. Et voici qu'un ange du -. Seigneur se tint devant elle, disant : « Ne crains pas, Marie, - car tu as trouvé grâce devant le Maître de l'univers, et tu concevras de sa parole. » Elle, ayant entendu (ces mots),

est annoncée à la maniére ordinaire ; l'ange se tient devant Marie, et commence par la rassurer. Ses premiéres paroles sont directement empruntées à Luc., 1, 30. Mais elles ne laissent pas que de paraître assez étranges dans le Protévangile. Pourquoi Marie aurait-elle à craindre ὃ Elle doit étre habituée àla vue des anges, puisqu'au temple c'étaient eux qui tous les jours lui apportaient sa nourriture. L'auteur de la Nativité de Marie sentira cette difficulté et s'eflorcera de la résoudre. — Du texte de Luc il nereste que les premiers mots: «Tu as trouvé grâce devant le souverain Seigneur et tu concevras. » Mais dans le Protévangile,l'ange ne laisse pas un seul instant supposer à Marie, qu'elle pourrait concevoir selon les régles ordinaires de la nature, il ajoute immédia- » tement« tu eoncevras de sa parole». Nous avons déjà fait (p. 41) les remarques nécessaires sur cette manière de parler.Sans vouloir trop presser le mot \6y0<,où il serait difficile de voir dans l’état du texte un être personnel, il ne faudrait cependant pas y voir exclusivement la parole créatrice de Dieu,telle qu'on la voit opérer dansl'Ancien Testament.La conception de l'auteur est encore vague, mais le logos ne saurait étre pour lui un simple flatus vocis, c'est une réalité mystérieuse, et douée d'un pouvoir d'opération. C'est à de telles expressions qu'il faut rattacher l'idée plus tardive, suivant laquelle Marie aurait conçu Jésus par l'oreille. C'est une manière réaliste de dire que Marie a concu, aprés avoir entendu les paroles de l'ange. Hofmann (p. 71) donne une longue liste des divers témoignages patristiques. Le plus ancien semble bien être celui de saint Éphrem : Quemadmodum ex parvulo sinu illius (Evæ) auris ingressa et infusa est mors, üaet per novam Mariæ aurem. intraeit atque infusa est vita. Assémani, Bibl. orient., t. τ, ΟΡ. 91). Le sermon de saint Augustin d'oü est tiré le texte Virgo per au- - rem imprægnabatur (Sermon., cxx1,3, append., éd. Bénédict.) n'est pas . authentique. Mais au moyen âge, aussi bien chez les latins que chez “les grecs, l'expression est courante. — A l'annonce d'un événement si

ἀχούσασα διεχρίθη ἐν ἑαυτῇ λέγουσα᾽ εἰ ἐγὼ συλλήψομαι ἀπὸ κυρίου θεοῦ ζῶντος, xal γεννήσω ὡς πᾶσα γυνὴ γεννᾷ 13 3. Καὶ εἶπεν ὁ ἄγγελος xupiou 3: οὐχ οὕτως, Μαριάμ. 3: 80ya- Ute γὰρ χυρίου éxtoxt&cet cot διὸ xal τὸ γεννώμενον *éx σοῦ ἅγιον 5 χληθήσεται υἱὸς ὑψίστου 6. Καὶ χαλέσεις τὸ ὄνομα,

1 F^ avant cette proposition place un fragment, de Luc, r, 90 : ποταπός μοι ὁ ἀσπασμὸς οὗτος. xai ὁ ἄγγελος εἶπε πρὸς αὐτὴν | ὃ κύριος μετὰ σοῦ, xat συλλήψῃ ἐν γαστρί, puis continue : εἰ ἐγὼ συλλήψομαι. — Eth. modifie plus profondément encore la phy- ! sionomie du dialogue : Respondit Maria dicens : « Quomodo hoc. | mihi fiet, siquidem virum non cognosco? » Dixitque ei angelus : « Scito vero, Maria, te non parituram sicut. pariunt. mulieres, sed Spiritus Sanctus tantum veniet super te, et eirtus Altissimi.

obumbrabit tibi. Ille vero [qui ex te nascetur| sanctus est, eocabitur filius Altissimi et nomen ejus erit Jesus; ille salvabit popu-

lum suum a peccatis. » 10 C'est aussi la leçon de qq. mss. grecs : K, E, Fh : ἰδοὺ ἄγγελος ἐπέστη λέγων. i 3 E, Fa, K ajoutent: ἀλλὰ πνεῦμα ἅγιον ἐπελεύσεται ἐπὶ σὲ, xai δύναμις...

4 Beaucoup de mss. grecs donnent γενόμενον.

5 B, R, Syr. : ἐστον 6 Καὶ: ὡς éx πνεύματος ἁγίου τεχθέν. t

extraordinaire la Vierge reste un instant hésitante; il serait exagéré de} traduire Ôtaxgivechat par douter; le mot veut dire plutôt peser le pour et le contre. Marie se demande si elle à bien compris. Elle ne demande même pas, suivant le thème de saint Luc, comment cela est | possible ;il était inutile de répéter pour le lecteur les mots ἄνδρα οὐ γινώσχω, ὦ il savait trop bien quelle était à cet égard la situation de Marie. Le. | sens de ses paroles est donc celui-ci : « Si J'ai bien compris ton mes- | sage, je dois concevoir par l'opération divine; en est-il bien ainsi ? | Mais dans ce cas, mettrai-je au monde selon les règles ordinaires de la

PROTÉVANGILE DE JACQUES 225 r4 examunait en elle-même, disant : « Vraiment concevrai-je

“du Seigneur, du Dieu vivant, et mettrai-je au monde comme toute femme met au monde? » 3. Et l'ange du Seigneur lui dit : « Non pas, ó Marie; la puissance du Seigneur en effet te couvrira de son ombre. Aussi l'étre saint

L'accent porte essentielllement sur γευννήσω. Dans l'Évangile, c'est avant tout la conception virginale quiest visée; ici au contraire, c'est sur l'enfantement virginal que portent les préoccupations de Marie. Consacrée au Seigneur dés avant sa naissance, elle se demande si sa virginité sera complètement respectée. C'est une manière pour l'auteur de nous préparer au grand miracle des couches immaculées de Marie, qui semble avoir pour lui autant d'importance que celui de la conception virginale. La réponse de l'ange reste assez vague ; étant calquée sur les expressions mises dans sa bouche parsaint Lue, elle ne va pas directement à la question posée par Marie. Carla puissance du Seigneur qui couvrira la Vierge de son ombre, a plutót pour effet de la féconder mystérieusement, que de la préserver de toute souillure dans l'enfantement. Mais l'auteur n'avait pas d'autre phrase à sa disposition, et il s’est servi des expressions toutes faites, qu'il trouvait dans l'Évangile. On remarquera simplement la disparition du Saint-Esprit, et le changement de δύναμις ὑψίστου en δύναμις χυρίου. Ce changement a pour but d'éviter la répétition du mot ὑψίστου, qui sera employé à la ligne suivante:« l'étre saint qui naitra de toi sera appelé fils du Trés-Haut.» La phrase qui suit : « Tu l'appelleras Jésus, c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés» est formée en réunissant Luc., 1,31b et Matth., 1, 212. Cette fusion était toute naturelle. Le fait que Justin cite ces paroles de la méme manière , n'est pas une preuve de sa dépendance à l'égard du Protévangile. Nous avons également fait remarquer en son temps, que les mots γεννώμενον ἐχ σοῦ, là où saint Luc a écrit seulement τὸ γεννώμενον, sont une preuve que l'auteur n'était pas un docéte. Marie répond, comme dans saint Luc : « Je suis la servante du Seigneur; » mais elle ajoute « en sa présen- Ce. » C'est à l’égard de Dieu seulement que Marie est servante; pour les hommes elle est une souveraine. Le Syriaque n'a pas compris cette expression; il a réuni ces deux mots à la proposition suivante.

Le remaniement arménien donne de la scène une narration extrémement diffuse, un dialogue s'établit entre l’ange et Marie, qui rappelle, par nombre de ses expressions, les dialogues que nous avons signalés dans les sermons grecs sur l'Annonciation.

PROTÉV. — 15

XII. 1. Καὶ ἐποίησεν τὴν πορφύραν χαὶ τὸ χόχκινον, xc ἀπήγαγεν τῷ ἱερεῖ 3. Kat εὐλόγησεν αὐτὴν ὁ ἱερεὺς xol εἶπεν Μαριὰμ,, ἐμεγάλυνεν χύριος ὁ θεὸς τὸ ὄνομά cou, xal ἔ εὐλογημένη ἐν πάσαις γενεαῖς τῆς γῆς + 2. Χαρὰν 5 δὲ Age θοῦσα Μαριὰμ ἀπίει πρὸς ᾿Β'λισάθετ τὴν συγγενίδα abs τῆς. Καὶ ἔχρουσεν πρὸς τὴν θύραν. Καὶ ἀκούσασα ἡ Ex | céber ἔρριψεν τὸ xóxxtwoy 6 καὶ ἔδραμεν πρὸς τὴν θύρα xal ἤνοιξεν, xal ἰδοῦσα τὴν Μαριὰμ εὐλόγησεν αὐτὴν χα εἶπεν 7. πόθεν μοι τοῦτο ἵνα ἔλθῃ ἡ μήτηρ τοῦ xuptou μου

1 Fa a ajouté le verset de Luc., 1, 36. L3 2 Syr. : Me voici, je suis la servante de Dieu, qu'il soit avec moi | de sa présence comme tu l'as dit. — Eth. : Ecce ego ancilla sum. Domini, spiritus meus est in manibus ejus. Ille faciet de me quid. voluerit, et fiat sicut miht dixisti. T 3 D ajoute : εἰς τὸν ναὸν xuptou.

4 N':edAdynoé σε χύριος ὁ θεὸς, καὶ τὸ ὄνομά cou εὐλογήπ!]

OS

μένον ἐστὶν ἐν πάσαις ταῖς γενεαῖς v. v. i 5 Α: χάριν. — Eth. : Recedens à Zacharia sacerdote, abut do- | mum Elisabeth, sororis patris sut. δ

6 Syr. par suite d'une erreur de lecture : le crible qu'elle tenait, | 7 C, Fa complètent par Luc., 1, 42b.

XII. 4. La visite de Marie au grand-prêtre est mise en parallèle}

avec la visite à Élisabeth. Les mémes paroles sont prononcées dans les deux cas. C'est un abrégé du Magnificat que l'auteur met dans la bouche du grand-prétre. La maniére dont le prétre tourne à la louange | de Marie les mots : « toutes les générations de la terre me proclamé» ront bienheureuse, » témoigne que l'Evangile de Luc, dont usait notre auteur, rapportait le Magnificat à la Vierge et non à Élisabeth. Le | grand-prétre annonce la gloire future de Marie, le culte qui lui sera rendu. C'est, dit Resch (loc. cit., p. 104), une des premières traces de

ce 5 £ . 4 . . E.

la « Mariolâtrie », comparable à certaines expressions de la Pisis |

“qui naîtra de toi sera appelé le fils du Très-Haut. Et tu “lui donneras le nom de Jésus; car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Et Marie dit : « Voicila servante du Seigneur en sa présence; qu'il me soit fait selon ta parole. »

XII. 1. Et elle acheva la pourpre et l'écarlate, et l'apporta au grand-prétre. Et le grand-prétre la bénit et dit : « Marie, le Seigneur Dieu a exalté ton nom,et tu seras bénie dans toutes les générations de la terre. » 2. Or Marie en ayant concu de la joie s'en alla chez Élisabeth sa cousine. Et elle frappa à la porte. Et Élisabeth ayant entendu jeta l'écarlate (qu'elle avait en main), courut à la porte et ouvrit; et ayant vu Marie, elle la bénit et dit : « D’où me vient que la mére de mon Seigneur entre chez moi? Voici

Sophia (cf. edit. Schwartz et Petermann, p. 20, 39, 75). On a essayé de donner aux paroles du grand-prétre une signification plus simple. Elles seraient un remerciement pour le service rendu au temple. Le voile auquel a travaillé la Vierge perpétuera le souvenir de Marie, et cest aussi pour elle une bénédiction que d'avoir travaillé pour le Seigneur. Mais cette explication qu'Hofmann suggére, sans s'y arréter d'ailleurs, ne semble pas légitime. L'auteur donne évidemment au grand-prétre une vue prophétique sur les destinées futures de Marie.

2. La visite de Marie à Élisabeth, dans l'Évangile de saint Luc, était motivée par l'annonce faite à la Vierge par l'ange de la grossesse inespérée de sa cousine. Désireuse de constater la réalisation du message divin, soucieuse aussi de rendre service à sa parente, Marie se dirige en toute hâte vers la montagne. — L'auteur du Protévangile n'avait pas les mémes raisons à donner de cette démarche de Marie ; mais ayant trouvé dans l'Évangile canonique le récit de la visitation, il la conservé sans se préoccuper autrement de le justifier. On ne peut méme pas dire que Marie va faire part à sa cousine du mystére de sa conception; l'auteur remarquera tout à l'heure qu'elle a oublié les paroles de l'ange. Mais acceptant le fait de la visitation, il va s'en servir pour faire ressortir une des vertus de Marie dont il m'avait pas eu l’occasion de parler. L'instant où Marie frappe à la porte est signalé, c'est celui où Jean-Baptiste tressaille dans le sein de sa mère. L'écarlate qu'Élisabeth tientà la main n’est pas destiné au voile du temple, car Élisabeth n'est pas vierge et n'est pas non

600 γὰρ ! τὸ ἐν ἐμοὶ ἐσχίρτησεν xal εὐλόγησέν σε ἢ

γοῦσίν ue 5; 3. Καὶ ἐποίησεν τρεῖς μῆνας πρὸς τὴν "EXC σάθετ. ἩΗμέρᾳ δὲ καὶ ἡμέρᾳ ἡ γαστὴρ αὐτῆς ὠγχοῦτο, xat qo

1 Fa, Fbajoutent: ἰδοὺ γὰρ ὡς ἐγένετο ὁ ἀσπασμιός σου εἰς τὰ ὦτά μου, τὸ ἐν ἐμοί...

2 Eth. : eumque adoravit qui est in sinu tuo. 3 T vu 2 - Ae :ὁ ἀρχιστράτηγος.

4 Fb:éy ἑαυτῇ:

5 Syr.: m'appellent bénie. — Eth. supprime la phrase : 2xe-

entier,

6 C’est la leçon de A, B, D, E, I, R, Pos., Syr. — Fa : dexaveos σάρων. — C: πεντεχαίδεχα. — Pb:8éxa πέντε. — H : δέχ ἑπτά. — Eth. pas d'indication, aprés le Magnificat ajoute seu- | lement : Remansit deinde Maria tres menses apud. Elisabeth, et abiit in domum suam.

plus de la tribu de David. (La lecon du syriaque : « le crible qu'el tenait» s'explique par une faute de lecture; il a lu χόσχινον au lieu | de xéwx:»ov.) Dans les paroles d'Élisabeth rapportées par Luc. 42-45, le Protévangile a supprimé le début:«tu es bénie entre les fe mes et le fruit de ton sein est béni,» déjà prononcé, au moins en partit par l'ange ; 1] ἃ supprimé également la fin: « heureuse celle qui a eru, | ete. » Ces paroles ressemblent trop à une exhortation dont Marie au- | rait eu besoin pour accorder une confiance entiére aux paroles de l'an- |

“en effet que (l'enfant) qui est en moi a tressailli et ta . bénie. » Or Marie avait oublié les mystères que lui avait révélés l'archange Gabriel. Elle leva les yeux au cielet dit : «Οἱ suis-je, Seigneur, pour que toutes les générations de la terre (un jour) me bénissent ? » 3. Etelle fit (un séjour de) trois mois auprès d'Élisabeth. Or de jour en jour son sein grossissait, et prise de peur, Marie repartit dans sa maison, et elle se cachait des fils d'Israél. Or elle avait seize ans quand ces mystéres s'accomplirent.

Oubli plus que singulier. Marie avait-elle à ce point l'habitude de la conversation des anges, que le message de Gabriel n'ait point laissé de traces dans son souvenir ? Une réponse semblable se trouve, ch. xin, v. 3. Quelques-uns ont pensé à une interpolation; les mots : « l'archange Gabriel », qui sont absents du récit de l'annonciation, trahiraient la main d'un glossateur. Mais le fait que la méme idée se trouve exprimée quelques lignes plus loin, n'est pas favorable à cette hypothèse. D'ailleurs tous les mss. grecs donnent le texte avec des variantes insignifiantes, le Syriaque le donne également. Seul l'éthiopien a supprimé cet incident, mais ce peut être une suppression intentionnelle. L'auteur du Protévangile a simplement voulu faire ressortir la grande “humilité de Marie, mais on peut bien dire que l'exagération a nui au “succès de son entreprise.

3. Marie fait auprés de sa cousine un séjour de trois mois. L'expres- Sion ἐποίησε τρεῖς Uzvac est une expression hébraïque; mais il est inutile pour l'expliquer de recourir à un original hébreu; les Septante avaient déjà traduit, Eccl., vi, 12, « la vie qu'il passe comme une ombre, » χαὶ ἐποίησεν αὐτά. L'auteur a pu copier cette expression. Le chiffre de trois mois est emprunté à Luc, τ, 56. La constatation des signes extérieurs de sa grossesse effraie Marie, et la fait retourner chez elle. Cf. Luc., τ, 24, à propos d'Élisabeth. L'âge qui est attribué à Ma- “rie (16 ans) au moment de la conception est assez étonnant. Si c’est à l’âge de douze ans qu'elle a été confiée à Joseph, quatre ans se sont écoulés depuis ce moment, et Joseph est resté bien longtemps absent - pour un gardien.Les mss. ont essayé de combler cet intervalle trop long. " Les uns ont donné quatorze ans à la Vierge quand elle sort du temple, les autres lui donnent quatorze ou quinze ans lors de l'annonciation, NI ya là une diffieulté textuelle qui n'est pas éclaircie,

᾿ : δ XIII. 1. ᾿Ε γένετο δὲ αὐτῇ ἕχτος μὴν 1, xoi ἰδοὺ ἤλθει ᾿Ιωσὴφ ἀπὸ τῶν οἰχοδομῶν αὐτοῦ, xci εἰσελθὼν ἐν τῷ - ΤῸ

οἴχῳ αὐτοῦ εὗρεν αὐτὴν ὠγκωμένην 3. Kai Étude τὸ πρόσωπον * ^ , A M 1

5, AE A0 1 i4 — E , 3 Δ»

αὐτοῦ xai ἔρριψεν ἑαυτὸν χαμαὶ ἐπὶ τὸν σάχχον 3, xal ἔχλαῦσε,

P - ) I 4. I , i P , P DF 4 πιχρὼς AETOY ποίῳ προσωπῷῳ ATEYIOW προς AUPIOY TOY 025

μου ; τί δὲ εὔξομαι περὶ τῆς κόρης ταύτης ; ὅτι παρθένον παο- £XAa6oy αὐτὴν éx ναοῦ κυρίου τοῦ θεοῦ μου xal οὐχ ἐφύλαξα Τίς ὁ θηρεύσας με 9; τίς τὸ πονηρὸν τοῦτο ἐποίησεν ἐν τῷ οἴχῷ μου καὶ ἐμίανεν τὴν παρθένον 9; Μήτι εἰς ἐμὲ ἀναχεφαλαιώθη ἡ ἱστορία τοῦ ᾿Αδάμ ; ὥσπερ γὰρ ἐν τῇ ὥρᾳ τῆς δοξολογίας ἡ

1 Eth. : Postea Joseph ex itinere suo redua.

3 Eth. : et sese prostraeit in puleerem. |

4 Eth. donne un texte tout différent deslamentations de J oseph; | seul le sens général est conservé.

5 A et Germain Ier : θηρεύσας αὐτήν.

e C, Faet Syr. : :τίς ἠἡχμαλώτευσε τὴν παρθένον ἀπ᾿ ἐμοῦ xal ἐμίανεν αὐτήν.

7 Syr. : Au moment qu'Adam louait Dieu. — F^ : ἐχεῖνος ἐν τῇ ὥρᾳ τῆς δοξολογίας τοῦ θεοῦ μετὰ ἀγγέλων συνῆν ὅτε... -1

XIII. 4. Aprés les récits précédents, qui tous avaient tourné à gloire de Marie, commence la série des épreuves. L'auteur a insisté av complaisance sur ce point délicat qu'avait seulement effleuré saint Matthieu. Marie aura à souffrir des soupçons non seulement de Joseph, mais de l'autorité juive; toutefois les scénes pénibles,oü elle va se trouver mélée, auront pour effet de mettre en plus vive lumière, en méme temps. que sa pureté, le caractère surnaturel de sa maternité. —Le sixième mois dont il est question ne saurait étre que le sixiéme mois de la grossesse de Marie, alors que son état ne peut plus étre caché à personne. Dans. Ps.-Matthieu, Joseph revient après neuf mois d'absence; dans le Protévangile, il est impossible de préciser les données chronologiques. On | doit admettre que, dans la pensée de l'auteur, l'Annonciation a eu lieu aprés le départ de Joseph, quoi qu'il en soit des divers chiffres donnés par les mss. pour l’âge dela Vierge (x11, 3). —« Illa trouve enceinte” est une traduction dans le sens du Protévangile, des. mots de Matth.,. 1, 18, εὑρέθη ἐν γαστρὶ ἔχουσα. Le désespoir de Joseph est décrit d'une |

- XIII. 1. Or le sixième mois (de sa grossesse) était arrivé, et voici que Joseph revint de ses travaux de construction et en entrant dans sa maison il la trouva enceinte. Et il se frappa le visage, et il se jeta à terre sur un sac, et il pleura -amérement, disant : « De quel air léverai-je les yeux vers le Seigneur mon Dieu? et que dirai-je dans ma prière au sujet de cette jeune fille? Car je l'ai reçue vierge du temple du Seigneur mon Dieu, et je ne l'ai point gardée. Qui est celui qui m'a trompé? Qui (donc) a commis ce forfait dans ma maison et a souillé cette vierge? Est-ce que ne se répéte pas pour moi l'histoire d'Adam ? De méme en effet qu'à l'heure où il rendait gloire (à Dieu) le serpent est

maniére pittoresque; plus tard,l'on n'osera plus attribuer à l'époux de Marie des soupcons injurieux; les latins en particulier verront dans les troubles de Joseph, rapportés par saint Matthieu, les scrupules d'une âme, qui, découvrant la divine maternité de Marie, se juge indigne de la mission qui lui est confiée. Les grecs n'ont pas eu de ces délicatesses, et longtemps encore au jour de l'annonciation ils décriront la scène pénible qu'a esquissée le Protévangile. — Joseph se jette à terre sur un sac. C'est le drap d'étoffe grossière qu'on se metsur le dos en signe de deuil et de pénitence (cf. Gen., xxxvir, 34), mais on peut aussi létendre par terre pour s'y coucher. II Sam., xxr, 10. Dans Isaïe, Lvir, 5, il est question de se coucher sur le sac et la cendre. La douleur de Joseph ne tient pas à ce qu'il aurait été trompé; c'est une faute personnelle qu'il se reproche ; il avait été chargé de veiller sur la pureté de Marie, et voici qu'il a failli à sa mission. Comment dés lors osera-t-il lever les yeux au ciel, et comment pourra-t-il nommer dans sa prière la vierge qu'il devait recommander à Dieu ? Aprés avoir exhalé son repentir personnel, il se tourne vers celui qu'il soupconne l'auteur du crime. Serait-ce le recommencement de lhistoire arrivée autrefois à Adam ? Pendant que celui-ci priait seul, à l'heure déterminée, Eve a été séduite. L'idée que l'homme seul doit louer Dieu, à certaines heures, est bien juive ; la femme n'a pas le droit de prendre part à la priére officielle. Le serpent n'a pas seulement séduit Eve en ce sens qu'il l'a amenée à manger le fruit défendu, il l'a positivement séduite; cette idée pouvait se réclamer de plusieurs passages du Nouveau Testament, Cf. 11 Cor., xi, 3; I Tim., τι, 14.

* - Ξ- * p A CA À " , A , ἢ αὐτοῦ ἦλθεν ὁ ὄφις xol εὗρε τὴν Εὔαν μόνην xoi ἐξηπάξ do NN SONT ΤΕ DCE 2 n f: 5. MM zn6ey 1, οὕτως χἀμοὶ ἐγένετο. 2. Kat ἀνέστη ᾿Ιωσὴφ ἀπὸ τοῦ σάχχου, xal ἐχάλεσε Μαριὰμ, xoi εἶπεν αὐτῇ μεμελημένη m τῷ θεῷ, τί τοῦτο ἐποίησας ; ἐπελάθου κυρίου τοῦ θεοῦ σοῦ;

Md

dri xoi τροφὴν λαθοῦσα ἐχ χειρὸς ἀγγέλου 2; 8. Ἢ δὲ 2 - pr 7 3 y 415 $a y A x s | ἔχλαυσεν πιχρῶς, λέγουσα ὅτι ? χαθαρά εἰμι ἐγὼ καὶ ἄνδρα οὐ

, n 4 SES , ζ΄ CEE x: 2221 γιγώσχω. Καὶ εἶπεν αὐτῇ ᾿Ιωσήφ΄ πόθεν οὖν ἐστὶ τὸ EMEN τὴ γαστρί cou*; ἡ δὲ ἘΞ ζὴ χύριος ὁ θεός μου χαθότι οὔ γινώσχω πόθεν ἐστίν μοι

αὐτῆς 9, xol den αὐτὴν ποιήσει. Kai efxews

1 Syr. : et l’a trompée et l’a souillée.

2 D ajoute : καὶ χορεύσασα ἐν αὐτοῖς.

3 Syr. et C, D ajoutent :ζῇ κύριος ὁ θεός.

4 ἢ) : τοῦτον ἐστιν ὃ ἐν τῇ γαστρί σου FREE

5 D ajoute: ἀλλ᾽ ὅτι χαθαρά εἰμι xai ἄνδρα οὐ γινώσχω. 6 Syr. : et eut grand peine à son sujet.

ZU

2. Joseph ne veut pas dire cependant qu'il en aurait été ainsi pou di Marie; l’idée la plus naturelle est celle d'une séduction ordinaire, c’est pourquoi il veut interroger Marie etsavoir d'elle le nom du sédueteur. | Il commence d'abord par lui reprocher sa faute présumée, faute d autant plus grave, que la pureté de Marie était une chose plus particulière ment sacrée. Elle qui autrefois a été élevée dans le temple d'une manière si extraordinaire, comment a-t-elle pu oublier son Dieu à ee point? On remarquera l'expression hébraïque ἐταπείνωσας τὴν ψυχήν σου.

3. Marie ne sait que répondre aux accusations et aux reproch de Joseph. Elle affirme son innocence, en redisant les paroles que Lu avait mises dans sa bouche au moment de l'Annonciation, 1, 34: ἄνδρα οὐ γινώσχω. Cependant sa grossesse est évidente et Joseph lui en des mande une explication. La réponse que suggére à Marie l'auteur du. Protévangile est aussi invraisemblable que celle de xir, 2; Marie sai bien en effet de qui elle a concu; l'ange ne lui a-t-il pas révélé qu'elle concevrait du Dieu vivant, Mais il ne faut pas trop presser le sens de

| venu, a trouvé Eve seule et l'a trompée, de méme en estil arrivé pour moi. » 2. Et Joseph se leva du sac (où 1] s'était jeté), et il appela Marie et lui dit : « (Enfant) si chère à Dieu, pourquoi as-tu fait cela? As-tu (donc) oublié le Seigneur ton Dieu? Pourquoi as-tu dégradé ton âme, toi qui as été élevée dans le Saint des Saints, et qui recevais ta nourriture de la main d’un ange? » Elle pleurait amère- - ment, disant :« Je suis pure,et ne connais point d'homme. » Et Joseph lui dit : « D’où vient donc ce (qui est) dans ton sein ? » Elle dit :« (Aussi vrai que) le Seigneur mon Dieu est vivant, Je ne sais pas d'oü cela m'est venu. »

XIV. 1. Et Joseph fut saisi d'une grande crainte, et 1] s'éloigna d'elle, et il réfléchissait à ce qu'il pourrait bien

mots. L'intérét de la narration exigeait que la Vierge ne révélàt pas elle-méme le secret de sa grossesse; il ne sera découvert à Joseph que par l'ange; et plus tard, malgré l'épreuve des eaux améres, il échappera aux autorités. La narration de saint Matthieu ne présentait pas les mémes inconvénients, elle évitait de mettre en présence Marie et Joseph, elle parlait seulement des angoisses intérieures de ce dernier. Notre auteur, ayant pris le parti de mettre les deux personnages en face l'un de l'autre, ne pouvait guére terminer autrement cette pénible scéne que par la réponse évasive de la Vierge : « Je ne sais pas,» c'est-à-dire « je ne puis pas assigner de causes naturelles à ce qui m'est arrivé; tout ce que je puis affirmer, c'est que je suis pure, et que je n'ai eu de relations avec aucun homme. »

XIV. 1. Ce chapitre est le développement des quelques versets de Matth., 1, 19-22. Seulement l'évangéliste n'avait pas mis autant de précision dans le dilemme que se posait Joseph. La loi qui est visée est celle du Deut., xxir, 13-21, qui punit de mort la jeune femme qui se serait laissé séduire avant son mariage. Cette loine prescrit pas, il est vrai, que l'époux trompé se fasse l'accusateur de son épouse, - mais cette dénonciation répond à l'esprit de la loi qui prescrit « d'óter par là le mal du milieu d'Israél. » Ainsi Joseph irait au moins contre 1 l'esprit de la loi en ne dénoncant pas Marie. Cependant il peut craindre “d'autre part que la Vierge ne soit innocente, ayant été fécondée par l'opération d'un ange. C'est une idée courante à l'époque et dont on - trouve des traces dans l'Ancien et le Nouveau Testament. On interpré-

Ce cm CS

τῷ νόμῳ κυρίου" καὶ ἐὰν αὐτὴν φανερώσω τοῖς υἱοῖς ᾿Ισραὴλ, φοθοῦμαι μήπως ἀγγελιχόν 1 ἐστιν τὸ ἐν αὐτῇ, xol εὑρεθήσο μαι παραδιδοὺς αἷμα ἀθῷον εἰς χρίμα θανάτου. Τί οὖν ποιήσω; λάθρα αὐτὴν ἀπολύσω ἀπ᾿ ἐμοῦ 3. Καὶ χατέλαθεν αὐτὸν γύξ 8: 2. Καὶ ἰδοὺ ἄγγελος κυρίου φαίνεται αὐτῷ κατ΄ ὄναρ * λέγων δ' μὴ φοδηθὴς τὴν παῖδα ταύτην δ᾽ τὸ γὰρ ἐν αὐτῇ ὃν ix πνεύματός ἐστιν ἁγίου" τέξεται δὲ 7 υἱὸν, xol χαλέσεις τὸ ὄνομα αὐτοῦ 'lqcoüv: αὐτὸς γὰρ σώσει τὸν λαὸν αὐτοῦ ἀπὸ τῶν ἁμαρτιῶν αὐτῶν. Καὶ ἀνέστη ᾿Ιωσὴφ ἀπὸ τοῦ ὕπνου xal ἐδόξασεν τὸν θεὸν ᾿Ισραὴλ τὸν δόντα αὐτῷ τὴν χάριν ταύτην xal ἐφύλασσεν αὐτήν S.

Page 1