‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 82 sur 112 · XV. 1. Ἦλθεν δὲ ΓΑννας ὁ γραμματεὺς 9 πρὸς αὐτὸν καὶ · texte numérisé non relu

XV. 1. Ἦλθεν δὲ ΓΑννας ὁ γραμματεὺς 9 πρὸς αὐτὸν καὶ

1 Syr. : que l'esprit d'un ange ne soit en elle. — Eth. : timeo, ne quod in sinu ejus est de spiritu (sancto?) sit. |

? Fbajoute : αὐτὴ ἡ ἡμερὰ xuplou ποιήσει ὡς βούλεται.

3 Eth. : Deinde surrexit et abit orare in templum et Deum pre catus est, mentem suam elevans et dicens (suit une priére assez longue, indépendante de notre texte).

4 Syr. : dans son sommeil.

5 D ajoute : ᾿Ιωσὴφ, ᾿Ιωσὴφ υἱὸς Δαυίδ.

6 D, Fa, Pos.: παραλαθεῖν τὴν γυναῖχά cov.

7 Syr.: elle t'enfantera à toi

8 ΡῈ; τοιαύτην χάριν τηρῆσαι ἀφθάρτην παρθένον. --- Syr. : qui lui avait fait cette gráce et l'avait protégée (Marie). E

9 Syr. : Ananias. — Eth. : sacerdos quidam cui nomen erat Joan“ nes.

tait en ce sens le passage de Genèse, vi, 2, qui parle de l'union des fils de Dieu (c'est-à-dire des anges) avec les filles des hommes. Le Livre. d'Hénoch avait popularisé cette interprétation (cf. Hénoch, cvr, 6) et saint Paul, quand il recommande aux femmes d'avoir la tête voilée: dans l'assemblée chrétienne à cause des anges (I Cor.,x1, 10) songe peut-être au péril qu'elles peuvent courir. La mention que fait l'auteur. de cette hypothèse, qui sera réfutée tout à l'heure, a vraisemblable- -

— en faire, Et Joseph dit : « Si je cache son péché, je me trouve combattre la loi du Seigneur. Et si je la dénonce aux fils d'Israël, je crains que ce qui est en elle ne vienne d'un ange, et (alors) je me trouverai avoir livré le sang

innocent à un jugement de mort. Que ferai-je donc? Je -.]a renverrai secrètement de chez moi. » Et la nuit le surprit (dans ces pensées). 2. Et voici qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe, disant : « Ne crains pas cette enfant, car ce qui est en elle est (l’œuvre) du Saint-Esprit : elle enfantera un fils, et tu le nommeras Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Et Joseph se réveilla de son sommeil, et il glorifia le Dieu d'Israél qui lui avait fait cette grâce, et il continua à garder Marie (sous sa protection).

XV, 1. Or le scribe Annas vint chez et lui dit : « Pour-

ment pour but de couper court à des interprétations tendancieuses sur la conception du Christ. — Impuissant à sortir du dilemme où il s'est enfermé, Joseph prend le parti de renvoyer secrètement Marie ; les mots sont ceux de saint Matthieu. Conrady a fait l'ingénieuse hypothése que le texte hébreu original portait baséfer avec une lettre de divorce (cf. Deut., xxiv, 1-3), que le traducteur aura lu baséter, - secrètement. Saint Matthieu aurait ensuite emprunté λάθρα au Protévangile. Mais le parti que prend Joseph de renvoyer Marie secrétement remédie aux deux difficultés signalées précédemment, etil est inutile de faire appel à cette hypothèse.

2. L'annonciation à Joseph est calquée de trés prés sur Matth. On remarquera seulement la suppression des mots: « fils de David » en tête, et des mots :« ne crains point de prendre Marie pour ton épouse. » - C'est à dessein que ces mots ont été supprimés. Nulle part la descendance davidique de Joseph n'est indiquée. Si en effet, dans la pen- .sée du Protévangile, Jésus est de la race de David, ce n'est point, comme dans saint Matthieu, parce qu'il a légalement pour père - Joseph descendant du grand roi, c'est parce que Marie, sa mère, est de la tribu de David. D'autre part, Marie n'est pasl'épouse de Joseph, celui-ci est seulement chargé officiellement de veiller sur sa pureté. -— XV. 1. Le chapitre actuel prépare l'épisode qui va suivre : la constatation officielle de la conception virginale de Marie. C'est une idée

1 uU ,

εἶπεν αὐτῷ᾽ τί ὅτι οὐχ ἐφάνης iv τὴ συνόδῳ ἡμῶν; K εἶπεν αὐτῷ ᾿Ιωσήφ᾽ ὅτι ἔχαμον ἀπὸ τῆς ὁδοῦ, καὶ ἀνεπαῦτ y E ^ , [4 , 2 K AT. , τ ^ 57 M à.

σάμην τὴν πρώτην ἡμέραν ? Καὶ ἐστράφη xal εἶδεν τὴν Μαρι ὠγχωμένην 3. 2. Καὶ ἀπίει δρομαῖος πρὸς τὸν ἱερέα καὶ εἶπεν αὐτῷ᾽ ᾿Ιωσὴφ, ἐν σὺ μαρτυρεῖς 4 ἠνόμησεν σφόδρο Καὶ εἶπεν ὁ ἱερεύς" τί τοῦτο ; xal elmey τὴν παρθένον “ἣν , e , - , 2 , ,

Tapéhabey Ex ναοῦ κυρίου, ἐμίανεν αὐτὴν, xal ἔχλεψεν τοὺς γάμους αὐτῆς 5, xal οὐχ ἐφανέρωσεν τοῖς υἱοῖς ᾿Ισραήλι

A75 \ e. MR A τ RL) D - : / \ Καὶ ἀποκριθεὶς ὁ ἱερεὺς εἶπεν ᾿Ιωσὴφ τοῦτο ἐποίησεν ; Καὶ εἶπεν ΓΑννας ὁ γραμματεύς ἀπόστειλον ὑπηρέτας, xal eb» ρήσεις τὴν παρθένον ὠγχωμένην 9. Kai ἀπῆλθον οἱ ὑπηρέται xal. εὗρον χαθὼς εἶπεν, χαὶ ἀπήγαγον αὐτὴν ἅμα τῷ ᾿Ιωσὴφ εἰς

1C, Fh, Syr.:éy τὴ συναγωγὴ — Eth. : intemplum nobis cum.

? Eth. : per duos dies.

3 Fb:6yxoboucay (ἐγκύουσαν ?)

4 L'ajoute : περὶ αὐτοῦ ὅτι δίχαιός ἐστι. — Eth.: quem probum fidelemque dicis.

5 Syr. traduit littéralement le grec : a dinem le mariage. Eth. : cum virgine fornicatus est. 1

6 Ἀν; ἔγχυον οὖσαν. — Eth. : Mitte nuncium jubens ipsam. eenire ad te, ut videas et credas eam graeidam esse.

qui était chére à l'auteur, et qui d'ailleurs se retrouve sous une autre forme dans les légendes postérieures. D’après Origene, le grand- -prétre Zacharie a laissé pénétrer Marie aprés la naissance de Jésus, dans l'enceinte du temple exclusivement réservée aux vierges. Suidas rapporte (au mot Ἰησοῦς) que, Jésus ayant été élu comme prêtre par le sanhédrin, Marie vint déposer officiellement qu'il avait Dieu pour pére. Cette mention avait été inscrite sur le registre des prêtres. C'était une mae nière de répondre directement aux calomnies juives concernant la. naissance du Sauveur. Ici, la scéne est bien combinée, et d'une manie e beaucoup moins invraisemblable que dans la légende rapportée par Suidas. Marie, ayant été consacrée au service du temple, doit gardersa virginité intacte, et méme après qu elle a été confiée à Joseph, elle reste

- quoi done n'as-tu pas paru dans notre réunion? » Et Joseph lui dit : « J'étais fatigué du voyage, et je me suis reposé le premier jour. » Et (Annas) se retourna et vit que Marie était enceinte. 2. Et 1] s'en alla tout courant vers le grandprétre et lui dit : « Joseph a commis une iniquité grande à l'excés. » Et le prétre dit : « Quoi donc? » Et il dit : « La vierge qu'il a recue du temple du Seigneur, il l'a souillée, et a frauduleusement consommé le mariage avec elle, et il n'a point prévenu les fils d'Israél. » Le prétre répondit et lui dit : « Joseph a fait cela ? » Et le scribe Annas dit : « Envoie des serviteurs, et tu trouveras que la vierge est enceinte. » Et des serviteurs s'en allérent, et trouvérent (les choses) comme l'avait dit (Annas), et 115 amenérent Marie en

sous la surveillance du sacerdoce juif. Le seribe Annas, quise montre si prompt dans ses attaques contre Joseph et Marie, est peut-étre, dans la pensée de l'auteur, le futur grand-prétre qui condamnera Jésus. Joseph n'ayant pas paru dans l'assemblée, c'est-à-dire à la réunion de la synagogue (ce pouvait étre un jour de sabbat), Annas qui a appris son arrivée de la veille, vient, en bon zélote, s'informer des causes de cette négligence. Le petit dialogue entre les deux hommes est plein de naturel. La visite d'Annas dans la maison de Joseph iui donne l'occasion de constater l'état de Marie.

2. Trés empressé le scribe court en référer au grand-prétre. On ne voit pas trop dans quelle ville habitaient Joseph et Marie;la rapidité avec laquelle Annas se rend chez le grand-prétre, la promptitude avec laquelle est menée l'enquéte sembleraient indiquer que toute la scène se passe à Jérusalem. Cette donnée est en contradiction avec celle de " saint Luc qui met à Nazareth le domicile de Marie (et donc aussi celui de Joseph). Mais les questions de topographie ne préoccupent pas notre auteur. Joseph est accusé d'avoir « dérobé les noces de la vierge. » On trouve dans Théocrite, xxii, 151, l'expression γάμον δώροις χλέψαι; il s'agit d'un jeune homme qui par des présents faits au père se substitue au fiancé légal. Ce n'est pas le sens ici. Phocylide, 3, emploie γαμοχλοπεῖν dans le sens de « commettre un adultére», et les Oracles sibyllns, 11, 52; v, 429, appellent γαμοχλοπία le crime d'adultére. Le sens présent se rapproche beaucoup de ce dernier. Par sa consécration au Seigneur la vierge Marie est comme unie à Dieu par un mariage mystique; la violation de ce vœu est une espèce d'adultére. Toutefois

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ἐταπείνωσας τὴν ψυχήν σου χαὶ ἐπελάθου χυρίου τοῦ θεοῦ σου, ἡ ἀνατραφεῖσα εἰς τὰ ἅγια τῶν ἁγίων xal λαθοῦσα τροφὴν ἐχ χειρὸς ἀγγέλου χαὶ ἀκούσασα τῶν ὕμνων 1 καὶ χορεύσασα ἐνώπιον αὐτοῦ 3, τί τοῦτο ἐποίησας ; -ὋἪ δὲ ἔχλαυσεν πιχρῶς λέγουσα ζὴ κύριος ὁ θεός μου χαθότι καθαρά εἰμι ἐνώπιδ αὐτοῦ χαὶ ἄνδρα οὐ γινώσχω. 4. Καὶ εἶπεν ὁ ἱερεὺς πρὸς ᾿Ιωσήφ᾽ τί τοῦτο ἐποίησας ; Καὶ εἶπεν ᾿Ιωσήφ᾽ ζῇ χύριος 62 θεός μου 9 χαθότι χαθαρός εἶμι ἐγὼ ἐξ αὐτῆς. Kai εἶπεν ὁ

1 Syr., D, Fa: et ayant entendu leurs hymnes (des anges) (deux fois). ) ? Syr., E, A, devant eux (les anges). — Eth. : ubi verba laudum | cantici psalmistz die noctuque audivisti. |

3 E ajoute: xai ὁ Χριστὸς αὐτοῦ xai ὁ τῆς ἀληθείας αὐτοῦ μάρτυς. --- Eth. a bouleversé toute la suite du dialogue, mais les idées sont les mêmes.

l'expression qui suit : xai οὐχ ἐφανέρωσεν τοῖς υἱοῖς Ἰσραήλ laisse place à quelque difficulté. Il semblerait d’après ces mots que Joseph, en prévenant l'autorité sacerdotale, aurait pu acquérir le droit d’user du mariage. Le grand-prétre, qui s'est porté garant de la conduite de Joseph, ne veut pas se rendre immédiatement. C'est seulement aprés avoir constaté de visu la situation de Marie qu'il admet l'existence du crime. | * 3. Les reproches qu'il fait à Marie sont les mémes que Joseph lui avait précédemment adressés. Marie a oublié sa condition privilégiée et les devoirs qu'elle lui imposait. Les hymnes que Marie a entendus, peuvent être les chants du temple, plusieurs mss. grecs et le syriaque — ont compris, et à juste titre, qu'il s'agissait des hymnes angéliques. Conrady veut voir dans ces mots une traduction inexacte des mots hébreux dibré-Y ahveh avec une allusion à I Sam., 111, 3. Marie aurait reçu dans le temple les communications divines comme autrefois Samuel. Cette conjecture est inutile. — Marie ne peut que pleurer en protestant de son innocence. 1 4. Sans se rendre à cette protestation contre laquelle les apparences semblent parler si haut, le grand-prétre interroge Joseph. Il nes'arréte pas un instant à l'idée que Marie aurait pu être la victime d'un sédue- — teur étranger, car dans ce cas Joseph aurait dû la dénoncer. Lui seul |

Ey. 2-4 PROTÉVANGILE DE JACQUES 239

méme temps que Joseph au tribunal. 3. Et le grand-prétre “dit : « Marie pourquoi as-tu fait cela? et dans quelle intention as-tu ravalé ton àme, et as-tu oublié le Seigneur ton Dieu? Toi qui as été élevée dans le Saint des Saints et qui as reçu ta nourriture de la main d'un ange, qui as entendu “les hymnes et dansé devant (Dieu), pourquoi as-tu fait “cela? » Elle pleurait amèrement, disant: « (Aussi vrai “qu'est vivant le Seigneur mon Dieu, je suis pure devant lui et je ne connais point d'homme. » 4. Et le grand-prêtre … dit à Joseph : « Pourquoi as-tu fait cela? » Et Joseph dit : «(Aussi vrai qu')est vivant le Seigneur mon Dieu, je suis pur en ce qui la concerne. » Et le prêtre dit : « Ne fais pas de faux témoignage, mais dis la vérité : tu as frauduleuse-

“peut done être responsable de la situation actuelle de Marie. Joseph affirme son innocence avec serment. On remarquera la variante intéressante du mss. E. « Aussi vrai qu'est vivant le Seigneur mon Dieu, et son Christ, et le témoin de sa vérité. » C'est en méme temps une for- “mule trinitaire « le témoin de la vérité » n'est autre que le Saint- Esprit. On ne peut conjecturer que le scribe byzantin du xi? siècle ait de lui-méme eu l'idée d'ajouter cette formule d'apparence archaïque, il a dà la live dans quelque ancien manuscrit. L'expression « tu n'as point incliné la téte sous la main puissante de Dieu, afin que ta postérité füt bénie » reste ambigué. Plusieurs, et en particulier léthiopien, ont compris qu'il s'agissait de la bénédiction nuptiale. Joseph avant de tranformer les fiancailles en mariage véritable aurait dû demander le bénédiction solennelle (cf. Ruth, 1v, 11 sq.; Tob., vrr, 15), qui devait assurer le bonheur à sa postérité. C'est donner au texte plus de précision qu'il n'en comporte. Le Protévangile semble ignorer la distinction entre les fiancailles et le mariage; et d'autre part l'union de Joseph et de Marie ne saurait étre assimilée à un mariage ordinaire. “Si l'on rapproche les mots du grand-prétre de I Petr., v, 6 : ταπεινώne οὖν ὑπὸ τὴν χραταιὰν χεῖρα τοῦ θεοῦ, ἵνα ὑμᾶς ὑψώσῃ ἐν χαιρῷ, on peut conjecturer qu'il s'agit simplement de l'obéissance à la volonté divine, obéissance qui doit procurer à la postérité déjà existante de Joseph la bénédiction du ciel, tout comme son refus d'obéir (rx, 2) aurait pu attirer sur sa maison la malédiction divine.

— Le silence de Joseph, qui a paru étrange à plusieurs mss. B, 1, L, R, ne peut pas surprendre.Joseph, comme Marie, ne pourrait se disculper

/ , .o D ir 240 PROTÉVANGILE DE JACQUES XV,4-XVI, 2 |

ἱερεύς" μὴ ψευδομαρτύρει, ἀλλὰ λέγε τὸ ἀληθές: ἔχλεψας τοὺς γάμους αὐτῆς xal οὐχ ἐφανέρωσας τοῖς υἱοῖς ᾿

ραὴλ, xal οὐκ ἔχλινας τὴν χεφαλήν σου ὑπὸ τὴν xoa atom - 1 [74 , -- b , AS 4 2 , # χεῖρα 1 ὅπως εὐλογηθὴ τὸ σπέρμα cou. Kai ᾿Ιωσὴφ ἐσίγησεν.

XVI. 1. Καὶ εἶπεν ὁ ἱερεύς" ἀπόδος τὴν παρθένον ἣν παρ- ᾿ t) PL Lm - , 2 K M , E. , , AL , éhabes éx ναοῦ χυρίου 2 Kal περίδαχρυς ἐγένετο ᾿Ιωσήφ.

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