‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 83 sur 112 · LA · texte numérisé non relu

LA

M ri € € , - e - ^ VAN - 2 , , Kat εἶπεν ὁ ἱερεύς" ποτιῶ ὑμᾶς τὸ ὕδωρ τῆς ἐλέγξεως κυρίου, εἰ τὰ ἁμαρτήματα ὑμῶν ἐν ὀφθαλμοῖς ὑμῶν EN) * € e A 2 em M T 4 4 ὶ ” Ν | by ὁ ἱερεὺς ἐπότισεν τὸν 'locio,* xol ἔπεμψεν | αὐτὸν εἰς τὴν ὀρεινήν 9 χαὶ ἦλθεν ὁλόχληρος. ᾿Εἰπότισεν δὲ xol τὴν Μαριὰμ, καὶ ἔπεμψεν αὐτὴν εἰς τὴν ὀρεινήν᾽ χαὶ

1 Eth.: (non?) ezpectasti donec manus tibi imponeret benediceret-« que sacerdos, et omet la fin.

? Eth. : Hestitue nobis puellam sicut tu eam accepisti. C'est la lecon de /7.

3 B, H, E, Lcomprennent que le sujet de φανερώσει est xÜgtog. - — Eth.: Ecce aqua correctionis qua probantur omnes fornicato- | res : te potabo, et postquam hanc biberis, actum tuum manifestabit — | Dominus coram omnibus hominibus. £z 4 Κ: αὐτοὺς xal ἔπεμψεν αὐτοὺς εἰς τὴν ὀρεινήν. xai e ὁλόχληροι.

5 A, D, Ε: εἰς τὴν ἔρημον. --- Eth. a supprimé les deux oi | l'envoi em la montagne.

qu'en invoquant une révélation divine, à laquelle, selon toute vrai- | semblance, personne n'accordera confiance. Il attend donc de la jus-tice divine la manifestation de son innocence.

XVI. 1. Ce que le grand-prétre demande à Joseph ce n'est pas adi rendre Marie au service du temple; maintenant que, dans la pensée | ἢ des prêtres, elle n’est plus vierge, elle ne saurait plus y être admise Meyer rapproche les mots du grand-prêtre de ceux d'Auguste : | « Varus, rends-moi mes légions. » C'est l'expression emphatique ne | regret, auquel Joseph ne peut répondre que par ses larmes.— L'auteur | a trouvé l'idée de l'eau d'épreuve dans Num., v, 11-31, mais il en a. modifié assez profondément la signification. D’après le législateur juif, l'eau amère de malédiction (les Septante ont traduit ὕδωρ ἐλεγμοῦ) est | destinée à mettre en évidence la culpabilité ou l'innocence de la tend

ment consommé le mariage avec elle, ct tu n'en as point prévenu les fils d'Israél; et tu n'as point incliné ta tête sous la main puissante de Dieu pour que ta postérité soit - bénie. » Et Joseph garda le silence.

XVI. 1. Et le prêtre dit : « Rends la vierge que tu as recue du temple du Seigneur. » Et Joseph fondit en larmes. Et le prétre dit : « Je vous ferai boire l'eau d'épreuve du Seigneur, et elle fera paraitre vos péchés à vos yeux. » 2. Et le grand-prétre ayant pris (leau), en fit boire à Joseph, et l'envoya dans la montagne, et il revint sain et sauf. Il en fit boire aussi à Marie, et l'envoya dans la mon-

me, qu'à tort ou à raison son mari soupçonne d'adultére. Si la femme est coupable, l'eau sainte, dans laquelle on a mis de la poussière du sol du temple, doit la rendre stérile ; si elle est innocente, l'eau d'épreuve ne lui fera aucun mal.Le cas est tout différent ici, puisque les deux époux sont invités à se soumettre ensemble à l'épreuve. Josèphe (Ant. jud., III, x1, 6) et les rabbins (Talmud, Sofa, v, 1) soutiennent, il est vrai, que les hommes eux aussi peuvent étre soumis à cette dure épreuve ; mais c'est toujours dans le cas où l'un des conjoints, croyant avoir à se plaindre de l'autre, veut attirer sur lui, s'il est coupable, la malédiction divine, malédiction qui se traduira par la stérilité aussi bien de la femme que de l'homme. Mais notre auteur n'y a pas regardé de si prés; ce qu'il lui fallait, c'était l'attestation officielle de la virginité de Marie, et il a pris dans la législation juive le dispositif qui lui premettait le mieux d'atteindre ce but. Il a modifié la cérémonie au gré de sa fantaisie. L'offrande initiale (Num., v, 15) est supprimée, et d'autre part, on a ajouté l'envoi dans la montagne ou dans le désert, qui ne figure pas dans le texte des Nombres. La montagne, c'est, comme dans les premiers chapitres de l'écrit, le lieu où Dieu se plait, loin des hommes, à manifester sa puissance. Toutes cesalléeset venues ont dà demander un certain temps, mais l'auteur nese préoccupe pas plus du temps que du lieu; tous les événements sont placés sur le méme plan comme dans un tableau des primitifs. L'épreuve tourne à la justification de Joseph et de Marie; ils reviennent de la montagne sains et saufs et le peuple est dans l'étonnement. Étonnement bien légitime, puisque Marie porte extérieurement les signes de son prochain enfantement, et que d'autre part son innocence est proclamée. Le mot θαυμάζω pourrait done se traduire par : « étre dans l'admiration, »

PROTÉV. — 16

242 PROTÉVANGILE DE JACQUES XVI, 2.XV n

ὑμᾶς. Καὶ ἀπέλυσεν αὐτούς. Kol παρέλαθεν

(et εἰς τὸν οἶκον αὐτοῦ. χαίρων καὶ τὸν θεὸν τοῦ ᾿ΪΙσραήλ.

XVII. 1. Κέλευσις δὲ ἐγένετο 3 ἀπὸ Αὐγούστου TC ἀπογράφεσθαι πάντας τοὺς ἐν Βηθλεὲμ, τῆς ᾿Ιουδαίας 4 Καὶ εἶπεν ᾿Ιωσήφ᾽ ἐγὼ ἀπογράψομαι τοὺς υἱούς μου 5: ταύ- |

eb

1. μὰ: ἐπ᾽ αὐτόν. 2 | 2 Qq. mss. : χρινῶ ; E : χαταχρινῶ. --- Eth.: Et cum vidissen Zacharias sacerdos et omnis populus nihil. mali accidisse. illis hilque mali esse in eis, omnes mirati sunt. Et dimisit

sacerdos, redieruntque domum in pace.

3 G,H,Q: ἐξῆλθεν. — C se rapproche de Luc: Δόγμα δὲ b ταῖς ἡμέραις ἐχείναις ἐξῆλθε παρὰ καίσαρος Αὐγούστου. —G, ajoutent : καὶ βασιλέως Ἡρώδου. C'est aussila leçon de l'Ethiopien : Præcepit Herodes rex ut adducerent coram se omnes | qui in locis finitimis Bethleem habitabant. p a omis Auguste et a lu: «d'inscrire les hommes de Judée. » * 4 Nombreuses variantes : À, C revenant au texte de Luc lisen

πᾶσαν τὴν οἰχουμένην.--- D : πάντας τοὺς ἐν 'IepoucaA jy. — Fb πάντας τοὺς ὄντας ἐν τὴ ᾿Ιουδαίᾳ. 2|

5 Eth., con-tant avec lui-mêm , supprime cette mention des fils | de Joseph.—C se raccorde à Luc : ἠναγχάζετο $8' 19019 Eso

3. Le grand-prêtre ne semble pas partager cet étonnement, ni ceti | admiration. Il reconnaît que, pour des raisons inconnues, Dieu ne v L pas faire apparaitre la faute des deux époux; il ne les condamnera | donc point, mais il ne semble pas trop convaincu de leur innocence. | L'emploi qu'il fait des paroles de Joa., vurr, 11 ( épisode de la femn adultére),en est une preuve. Il est toutefois permis de se demande comment, dans la pensée de l'auteur, ce reste de soupcon peut s'accorder avec la prophétie si glorieuse pour Marie, que le grand-prétre

tagne, et elle revint saine et sauve. Et tout le peuple s’éton- “ha qu'il n'avait pas paru de péché en eux. 3. Et le prêtre dit : « Puisque le Seigneur Dieu n'a pas fait paraitre vos péchés, moi non plus, je ne vous juge pas,» et il les renvoya. Et Joseph prit avec lui Marie, et il s'en alla dans sa maison joyeux, et glorifiant le Dieu d’Israël.

XVII. 4. Or il arriva un ordre de l'empereur Auguste, de recenser tous les gens de Bethléem de Judée. Et Joseph “dit : « Je vais faire inscrire mes fils; mais pour cette enfant

avait prononcée quelques mois auparavant. C'est en de telles circonstances que l'on sent tout le flottement de la pensée de l'auteur. Uniquement préoccupé de la scéne qu'il raconte pour l'instant, il n'a pas pris soin d'asssurer à l'ensemble de son œuvre toute la cohésion désirable. —— XVII. 4. Le narrateur, qui avait emprunté à saint Matthieu l'idée de la justification de Marie, rejoint maintenant le récit de saint Luc, rr, 1- “7; il n'est done pas étonnant que les mss. empruntent fréquemment des variantes au 1112 Évangile. On remarquera en particulier la tendance de C à supprimer les divergences assez considérables entre les deux narrations. Suivant le Protévangile, le recensement ordonné par Auguste se “limite aux habitants de Bethléem; quelques mss. lisent à la Judée. Saint Luc semble indiquer au contraire un recensement général de tout l'empire. Dans l'ancienne littérature chrétienne on trouve une tradition parallèle à celle du Protévangile ; Resch loc. cit., p. 118) cite Tertullien, Ade. Marcion.. 1v. 19 : sed et census constat actos sub Augusto nunc in Judæa per Sentium Saturninum; Justin, Dial., 78: ἀπογραφῆς οὔσης ἐν τῇ ᾿Ιουδαίο.. — Credner (Beitrüge, τ, 23^) suppose que les mots de saint Luc πᾶσαν τὴν οἰχουμένην proviendraient | d'un “contre-sens fait par l'auteur du III? Évangile sur le texte hébreu de sa source. Kol-ha’äres ne signifiait que « toute la région. » Luc 8 traduit toute la terre. Dans cette hypothèse il n'v aurait pas de désac- “cord sérieux entre la tradition représentée par Justin, Tertullien et le Protévangile d'une part, et celle dont Lue s'est inspiré. On compren- - drait dés lors plus facilement comment la confection d'une liste des habitants de Bethléem (ou d'une partie de la Judée) n'a pas été rapportée “par Joséphe et les autres historiens. Seulement on se demande ce que “vient faire l'empereur Auguste dans un événement de si maigre importance. C'est cette difficulté qu'ont sentie plusieurs mss. qui ont substitué Hérode à Auguste. On comprend en effet qu'Hérode, pour des rai-

XT ,

οἴδασιν πάντες οἱ υἱοὶ ᾿Ισραὴλ ὅτι οὐκ ἔστι μου θυγάτηρ il Αὐτὴ ἡ ἡμέρα κυρίου ποιήσει * ὡς βούλεται κύριος. 2. Kol ἐπέστρωσεν τὴν ὄνον καὶ ἐπεχάθισεν αὐτὴν, xal siAxey d : υἱὸς αὐτοῦ xal- ἠχολούθει ᾿Ιωσήφ 5. Καὶ ἤγγισαν ἐπὶ ἢ

μιλίων τριῶν 6 xal ἐστράφη "Inc t cio TT [ ret «αἱ τράφη 19, xai εἶδεν αὐτὴν στυ-

A ^ 7 2 e "727 , == γνὴν 7, xai εἶπεν ἐν ἑαυτῷ" ἴσως τὸ ἐν αὐτῇ χειμάζει αὐτήν.

* , A ^ CEN A - P Kai πάλιν ἐστράφη ᾿Ιωσὴφ xai εἶδεν αὐτὴν γελῶσαν. Καὶ LEE M , , AN: - 7 D , , 4 εἶπεν αὐτὴ Μαρία, τί σοί ἐστιν τοῦτο, ὅτι τὸ πρόσωπόν σου βλέπω ποτὲ μὲν γελῶν, ποτὲ δὲ στυγνάζον. Καὶ εἶπε

1 4 omettoutce membre dephrase.— B, 1, L, R : ἀλλ᾽ οὐχ ἔστιν | μου γυνή. — Eth.: Verumtamen non est uxor mea. »

2 Eth. : An sicut sororem .

3 Syr, : Je serais menteur et voici que les fils d'Israél savent bien, |

4 Syr. : Le jour du Seigneur fera apparaitre comme 1] voudra. — - Eth. : De hac filia quam fecit Dominus fiat sicut. illi. placuerit,

5 Plusieurs mss. font mention de deux fils de Joseph, l'un üent l'àne par la bride, l'autre suit avec Joseph. Les noms ne sont pas toujours donnés. On voit aussi paraître Jacques : B, Fb, 1: xal Ἰάχωθος (B. aj.&16) καὶ Σίμων ἐπηχολούθουν( Β-λουθοῦμεν).---- Syr. : et Joseph suivait avec son fils (omis dans Wright). Eth. : /n via sequebatur eum sacerdos cut nomen Samuel, et ivit. cum eo simul.

6 B,C, F^: ἀπὸ μιλίων τριῶν. ---- Syr. : Et quand ils atteigni à rent le troisième mille. — Eth. : cum ad tertium miliarium itineris. | pervenerunt.

7 Eth. omet jusqu'à γελῶσαν.

ET PR ER DD sons dynastiques, ait pu se préoccuper de connaitre exactement quels étaient les Juifs, originaires de Bethléem, c'est-à-dire ayant quelque relation avec la famille royale de David. On remarquera la grande indécision des mss. sur tous ces points.— Les réflexions de Joseph sur la manière dont il inserira Marie, aident à préciser la nature desrelations | qui les unissent tous deux. L' Éthiopien, qui n'admet pas que Joseps

ait pu avoir des fils ou des filles, remplace fille par sœur. 2. La composition de la petite caravane n'est pas la méme selon les

que ferai-je ? Comment la ferai-je inscrire ? Comme ma femme ? J’en rougis. Comme ma fille ? Mais tous les fils d'Israël savent qu'elle n'est pas ma fille. Le jour du Seigneur sera comme voudra le Seigneur. » 2. Et il sella son ânesse, y fit asseoir Marie, et son fils tenait l’ânesse par la bride et Joseph marchait à cóté. Et ils étaient arrivés à trois milles (de Bethléem ?) et Joseph se détourna et il vit Marie toute triste, et il se dit en lui-même : « Peut-être ce qui est en elle la fait-il souffrir. » Et de nouveau Joseph se détourna et la vit qui riait. Et il lui dit : « Marie que signifie ceci; ton visage, 16 16 vois tantôt souriant et tantôt

divers mss. Il est vraisemblable que l'auteur primitif ne donnait pas de noms propres; on peut toutefois supposer que, dans sa pensée, le fils qui tenait l'áne par la bride n'était autre que Jacques, et que les autres fils de Joseph suivaient; on trouve, en effet, plusieurs fils au chapitre suivant. Dans l'éthiopien, le fils de Joseph est devenu un prétre du nom de Samuel ! — L'apparente précision des mots : « et ils étaient arrivés à trois milles» ne doit pas faire illusion sur les connaissances géographiques de l'auteur. Veut-il dire quela caravane avait déjà fait trois milles depuis son départ ? comme il n'est fait aucune mention de ce dernier, ilest bien impossible de fixer l'endroit où elle se trouve actuellement. L'auteur veut-il affirmer qu'on était arrivé à trois milles de Bethléem? C'est le sens le plus naturel; mais on ne sait toujours pas d’où vient Joseph. De méme l'expression: « on était arrivé à moitié du chemin », doit-elle s'entendre en fonction de la précédente ἢ et faut-il prendre la moitié du chemin entre le point désigné tout à l'heure et Bethléem; ou bien est-ce la moitié du parcours total ? Il est difficile de le dire. Si l'on fait la conjecture que Joseph habitait à Jérusalem (conjecture qui n'est pas, invraisemblable), si l'on accepte que ἀπὸ τριῶν μιλίων doit se compter du point de départ, l’endroit signalé en premier lieu devrait être cherché à cinq kilomètres au sud de Jérusalem soit à trois ou quatre kilomètres au nord de Bethléem. Si l’on admet d'autre part que l'expression « à moitié chemin» doit s'entendre de l'intervalle entre l'endroit. désigné précédemment et Bethléem, on arriverait à situer cesecond point à quelque deux kilométres de Bethléem, c'est-à-dire à une distance assez grande encore - de l'endroit assigné comme le lieu de la naissance du Sauveur, — Les

deux peuples, que Marie voit un peu avant d'enfanter, font songer à ce

Μαριὰμ τῷ ᾿Ιωσήφ᾽ ὅτι δύο λαοὺς βλέπω τοῖς iptahuaig uou, ἕνα χλαίοντα xal χοπτόμενον, καὶ ἕνα χαίροντα καὶ ἀγαλλιώμενον 1 8. Καὶ ἦλθον ἐν τῇ μέσῃ ὁδῷ 3 καὶ εἶπεν αὐτῷ Μαριάμ᾽ χατάγαγέ ue ἀπὸ τῆς ὄνου, ὅτι τὸ ἐν ἐμοὶ ἐπείγει με προελθεῖν 3. Καὶ χατήγαγεν αὐτὴν ἀπὸ τῆς ὄνου xai εἶπεν αὐτῇ ποῦ σε ἀπάξω χαὶ σχεπάσω σου τὴν ἀσχημο-

güyny^ ; ὅτι ὁ τόπος ἔρημός ἐστιν 5.

XVIII 1. Καὶ εὗρεν σπήλαιον ἐχεῖ χαὶ εἰσήγαγε x αὐτὴν 9, xal παρέστησεν αὐτὴ τοὺς υἱοὺς αὐτοῦ ?, xal AE Boy ἐζήτει μαῖαν E6gaíav ἐν χώρᾳ Βηθλεέμ.

1 Eth. supprime tout l’épisode des deux peuples. ? € qui veut se rattacher à la tradition de la grotte de la nativité a lu : ὡς ἀνέδησαν ἐν τὴ Βηθλεέμ.. — Eth. supprime toute mentio J d de lieu.

ES ἵν D 3 Eth. : Ecce dolores partus me cruciant, in eo sum ut pariam.

^ B, E lisent αἰσχύνην. C'est aussi le sens du syriaque. — Eth. simplement : Quomodo te deponam in hoc loco ?

5 C: ὅτι οὐκ ἔστιν ἡμῖν τόπος εἰς χατάλυμα. ' $ Eth. : tunc oculos sustulit et eidit speluncam in quam Mariam introduxit et deinde obstetricem ad perquirendam exiit.

71, L, Pos. : τὸν υἱὸν a0x00.— F° ajoute : ἔξω τοῦ σπηλαίου.

qui est dit de Rébecca, Gen., xxv, 23: Yahveh lui dit : « Deux natio sont dans ton sein etsesépareront ausortir de tes entrailles. » Cependant les deux peuples ne sont point dans le sein de Marie, ils som devant ses yeux, et c'est l'enfant qui va naitre qui cause la joie de l'un et la tristesse de l'autre. L'allusion est évidente à la prophéti de Siméon, Luc, 11, 34: Jésus est destiné à amener la chute ete relèvement de plusieurs en Israël. Et de même que dans la prophétie de Siméon, il est dit qu'un glaive de douleur transpercera le cœur de Marie, de même ici les sentiments des deux peuples se reflétem sur le visage (et dans l'àme) de la Vierge. L'épisode a d’ailleurs pour but de montrer que Marie n'est point sujette aux douleu physiques de l'enfantement et que ses angoisses sont purement. |

coorta Je D

attristé ?» Et Marie dit à Joseph : « C'est que je vois de mes yeux deux peuples, l'un qui pleure et s'afflige bruyamment, l'autre qui se réjouit et tressaille d'allégresse. » 3. Ils étaient arrivés à moitié chemin et Marie lui dit: « Descends-moi de l’ânesse, parce que ce qui est en moi me presse et (veut) paraitre au Jour.» Et il la fit descendre de l'ànesse et illui dit : « Où te conduirai-je, et mettrai-je à l'abri ta pudeur? Car l'endroit est désert. »

XVIII. 1. Et il trouva à l'endroit méme une grotte et ly fit entrer; et il laissa auprès d'elle ses fils et étant sorti il cherchait une sage-femme juive dans le pavs de Bethléem.

morales. Les deux peuples dontil est question, ne sont pas nécessairement les Juifs et les paiens, mais plutót les croyants et les ineroyants.

3. Nous avons déjà expliqué l'expression « au milieu du chemin», Les paroles de Marie ne signifient pas qu'elle ressent les douleurs de l'enfantement, mais simplement que son terme est tout proche; il est done nécessaire qu'elle descende de sa monture. Un docéte ne se serait pas exprimé de cette maniére, Nous avons traduit les paroles de Joseph mo3?.... ἀσχημοσύνην, comme il s'y avait αἰσχύνην que donnent plusieurs mss.; le sens général reste le méme. Sur les mots « l'endroit est désert » et sur la mention de la grotte, cf. introduction, p. 54 sq. Seul le fragment sahidique parle à cet endroit d'une hôtellerie, πανδοχίον» où Joseph aurait fait descendre Marie. — Il parait qu'au vi? siéele on vénérait à Jérusalem la pierre que Marie avait sanctifiée en s'asseyant sur elle à ce moment du voyage. Cette pierre avait été originairement à trois milles de Jérusalem Cf. Protee., xvii, 2. Après une tentative qui échoua miraculeusement pour la transporter à Constantinople, elle avait été dressée en guise d'autel dans l'Éelise du Saint-Sépulcre. Un pèlerin l'y vit vers 530. Théodosius, De situ terrz sanctæ, dans les Itinera hierosolymitana, Corpus de Vienne, t. XXXIX, p. 28.

XVIII, 4. Joseph laisse ses fils auprès de Marie. Quelques mss. ajoutent : « en dehors de la grotte », ce qui est plus convenable; et part à la recherche d'une sage-femme juive.

La , D '

xal ἀνέθλεψα εἰς τὸν ἀέρα, xoi εἶδον τὸν ἀέρα ἔχθαμθον᾽ xal avébheba εἰς τὸν πόλον τοῦ οὐρανοῦ, xal εἶδον αὐτὸν ἑστῶτα, χαὶ τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ ἠρεμοῦντα 2: xal ἐπέῤλεψαι ἐπὶ τὴν γῆν, xal εἶδον σχάφην χειμένην xol ἐργάτας ἀναχειμέγους, xai χεῖρες αὐτῶν ἐν τῇ σχάφῃ᾽ xal οἱ μασσώμενοι οὐχ ἐμασσῶντο, xal οἱ αἴροντες οὐχ ἀνέφερον, xal οἱ προσφέροντες τῷ στόματι αὐτῶν τὰ πρόσωπα ἄνω βλέποντα

ἦν ,καὶ οὐ προέδαινον ἀλλ᾽ ἵσταντο, xai ἐπῆρεν

τῶν ἐρίφων ἐπιχείμενα xol μὴ e

RER S " 5 A Σ 2 ! H A , αὐτοῦ ἔστη ἄνω" xal ἐπέῤλεψα ἐπὶ Toy χείμαρρον τοῦ ovas

πίνοντα, xoi πάντα ὑπὸ θῆξιν τῷ δρόμῳ αὐτῶν ἀπηλαύνοντο.

1 Le Syriaque de Wright résume tout l'épisode dans les mots suivants : Je vis toutes les choses arrêtées, puis soudain tout reprit son cours. — Eth. : Dum autem it per viam terram, trementem vidit, boves quoque pascentes eidit adspicientes in celum, et etiam juazta magnum flumen ,ubi ad bibendum convenerat, multitudinem ovium vidit suspicientem in ccelum et stantem. Syr. Lewis. au contraire suit de trés prés le texte grec. — Pour ce dernier les mss. A, C, D, E, (Fa), H, R, Syr. mettent la narration à la première personne ; B, I, L, M, Pos. à la troisième; F*, G omettent tout le chapitre.

? H ajoute : ἐν τῷ τίχτειν τὴν παρθένον.

3 Syr. : et je vis qu'ils appelaient leurs brebis; or leurs brebis restaient en place, etc.

2. On a fait dans l'introduction les remarques nécessaires sur le changement de personne dans la narration. L'épisode lui-même est assez extraordinaire. Un passage d'Ignace pourrait étre rapproché de notre texte. Eph., xix, 1,il est dit que les trois mystères les plus retentissants du christianisme se sont accomplis dans la tranquillité deDieu Kai ἔλαθεν τὸν ἄρχοντα τοῦ αἰῶνος τούτου ἢ παρθενία Μαρίας, xai ὁτοχετὸς αὐτῆς, ὁμοίως χαὶ ὁ θάνατος τοῦ χυρίου τρία μυστήρια χραυγῆς ἅτινα ἐν ἡσυχία θεοῦ ἐπράχθη. Peut-être faudrait-il voir dans cette description du silence de la

2. Or moi Joseph je marchais et je n'avancais pas, et Je regardai en l'air, et vis l'air (immobile et comme) saisi d'étonnement, et Je regardai la voüte du cielet je la vis arrêtée, et les oiseaux du ciel immobilisés, Et je regardai sur la terre, et je vis une écuelle mise à terre, et des ouvriers assis (tout à l’entour) et en train de manger. Et ceux qui mâchaient ne máchaient plus, et ceux qui prenaient (au plat) ne prenaient plus, et ceux qui portaient à leur bouche ne portaient plus, mais tous les visages regardaient en haut. Et voici que l’on conduisait des brebis (au pâturage) et elles n'avancaient pas, mais restaient en place; et le berger levait la main pour les frapper du bâton, et sa main resta en l'air. Et je regardai le cours dela riviére, et Je vis les bouches des chevreaux (comme) suspendues audessus de l'eau, et ne buvant pas. Puis d'un seul coup tout fut rendu à son cours ordinaire.

nature à l'instant qui précède la naissance du Sauveur un commentaire des mots de l'Écriture : Dum medium silentium tenerent omnia (et nox in suo cursu medium iter perageret), omnipotens Sermo tuus Domine a regalibus sedibus venit (Sap., xvii, 14-15), en entendant Sermo du Verbe lui-même. Seulement l'arrét de la nature qui est ici raconté se place non au milieu de la nuit, mais selon toute vraisemblance vers le soir. Divers traits, en effet, montrent qu'on est à la fin dela journée; les ouvriers prennent leur repas, les brebis rentrent, les chevreaux vont boire. Ce serait aussi au moment du coucher du soleil, qu'il serait le plus facile de s'apercevoir de l'arrét de la voüte céleste. Quelques-unes des expressions sont bien choisies; £x0au60c appliqué à l'air qui subitement s'arréte fait image. La description des ouvriers en train de prendre leur repas est pittoresque et de bon aloi. On remarquera l'expression: « leurs mains étaient dans le plat, » c'est-à-dire ils étaient occupés à manger. Cf. Matth., xxvr, 23 : ὁ ἐμδάψας μετ᾽ ἐμοῦ τὴν χεῖρα ἐν τῷ τρυδλίῳ, que Marc a rendu ὁ ἐσθίων μετ᾽ ἐμοῦ.

3. L'expression ὑπὸ θῆξιν est singulière : quelques mss. ont lu ὑπὸ θήξει; beaucoup ne l'ont pas comprise et l'ont omise ou remplacée par autre chose. D'après Hésychius, θῆξις signifie ῥοπὴ, στιγμὴ, τάχος. C'est bien le sens qu'a eompris le Syriaque : « Et soudain, tout fut délié et courut dans l'ordre. »

250 vien DE JACQUES XIX,

-A XIX. 1. Kat ἰδοὺ ! γυνὴ καταθαίνουσα ἀπὸ τῆς ὀρεινῇς 3: xal e(mov' guaíay ζητῶ 'E6patav. Kai ἀποκχριθεῖσα εἶπέν gov ἐξ ᾿Ισραὴλ

εἶ; xal εἴπον αὐτῇ" vat. Ἢ δὲ εἶπεν᾽ καὶ τίς ἐστιν ἡ γεννῶσα ὃ

ἐν τῷ σπηλαίῳ ; καὶ εἶπον ἐγὼ" ἡ μεμνηστευμένη μοι 5. Καὶ εἶπέ pot οὐχ ἔστιν σου γυνή; xai εἶπον αὐτῇ Μαριάμ ἐστιν ἡ ἀνατραφεῖσα ἐν τῷ ναῷ χυρίου, xal ἐκχληρωσάμην as ^ - ^j M , » A 2 \ , MN , τὴν γυναῖχα᾽ xai οὐχ ἔστιν μου Tuy), ἀλλὰ σύλληψιν ἔχει EX πνεύματος ἁγίου. Καὶ εἶπεν αὐτῷ ἡ uota: τοῦτο ἀληθές Ὁ Καὶ εἶπεν αὐτῷ [uovp δεῦρο χαὶ ἴδε 7 Καὶ érten

i , ἡ μαῖα μετ᾽ αὐτοῦ 8. 2. Καὶ ἔστησαν ἐν v τόπῳ τοῦ orme

1 4, C, D, Syr. : Kat εἶδον.

RH ἐρήμου: Hit: Eleeaeit deinde Joseph oculos suos i colles Bethleem, mulieremque adeenientem vidit, et cum prope ean accessisset. salutavit eam Joseph, Et dixit illa er.

3 G ajoute: καὶ τίνα ζητεῖς.

4 E:'Iegouca fg.

PACE γεννήσασα.

$ Eth. supprime une partie du dialogue ; à la question de la sage-femme Joseph répond seulement : Maria, qua concepit dd | Spiritu sancto. H

? Syr. : Viens et tu verras.

8 R: xol ἀπελθόντες ἔστημεν.

XIX. 1. La narration continue un certain temps encere à la pre mière personne, qui se change brusquement et sans qu'on sache trop | pourquoi en troisième personne. La montagne dont il est question | peut être la colline assez élevée sur laquelle se trouve situé Deth- léem. Le dialogue entre Joseph et la sage-femme est rapide, comme 1 convient en l'occurrence. Le fait que Joseph cherche une sage-femme juive semblerait indiquer que dans la pensée de l'auteur, il pouvait, y avoir dans le pays d'autres habitants que les Juifs, supposition assez | invraisemblable. Meyer pense que cette mention spéciale est destinée | à attirer l'attention sur les accoucheuses juives dont la gloire était bien établie depuis les événements racontés, Exode, r, 15-21. A un point de vue plus élevé,la sage-femme pourrait bien représenter l'humanité | docile aux enseignements divins, tandis que Salomé représente

— XIX. 1. Et voici qu'une femme descendait de la mon- -tagne, et elle me dit : « Homme, où vas-tu? » Et je dis :

-. « Je cherche une sage-femme juive. » Et elle me répondit : Tu es d'Israél ? » Et je lui dis : « Oui. » Elle me dit : « Et qui est celle qui va mettre au monde dans la grotte ? » Et je dis : « C'est ma fiancée. » Et elle me dit : « Elle n'est pas ta femme? » Et je lui dis : « C'est Marie, celle qui a été “élevée dans le temple du Seigneur, et que le sort m'a donné comme femme; et ( pourtant) elle n'est point ma femme, mais, sielle a conçu, c’est du Saint-Esprit. » Et la sagefemme lui dit:« Cela est-il vrai? » Et Joseph lui dit : « Viens et vois, » Et la sage-femme partit avec lui, 2. Et

Phumanité sceptique, qui ne veut croire qu'après enquête. La question de la sage-femme : « Qui est celle qui est sur le point d’enfanter dans la grotte? » ne se comprend pas bien; on ne voit pas que Joseph ait instruit l'accoucheuse du fait, qu'il a laissé Marie dans une grotte, Mais cette question se comprend bien sur les lévres de l'humanité, - qui, connaissant l'histoire de Jésus et celle de Marie s'enquiert des conditions exactes de l'enfantement. C'est une nouvelle occasion pour l'auteur de développer son thème préféré: Marie n'est pas l'épouse véritable de Joseph. Les expressions embarrassées de Joseph témoignent aussi de l'embarras de l'auteur pour exprimer ce qu'il concevait bien : l'union de Marie et de Joseph sans relations intimes possibles. Joseph, en rappelant l'état antérieur de Marie, semble faire allusion à un fait connu de tous, en particulier de la sage-femme. Le rappel de la jeunesse merveilleuse de Marie prépare ainsi à l'annonce du miracle bien plus grand de la conception virginale. La réponse de Joseph :« Viens et vois» fait penser naturellement aux deux expressions semblables qui se retrouvent, Joa., :, 39 et 46. Joseph veut dire sans doute que les miraeles qui entoureront la naissance du Sauveur seront une preuve de — la conception virginale. Il ne songe pas immédiatement à l’accouchement immaculé; mais il pense que divers prodiges comme ceux dont il vient d'étre le témoin vont se passer.

2. Quelques mss. reprennent ici le récit à. la première personne : « Quand nous arrivàmes à la grotte. » La nuée lumineuse qui couvre la grotte est empruntée au récit de la transfiguration (Matth., xvir, 5) ; elle fait penser aussi aux diverses théophanies de l'Ancien Testament, Cf. Ex., xvi, 10; I Reg., vir, 10, etc. Dans Daniel, vi, 13, c'est

PEUT M pus Ne s pure.

ραὴλ ἐγεννήθη. Καὶ παραχρῆμα ἡ νεφέλη ὑπεστέλλετο, ix τοῦ σπηλαίου 4 xal ἐφάνη φῶς μέγα ἐν τῷ σπηλαίων ὥστε τοὺς ὀφθαλμοὺς ἡμῶν ὅ μὴ φέρειν. Καὶ πρὸς ὀλίγον τὸ φῶς éxelyo ὑπεστέλλετο, ἕως οὗ ἐφάνη τὸ βρέφος 9 xal nie | xoi ἔλαθε μασθὸν éx τῆς μητρὸς αὐτοῦ Μαρίας. Καὶ. ἀνεθόησεν ἡ μαῖα xol sixev: μεγάλη μοι σήμερον ἡ ἡμέρα, αὕτη, ὅτι εἶδον τὸ χαινὸν θέαμα τοῦτο. 3. Καὶ ἐξῆλθεν ἡ μαῖα ἐκ τοῦ σπηλαίου ?, xal ὑπήντησεν αὐτὴ Σαλώμη. Καὶ εἶπεν αὐτὴ ; Σαλώμη, Σαλώμη 8, καινόν σοι θέαμα ἔχω my

1 A ajoute : xai ἐφάνη φῶς μέγα ἐν τῷ σπηλαίῳ.

? Syr. : Mon âme confesse aujourd'hui le Seigneur.

3 Syr. : un rédempteur.

4 Fa: ἡ γεφέλη ἐγένετο φῶς μέγα ἐν τῷ σπηλαίῳ.

P MONI NUM les yeux.

6 Syr. : Et peu à peu cette lumière disparut Jusqu'au moment où apparut l'enfant, — Eth. s'écarte fortement du texte reçu, et raconte trés brièvement la chose. A4 ecce nubem lucidam corona cingentem Mariam, magnumque lumen de spelunca prodiens, et. omnem regionem collustrans adspexerunt, et infantem in praesepio — viderunt. Tum statim mulier. illa clamavit voce magna dicens τ « Magnificavit hodie anima mea Dominum, quoniam noeum lumens magnamque gloriam vidi. » Et militia celestis adscendebat modo et. descendebat ad locum in quo erat qui hac die natus erat Deus Israel, | qui saleabit populum a peccatis ejus.

7 F' ajoute : δεδιχαιωμένη.

8 Syr. ajoute : Dieu soit avec toi.

sur des nuées que parait le Fils de l'homme. Cette nuée est donc le signal de l'apparition de Dieu parmi les hommes; c'est bien ce qu'ex-prime la sage-femme qui s'écrie : « Le salut (ou la rédemption) est arrivé pour Israël, » La scène de la naissance du Christ est représentée commen LT

ils arrivèrent à l’endroit de la grotte, Et voici qu’une nuée lumineuse couvrait de son ombre la grotte. Et la sage-femme dit : « Mon âme a été exaltée aujourd'hui, parce que mes yeux ont vu des choses étonnantes, car le salut est né pour Israël.» Et soudain la nuée s’évanouit de dessus la grotte et une grande lumière parut dans la grotte, au point que nos yeux ne pouvaient la supporter. Et peu après cette lumière s'évanouit, juste au moment où l'enfant

apparut, vint et pritle sein desa mère Marie. Et la sagefemme s'exclama et dit : « Aujourd’hui est un grand jour pour moi, puisque j'ai vu un spectacle nouveau. » 3. Et la sage-femme sortit de la grotte et elle rencontra Salomé et lui dit: « Salomé, Salomé, c'est un spectacle nouveau que

un lever de soleil (Meyer). D'abord un brouillard lumineux, puis une Jumière éblouissante, sans que le soleil paraisse encore, enfin l'astre lui-méme parait, et la lumière qui empourprait tout l'horizon cesse quand il se montre. On remarquera la discrétion des termes employés pour indiquer que la naissance de Jésus se fait en dehors des régles ordinaires. L'enfant est à peine mis au monde que déjà il prend le sein de sa mère; il n'y a donc point de souillure ni pour la mère, ni pour l'enfant. C'est donc bien aussi « un spectacle nouveau » que la - sage-femme est à même de contempler. On remarquera aussi l'opposition entre la lumière glorieuse qui annonce la naissance d’un Dieu, et le fait que ce Dieu fait homme prend aussitôt le sein de sa mère. 3. L'épisode de Salomé qui commence ici pour se poursuivre durant le chapitre xx a été imaginé, pour donner une nouvelle preuve de l'enfantement miraculeux, de méme que le IVe Évangile mettait en scène Thomas surnommé Didyme, pour affirmer avec une nouvelle insistance la réalité de la résurrection du Christ. Les expressions de Salomé serrent d'assez prés le texte de Joa., xx, 25, pour que l'on puisse songer à un emprunt direct. Le nom de Salomé est emprunté aux Synoptiques (cf. Matth., xx, 20, xxvir, 56; Marc., xv. 40, xvi, 1). L'Évangile des Égyptiens la connait également et la représente comme une infatigable questionneuse. La conjecture de Meyer qui veut y voir Sémélé, d'aprés certaines traditions, la mére, d'aprés d'autres la nourrice de Dionysos, né lui aussi dans une grotte, cette conjecture nous semble bien aventureuse. [lest invraisemblable que l’auteur ait fait ce rapprochement conscient entre la naissance du Christ et celle de Dionysos.

σασθαι" παρθένυ. ἐγέννησεν à οὐ χωρεῖ ἡ φύσις αὐτῆς. Kd εἶπεν Σαλώμη" ζὴ κύριος ὁ θεός μου, ἐὰν μὴ βαλῶ τὸν Báxτυλόν uou ? xal ἐρευνήσω τὴν φύσιν αὐτῆς, οὐ μὴ πιστεύσι ὅτι παρθένος ἐγέννησεν.

XX. 1. Καὶ εἰσῆλθεν ἡ μαῖα καὶ εἶπε τῇ Μαριάμ᾽ σχημάτισον ὃ σεαυτήν᾽ οὐ γὰρ μιχρὸς ἀγὼν περίχειται περὶ σοῦ 5 Καὶ ἔθαλε Σαλώμη τὸν δάκτυλον αὐτῆς εἰς τὴν φύσι! αὐτῆς 9, xol 9 ἠλάλαξε χαὶ εἶπεν * οὐαὶ τῇ ἀνομίᾳ μοὺ xis Th ἀπιστίᾳ μου, ὅτι ἐξεπείρασα θεὸν ζῶντα, καὶ ἰδοὺ ἡ χείρ, μου πυρὶ ἀποπίπτεται ἀπ᾿ ἐμοῦ 9. 2. Καὶ ἔχλινεν τὰ

1 :ἡ φύσις. C: ἡ φύσις ἀνθρωπίνη; plusieurs mss. ajoutent χαὶ πάλιν παρθένος ἐστίν ou quelque chose d'analogue. --- Eth. : Sulame, veni et vide rem stupendam qua nunquam fuit a creatione, mundi nec unquam erit in sæcula seculorum. Virgo etenim Maria peperit, et post partum eirgo permansit.

? Syr. omet et lit à la place : Si Je ne vois pas de mes yeux ; de méme Eth.

3 B, H, I, L, RH, Pos. : ἀνάκλινον. — Syr. : montre-toi.

4 Syr. ajoute : mais montre-toisi tu es vierge. — H ajoute: καὶ ἀχούσασα Μαρία ταῦτα ἐσχημάτισεν ἑαυτήν.

5 C, Fa, I, L, R: καὶ ἐσημειώσατο αὐτήν. C : καὶ κατενόησεν αὐτήν. — Syr. : et Salomé entra et s'approcha et vit qu'elle était | viérge.

6 Fa et Καὶ ajoutent d'abord le récit de l'accident; Fa xai ἐξη: | ράνθη ἡ χεὶρ αὐτῆς. H : xal εὐθέως ἡ χεὶρ αὐτῆς πυρὶ rex, πτετο ἀπ᾿ αὐτῆς. --- Eth. rapporte l'incident à sa manière: Su lame autem accedens proxime ad Mariam, extendit manum. suam. ut eideret, at vero e corpore Mariae ignis ardens ezut et manu Sulame combusta sunt.

7 B, I, L, RH, Pos, : xo ÉEnAGEY ΕΠ pe

8 Syr. : brûle. — G, H : ὡς δαλὸς πυρὸς raletat xal &xorizτεταὶ ἀπ᾽ ἐμοῦ. i

XX. 1. La scène quelque peu réaliste décrite dans ce chapitre a eflarouché plusieurs copistes : les diverses variantes ont pour eflet

| j'ai à te raconter; une vierge a enfanté, ce que (pourtant) sa condition ne permet pas. » Et Salomé dit : « (Aussi vrai que) vit le Seigneur mon Dieu, si je n'y mets pas le doigt et ne me rends pas compte de son état, certainement je ne | eroirai pas qu'une vierge a mis au monde. »

XX. 1. Et la sage-femme entra et dit à Marie : « Laissetoi faire, car ce n'est point un mince débat qui s'éléve sur ton compte. » Et Salomé voulut se rendre compte de son état, mais elle poussa un cri et dit : « Malheur à mon impiété, malheur à mon incrédulité, parce que j'ai tenté le Dieu vivant, et voici que ma main (est consumée) par le feu et se détache. » 2. Et elle fléchit les genoux devant le

de gazer ce que le texte primitif peut avoir d'un peu cru. D'ailleurs il faut juger de tout l'épisode non point avec nos idées modernes, mais d'aprés les idées et les sentiments de l'auteur qui jugeait fort naturel de faire constater de eisu et de tactu le miracle de l'enfantement. La premiére sage-femme exprime bien la préoccupation à laquelle veut répondre l'auteur. Ce combat auquel on se livre de son temps au sujet de l'enfantement virginal, l’auteur veut qu'il soit définitivement terminé par le récit de cette constatation. En même temps il veut montrer à son lecteur qu'on n'est pas impunément incrédule à cette vérité, Le chátiment de Salomé doit servir d'exemple à tous.

2. Salomé châtiée pour son incréduhtá et pour sa curiosité ne perd. pas confiance, elle fléchit le genou devant le Seigneur. L'auteur ne pense pas à Jésus enfant : c'est devant le Pére tout-puissant que s'incline Salomé; elle lui dit en effet : « Dieu de nos pères »; elle lui rappelle qu'elle est de la race d'Abraham (cf. Luc., xii, 16; xix, 9), qu'elle a, par conséquent, un droit plus spécial à la bénédiction divine. Παραδειγματίζω a ici son sens étymologique : ne fais pas de moi un exemple. Meyer suppose que πένησιν est une faute de transcription pour γονεῦσιν qui est la leçon du syriaque et de Fa, L, Pos. Mais la phrase suivante montre bien qu'il s'agit des pauvres. Comment, privée de ses mains, Salomé pourrait-elle secourir les pauvres dont elle a l'habitude de pren- — dre soin ? Cette incidente montre que Salomé exercait elle-aussi le ᾿ς métier de sage-femme, bien que l'auteur ne parle point de sa profession. En cette qualité elle était amenée à rendre aux pauvres de menus — soins médicaux, dont elle ne demandait point le salaire. La manière un peu dégagée dont elle parle de ses bonnes actions fait songer à la

γόνατα αὐτῆς πρὸς τὸν δεσπότην λέγουσα. ὁ θεὸς "ous πατέρων μου, μνήσθητί μου ὅτι σπέρμα εἰμὶ ᾿Αθραὰμ xol

᾿Ισαὰχ xai' Iaxó5* μὴ παραδειγματίσῃς με τοῖς υἱοῖς ᾿Ισραήλ. ἀλλὰ ἀπόδος με τοῖς πένησιν ^ σὺ γὰρ οἶδας, δέσποτα, ὅτι τῷ σῷ ὀνόματι τὰς θεραπείας μου ἐπετέλουν xal τὸν μίσθόν μου παρὰ σοῦ ἐλάμόανον. 3. Καὶ ἰδοὺ ἄγγελος κυρίου ἐπέστη ? λέγων πρὸς αὐτήν Σαλώμη, Σαλώμη, ἐϊπήχουσέν σου κύριος" προσένεγχε τὴν χεῖρά cou τῷ παιδίῳ xai ? Pacs

ταξον αὐτὸ xal ἔσται cot σωτηρία xal χαρά. 4. Kal προσ-

ἤλθε Σαλώμη καὶ ÉbdoraËey αὐτό, λέγουσα 4 προσχυνήσω m

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