XXI. 1. Et voici que Joseph se prépara à sortir (de là
avant de s'approcher de l'enfant l'adore; ce n'est pas à dire qu'elle reconnait en lui le Fils de Dieu; elle lui donne seulement le nom et la qualité de roi. Cet enfant est né pour étre un grand roi, ou plus exactement le grand roi d'Israël, c'est-à-dire le Messie. C'est la conception que les Juifs ne veulent pas dépasser. La premiére sage-femme, au contraire, qui représente l'humanité croyante, a vu dés l'abord dans cet enfant le Sauveur, le Rédempteur. Salomé n'en sort pas moins justifiée de la grotte, comme plus tard le publicain du temple. La voix qui se fait entendre est celle de l'ange qui est apparu tout à l'heure. La défense de publier le miracle est une idée familière aux Synoptiques. D'autre part, l'auteur a besoin pour expliquer l'euquéte des mages, à Jérusalem, que les événements miraculeux de la naissance du Christ soient demeurés inconnus. C'est une des raisons pour lesquelles il supprime également l’adoration des bergers, rapportée dans saint Luc. La mention de Jérusalem se rapporte à la Présentation que l’auteur connaît, mais dont le récit ne nous est pas conservé.
XXI. 4. La fin du verset précédent avait annoncé l'intention des parents de Jésus d'aller à Jérusalem, présenter l'enfant au temple. Joseph se prépare ici à mettre ce dessein à exécution. L'expression « aller en Judée » signifie, dans notre auteur, aller à Jérusalem. Pourlui, eu
PROTÉV. — 17
toi de moi, car je suis de la postérité d'Abraham, d'Isaac
A rms +
᾿Ιουδαίας ?: ἦλθον γὰρ μάγοι 9 λέγοντες" ποῦ ἐστὶν ὁ vex elo βασιλεὺς τῶν ᾿Ιουδαίων ; εἴδομεν γὰρ αὐτοῦ τὸν ἀστέρα ἐν τῇ ἀνατολὴ xal ἤλθομεν προσχυνῆσαι αὐτόν. 2. Καὶ ἀκούσας. Ἥ 1S , , Y 2 ! - , x A ρῴδης ἐταράχθη, xal ἔπεμψεν ὑπηρέτας πρὸς τοὺς μάγους. xal μετεπέμψατο τοὺς ἀρχιερεῖς xal ἀνέχρινεν αὐτοὺς 4 λέγων᾽ πῶς γέγραπται περὶ τοῦ Χριστοῦ, ποῦ γεννᾶται; Λέγουσιν αὐτῷ" ἐν Βηθλεὲμ τῆς ᾿Ιουδαίας᾽ οὕτως γὰρ γέγραπται 9. Καὶ ἀπέλυσεν αὐτούς. Καὶ ἀνέχρινε, τοὺς μάγους λέγων αὐτοῖς 9: τί εἴδετε σημεῖον ἐπὶ τὸν γεντ
γηθέντα βασιλέα 7; Καὶ εἶπον oi μάγοι εἴδομεν ἄστερα.
2 D: ἐφ᾽’ ὅλην τὴν Ιου δαίαν. — Syr. : ἃ Bethléem de Juda. 3 F^:éx Περσίδος. Fa, B: ἀπὸ ἀνατολῶν.
4 D, E, F2, G, Syr.: ἐν τῷ πραιτωρίῳ αὐτοῦ. : 5 H ajoute : £y τῷ προφήτῃ. D, F8 ajoutent : Kai σὺ Bq6-
λεὲμ, γῇ ᾿Ιούδα, οὐδαμῶς ἐλαχίστη εἶ ἐν τοῖς ἡγεμόσιν "lou δά᾽ ἐχ σοῦ γάρ μοι ἐξελεύσεται ἡγούμενος ὅστις ποιμανεῖ τὸν λαὸν μου τὸν ᾿Ϊσραήλ. — Eth. donne simplement le récit de
saint Matthieu en ajoutant les noms des mages : Tanisuram, Malik et Sisseba,
6 Fa: Kal ἀπολύσας τοὺς ἀρχιερεῖς ἀνέκρινεν αὐτοὺς ἐν τῷ πραιτωρίῳ τοὺς μάγους λέγων αὐτοῖς.
effet, Bethléem n'est pas en Judée; si la petite ville porte le nom de Behtléem de Judée, c'est vraisemblablement à cause de sa proximité de Jérusalem. Quelques mss. ont eu des scrupules sur cette explication M fantaisiste et ils ont lu « sortir de Judée » probablement pour rentrer. en Galilée. Au moment oü Joseph se prépare à partir, une grande agi- | tation se produit dans Bethléem, causée par l'arrivée des mages. ἃ partir de ce point l'auteur se rattache assez étroitement à saint | Matthieu, τι, 1-12, tout en gardant une certaine indépendance à la- | quelle plusieurs mss. ont renoncé pour serrer de plus, près le texte de l'Évangile canonique. L'ensemble du récit depuis ἦλθον γάρ jus- |
pour aller en Judée. Et une grande agitation eut lieu à
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l'adorer. » 2. Et Hérode ayant appris cela, fut troublé, et il envoya des serviteurs vers les mages, et il convoqua les princes des prétres et les interrogea, disant : « Qu'est-ce qui est écrit touchant le Christ ? où doit-il naître ? » Ils lui dirent : « A Bethléem de Judée, car c'est ainsi qu'il est écrit. » Et il les renvoya. Et il interrogea les mages, leur disant : « Quel signe avez-vous vu concernant le roi qui serait né ? » Et les mages dirent : « Nous avons vu une étoile extrémement grande, brilant entre ces étoiles-ci,
qu'au v. 3 est destiné à expliquer l'arrivée des mages à Bethléem, et rapporte leur entrée à Jérusalem, les questions qu'ils font et qu'ils subissent. Il devrait donc être tout entier au plus-que-parfait, mais l'auteur n'est pas assez maitre desa langue pour indiquer cette nuance dans son texte; ic1 encore tous les événements sont mis sur le méme plan. Fabricius fait remarquer avec raison que le Protévangile ne connait encore ni le nombre des mages, ni leurs noms, ni leur qualité de rois. Ce sont des précisions que ne viendront que plus tard.
2. On remarquera que dans la réponse des prétres le Protévangile supprime la mention de l'oracle de Michée. C'est une manière d'affirmer son indépendance à l'endroit de sa source. De méme la réponse des mages aux questions d'Hérode est librement imitée de Matth., 11, 2. L'étoile miraculeuse est décrite comme un astre qui dépasse toutes les étoiles en splendeur, et dont la clarté les éclipse toutes. Nous n'en sommes point encore aux légendes postérieures qui feront de cette étoile un ange éblouissant de lumiére qui guide les voyageurs. Cette “idée, qui est celle de l’Évangile arabe de l'enfance, peut se réclamer d'illustres patrons : Diodore de Tarse (dans Photius, Biblioth., cod. 223, P. G., t. cir, col. 877), saint Jean Chrysostome (Hom., vi, In Matth., P. G., t. zvur, col. 64). Les expressions du Protévangile font songer aux paroles d'Ignace Martyr :« Une étoile brillait dans le ciel, plus éclatante que toutes les étoiles, sa lumiére était inexprimable, et cette apparition nouvelle excitait là surprise. Les autres étoiles avec le soleil et la lune l'entouraient en chœur; mais elle les dépassait tous par sa lumière. » Ephes., x1x, 2.
Bethléem de Judée. Car des mages étaient venus, disant τὸ
avs HN AEN
παμμεγέθη λάμψαντα ἐν τοῖς ἄστροις τούτοις xal &g6AUs γοντα αὐτοὺς, ὥστε τοὺς ἀστέρας μὴ φαίνεσθαι l- χαὶ ἡμεῖς οὕτως ἔγνωμεν ὅτι βασιλεὺς ἐγεννήθη τῷ ᾿Ισραὴλ, xol A Bo - , , ^ 4 * , ^ ς L
μεν προσχυνῆσαι αὐτόν. Καὶ εἶπεν ᾿Ηρώδης᾽ ὑπάγετε xal v , 2. «, ES Lo 2 : , , 7 » ὩΝὟ ζητήσατε xal ἐὰν εὕρητε ἀπαγγείλατέ μοι, ὅπως χἀγὼ ἐλθὼν προσχυνήσω αὐτόν. 3. Καὶ ἐξῆλθον οἱ μάγοι. Καὶ ἰδοὺ ὃν εἶδον ἀστέρα ἐν τὴ ἀνατολὴ προῆγεν αὐτοὺς ἕως εἰσῆλθον εἰς τὸ σπήλαιον, χαὶ ἔστη ἐπὶ τὴν χεφαλὴν τοῦ σπηλαίου 3. Καὶ εἶδον οἱ μάγοι τὸ παιδίον μετὰ τῆς μητρὸς αὐτοῦ Μαρίας 4, καί ἐξέθαλον ἀπὸ τῆς πήρας 5 αὐτῶν δῶρα, χρυσὸν καὶ λίθανον xal σμύρναν. 4 Kol χρηματισθέντες ὑπὸ τοῦ ἀγγέλου μὴ εἰσελθεῖν εἰς τὴν ᾿Ιουδαίαν 6, δι᾿ ἄλλης ὁδοῦ ἐπορεύθησαν εἰς τὴν χώραν αὐτῶν.
1B,1,L,R, Pos.: ἀστὴρ αὐτοῦ ἐγεννήθη xol ἔλαμψεν ἐν τοῖς ἄστροις τοῦ οὐράνου, καὶ ἤμόλυνεν αὐτούς. — D se rattache au texte de Matth. : εἴδομεν γὰρ αὐτοῦ τὸν ἀστέρα ἐν τὴ ἀνατολὴ χαὶ ἤλθομεν προσκυνῆσαι αὐτόν. ὁ δὲ ἀστὴρ ὁ προάγων ἡμᾶς ὑπερφαίνων ἦν τοῖς ἄστροις τούτοις χαὶ οὕτως ἔγνωμεν ὅτι βασιλεὺς ἐγεννήθη τῷ ᾿Ισραήλ.
3 Syr. : de l'enfant; leçon que connaissent aussi C, G, H : ἔστη ἐν τῷ σπηλαίῳ ἐπὶ τὴν χεφαλὴν τοῦ παιδίου.
4 Plusieurs mss. grecs et le syr. ajoutent, quoique de manière assez différente : « Et l’adorèrent.» L'Eth. a la leçon singulière : et adoraeerunt eum nutricemque ejus.
5 Fa, [: ἀπὸ τῶν θησαυρῶν. --- C donne simplement le texte de Matth. — Syr. donne la prière des mages : Et ils dirent : « Gloire à Dieu dans les hauteurs, et paix sur terre et bonne volonté aux fils des hommes.» Et ils ouvrirentleurs cassettes et lui présentérent des présents. — Eth. sait la signification des présents : aurum, quia rez erat; tus quia Deus, et tertio myrrham propter incarnationem corporis ejus ; puis l'Eth. rapporte une apparition de l'ange aux bergers d’après Luc., 11, 9-13.
6 B, C, D, F*,I, L, R ajoutent : πρὸς Ἡρώδην. — Syr. : Et des anges leur apparurent et leur dirent qu'ils n'allassent pas en
et les éclipsant toutes au point que les autres étoiles ne paraissaient plus. Et ainsi nous avons connu qu'un roi était né dans Israél, et nous sommes venus l'adorer. » Et Hérode leur dit :« Allez, et faites des recherches, et quand vous l'aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que moi aussi jaille l'adorer. » 3. Et les mages sortirent. Et voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient, les précédait jusqu'à ce qu'ils arrivassent à la grotte, et elle s’arrêta sur le sommet de la grotte. Et les mages virent le petit enfant avec Marie sa mère et ils tirérent de leur sac des présents, de l'or, del'encens et dela myrrhe. 4. Et ayant été avertis par l'ange de ne pas aller en Judée, c'est par une autre route qu'ils rentrérent dans leur pays.
Judée. Ils partirent donc par une autre route. — N ajoute d'aprés Matth., 11, 13-15, le récit de la fuite en Égypte.
3. Dans saint Matthieu, l'étoile conduisait les mages à la maison où demeurait Jésus ; ici c'est à la grotte de la nativité qu'ils sont amenés. L'étoile s'arréte au-dessus de la caverne; quelques mss. ne voient pas d'inconvénients à faire entrer l'astre dans la grotte elle-même et à le faire arrêter sur la tête de l'enfant. La leçon ἀπὸ τῆς πήρας αὐτῶν ne doit pas surprendre; de nombreux mss. de saint Matthieu lisent 11, 11 : xai ανοίξαντες τὰς πήρας. πήρα, c'est le sac de cuir dans lequel on serre tous les objets nécessaires au voyage.
4. L'expression μὴ εἰσελθεῖν εἰς τὴν ᾽Ιουδαίαν, qui remplace μὴ ἀναχάμ- Ψαι πρὸς Ιρώδην de Matth., montre bien que, pour l'auteur, la Judée, c'est Jérusalem et ses environs immédiats.
Le Protévangile ne s'occupe plus des mages, une fois qu'ils sont rentrés dans leur pays. Les légendes postérieures n'ont pu se résigner à les perdre complètement de vue. Voici ce que sait sur leur compte la relation éthiopienne: Cum pervenissent in regionem suam, iverunt ad regem suum qui interrogaeit eos dicens : « Quid vidistis? » Et narraverunt omnia quz viderant et quomodo munera ipsorum puer accepisset. Et iterum interrogans eos rex dixit :« Quid autem vobis dedit ? » Et responderunt dicentes : « Dedit nodis paululum panis. benedictionis, quem nos abscondimus sub terram.» Et ait illis rex: « Ite, afferte eum mihi.» Et recedentes, abierunt ad illam terram uli panem. abdiderant, et. dum illam fodiunt, ignis inde exiit, et propterea. Magi usque adhuc igncm adorant,
to τὰ
XXII. 1. Γνοὺς δὲ ᾿Ηρώδης ὅτι ἐνεπαίχθη ὑπὸ τῶν μάγων !, $ ὀργισθεὶς ἔπεμψεν φονευτὰς λέγων αὐτοῖς᾽ τὰ βρέφη ἀπὸ διετοῦς χαὶ χατωτέρω ἀποχτείνατε 2. 2. Καὶ ἀχούσασα Μαριὰμ ὅτι ἀναιροῦνται τὰ βρέφη, φοδηθεῖσα ἔλαθεν τὸ παιδίον καὶ ἐσπαργάνωσεν αὐτὸ xal ἔθηχεν ἐν φάτνῃ βοῶν 3. 3. Ἢ δὲ ᾿Ελισάθετ, ἀκούσασα ὅτι ᾿Ιωάννης ζητεῖται, λαθοῦσα, αὐτὸν ἀνέθη εἰς τὴν ὀρεινὴν, xal περιεθλέπετο ποῦ αὐτὸν χρύψει: xal οὐκ ἦν τόπος &xoxgugtc. Καὶ στενάξασα ἡ ᾿Βλισάθετ φωνὴ μεγάλῃ λέγει ὄρος θεοῦ, δέξαι μητέρα μετὰ τέχνου. Οὐ γὰρ ἠδύνατο ἀναθῆναι ἡ ᾿Βλισάθετ. Καὶ παραχρῆμα ἐδιχάσθη τὸ ὄρος xal ἐδέξατο αὐτήν. Καὶ ἦν δια-
2 Plusieurs mss. se De davantage du texte de Mes 11, 16-18. C'est N qui s'en rapproehe le plus.
3 Fa ajoute διότι οὐχ ἦν αὐτοῖς τόπος ἐν tQ χαταλύματι. D’autres mss. rapportent la fuite en Égypte. Les uns comme À omettent l'épisode donné dans le texte et mentionnent simplement la fuite; les autres ^, C, H, après avoir mentionné l’épi-« sode de l’étable, racontent d’une manière plus ou moins détaillée | l'avertissement à Joseph et son départ pour l'Égypte. — Eth. fait de méme, mais il met le récit de la fuite en Égypte aprés l'épisode d'Élisabeth dans la montagne.
XXII. 4, reproduit d'une maniére indépendante Matth., 11, 16.
2. Mais à partir de 2, l’auteur raconte à sa manière le salut de Jésus. Il est vraisemblable que, préoccupé de faire présenter Jésus au temple, comme saint Luc, il n'a pas vu le moyen de concilier les. narrations du I?! et du IIIe Évangile. Il a donc laissé de côté délibérément lafuiteen Égypteeta imaginé un autre moyen pour soustraire Jésus à la fureur d'Hérode. D'autre part, ce moyen a l'avantage de luifaire rejoindre la tradition rapportée par saint Luc, d'aprés laquelle Jésus serait né dans un étable et aurait été placé dans une crèche. Il est impossible de se rendre compte, dans l'état actuel. du texte,de la facon dontl'auteur menait à bonne fin l'histoire de Marie et celle de Jésus enfant, puisqu'il semble démontré qu'une main postérieure a soudé, plus ou moins adroitement, au récit primitif la légende de Zacharie et de Jean-Baptiste. Seule une interpolation peut expliquer. la maniére abrupte dont se termine l'histoire de Marie.
XXII. 1. Hérode ayant donc connu qu'ilavait été joué par les mages, se mit en fureur et envoya des meurtriers, leur disant : « Tuez les enfants de deux ans et au-dessous. » 2. Et Marie, ayant appris que l'on tuait les enfants, fut saisie de frayeur; elle prit l'enfant et l'enveloppa de langes et le placa dans une crèche à bœufs. 3. Or Élisabeth, ayant appris (elle aussi) que l’on recherchait Jean,le prit et partit pour la montagne, et elle cherchait où le cacher, et il n'y avait pas de cachette. Et ayant poussé un profond soupir, Élisabeth dit d’une voix forte :« Montagne de Dieu, reçois une mère avec son enfant. » Car Élisabeth ne pouvait plus monter. Et soudain la montagne se fendit, et la reçut; et
3. Élisabeth, dont il avait été si peu question dans tout ce qui précède, apparaît pour quelques instants au premier plan. La montagne où elle s’enfuit, emmenant son jeune fils, est la région vague et indéterminée où nous avons déjà vu s'accomplir plusieurs prodiges. La ma- : nière dont la mère du Baptiste est sauvée rappelle divers épisodes des apocryphes de l'Ancien Testament, en particulier le cèdre qui s'ouvre pour donner asile à Isaie poursuivi. C'est aussi le théme de nombreuses légendes. Dans cette retraite miraculeuse, la mére et l'enfant ne restent cependant point dans l'obscurité, puisque la lumière peut leur arriver. Cette lumiére ne semble pas due à la présence de l'ange, en ce sens que ce serait l'ange lui-même qui la répandrait autour de lui; il semble seulement que, grâce aux bons offices de l'ange, la montagne peut laisser filtrer la lumière nécessaire. Le texte suppose que les fugitifs feront un séjour de quelque durée dans cette retraite, l'auteurne se préoccupe pas d'ailleurs de nous dire comment ils y vécurent et quand ils en sortirent. La recension slave, publiée par Berendts, avait des renseignements sur ces divers points. L'ange fait sortir dela montagne du pain et de l'eau. A l’âge de neuf mois, Jean est sevré, et reçoit du miel sauvage d'un palmier du désert. Quand l'enfant a treize mois, Élisabeth recoit l'ordre de sortir de sa retraite. A l’âge de cinq ans, Jean est confié à lange Uriel; c'est alors qu'on lui donne le vétement de poils de chameau qu'il portera toute sa vie. Épiphane le Moine dans la vie de la Vierge (P. G., t. cxx, col. 201) rapporte qu'Élisabeth, qui était à Bethléem, prit Jean et se sauva dans le désert. Elle se cacha quarante jours dans une caverne, Cédrénus a transcrit ces détails dans son histoire (P. G., t. cxxr, col. 365).
paivoy αὐτοῖς φῶς ἄγγελος γὰρ xuplou ἦν μετ᾽ αὐτῶν διαφυλάσσων αὐτούς.
XXIII. 1. Ὁ δὲ Ἡρώδης ! ἐζήτει τὸν ᾿Ιωάννην, xai ἀπέστειλεν ὑπηρέτας ? πρὸς Zayaptay λέγων ποῦ ἀπέχρυψας
τὸν υἱόν σου ;Ὃ δὲ ἀπεχρίνατο λέγων αὐτοῖς" ἐγὼ λειτουργὸς ὑπάρχω τοῦ θεοῦ χαὶ προσεδρεύω τῷ ναῷ χυρίου, οὐχ οἶδα o0 ἐστὶν ὁ υἱός μου. 2. Καὶ ἀπῆλθον οἱ ὑπηρέται xal
| eixmev' ὁ υἱός αὐτοῦ μέλλει βασιλεύειν τοῦ ᾿Ισραήλ. Καὶ ἀπέστειλεν πρὸς αὐτὸν πάλιν λέγων᾽ εἰπὲ τὸ ἀληθές" ποῦ ἐστὶν ὁ υἱός σου ; οἶδας γὰρ ὅτι τὸ αἷμά σου ὑπὸ τὴν χεῖρά
1 Eth. : Et Herodes ascendit in Bethleem ut puerum Jesum requireret qui natus erat, sed eum non invenit.Cum autem Joannem filium Zachariæ non invenisset misit ad Zachariam.
2 C: elg τὸ θυσιαστήριον xuptou. — Syr. : dans le temple.
3 Eth. : Respondit Zacharias sacerdos, dixitque eis sicuti antea dixerat, et juravit se nescire ubi esset filius suus. Et postea, misso ad eum nuncio, tertio ait illi rez :« Si non adduzeris filium tuum, scito et considera quia ego ad te veniam et te occidam. » Et Zacharias, his auditis, dizit :«Vivit Dominus, vel si sanguinem meum fuderitis, ignoro tamen ubi sit filius meus. »
4 D : xol ἀχούσας ταῦτα Zay. ἀνταπεχρίθη.
XXIII. 1. L'auteur suppose que Jean-Baptiste est né à Bethléem, Hérode qui sait cela, et qui a pu apprendre d'autre part les merveilles qui ont entouré ]a naissance de cet enfant, peut, sans invraisemblance, voir en lui le roi que cherchaient les mages. Il le fait demander à son père. Comme dans le récit du Protévangile, Zacharie est considéré ici comme ]le grand-prétre. C'est ce qu'indiquent et sa réponse présente et le fait qu'au chapitre suivant les prétres viennent de grand matin pour le saluer. Zacharie, qui séjourne constamment dans le temple du Seigneur, peut répondre en toute vérité qu'il ne sait pas ou est son fils,
(pourtant) 1] leur arrivait de la lumière, car un ange du Seigneur était avec eux et les protégeait.
XXIII. 1. Or Hérode recherchait Jean, et il envoya des serviteurs à Zacharie, disant : « Où as-tu caché ton fils ? » Celui-ci répondit et leur dit : « Je suis le serviteur de Dieu, et je demeure constamment dans le temple du Seigneur; je ne sais pas où est mon fils.» 2. Et les serviteurs s'en allérent et annoncèrent tout cela à Hérode. Et furieux Hérode dit : « Son fils doit un jour régner sur Israël. » Et il envoya de nouveau vers lui, disant : « Dis la vérité ;où est ton fils? Tu dois savoir, en effet, que ta vie est entre mes mains.» Et les serviteurs s'en allérent et lui rapportérent tout cela. Et Zacharie dit : 3. « Je suis un martyr de Dieu, si tu répands
2. Cette réponse ne fait que fortifier les soupcons d' Hérode; il envoie une seconde fois des serviteurs vers Zacharie, et cette fois il fait des menaces, L'Éthiopien suppose qu'il y eut aprés cela un troisiéme envoi, et une nouvelle menace. Mais cette répétition est inutile.
3. En effet, la réponse de Zacharieà ceux qui le menacent est tout à fait adéquate. Le texte, il est vrai, est difficile à établir. On peut répartir les sens en deux groupes. Dans le premier, l'ordre des idées est celuici: « Dieu m'est témoin que je dis la vérité ; si malgré cette affirmation tu prétends me tuer, c'est un sang innocent que tu répandras et dés lors Dieu recevra mon esprit. » C'est l'ordre le plus naturel. Dans le second groupe, le sens serait celui-ci : « Je n'ai pas peur de la mort, car je suis innocent. » D’après la plupart des mss., Zacharie mentionne lui-méme le vestibule du temple comme le lieu de sa mort. Cela augmente la grandeur du crime d'Hérode et le droit de Zacharie au titre de martyr. Cette mention d'ailleurs était nécessaire, à un moment ou à l'autre, puisque la légende de Zacharie se donne comme une explication des mots de Matth., xxii, 35, où Jésus parle de « Zacharie fils de Barachie, tué entre le temple et l'autel. » Saint Jéróme nous apprend dans le commentaire de ce passage, qu'à son époque, les pèlerins chrétiens vénéraient encore, dans les ruines du temple,les traces du sang de Zacharie. Au lieu de διάφαυνα plusieurs mss. lisent διάφραγμα, voulant sans doute désigner par ce mot la séparation existant entre le vestibule et l'autel, Ce texte a des chances d'étre primitif,
τοῦ θεοῦ 1, εἰ éxyéetg uou τὸ aya τὸ γὰρ πνεῦμά μου 64 δεσπότης δέξεται, ὅτι αἴμα ἀθῶον ἐχχέεις εἰς τὰ πρόθυρ τοῦ ναοῦ κυρίου. Καὶ περὶ τὸ διάφαυνα ? ἐφονεύθη Ζαχαρίας. Καὶ οὐκ ἤδεισαν οἱ υἱοὶ ᾿Ισραὴλ ὅτι ἐφονεύθη. |
XXIV. 4. ᾿Αλλὰ ἀπῆλθον οἱ ἱερεῖς 9 εἰς τὴν ὥραν τοῦ ἀσπασμοῦ, καὶ οὐκ ἀπήντησεν αὐτοῖς χατὰ τὸ ἔθος ἡ εὐλογία, τοῦ Zayapiou 4 Καὶ ἔστησαν οἱ ἱερεῖς προσδοχῶντες Ζαχα-
ρίαν τοῦ ἀσπάσασθαι αὐτὸν ἐν τῇ εὐχῇ xol δοξάσαι τὸν ὕψιστον. 2. Χρονίσαντος δὲ αὐτοῦ ἐφοθήθησαν ἅπαντες"); ἀποτολμήσας δὲ εἷς ἐξ αὐτῶν εἰσῆλθεν 9, xal εἶδε παρὰ τὸ 1 B,1, Pos. (cf. Eth.) : Μάρτυς ὁ θεὸς ὅτι οὐ γινώσχω ποῦ ἐστίν. C : εἴπατε τῷ Ἡρώδῃ εἰ καὶ τὸ αἷμά μου ἐχχεεῖς, τὸ πνεῦμά μου ὁ θεὸς λήψεται" πλὴν ὅτι ἀθῶον αἷμα ἐχχύνεις, παρὰ τὰ πρόθυρα τοῦ γαοῦ κυρίου" οὐ γὰρ γινγώσχω ποῦ ἔστιν, ὁ υἱός μου. — Syr. (Lew.) : Dieu me sera témoin que tu as répandu. mon sang, mais mon esprit, le Seigneur le recevra, parce que c’est un sang innocent que tu répands sans (que j'aie commis de) crime, au front dela porte du temple du Seigneur. ἰ ? C, Fa, Pos. : διάφραγμα (interseptum). — Syr. omet cette phrase. — Eth. : Herodes autem surgens per noctem abut in tem plum domini ubi manebat Zacharias et ibi occidit. eum, et hoc nemo unquam cognovit inter filios Israël.
3 Eth. et Slave : les fils d'Israél.
4 D, Fa, K : οὐχ ἀπήντησεν αὐτοῖς Ζαχαρίας xavà τὸ ἔθος xai εὐλόγησεν αὐτούς. — Eth : inventa autem clausa porta templi
cle
is
^P we
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Domini steterunt foras exspectantes donec aperiret eis Zacharias si cut cotidie faciebat. 3L 5 Plusieurs mss. grecs et le Syr. ajoutent : εἰς τὸ ἁγίασμα. JR
XXIV. 1. Le début de la scène a été imaginé d’après Luc., 1, 21. De. méme que, dans 1 Évangile,la foule massée dans le parvis attend le prétre | Zacharie à sa sortie du sanctuaire, de même, ici, les prêtres attendent le grand pontife afin de recevoir sa bénédiction du matin. Seulemen. l'auteur de la légende s'est assez mal représenté le lieu de la scéne. n roit, conformément au texte de Matth., xxrim, 35, que Zacharie 4 été tué non loin de l'autel, et d'autre part il imagine que l'autel doit.
mon sang; car mon esprit, le Maître le recevra, c’est un sang innocent, en effet, que tu répands dans le vestibule du temple du Seigneur. » Et vers l’aube Zacharie fut tué. Et les fils d'Israél ne savaient pas qu'il avait été tué.
XXIV. 1. Mais les prêtres allèrent à l'heure de la salutation, et la bénédiction de Zacharie ne les prévint pas comme de coutume. Et les prêtres restèrent là, attendant Zacharie pour le saluer d’une prière et célébrer le Très- Haut. 2. Et comme il tardait, ils furent tous saisis de crainte; et l'un d'entre eux s'étant enhardi entra, et il vit
se trouver dans le sanctuaire. Selon toute vraisemblance en effet, il se représente le temple de Jérusalem à rinstar d'une église chrétienne. Si l'on ne part point de cette idée l'ensemble de la scène demeure inexplicable. On remarquera que le texte éthiopien exagére encore les ressemblances entre le temple et l’église chrétienne. — Malgré son ignorance des conditions locales, l'auteur a cependant assez bien imaginé la scéne de la découverte du crime. C'était une des fonctions du grand-prétre d'ofirir tous les matins un sacrifice dans le temple ; c'est vraisemblablement à cette oblation que pense l'auteur, à moins que, dominé par le souvenir de la scéne de Luc, il ne songe à l'encensement qui formait la partie principale du service du matin. Quoi qu'il en soit, à la sortie du sanctuaire, le prêtre ofliciant prononçait sur ceux qui étaient massés dans le parvis une formule de bénédiction.
2. Le retard de Zacharie devenant inexplicable, un des prétres s'enhardit jusqu'à pénétrer dans le sanctuaire; bien que le mot ἁγίασμα ne se trouve que dans quelques mss., il faut cependant le suppléer; c'est bien dans l'intérieur du temple, et non point dans le parvis où se trouvait l'autel, que le prétre constate la présence du sang coagulé. Ce n'est pas d'une coagulation naturelle qu'il est question; le syr. marque déjà à cet éndroit que le sang est devenu comme dela pierre; etla voix qui se fait entendre indique le sens de ce prodige. Ce sang durci restera là jusqu'au jour où viendra le vengeur de Zacharie. Ce vengeur n'est autre que l'empereur romain qui détruira le temple. On se rappelle, en effet, que dans Matth., xxii1, la mention du meurtre de Zacharie précède immédiatement l'annonce des catastrophes qui doivent fondre sur le peuple juif. Il est vrai que, dansl'Évangile,le meurtre de Zacharie, fils de Barachie, est mis au compte du peuple juif, ou plus exactement, à prendre le texte à la rigueur, à celui des scribes et des pharisiens.
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θυσιαστήριον aux πεπηγὸς xal φωνὴν Aéyoucay: Zayaüρίας πεφόνευται xal οὐχ ἐξαλειφθήσεται τὸ αἷμα αὐτοῦ, ἕως ἂν ἔλθῃ ὁ ἔχκδιχος αὐτοῦ. Καὶ ἀχούσας τὸν λόγον ἐφοθήθη, καὶ ἐξῆλθε xol ἀνήγγειλε τοῖς ἱερεῦσιν 1. 3. Καὶ τολμήσαντες εἰσῆλθον xal εἶδον τὸ ‘yeyovèc ?, xol τὰ φατνώματα τοῦ ναοῦ ὠλόλυξαν ὃ χαὶ αὐτοὶ περιεσχίσαντο ἀπὸ ἄνωθεν ἕως κάτω 4. Καὶ τὸ σῶμα αὐτοῦ οὐχ εὗρον, ἀλλ᾽ εὗρον τὸ αἷμα αὐτοῦ λίθον γεγενημένον. Καὶ φοθηθέντες ἐξῆλθον xol ἀνήγγειλαν παντὶ τῷ λαῷ ὅτι Ζαχαρίας πεφόγευται. Καὶ ἤχουσαν πᾶσαι αἱ φυλαὶ τοῦ λαοῦ, καὶ ἐπένθησαν αὐτὸν xol ἐχόψαντο 5 τρεῖς ἡμέρας xal τρεῖς νύχτας. ς
1 G, H ajoutent : ἠνέῳξεν δὲ τὰς πύλας τοῦ ναοῦ τοῦ χυρίου. — Eth. : Cum autem diu exspectavissent, ascendit unus ex illis supra tectum templi, et ingressus per fenestram intravit in templum. Tunc audivit eocem | dicentem : « Certissime quidem Zachariam occidit Herodes. » Et vox tacuit; et postquam vir audiit hanc vocem, aperuit portam templi domini et renunciavit omnia quæ a eoce audierat.
2 ἢ) :ἐν τῷ ναῷ. L : ἔνδον τοῦ θυσιαστηρίου. Syr.: prés du vestibule.
3 Syr. omet ce membre de phrase.
4 Fa : αὐτὰ δὲ περιεσχίσαντο. Pos : et ipsa fissa erant a summo usque deorsum. — Syr. : et ils furent consternés et ils déchirèrent, etc.
5 Eth. simplement : Tunc filii Israël ingressi sunt omnes in templum ad eidendum, et corpus Zachariæ non invenerunt, sed tantum coagulatum sanguinem. Magna tristitia propterea afflicti ploraeerunt et planxerunt super eum per tres dies et tres noctes.
Ici au contraire le meurtre du grand-prêtre est un crime d'Hérode. Mais notre auteur n'y a pas regardé de si prés; il n'a fait que développer une tradition locale, qui montrait dans les ruines du temple le sang de Zacharie, et il n'a pas craint de mettre en relation le meurtre du grand-prétre par Hérode et la destruction de Jérusalem par les Romains, La mention quise trouve dans plusieurs mss., que le prêtre ouvrit
prés de l'autel du sang coagulé, et (il entendit) une voix qui disait : « Zacharie a été tué, et son sang ne disparaîtra point (d'ici, jusqu'à ce que vienne son vengeur. » Et ayant entendu ces mots, 1] fut saisi de crainte, et il sortit et annonça la chose aux prêtres. 3. Et (ceux-ci) s'étant enhardis pénétrérent et virent ce qui était arrivé; et les lambris du temple gémirent, et eux-mêmes ils déchirèrent leurs vétements. Pour le corps de Zacharie, ils ne le trouvérent point, mais seulement son sang devenu comme de la pierre. Et saisis de crainte, ils sortirent et annoncérent à tout le peuple que Zacharie avait été tué. Et toutes les tribus du peuple l'apprirent et le pleurérent, et se lamentérent trois jours et trois nuits. 4. Or aprés ces trois jours les
ensuite les portes du temple est prise à I Sam., 11, 15; elle montre bien, la conception que l'on se faisait postérieurement du temple de Jérusalem.
3. Lorsque les prétres, à l'appel de leur collégue, pénétrent dans le sanctuaire, il se passe un prodige analogue à celui de la voix qui s'est fait entendre tout à l'heure. Cette fois, ce sont les lambris du temple qui font entendre un long gémissement. C'est un miracle semblable à celui qui se passe à la mort du Christ, quand le voile du temple se déchire depuis le haut jusqu'en bas. Matth., xxvii. 51. L'analogie serait méme plus frappante, si on lisait dans le texte comme ont fait certains mss.: αὐτὰ δὲ περιεσχίσαντο, « et les lambris se fendirent ». Meyer fait remarquer toutefois, à l'encontre de cette leçon, que l'emploi du moyen περιεσχίσαντο, à la place du passif, qui se lit dans Matth., ἐσχίσθη, indique plus naturellement une action faite par des personnes ; que d'autre part la préposition περὶ convient mieux aussi à l'action de déchirer les habits qui entourent le corps. On observera cependant que περισχίζω s'emploierait difficilement sans complément pour signifier : « déchirer les vêtements», et que d'autre part ce même verbe s'emploie au moyen avec un nom de chose comme sujet. Il n'est donc pas impossible que primitivemnet le sens de la phrase ait été celui que nous avons signalé d'abord, mais d'assez bonne heure on a dû lire αὐτοί au lieu de αὐτά, puisque le Syr. a compris : «ils déchirérent leurs vétements. » Le deuil des tribus d'Israél fait penser au deuil dont il est question, Zacharie, xir, 11-14.
4. Le prétre Siméon qui est désigné par le sort (!) pour succéder à Zacharie n'est autre que le vieillard dont saint Luc fait mention,
. 23, le récit du retour d'Égypte. Suit dans l'Eth. cette simple prière :
ἀντ᾽ αὐτοῦ στήσουσιν, xal 1 ἀνέθη ὁ xAïfooc ἐπὶ e" * M LS L4 M € * - € , , οι: