‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 87 sur 112 · POMA NU · texte numérisé non relu

POMA NU

s di

. assez bien à ce qui suit. On voit par cette phrase que celui qui a re

Alia epistola.

Petitis a me ut vobis rescribam quid mihi de quodam E : zem } , © libello videatur qui de nativitate S. Marie a nonnullis.

habetur. Et ideo scire vos volo, multa in eo falsa inveniri, Quidam namque Seleucus, qui passiones apostolorum | conscripsit, hunc libellum composuit. Sed sicut de vina bus eorum et miraculis per eos factis vera dixit, de doctrina vero eorum plura mentitus est, ita et hic iul non vera de corde suo confinxit. Proinde ut in hebræo habetur, verbum ex verbo transferre curabo,siquidem sanctum evangelistam Mattheum eundem libellum liquet composuisse et in ca

La lettre ci-dessus est donnée dans plusieurs éditions des ceuvres E saint Jéróme comme une variante de la précédente. Elle ne semble pas être l'original. Car elle répond moins bien que la précédente aux | demandes des deux évéques. Ceux-ci avaient parlé de deux catégories. de livres; d'une part, des livres apocryphes dont les évêques ne vou” laient rienretenir, d'autre part, d'un livre composé par saint Matthieu en hébreu, et découvert par saint Jérôme. On ne sait trop quels sont les livres dont il est ici question. Le début de la lettre semble viser. une composition hérétique, dont serait responsable un certain Séleucus (c'est le Leucius de la lettre précédente) ; puis, brusquement, il est parl d'un livre hébreu dü à saint Matthieu et que l'auteur se proposerait de traduire. Il faut penser que ces deux écrits ne sont pas identiques, mais la maniére dont s'exprime l'auteur est extrémement embarrassée. La remarque quod an verum sit... non affirmo pourrait bien être une glose marginale quise serait introduite postérieurement dans le corps dela lettre. Pourtant dans l'état actuel du texte, elle se relie

manié la lettre primitive de Pseudo-Jérôme ne se porte nullement garant du récit qu'il a consenti à préfacer; du moins il affirme que le contenu du livre est sans danger, puisque aussi bien il a dé se passer de grands miracles autour du berceau de la sainte Vierge. — La remarque finale sur les procédés de traduction de l'auteur semblé en contradiction avec ce qui a été dit plus haut, qu'il s'efforcerait de traduire mot à mot l'hébreu en latin. On semble vouloir dire ici que

Autre lettre qu'on lit en tête de certaines éditions.

Vous me demandez que je vous écrive mon sentiment sur certain petit livre intitulé : « la nativité de Ste Marie », et que certains possèdent. Je veux donc que vous sachiez qu'il s'y rencontre bien des faussetés. C'est en effet un certain Séleucus, auteur des passions des apôtres, qui a composé cet opuscule.Mais, de méme que sur les prodiges et les miracles accomplis par ceux-ci il a dit la vérité, alors que pour ce qui concerne leur doctrine, il a débité bien des mensonges, de méme 101 a-t-il inventé de son propre chef bien des choses qui ne sont pas vraies. Je m'efforcerai donc de traduire le livre mot à mot de l'hébreu, puisqu'il

c'est une œuvre entreprise uniquement avec des souvenirs sans grande préoccupation de rester fidéle à l'original. Ceci caractérise fort bien d'ailleurs l'attitude de ce remaniement latin par rapport au livre de Jacques; Ps,-Matthieu ne se gène pas pour composer à sa fantaisie, et même inventer des épisodes complets, qua consequenter scribi potuerunt. L'ensemble de la lettre laisse donc une impression extrémement trouble, et il se pourrait bien que l'on ait affaireà un texte fabriqué en prenant cà et là divers morceaux sans relations entre eux.

Le ms. Paris 4560 donne à la fin de la narration (f? 19) une notice littéraire qui rappelle la lettre précédente : Onesimus et Joannes epangelista hunc libellum scripserunt eundem signantes. Et quod vidit dominus similiter quod sanctus apostolus et evangelista Joannes sua scripserunt manu hunc libellum litteris hebraicis obsignantes qui a viris religiosis habeatur. Sed quod beatus Leucius beati Matthæi discipulus, qui apostolorum gesta [also sermone scripserat, quædam in. hoc opere addidit superflua, Jeronimus ille doctor propitius episcopis Cromatii (Chromatio) et Leoderii (Heliodoro) de Hebraico sermone in latinum deduxit. Et per hoc, orta (sc. ortus) simul et nativitas beatæ Mariz virginis, atque infantia Saleatoris declaratur, et hereticorum astutiæ obviatur, et eorum fallaciæ excluduntur, atque Christi amor fidelibus augmentatur et crescit. »

pite evangelii sui hebraicis litteris obsignatum apposuisse; quod an verum sit, auctori præfationis et fidei scriptoris committo : ipse enim ut hæc dubia esse pronuncio, ita | liquido falsa non affirmo. Illud autem libere dico, quod fidelium neminem negaturum puto, sive hæc vera sint, sive ab aliquo conficta, sacrosanctam Mari: nativitatem magna miracula præcessisse, maxima consecuta fuisse; et id- | circo salva fide ab his qui Deum ista facere posse credunt sine periculo animæ sux credi et legi posse. Denique in quantum recordari possum, sensum non verba scriptoris sequens, et nune eadem semita non eisdem vestigiis ince- dens, nunc quibusdam diverticulis ad eamdem viam securrens, sic narrationis stylum tentabo (temperabo?), et non alia dicam quam quæ aut scripta sunt 1b1 aut consequenter scribi potuerunt.

Alius prologus.

Ego Jacobus filius Josephi, conversans in timore Dei, perscripsi omnia quz oculis meis ipse vidi fieri in tempore nativitatis S. Marice virginis, sive Domini Salvatoris : gratias agens Deo qui mihi dedit sapientiam in historiis adventus sui, ostendens plenitudinem duodecim tribubus Israël.

Le prologue que nous publions à la suite de cette lettre est celui des mss. C et D. Il est apparenté à l'épilogue qui termine le Protévangile mais l'auteur s'y donne plus nettement la qualité de fils de Joseph et de témoin oculaire des événements qu'il relate. La plénitude (des temps) dont il est question n'est autre chose que l'avénement de l'ére messianique. Cf. Gal., 1v, 4. L'auteur remercie Dieu de lui avoir donné la sagesse nécessaire pour écrire cette histoire, qui doit montrer aux douze tribus d'Israél que les temps messianiques sont enfin arrivés.

apparaît que c’est le saint évangéliste Matthieu qui a composé ce petit livre, et l’a mis en tête de son Évangile, caché

sous le voile de l'hébreu. Pour l'exactitude de ce détail, je m'en remets à l'auteur de la préface età la bonne foi de l'éerivain. Car pour moi, tout en prononçant que c'est douteux, je n'en affirme pas absolument la fausseté. Mais voici ce que Je puis dire librement, et nul fidèle, je pense, ne me contredira : Que ces (récits) soient véridiques ou imaginés de toutes pièces, il (n'en est pas moins vrai) que la trés sainte Nativité de Marie a été précédée de grands miracles ; suivie de trés grands. Dés lors en toute bonne foi, ceci peut étre lu et peut étre cru sans péril pour leurs âmes, par ceux qui pensent que Dieu peut faire ces choses. Enfin, autant que mes souvenirs me le permettent, m'attachant à suivre le sens plus que les mots de l'écrivain, tantót m'avancant par la méme route, sans d'ailleurs mettre mes pieds dans la trace de ses pas, tantôt revenant sur la méme route par des chemins de traverse, j'essaierai de rédiger cette histoire, et ne dirai point autre chose que ce qui y est écrit, ou que ce qu'on aurait pu logiquement y écrire.

Autre prologue.

Moi Jacques, fils de Joseph, vivant dans la crainte de Dieu, j'ai écrit tout ce que, de mes yeux, J'ai vu s'accomplir au temps de la nativité de la sainte Vierge Marie et de celle de notre Seigneur et Sauveur; rendant gráce à Dieu qui m'a donné la sagesse (d'écrire) les récits de son avénement, en manifestant l'accomplissement (des temps) aux douze tribus d’Israël.

I. 4. In diebus illis erat vir in Jerusalem ! nomine Joachim ex tribu Juda, Et hic erat pastor ovium suarum, timens Deum in simplicitate et in bonitate sua, Cui cura nulla erat alia nisi gregum suorum, de quorum fructu alebat omnes timentes Deum, duplicia offerens munera, in timore Dei et doctrina laborantibus, et simplicia offerens his qui ministrabant eis ?. Ergo sive in agnis, sive in ovibus, sive in lanis, sive in omnibus rebus suis quascumque possidere videbatur tres partes faciebat ?; unam partem dabat viduis, orphanis, peregrinis atque pauperibus; alteram. vero partem colentibus Deum; tertiam partem sibi et. omni domui suæ reservabat. 2. Hæc autem illo faciente multiplicabat Deus greges suos, ita ut non esset similis illi in populo Israel. Hzc autem inchoavit facere a quinta decimo statis suæ anno. Cum esset annorum viginti4 accepit Ànnam, filiam Ysachar 5 uxorem ex tribu sua, id | est, ex genere David. Cumque moratus esset cum ea pen annos viginti, filios aut filias ex ea non accepit 6.

1 C, E : in Israel. 4

2 C’est la leçon de E ; les autres mss. ont des leçons qui dérivent |

de celle-ci mal comprise. 3r 3 B donne une leçon qui se rapproche de Nat. Mar., 1 ,2. ὃ ^ B:XXX annorum. i

5 C : Achar. D : Agar. D : Aquar.

6 B donne le texte de Nat. Mar., 1, 3.

I. 1. La présentation des personnages est plus naturelle que dans Protévangile, dés le début de la narration on les fait connaitre tous deux ; leur domicile est également désigné. Tout en laissant incertain cette donnée, le Protévangile laissait croire que Jérusalem était le lieu où habitaient Joachim et Anne. Pseudo-Matthieu précise cette indication; il ajoute aussitót que Joachim et Anne sont de la tribu de Juda, et pour cette dernière de la famille de David. C'est une maniér de couper court aux difficultés qu'avaient suscitées les livres apo-

I. 1. En ces jours-là il y avait à Jérusalem un homme appelé Joachim, de la tribu de Juda, Et il était pasteur de ses propres brebis, craignant Dieu dans la simplicité et la bonté de son (cœur). Il n'avait point d'autre souci que celui de ses troupeaux; de leurs fruits 1] nourrissait tous ceux qui craignaient Dieu, offrant de doubles présents à ceux qui souffraient dans la crainte de Dieu et la sagesse, offrant de simples présents à ceux qui les servaient. Donc de ses agneaux, de ses brebis, de sa laine, de toutes les choses qu'il semblait posséder, il faisait trois parts. La première 1] la donnait aux veuves, aux orphelins, aux pèlerins et aux pauvres; la seconde à ceux qui célébraient le culte de Dieu, la troisième 1] la réservait pour lui et pour toute sa maison.

. 2. Or parce qu'il agissait ainsi Dieu multipliait ses troupeaux, en sorte qu'il n’y en avait point pour lui ressembler dans le peuple d'Israél. Or cela il commença de le faire dés la quinzième année de son âge. Quand 1] eut vingt ans il prit pour épouse Anne, fille d'Ysachar et de sa propre tribu, c'est-à-dire de la race de David. Et bien qu'il füt resté avec elle pendant vingt ans, il n'en eut ni

fils, ni filles.

cryphes en usage chez les hérétiques. Les mots duplicia offerens rappellent les mots du Protévangile :« il offrait en double ses oflrandes au Seigneur; » mais le sens est différent, il n'est plus question des sacrifices, mais seulement des aumónes que faisait Joachim. — Possidere eidebatur, Joachim est déjà un ascéte chrétien, il est pauvre en esprit. — Peregrini ce ne sont pas les étrangers, comme dans Deut., xxrv, 19-21, mais plutôt les pèlerins ; l'hospitalité accordée au pèlerin est une des ceuvres de miséricorde.

2. La bénédiction matérielle accordée par Dieu est un trait fréquent dans l'Ancien Testament. — Filiam Ysachar, c'est le seul endroit où paraisse cette donnée. Les Grecs, qui connaissent une généalogie d'Anne, n'ont point connu celle-ci.

II. 4. Factum est autem ut in diebus festis inter eos qui offerebant incensum Domino staret Joachim parans munera sua in conspectu Domini. Et accedens ad eum scriba ! templi nomine Ruben ait : « Non licet tibi inter sacrificia Dei agentes consistere, quia non te benedixit Deus ut daret tibi germen in Israel. » Passus itaque verecundiam in conspectu populi abscessit de templo Domini plorans, et non est reversus in domum suam, sed abit ad pecora sua, et duxit secum pastores inter montes in longinquam terram, ita ut per quinque menses nullum nuntium potuisset audire de eo Anna uxor ejus ?. 2. Quz ? dum fleret in oratione sua et diceret : Domine Deus Israel fortissime, jam quia filios non dedisti mihi, virum meum. quare tulisti a me? Ecce enim quinque menses transeunt et virum meum non video. Et nescio utrum mortuus sit, ut vel sepulturam illi fecissem 4 Et dum nimis fleret in viridario domus sua, in oratione elevans oculos suos ad Dominum vidit nidum passerum in arbore lauri et emisit vocem cum gemitu ad Dominum dicens : « Domine Deus omnipotens, qui omni creature donasti filios, et bestiis et jumentis et serpentibus et piscibus et volucribus, et omnes super filios gaudent, me solam a benignitatis tue dono

1 A :sacerdos.

? B pour tout ce paragraphe donne le texte de Nat. Mar., τι.

3 A partir d'ici, C rejoint notre texte, avec quelques variantes.

4 A : Nescio ubi jam moratus sit, eel si mortuum scissem sepulturam ubi (sic) ejus fecissem. — D : Nescio vero si mortuus sit ubi sepulcrum ejus inveniam.

lI. 4. Ce chapitre correspond sensiblement aux ch. 1-1v du Protévangile, la méme indécision régne sur le caractére de la féte à laquelle prend part Joachim. — La présence de Joachim au milieu de ceux qui oflraient l'encens est singulière, peut-être est-ce une trace d'un des récits où Joachim avait le caractère sacerdotal. —— Ruben n'est plus un simple particulier comme dans le Protévangile, e'est un personnage officiel, seribe ou prêtre. — Per quinque menses, dans le Protévangile

II. 1. Or 1] arriva qu'un jour de fête Joachim se tenait parmi ceux qui offraient l’encens au Seigneur, préparant ses offrandes en présence du Seigneur. Et s'approchant de lui, un scribe du temple nommé Ruben lui dit : « Il ne t'est pas permis de rester parmi ceux qui accomplissent les sacrifices de Dieu, car Dieu ne t'a pas béni au point de te donner un rejeton en Israél. » Ayant donc subi cet affront en présence du peuple, il se retira en pleurant du temple du Seigneur, et ne retourna pas à sa maison. Mais il partit vers son troupeau, emmena ses bergers au milieu des montagnes dans une terre lointaine, en sorte que, pendant cinq mois, Anne sa femme ne put apprendre de lui aucune nouvelle. 2. Et tandis qu'elle pleurait dans sa prière et disait : «Seigneur, Dieu trés fort d’Israël, tu ne m'as déjà pas donné de fils, pourquoi m'enlever encore mon mari? Voici qu'en effet cinq mois sont passés et Je ne le vois point. Et je ne sais pas s'il est mort, pour lui donner au moins la sépulture. » Or tandis qu'elle pleurait beaucoup dansle jardin desa maison, élevant dans sa priére les yeux vers le Seigneur, elle vit un nid de passereaux dans un laurier et laissa échapper un gémissement vers le Seigneur, disant : « Seigneur, Dieu tout-puissant, qui donnes des fils à toute créature, aux ani-

l'absence de Joachim ne durait que quarante jours ; cette durée plus ] ; I longue a une signification au point de vue de la conception de Marie ^ o Ρ , comme nous le verrons plus loin.

2. L'apparition de l'ange à Anne a lieu la premiére ; dans le Protévangile, bien qu'elle fût racontée en premier lieu, elle était en réalité la seconde dans l'ordre chronologique. Mais notre auteur a l'idée

qu'Anne a concu d'une maniére virginale au moment méme de l'annonciation, comme plus tard la vierge Marie, il faut donc que l'apparition à Anne, événement principal, ait lieu la premiére, Joachim sera ensuite averti de l'heureuse nouvelle. — Vel sepulturam illi fecissem, puisque Anne ne sait pas où est le corps de son mari, il ne saurait être question de lui donner la sépulture, il s'agit plutôt de lui élever un mausolée.

La prière d'Anne est un abrégé incolore de la plaintive mélopée du

Ρ g Protévangile. Ce n'est pas aprés l'annonce d'une enfant qu'Anne fait 8 I vœu de la consacrer au Seigneur, ce vœu elle l'a déjà fait depuis long-

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7 FI. - - Aes mr UV. dot DU PE AR " Lade 12 b |

excludis 1? Tu nosti Domine ab initio conjugii me hoe vovisse, ut si dedisses mihi filium aut filiam, obtulissem illum tibi in templo sancto tuo. » 3. Et dum ista diceret, subito ante faciem ejus apparuit angelus Domini dicens: « Noli timere, Anna, quoniam in consilio Dei est germen tuum; et quod ex te natum fuerit, erit in admirationem omnibus seculis usque in finem. » Et cum hsec dixisset, ab oculis ejus elapsus est. Illa autem tremens et pavens, quod vidisset talem visionem et talem audisset sermonem, ingressa in cubiculum jactavit se in lecto quasi mortua, et tota die ac nocte in tremore nimio ac oratione permansit. 4. Post hæc vocavit ad se puellam suam et dixit ad eam : « Vides ? me viduitate deceptam et in augustia positam, et tu nec ingredi ad me voluisti? » Tunc illa in murmure sic respondit dicens : « Si Deus conclusit uterum tuum et virum tuum a te abstulit, ego quid tibi factura sum? » Et hec audiens Anna amplius flebat.

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