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288 PSEUDO-MATTHIEU III, 1-2 à |
montes ubi Joachim, pascebat greges, et dixit ei:« Quare |
non reverteris ad uxorem tuam ? » Et dixit Joachim : « Per viginti annos habui eam, nunc vero quia noluit. Deus mihi ex ea dare filios, cum verecundia de templo Dei ex-
probratus exivi !: ut quid revertar ad eam semel abjectus | atque despectus? Hic ergo cum ovibus meis ero quamdiu
hujus seculi Deus mihi lucem concedere voluerit; per manus autem puerorum meorum pauperibus et viduis et orphanis, et colentibus Deum partes suas libenter restituam ?. » 2. Et cum hzc dixisset, respondit ei juvenis :
«Angelus Dei ego sum, qui apparui hodie uxori tuæ flenti |
et oranti, et consolatus sum eam, quam scias ex semine tuo concepisse ? filiam. Hac in templo Dei erit 4, et Spiritus Sanctus requiescet in ea; et erit beatitudo ejus super omnes sanctas feminas, ita ut nullus possit dicere quia fuit talis ante eam, sed et post eam nunquam erit ei similis ventura in hoc seculo. Propter quod descende de montibus et revertere ad conjugem tuam, et invenies eam habentem in utero?: excitavit enim Deus
1 A ajoute : et semper despectus et valde abjectus hic cum ovibus meas fui.
? A, B : tribuam.
3 C'est la leçon de A, P, D, E. — ὦ: consolatus sum eam, quia tu nimis eam reliquisti tristem, quam scias ex semine tuo concipere filiam.
4 E: Hzc erit templum Da.
5 D ajoute : de Spiritu sancto. — C supprime cette phrase et lit : ad conjugem tuam, et referatis ambo gratias omnipotenti Deo. Et adorans Joachim...
scène. — Juvenis, l'ange garde d'abord l'incognito comme dans Tobie, v, 9 Sq., il parait sous la forme d'un jeune homme ; plusieurs traits sont également empruntés à l'apparition de lange à la mère de Samson, Jud., xir. — Ut quid, expression. assez fréquente dans cet écrit, cl. c. x et x11.— Lucem concedere voluerit, expression touchante d'une pensée bien chrétienne, Joachim accepte avec résignation, pres-
au milieu des montagnes où Joachim faisait paitre ses troupeaux, et lui dit : « Pourquoi ne retournes-tu pas vers ton épouse? » Et Joachim dit : « Pendant vingt ans je l'ai gardée; or maintenant parce que Dieu n'a pas voulu par elle me donner d'enfant, j'ai subi des reproches, et suis sorti accablé de honte du temple de Dieu. Pourquoi retournerais-Je maintenant que j'ai été avili et méprisé ? Je resterai donc 10] avec mes brebis, tant que Dieu voudra bien m'accorder la lumière du siècle présent; par les mains de mes serviteurs Je (continuerai) de bon cœur à distribuer leur part aux pauvres, aux veuves, aux orphelins,età ceux qui célèbrent le culte de Dieu.» 2. Et quandil eut ainsi parlé, le jeune homme lui répondit :« Je suis l'ange de Dieu qui suis apparu aujourd'hui à ton épouse laquelle priait et pleurait : je l’ai consolée, sache que [par toi] elle a concu une fille. Celle-ci vivra dans le temple de Dieu, et l'Esprit- Saint reposera sur elle, et elle sera bienheureuse par dessus toutes les femmes; et vraiment nul ne pourra dire qu'il y eut femme semblable à elle, ni qu'il en viendra de semblable en ce siécle-ci. Ainsi descends de la montagne, et retourne vers ton épouse, et tu la trouveras enceinte, car Dieu
que avec joie, la vie telle que Dieu la lui a faite; d'autre part les pauvres n'auront pas à souflrir de son absence.
2. Angelus Dei ego sum, cf. Tob., xit, 15. — Ex semine tuo concepisse ; e'est la lecon de quatre mss., confirmée d'ailleurs par ce qui suit : quam invenies in utero habentem ; ex semine tuo est une addition postérieure, destinée à restreindre le miracle, Mais cette bizarre alliance de mots donne un sens tout à fait invraisemblable, si l'on songe en partieulier que Joachim est parti depuis cinq mois, — Beatitudo ejus la qualité qui la rend beata, bienheureuse, d'un bonheur objectif. On remarquera la variante de E : hæc erit templum Dei. — Ut nullus possit dicere, l'ensemble de la phrase rappelle les paroles de Sedulius : Nec primam similem visa est nec habere sequentem. Carm. pasch., 1. ll, vers 68, P. L., t. xix, col. 600. — 7n utero, l'addition de D «de Spiritu Sancto » est tout à fait conforme à l'idée du livre, mais elle est contradictoire
^ avec les mots ex semine tuo, — Les mots excitavit Deus semen in ea, sion les prend à la rigueur, indiqueraient le mode de la conception d'Anne,
PROTÉV.— 19
semen in ea, unde gratias referas Deo, et semen ejus eri benedictum, et ipsa erit benedicta et mater benedictionis æternæ constituetur. » 3. Et adorans eum Joachim dixit
naculo meo et benedic me servum tuum. » Et dixit ei angelus :« Noli te dicere servum, sed conservum meum ; | unius enim Domini servi sumus. Nam cibus meus invisi- bilis est, et potus meus ab hominibus mortalibus non videri | potest. Et ideo non debes me rogare ut intrem in taberna culo tuo, sed quod mihi eras daturus, tu in holocaustum offeras Deo. » Tunc Joachim accepit agnum 1mmaculatu i et dixit ad angelum : « Ego non ausus essem offerre holo
caustum Deo, nisi jussio tua daret mihi pontificium offe τὴ rendi. » Et dixit ei angelus : « Nec ego te ad offerendum invitarem nisi voluntatem Domini cognovissem. » Fa
. . . "n ctum est autem cum offerret Joachim Deo sacrificium, |
simul cum odore sacrificii quasi cum fumo perrexit ange“ lus ad cælum.
4. Tunc Joachim cecidit in faciem, et ab hora diei sexta usque ad vesperam jacuit. Venientes ? autem pueri ejus et mercenarii, nescientes quid causz esset expaverunt, pu“ tantes quod se ipse vellet interficere ?, et accesserunt ad eum et vix elevaverunt eum de terra. Quibus cum enarras- | set quid vidisset, stupore nimio et admiratione impulsi. gn
1 B ajoute : et comede.
? A, B : Videntes autem pueri et mercenarü ejus qui eum eo eranl, ? A, B : putabant eum esse mortuum et accedentes vix elevaverunk Í eum de terra. ll
3. L'ensemble de l'épisode est emprunté à Jud., xin, 15-22, avec | des réminiscences de Jud., vr, 19-22. C'est un hors-d'eeuvre qui inter- | rompt bien inutilement la marche de l'action, —. Noli te dicere ser vum, expression fréquente dans toute la littérature apocalyptique, M, cf. Apoc. Joa., xxir, 9; il ne s'agit donc pas, comme le pense Hof- | |
- lui a donné une postérité dont il faut rendre grâce à Dieu; et sa postérité sera bénie ; et elle-même sera bénie et sera établie mère de l'éternelle bénédiction. » 3. Et Joachim l’adorant lui dit : « Si j'ai trouvé grâce devant toi assieds-toi un instant dans ma tente, et me bénis, moi ton serviteur. » Et l'ange lui dit : « Ne te nomme pas mon serviteur, mais mon compagnon de service, car nous sommes les serviteurs d'un méme maitre, Pour ma nourriture, elle est invisible, et mon breuvage ne peut étre νὰ par les hommes mortels. Aussi ne dois-tu pas me prier d'entrer dans ta tente, mais ce que tu m'aurais donné, offre-le en holocauste à Dieu. » Alors Joachim prit un agneau sans tache, et dit à l'ange : « Je n'aurais point osé offrir un holocauste à Dieu, si ton ordre ne m'eüt donné le pouvoir sacerdotal de sacrifier. » Et l'ange lui dit : « Moi non plus je ne t'aurais pas invité à offrir, si je n'eusse connu la volonté de Dieu. » Or il arriva qu'au moment oü Joachim offrait le sacrifice à Dieu, en méme temps que l'odeur du sacrifice et comme dans la fumée l'ange remonta au ciel.
4. Alors Joachim tomba sur sa face et resta ainsi étendu . depuis la sixième heure du jour jusqu'au soir. Or ses serviteurs et ses mercenaires vinrent, et ignorantla cause (de cette attitude), ils furent remplis de crainte, pensant qu'il - voulait se tuer. Ils s'approchérent de lui et avec peine le soulevérent de terre. Et quand il leur eut raconté sa vision, frappés d'une stupeur extrême et d'étonnement,ils l'exhor-
mann, p. 28, d'une condamnation du culte des anges. — Cibus meus invisibilis est, cf. Tob., xix, 19 : Videbar quidem vobiscum manducare et bibere, sed ego cibo invisibili et potu, qui ab hominibus videri non potest, ulor. — Pontificium, le droit et le pouvoir. Thilo renvoie à Aulu-Gelle, Noct. Att., τ, 13. L'auteur met quelque insistance à affirmer que Joachim n'est pas prêtre et n'a pas le droit d'offrir un sacrifice; dans Jud., xir, 19, Manoah, le père de Samson, n'avait pas tant de serupules. — Quasi cum fumo, ct. Jud., xin, 20; vi, 21.
4. Cecidit in faciem, à cause de la terreur qu'il avait ressentie d'avoir
hortabantur eum ut sine mora jussum angeli perficeret | atque velociter ad suam conjugem remearet. Cumque | Joachim in animo suo discuteret si reverti deberet, factum | est ut sopore teneretur !, et ecce angelus qui apparuit ei | vigilanti, apparuit ei in somnis dicens : « Ego sum. angelus qui a Deo datus sum tibi custos; descende securus | et revertere ad Annam, quia misericordie quas fecisti tu et Anna uxor tua in conspectu Altissimi recitatæ sunt, ets tale datum est vobis germen, quale nunquam ab initio nec | prophete aut sancti habuerunt neque sunt habituri ?. » Et factum est cum evigilasset Joachim a somno, vocavit | | ad se gregarios ? suos et indicavit eis somnium suum. At illi. | adoraverunt Dominum et dixerunt ei : « Vide ne ultra | contemnas angelum Dei 4, sed surge, proficiscamur, et. lento gradu pascentes eamus. » y | 5. Cumque triginta dies ambularent et essent jam propeM apparuit Annæ in oratione stanti angelus Domini dicens | 1:« Vade ? ad portam qus aurea vocatur et occurre viro tuo, quoniam veniet ad te hodie.» At illa festinanter per-
1 D : contigit ut soporaretur.
? Leçon de C, D, E. — A, B lisent : vobisque Deus talem dabit fructum qualem ab initio nunquam habuerunt prophetz nec sanctus aliquis, nec habituri sunt.
3 C. D : secretarios suos.
4 A : dictum angeli.— Db: angel dicta.
5 A ajoute : et ascende in Jerusalem.
vu l'ange de Dieu, cf. les passages précédemment cités del'Ancien Testament et Tobie, xir, 22. — Se ipse vellet interficere, peut-être en se laissant mourir de faim; la leconde A, B est plus naturelle. — Discuteret, On ne comprend pas bien les hésitations de Joachim, elles sont destinées à amener une seconde apparition de l'ange; mais celle-ci n'était | point nécessaire, elle n'ajoute rien à la précédente. Il semble que l'auteur, assez malhabile, n'a pas su fondre dans un seul récit les données. empruntées à Jud., xiu, et à Tob., xir; il a dà revenir sur la doctrine | des anges gardiens dans une seconde narration. Cette doctrine est ex--
taient à accomplir sans retard les ordres de l’ange , et à retourner en diligence vers son épouse. Et comme Joachim discutait en son âme si oui ou non il devait retourner, il arriva que le sommeil l'envahit,et voici que l'ange qui lui était apparu à l’étatde veille, lui apparut en songe, disant : « Je suis l’ange que Dieu t'a donné pour gardien, deseends en toute confiance, et retourne vers Anne, car les œuvres de miséricorde que vous avez faites, toi et ton épouse Anne, ont été rappelées en présence du Trés Haut; et 1l vous est accordé une postérité telle que Jamais, depuis le comment cement (du monde), ni les prophétes, niles saints n'en ont eu ni n'enauront de semblable.» Et Joachim, s'étant éveillé de son sommeil, appela à lui ses bergers et leur indiqua le songe qu'il avait eu. Eux, adorèrent le Seigneur et dirent à Joachim : « Prends garde de ne point mépriser davantage l’ange de Dieu; mais léve-toi, partons et avan- - cons lentement en faisant paître (les troupeaux). »
5. Ils avaient marché trente jours, et 1ls approchaient, quand l'ange du Seigneur apparut à Anne qui se tenait en prières, et lui dit : « Va à la porte qu'on appelle la porte .d'or, à la rencontre de ton époux, car il te reviendra au-
primée dans les mêmes termes que Tob., xir, 12. — Gregarios suos, ceux qui gardent les troupeaux, une mauvaise lecture a amené la curieuse lecon de C, D : secretarios suos.
5. Triginta dies. l'auteur a fait la remarque qu'on s'avancait à toutes petites journées, en faisant paitre les troupeaux,ilfaut bien en effet que les étapes aient été fort courtes; mais l'auteur n'a sur la géographie de la Palestine et particulièrement surles distances que des idées trés confuses. — Angelus Domini, dans le Protévangile, ce sont les messagers de Joachim qui viennent prévenir Anne;la transformation est intéressante. — Ad portam qua vocatur aurea. La désignation est insuflisante. Joséphe nous apprend, en eflet, que parmiles portes du temple plusieurs étaient recouvertes d'or ou d'argent : τῶν δὲ πυλῶν αἱ μὲν ἐννέα χρυσῷ xai ἀργύρῳ χεχαλυμμέναι: πανταχόθεν ἦσαν, μία δὲ ἡ ἔξωθεν τοῦ νεὼ Κορινθίου χάλχου De bell. jud., V, v, 3; cf. VI, v, 5. Il n'est pas impossible d'ailleurs que notre auteur ait pensé, non à une porte du temple, mais à une porte de -l'eneeinte de Jérusalem, on ne voit pas bien Joachim arriver avec tous
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pecoribus suis,occurrensque Anna suspendit sein collo ejus, gratias agens Deo et dicens : « Vidua eram et ecce Jam non sum; sterilis eram, et ecce jam concepi !. » Et factum est. |
universa terra Israel de ista fama gratularetur.
IV. Post haec autem ?, expletis mensibus novem 4 peperit Anna filiam, et vocavit nomen ejus Mariam. Cum. autem tertio anno perlactasset eam, abierunt simul Joachim et Anna uxor ejus ad templum Domini, et offerentes hostias Domino tradiderunt infantulam suam Mariam in contubernium virginum, quz die noctuque in Dei
laudibus permanebant. Qua cum posita esset ante tem- 1
iy
1 C : Vidua eram et ecce jam non sum, sterilis et ecce concipiam. ? C : Post hzc autem concepit Anna.
3 B: expletis mensibus quatuor.
o TS oct ur
ses troupeaux à la porte du temple. — S/ans orare, l'auteur veut montrer sa connaissance des usages juifs. Cf. Matth., vi, 5, in angulis platea-« rum stantes orare. — Et ecce jam concepi. L'art du moyen âge, sur la foi de ces paroles, a adopté la scène de la porte d'or comme une desreprésensations de l’(Immaculée)-Conception de Marie. — Gratularetur, cf Luc., r 57-58, à propos de la naissance de Jean-Baptiste; peut-ótre faudrait-il traduire:« toute la terre d'Israél se félicitait (se réjouissait) de cette bonne nouvelle. » +
IV.1. Mensibus novem, la lecon de B, mensibus IIII, est destinée ἃ | expliquer les mots ez semine tuo concepisse du chapitre précédent. En ^ ajoutant les cinq mois du séjour de Joachim dans le désert à ces quatre : mois, on obtient les neuf mois réglementaires. En définitive, Marie au- — rait été conçue ez semine Joachim avant le départ de ce dernier pour le désert. C'est évidemment une correction postérieure, — Pseudo-Matthieu«
BU δ΄. IV PSEUDO-MATTHIEU 295
jourd'hui. » Elle, en toute háte s'y rendit avec ses servantes et se mit, à la porte méme, à prier debout. Elleattendait depuis longtemps et perdait courage en cette longue attente, quand levant les yeux elle vit Joachim qui arrivait avec ses troupeaux. Courant à sa rencontre, Anne se suspendit à son cou, rendant grâces à Dieu, et disant : « J'étais veuve, et je ne le suis plus; j'étais stérile et voici que J'ai conçu. » Et il y eut grande joie chez tous ses voisins et toutes ses connaissances, en sorte que toute la terre
d'Israél (la) félicitait de cette bonne nouvelle.
IV. 1. Or neuf mois s'étant écoulés après ces événements, Anne mit au monde une fille et l'appela Marie. Et quand, à trois ans, ellel'eut sevrée, Joachim et Anne, son épouse, s'en allérent ensemble au temple du Seigneur et offrant des victimes au Seigneur, ils confièrent Marie leur petite enfant au couvent des vierges, qui jour et nuit persévéraient dans les louanges de Dieu. Et quand elle eut été déposée devant le temple du Seigneur,
omet les divers événements de l'enfance de Marie rapportés dans le Protévangile. Si l’on étudie la composition de Hrostwitha on voit qu'elle lisait dans son texte un récit qui a disparu de nos mss. C'est celui de la révélation du nom de Marie.
Post hæe noveno percerte mense peracto :
Venit summa dies in qua prænobilis Anna Progenuit natam cunctis sæculis venerandam.
Posique dies octo primi venere vocati Pontifices, tantze solito qui more puella Nomen et optarent, ipsam quoque sanctificarent. Queis Joachim preculas fudit prasentibus istas : « Rex cali, stellis solus qui nomina ponis,
Istius tenere nomen dignare puellæ
Cælitus indiciis per te monstrare coruscis, » Dixerat et subito sonuit voz fortis ab alto Mandans egregiam Mariam vocitare puellam.
Stella maris lingua quod. consonat ergo latina,
Hoc nomen merito sortitur sancta puella,
plum Domini !, quindecim gradus ita cursim ascendit ut penitus non aspiceret retrorsum, neque, ut solitum est | infantiæ, parentes requireret. In quo facto omnes stupore
attoniti tenebantur ita ut et ipsi pontifices templi mira- | rentur ?.
V. Tunc Anna repleta Spiritu sancto in conspectu omnium dixit: « Dominus Deus exercituum memor factus est verbi sui et visitavit plebem suam visitatione sancta sua, ut gentes quz insurgebant in nos humiliet et convertat | ad se corda eorum : aperuit aures suas precibus nostris, et exclusit a nobis insultationes inimicorum nostrorum. Sterilis facta est mater, et genuit exultationem et lætitiam in Israel. Ecce potero offerre munera Domino, et non poterunt a me prohibere inimici mei. Dominus convertat corda eorum ad me, et det mihi gaudium sempiternum. »
VI. 1. Erat autem Maria in admiratione? omni populo. Quse cum trium esset annorum ita maturo gressu am-
! B: ante foras templi Domini, ante ejus introitum dizit X V gradus psalmorum per'XV ascensionis gradus. Suit l'explication : nam templum, cf. De nat. Mar., vi, 1.
? A : Unde parentes ejus solliciti uterque infantem. requirentes, pariter ambo stupuerunt, quousque eam invenerunt in templo ita ut et ipsi templi pontifices mirarentur.
3 B:inezspectatione.
Est quia præclarum sidus quod fulget in ævum Regis æterni claro diademate Christi.
In contubernium virginum, l'auteur croit àl'existence, dans les dépendances du temple, d'une sorte de couventoü sont élevées les jeunes vierges d'Israél; une idée du méme genre se retrouve dans le remaniement arménien. Nous avons vu que toute différente était la conception du Protévangile. — Quæ die noctuque, c'est la laus perennis qu'on aimait à réaliser, quand cela était possible, dans les couvents
elle monta en courant les quinze degrés, sans regarder le moins du monde en arrière, ni réclamer (l’aide de) ses parents, comme font d’ordinaire les enfants. Ce fait remplit tout le monde d'étonnement, de sorte que les prêtres du temple eux-mêmes étaient dans l'ad miration.
V. Alors Anne remplie du Saint-Esprit dit en présence de tous: « Le Seigneur, le Dieu des armées, s'est souvenu de sa parole, et a visité son peuple d'une sainte visite, pour humilier les nations qui se soulevaient contre nous et retourner leur cœur vers lui; ila ouvert ses oreilles à nos prières, et a fait cesser les insultes de nos ennemis. Celle qui était stérile est devenue mère, et a engendrél'exultation et la joie en Israél. Voici que je pourrai offrir des dons au Seigneur, et mes ennemis ne pourront plus m'en empécher. Que le Seigneur tourne leurs cceurs vers moi, et me donne la joie éternelle. »
VI. 1. Or Marie faisait l'admiration de tout le peuple. Agée seulement de trois ans, elle marchait d'un pas si
de l'époque mérovingienne, — Quindecim gradus, ce nombre a été imaginé d’après le nombre des psaumes graduels. On s'est imaginé que les psaumes des degrés avaient été composés pour être récités sur chacun des degrés qui menaient au temple. Puisqu'il y avait quinze .psaumes, il y avait donc quinze degrés. La démarche de Marie montant toute seule les degrés du temple a remplacé les sept pas qu'elle fait à l’âge de six mois. Protev., vr, 1.
V. Le cantique d'Anne est inspiré de Protev., vi, 3; les expressions sont empruntées, en partie au Benedictus, en partie au cantique d'Anne. Visitaeit plebem suam cf. Luc., 1, 68, Benedictus... quia visitavit et fecit redemptionem plebis suæ. — Sterilis facta est mater, cf. I Sam., ὙΠ ΟΣ
VI.Les occupations de Marie dans le temple sont décrites avec l'idée que Marie y mène la vie d'une bonne religieuse.
1. L'auteur commence par signaler ce par quoi elle se distingue de toutes les autres vierges: par sa maturité (à l’âge de trois ans, elle semblerait en avoir trente); par l'éclatde son visage (cf. Matth., xvir, 2, d'après la Vulgate), et resplenduit facies ejus sicut sol, vestimenta
bulabat et perfectissime loquebatur,et in Dei laudibus stu-. debat, ut non infantula esse putaretur sed magna, et quasi triginta annorum jam esset ita orationibus insistebat. Et resplendebat facies ejus sicut nix 1, ita ut vix possent in ejus vultum intendere. Insistebat autem operi lanifien, : et omnia quas mulieres antique non potuerunt facere . ista in tenera state posita explicabat. 2. Hanc autem regulam sibi statuerat, ut a mane ? usque ad horam tertiam orationibus insisteret, a tertia autem usque ad nonam textrino opere se occuparet : a nona vero hora à iterum ab oratione non recedebat, usque dum ilh angelus Domini appareret de cujus manu escam acciperet, et melius atque melius in Dei laudibus proficiebat. ἡ Denique cum senioribus virginibus in Dei laudibus ita . docebatur ut jam nulla ei in vigilüs prior inveniretur ^4, in sapientia legis Dei eruditior, in humilitate humilior, in carminibus Davidicis elegantior, in caritate graciosior, -
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in castitate purior, in omni virtute perfectior. Erat enim constans 5, immobilis, immutabilis, atque quotidie ad meliora proficiebat. 3. Hanc nemo irascentem vidit, hanc maledicentem nunquam ullus audivit. Om-
1 A: Eratque in tantum speciosa et splendida facies ejus, ita ut eir aliquis in illius eultum posset intendere.
? D:a prima.
3 A, B omettent hora.
4 A: Deinde cum seniores virgines a Dei laudibus eacarent, ipsa nihil eacabat, ita ut in laudibus et in vigiliis Dei nulla. prior ea inveniretur.
5 D : casta.
aulem ejus facta sunt alba sicut nix (grec: ὡς τὸ φῶς); par son habi- leté dans le travail manuel.
2. indique ensuite son règlement de vie, nous avons traduit les mots tertiam, nonam, par les mots correspondants, tierce, none. L'auteur pense que la laus perennis s'accomplissait suivant les règles de l'office 1 canonique en nsage de son temps. La journée monastique était parta-
ferme, parlait si parfaitement, s'appliquait si bien aux louanges de Dieu, que l'on n'eüt pas cru une petite enfant mais une grande personne; et comme si elle avait eu trente ans elle s’appliquait à l’oraison.Et son visage resplendissait comme la neige, au point qu'à peine pouvait-on la regarder . Or elle s'appliquait au travail de la laine, et tout ce que des femmes ágées n'auraient pu faire, elle, dans un âge si tendre, le débrouillait. 2. Or elles'était imposé cette régle de vaquer à l'oraison depuisle matin jusqu'à tierce; depuis tierce jusqu'à none elle s'occupait à tisser, à partir de none elle revenait à l'oraison et ne la quittait plus, jusqu'à l'heure oà lui apparaissait l'ange du Seigneur, de qui elle recevait sa nourriture; et de plus en plus elle progressait dans les louanges de Dieu. Enfin avec les vierges plus ágées elle était si bien instruite aux louanges de Dieu, que nulle ne la précédait aux vigiles, n'était plus instruite en la sagesse de la loi de Dieu, plus humble en humilité, plus distinguée dans les chants de David, plus gracieuse en charité, plus pure en chasteté, plus parfaite en toutes les vertus. Elle était, en effet, constante, fidéle, immuable, et chaque jour progressaiten mieux. 3. Nul nela vit jamais s'irriter, jamais personne ne l'entendit médire. Au contraire, tout son entretien était si
gée entre la priére et le travail manuel; les heures canoniales marquaient la séparation des diverses occupations. Il ne pouvait en étre autrement au temple de Jérusalem. On remarquera aussi le fait que la Vierge était la première aux vigiles. Cette régularité était assez difficile à obtenir des plus jeunes. Il faudrait évidemment commenter chacun des mots de ce chapitre par des explications tirées de la régle de saint Benoit. — Aprés le réglement de vie, est décrite la vie intérieure ‘ dela Vierge, puis ses vertus sociales.
3. C'est parmi ces derniéres qu'il faut ranger la pieuse habitude de répondre Deo gratias aux salutations. cf. Règle de saint Benoit, c. vxvz, on prescrit au frère portier : moz ut aliquis aut. pulsaeerit aut pauper clamaverit, Deo gratias respondeat aut benedicat. — Enfin les dernières lignes se rapportent aux priviléges surnaturels dont jouissait Marie,
nis autem sermo ejus ita erat gratia plenus, ut cognosceretur in lingua ejus esse Deus !. Semper in oratione vel scrutatione legis permanebat, et erat sollicita circa soclas suas, ne aliqua ex eis vel in uno sermone peccaret ?, nec aliqua in risu exaltaret sonum suum, nec aliqua in injurus aut in superbia circa parem ? suam existeret. Sine intermissione benedicebat Deum, et ne forte vel in salutatione sua a laudibus Dei tolleretur, si quis eam salutabat,illa pro salutatione Deo gratias respondebat. Denique primum ab ea exnut ut homines, cum se invicem salutarent, Deo gratias responderent.
Quotidie esca quam de manu angeli accipiebat ipsa tantum reficiebatur ; escam vero quam a pontificibus consequebatur pauperibus dividebat. Frequenter videbant cum ea angelos loqui, et quasi carissimi ejus obtemperabantei. Siquis autem de infirmantibus tetigisset eam, salvus ad domum suam eadem hora remeabat.