‹ Le protoxyde d'azote son application aux opérations chirurgicales et particulièrement auz opérations et extractions dentaires sans douleurChapitre 4 sur 12 · A^H3,HO,A^05=2A^CH-4H · texte numérisé non relu

A^H3,HO,A^05=2A^CH-4H

L'opération se fait en introduisant de Fazotate d'ammoniaque dans une petite cornue qu'on chaufife modérément avec une lampe; le gaz qui se dégage est recueilli sur l'eau ou le mercure. Il importe de ne pas chauffer trop fortement l'azotate d'ammoniaque, d'abord parce que le dégagement du gaz pourrait être trop rapide et produire une explosion, ensuite parce qu'il pourrait aussi se dégager certaine quantité d'ammoniaque non décomposée ou de bioxyde d'azote résultant de la décomposition incomplète de l'acide azotique. Le gaz ainsi obtenu serait irrespirable.

Si pour la préparation du protoxyde d'azote on n'employait pas de l'azotate d'ammoniaque parfaitement pur, le gaz obtenu pourrait être mélangé d'une petite quantité de chlore provenant de la décomposition du chlorhydrate d'ammoniaque que l'azotate renferme souvent. Dans cet état, on ne pourrait pas le faire respirer sans inconvénients.

Pour obtenir dans un état de pureté absolue de grandes quantités de protoxyde d'azote, nous avons fait construire et installer dans notre laboratoire des appareils que nous avons successivement perfectionnés, et qui nous permettent d'obtenir à volonté de très grandes quantités de gaz. En voici la description abrégée.

Dans un ballon chauffé au moyen d'une lampe à gaz (1), disposée de façon à permettre de mesurer

(1) Pour rendre parfaite la préparation du protoxyde, nous avons imaginé et fait breveter une lampe disposée de telle façon, que c'est

avec précision Tintensité de la flamme, on place du nitrate d'ammoniaque /)ar/aeYemen^ pur et on chauffe modérément : condition essentielle pour avoir de bon gaz. Le gaz qui se dégage traverse une série de flacons laveurs contenant des agents chimiques susceptibles de neutraliser les produits impurs qui pourraient se dégager avec lui (eau distillée, sulfate de fer, potasse, acide sulfurique, etc.

Ainsi purifié, le gaz arrive dans un gazomètre à cloche en fer-blanc d'environ 400 litres de capacité. Nous avons préféré le gazomètre à cloche à celui de Mistcl^rlich, généralement en usage dans les laboratoires, parce que toutes les fois qu'on a vidé le gaz que contient ce dernier, il faut le remplir d'eau, manœuvra très fatigante quand on opère sur des volumes considérables. Avec le gazomètre à cloche, la même quantité d'eau sert indéfiniment. De plus, le protoxyde d'azote étant soluble dans l'eau, on en perdrait de grandes quantités à chaque opération si l'on ne se servait pas d'un liquide qui en soit saturé. A ce gazomètre, nous en avons ajouté deux autres de 300 litres de capacité, que nous nommons gazomètres de condensatioUj dans lesquels nous laissons séjourner le gaz pendant longtemps avant d'en faire usage. Toutes les matières volatiles qu'il a pu entraîner s'y déposent.

L'appareil que nous venons de décrire est installé dans notre laboratoire. Au moyen de tubes en plomb

le dégagement du gaz lui-même qui règle rintensité de la flamme. On est sûr, par ce moyen, d'éviter de trop chauffer le ballon contenant le nitrate d'ammoniaque, et on est préservé de toute explosion. Ce perfectionnement, qui est de la plus haute importanct, nous a demandé Ae très longuee recherche».

ou en caoutchouc, nous faisons arriver ce gaz dans les cabinets d^opérations. Le tube destiné à fournir le protoxyde d'azote à l'individu qui doit être soumis à son influence, pend près de lui comme un cordon de sonnette. Quand on veut le lui faire respirer, on n'a qu'à appliquer contre sa bouche l'embouchure qui termine le tube.

L'appareil dont nous venons de faire la description est un appareil de cabinet; lorsque l'on veut transporter du gaz quelque part, on en remplit un sac terminé par un tube auquel est adaptée une embouchure semblable à celle décrite plus haut, ou on fait usage de protoxide comprimé comme nous le verrons plus loin.

Nous ferons remarquer, en terminant ce chapitre, qu'il faut certains soins pour réussir à préparer du protoxyde d'azote parfaitement pur, et surtout être très bon opérateur pour opérer, car la rapidité est une condition inévitable du succès. Un individu inexpérimenté, qui tenterait de fabriquer ce gaz, s'exposerait à de graves mécomptes.

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