PSAUME LXX
In te y Domine, speraç^i... in justifia tua.
urne ne contient que des prières et des actions de grâces ; le Psalte demande surtout au Seigneur de prendre soin de sa vieillesse , et
^^e pas abandonner la faiblesse de ses dernières années à la méchan-
^ de ses ennemis.
"«ai espéré en vous, Seigneur; que je ne sois confondu à jamais : délivrez-moi dans votre ice , et tirez-moi de tous les dangers, 'xêtez-moi une oreille favorable et sauvez-moi : pour moi un Dieu protecteur ; soyez pour un asile où je puisse être en sûreté.
iCs Zlphéens, qui étaient allés le dénoncer à Saiil. 'sautier. ^4
Mon Dieu , vous êtes mon rempart et mon refuge : préservez-moi de la main du pécheur ; sauvez-moi de l'homme injuste et du violateur de la
loi.
Seigneur, vous êtes mon attente ; Seigneur, vous êtes mon espoir depuis mes premières années.
Vous étiez mon appui dès le sein de ma mère ; vous m'avez protégé dès ma naissance : vous serez toujours l'objet de mes chants.
Vos bienfaits m'ont fait regarder comme une espèce de prodige ^ : ô Dieu ! c'est que vous êtes un puissant protecteur.
Que ma bouche se remplisse de louanges , afin que je chante votre gloire, afin que tout le jour je célèbre vos grandeurs.
Ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse; ne m'abandonnez pas quand mes forces m'abandonneront.
Car mes ennemis m'ont menacé, et ceux qui ont l'œil sur moi pour me perdre se sont réunis dans leurs complots.
Ils ont dit : Son Dieu l'a abandonné ^ : poursui-
■ On voit dans THistoire sainte combien de faveurs signalées Dieu répandit sur David, et en même temps combien d'épreuves amères il lui envoya; et les unes et les autres sont également dans Tordre de sa miséricorde.
* Ce sont les paroles des Philistins quand ils se rendirent maîtres de Samson , de qui Dieu s'était retiré.
vez-le, saisissez-vous de lui, parce qu'il n'y a plus personne pour le défendre.
Mais vous , Seigneur , ne vous éloignez pas de moi ; mon Dieu , soyez attentif à me secourir.
Que mes détracteurs soient confondus et détruits; que ceux qui me veulent du mal ne remportent que la honte et la confusion.
Pour moi, j'espérerai toujours en vous, et j'ajouterai pour vous la louange à la louange.
Ma bouche annoncera votre justice : tout le jour elle annoncera le salut que j'attends de vous, quoique j'en ignore le moment.
Je m'abandonnerai à la puissance du Seigneur ; je ne penserai qu'à sa justice.
Seigneur, vous m'avez instruit depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour; et je ne cesserai point de publier vos merveilles.
Ne délaissez pas mes vieux ans et mes derniers jours , jusqu'à ce que j'annonce la puissance de votre bras à toutes les générations à venir.
Oui, j'annoncerai votre justice, et les merveilles que vous avez opérées , et dont la gloire s'élève jusqu'aux cieux; et je dirai encore : Seigneur, qui est semblable à vous ?
Combien vous m'avez fait voir de tribulations ! combien elles ont été amères et multipliées ! mais vous vous êtes retourné vers moi , et vous m'avez
37a LE PSAUTIER.
rendu la vie , et vous m'avez rappelé du fond des abîmes.'
Vous avez fait éclater la magnificence de vos dons, et vous avez répandu sur moi vos consolations.
Et ma reconnaissance rendra témoignage à votre vérité : je chanterai sur ma harpe le Saint d'Israël.
Et quand je vous chanterai , la joie sera sur mes lèvres, et dans mon âme que vous avez rachetée.
Ma langue sera pendant tout le jour occupée de votre justice, tandis que mes ennemis seront dans l'abattement et l'ignominie. Gloire au Père, etc.
CANTIQUE^ d'hABACUC *.
Seigneur, j'ai entendu ta parole, et j'ai été dans l'effroi.
Seigneur, voici ton œuvre. Vivifie ton œuvre au milieu des temps. Tu le manifesteras en son jour; et , après avoir été en colère , tu te souviendras de ta miséricorde.
Dieu viendra du midi , et le Saint viendra des montagnes de Pharan.
* Habacuc, chap. m, vers. i. — 19.
' La première partie de ce cantique annonce, sous les figures brillantes du style prophétique, Téclat des victoires de Jésus- Christ et des conquêtes de l'Évangile : la seconde représente les phénomènes efïrayans qui marqueront le second avènement du Fils de l'homme, lorsqu'il viendra juger le monde.
Sa gloire a éclipsé les deux , et la terre est pleine de ses louanges.
Son éclat sera comme celui du soleil ; la force sera dans ses mains; la force y sera cachée.
La mort marchera devant lui; le diable fuira devant ses pas.
Il s'est arrêté, et il a mesuré la terre; il a dissous les nations ; les montagnes du siècle ' ont été brisées.
Les collines du monde ont été abaissées sous les pas de son éternité.
J -ai vu les tentes d'Ethiopie s'élever pour l'iniquité : les tentes de Madian seront renversées.
Seigneur, es -tu en colère contre les fleuves? es- tu irrité contre les eaux? ton indignation estelle allumée contre la mer ?
Tu monteras sur tes coursiers ; et le salut est sur ton char.
Tu réveilleras ton arc , selon le serment que tu as fait aux nations ; tu diviseras les fleuves de la
terre.
Les montagnes t'ont vu et ont gémi ; le gouffre des eaux a disparu devant toi.
L'abîmé a fait entendre sa voix ; les hauteurs ont élevé leurs mains.
Le soleil et la lune se sont arrêtés dans leur de-
' Les grandeurs du monde : cette figure est familière dans l'Ecriture : les collines du monde ont le même sens.
meure : ils disparaissent à la lueur de tes flèches , et devant les éclairs de ta lance.
Tu fouleras la terre dans le frémissement de ta fureur : les nations seront muettes devant ton courroux.
Tu es sorti pour le salut de ton peuple ; tu es sorti pour le salut avec ton Christ.
Tu as frappé le chef de la maison de l'impie; tu as mis sa demeure à découvert depuis les fondemens jusqu'au faîte.
Tu as maudit ses sceptres , et les premiers de ses combat tans qui venaient pour me détruire, et s'avançaient comme un tourbillon.
Leur allégresse était celle de la cruauté qui dé- — ; vore le faible dans les ténèbres.
Tu as ouvert à tes coursiers un chemin dans mer, et dans la multitude des eaux fangeuses.
J'en ai entendu le bruit, et mes entrailles ont', été troublées , et mes lèvres^ ont tremblé.
Oh! que mes os se consument dans la pouriture de la terre, afin que je sois dans le repos au jour de la tribulation, et que je monte vers notre peuple qui est préparé pour 1^ départ.
Car le figuier ne fleurira plus, et il n'y aursr plus de germe dans la vigne; l'olivier ne donnera plus de fruit, et les guérets ne donneront plus de nourriture.
Les troupeaux seront enlevés du bercail , et il y aura plus de bestiaux dans les étables.
Mais moi je me réjouirai dans le Seigneur; je ime réjouirai dans le Dieu mon sauveur.
Le Seigneur Dieu est ma force; c'est lui qui me <îonnera la vitesse des cerfs, pour m'élever, avec ce X3ieu victorieux, jusque dans ma haute demeure, ^^hantant des hymnes à sa louange. Gloire , etc.
CANTIQUE ^ d'iSAÏE^.
Sion est une ville forte, le Seigneur en sera lui- :Miême la muraille et le rempart.
Ouvrezi-en les portes, et qu'un peuple juste, un j)euple observateur de la vérité entre dans Sion.
L'erreur ancienne en est bannie : Seigneur, vous ^[lous conserverez la paix, oui, la paix, parce que :ftious avons espéré en vous.
Nous espérons dans le Seigneur pour toute la suite des temps , dans le Seigneur dont la puissance est éternelle.
' Isaïe, chap. xxvi, vers, i — 12.
* « Alors on chantera ce cantique dans la terre de Juda, » dit Isaîe; et par conséquent ce cantique est ici dans la bouche de l'Eglise, du nouvel Israël ( ce que veut dire ici la terre de Juda)y et ce cantique est une prédiction très -claire de la vocation des Gentils et du règne spirituel de Jésus-Christ qui apportera la justice. Observez aussi que dans cette Eglise sont compris tous les anciens justes qui , par la foi , ont attendu le Messie, comme il est dit ici expressément.
Il abaissera ceux qui habitent les hauteurs de la terre ' ; il humiliera la ville superbe ; il la traînera dans la poussière : elle sera foulée aux pieds du pauvre et de l'indigent.
Le sentier du juste est droit; la voie où il marche est unie, et c'est vous, Seigneur, qui l'aplanissez, et nous vous avons entendu ^ en suivant la route de vos préceptes : votre nom et votre souvenir ont été les délices de notre âme.
Mon âme vous a désiré pendant la nuit; et je m'éveillerai dès l'aurore pour vous chercher de tout mon esprit et de tout mon cœur.
Quand vous aurez apporté la justice sur la terre, ses habitans la connaîtront.
Mais c'est en vain qu'on ferait grâce à l'impie : il n'apprendra point à être juste ^ : il a fait le mal dans la terre des saints : il ne verra point la gloire du Seigneur.
Seigneur, que votre main paraisse dans sa puissance , et que vos ennemis ne l'aperçoivent pas ^ :
* L'empire de ridolâtrie , détruit par la patience et la pauvreté des disciples de TEvangile.
^ Isaïe parle ici au nom de tous les justes de Tancien Testatament, qui attendaient comme lui le Messie qu'il annonce ici.
^ Cond(imnation de ceux qui n'auront point profité de la loi de grâce , et qui auront rejeté la révélation.
^ Isaïe désigne ici d'abord les Juifs incrédules, qui virent les merveilles de Jésus-»Christ et le méconnurent, et ensuite les puissances armées pendant trois siècles contre l'Église , et que
-^lue les .peuples jaloux la voient, et qu'ils sèchent •Je dépit; qu'ils soient couverts de confusion, et •<iévorés par le feu de votre colère.
Pour nous, vous nous donnerez la paix ; car c'est ^vous qui avez opéré en nous toutes nos bonnes «^Kuvres ',