‹ Le pseudo-érysipèle vaso-moteur chez les tuberculeuxChapitre 9 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Quels sont les liens qui unissent, dans ces deux observations, les deux séries de constatations cliniques et nécropsiques dont nous venons de voir le parallélisme, c’est ce qu'il nous faut maintenant étudier.

M. Jacquet indiquait la voie lorsqu'il faisait suivre la relation du fait qu’il avait observé, des réflexions suivantes :

« En tout cela, dit-il, rien n'est en opposition avec l'existence des vaso-constricteurs dans le cordon cervical ; comment, sans cette notion, pourrions-nous expliquer l’hypérémie considérable qui survient après action locale, dans l'oreille du côté de la section? Je ne vois aucune interprétation possible en dehors de cette notion.

La belle découverte de Claude Bernard demeure done, en ce qu'elle a de fondamental, inattaquée et inattaquables ;

« J'ajoute que la présence dans le même cordon cervical des vaso-dilatateurs qu'y ont démontrée MM.Dastre et Morat, s’accommode tout aussi bien de nos recherches. Et même au point de vue philosophique tout au moins, ilest clair que plus la vaso-dilatation semble subordonnée pour une part à des causes secondes, plus apparaît

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— 19 — | pour elle, la nécessité d’un appareil conducteur spécialisé. » (Voir bibliographie).

C'était nettement faire dépendre les troubles vaso- moteurs décrits, de l'excitation du ganglion cervical in-

férieur et des filets y attenant, par la sclérose environnante.

On sait que les expériences de Claude Bernard, auxquelles M. Jacquet fait allusion et celles qui ont suivi, ont montré que la section du cordon cervical inférieur amène la vaso-dilatation du côté correspondant de la face. La paralysie des vaso-moteurs dépendant de ce cordon amènerait donc le syndrôme qui nous occupe.

Mais sans qu'il soit besoin de recourir à cette paraly- Sie pour expliquer les faits, l'existence des fibres vasodilatatrices, découvertes et étudiées par MM. Dastre et Morat, en rend suffisamment compte.

Quelle que soit l'hypothèse, le phénomène s'explique. Essayons toutefois de pénétrer un peu plus intimement dans son mécanisme. Il nous faut pour cela exposer rapidement ce que l’on sait de la physiologie des vasomoteurs en général, et en particulier de la vaso-dilatation.

Si l’on se rapporte aux tableaux de Brown-Séquard (1) qui, dans ses leçons, résume les expériences faites sur le sympathique, on voit que la sec/ion de ce cordon amène la dilatation vasculaire, l'augmentation de température et la rougeur des téguments, l’hypersécrétion des diverses glandes, y compris celles de la sueur et

- (1) Brown-Séquard. Leçons sur vaso-moteurs, pages 14 et suiv.

des troubles oculo-pupillaires. Ce sont : le myosis, la rétraction du globe oculaire et la diminution de la fente palpébrale. :

De plus, de ce côté, le tonus des muscles est augmenté, la sensibilité exagérée. Il y a en un mot, suivant l'expression de Brown-Séquard, « augmentation des propriétés vitales ».

L'excitation de ce même cordon produit du côté correspondant les résultats opposés.

Lorsque les animaux en expérience ont pu être suivis assez longtemps, des troubles trophiques marqués ont encore été observés. Notons à ce propos, ce fait curieux signalé par Claude Bernard (1) : Ces troubles trophiques qui ont pu ne pas exister tant que l'animal était. en bonne santé, apparaissent et s’aggravent rapidement dès que son état général s’affaiblit sous l'influence de la maladie ou de la diète.

Tous ces troubles de divers ordres, même les troubles trophiques observés en clinique ou par l’expérimentation, résulteraient pour cet auteur, de l’action du gran& sympathique agissant comme vaso-moteur. « Avec ces deux seuls modes d'action, dit Claude Bernard (2), resserrement et dilatation des vaisseaux, le système nerveux gouverne tous les phénomènes chimiques de l’organisme ». L'existence de conducteurs spéciaux de l'action trophique, l'existence des nerfs trophiques, serait donc illusoire : Le grand sympathique y suffit.

(1) CI. Bernard. Pathologie expérimentale. page 31.

(2) CI. Bernard. Influence du système nerveux sur les phénomènes chimiques de l'organisme, Revue des Cours scientifiques, juin 1864.

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