CHAPITRE III
Nous avons parlé souvent de Tbéodoret dans le livre précédent. On â vu qu'il était le grand adversaire, l'ad-* versaire le plus redouté des monopby^ites, quoiqu'il fût évêqua d'une toute petite ville, ainsi x^ue ses ennemis le lui reprocbèrent, en le déposant (1). C'est qu'en effet Tbéodoret est un des principaux personnages du V^ siècle et peut-être même le personnage le plus im* portant de l'Asie cbrétienne à cette époque. Le moment n'est pas venu d'écrire son bistoire ; tous les écrits qui peuvent jeter du jour sur sa personne ne sont pas encore connus, et tant qu'on n'aura point publié les documents orientaux, on ne comprendra qu'imparfaitement l'influence immense et peut-être désastreuse qu'il a exercée sur le sort de l'orthodoxie dans l'Église d'Orient (2).
(t) Sur Cyr, voir Tbéodoret, épître» xui. xuiï, lxxxi, cxiii. — Lequieo, Oriens ehriêtimuê, U, 929, — Tillemoot, Mémoires pour i^rvir à VhUtoire gcelimêtique, XV, 217, 218, 224.
(2) Il faut lire les écrits de Philoxène, de Sévère, de Jacques de
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A bien des points de vue, Tbéodoret est une des pins admirables figures du V^ siècle. Sa vie accidentée, ses travaux apostoliques couronnés des plus beaux succès, ses luttes ardentes» mais inspirées par un sentiment bon* néte et par une conscience droite, ses nombreux écrits, et, par-desaus tout, les persécutions auxquelles il fut en butte, en ont fait un des personnages les plus sympatbiques de ces temps troublés et malbeureux. Sa repu» tation et son autorité étaient immenses en Orient; il avait combattu Cyrille avec vivacité pendant de longues années, mais il n'avait pas balancé à se soumettre, dès qu'il avait reconnu la vérité ; il était presque regardé comme un oracle par ses collègues dans l'épiscopat, et lui-même nous apprend que ses discours à Antioche étaient fréquemment applaudis par les iidèles. Tout le monde était heureux de l'entendre parler (1). Et cependant la mémoire de Tbéodoret se présente aux regards de la postérité enveloppée d'un crêpe funèbre, qui invite au recueillement. C'est une mémoire obscurcie, comme celle d'Ibas, par de pénibles souvenirs. On voudrait l'ad* mirer sans restrictions; mais le jugement de l'Église est là qui nous impose tout de suite de la réserve. Il est vrai
Saroug, de Timothée iClure, etc., pour se faire une idée de l'horreur que les mouophysites de la iSyrie ont eue pour Tbéodoret. Sévère rappelle un autre Niêtariui» D'après Denys Bar-tsalibi, qui vivait au Xlle siècle, Théodore! serait, en effet, un cousin germain de Nestorius. Gomme aucun écrivain plus ancien n*a signalé ae fait, cette assertion nous paraît bien étrange. On n*aurait certes pas manqué de reprocher à l'évêque de Cyr sa parenté avec Thé* résiarque, à supj)oser qu'elle eût été réelle. (Voir manuscrit eyriaque 209 de la Bibliothèque nationale, f» i8M8i.)
(1) Voir, en particulier, Tépltre uxxiti à Dioscore. (Pairolùgii grecque de Migne, LXXXllI, col. 1267-1 S70.)
que rÉglise a condamné les écrits plutôt que la personne de Théodoret, et, que les écrits condamnés se rapportent surtout à la première période de la vie de ce grand homme ; néanmoins, cette condamnation pèse sur son nom, et quand on le trouve devant soi en parcourant l'histoire, on est toujours obligé de modérer Téloge (1).
Et ce qui rend cette réserve plus nécessaire, c'est que Théodoret a toujours combattu les douze chapitres de saint Cyrille. Il suffit de lire ses lettres pour s'en convaincre (2). Or, le concile d'Éphèse avait approuvé ces chapitres ; un écrivain orthodoxe ne devait donc pas les condamner sans expliquer dans quel sens ils lui semblaient condamnables. Il semblerait, par suite, que Théodoret ait toujours conservé un levain de ses premières idées, car jamais il ne s'explique sur les chapitres, et, quand il les anathématise dans ses lettres, il le fait purement et simplement.
Toutefois, les erreurs des monophysites montrent qu'il n'avait pas absolument tort de trouver quelques expressions de ces chapitres répréhensibles, car si on accuse les écrits de Théodoret d'avoir favorisé le nestorianisme, on pourrait également dire des écrits de saint Cyrille qu'ils ont été la cause du monophysisme.
Ce qui semble prouver, en effet, que Théodoret ne
(i) On peut voir dans Mansi {ConcUiorum omn. nova et ampl. coll.) les pièces originales sur les Trots Chapitres que le docteur Héfélé a soigneusement analysées dans son Histoire des conciles, III, 467-542. Toutes ces pièces ne jouissent pas d'une égale authenticité. Le Constitutum du pape Vigile (Mansi, IX, 349 et suivantes) est celle qui fait le plus autorité, et elle montre dans quel sens rÉglise a condamné Théodore de Mopsueste, Ibas et Théodoret. (Voir Héfélé, Histoire, etc., III, 498-500.)
(2) Voir plus haut, p. 149.
condamnait les chapitres de saint Cyrille qu'à cause des sens mauvais qu'en tiraient les Eutychès et les Dioscore, c'est que nous avons de lui une profession de foi rigoureusement orthodoxe, et que ses ennemis lui font précisément un crime d'avoir obligé un prêtre d'Anlioche, nommé Pelage, à la souscrire. Nous verrons qu'on se servira plus tard de cette profession de foi pour faire condamner Domnus ; et c'est pourquoi elle nous semble une des pièces les plus importantes de tout le recueil qu'on vient de retrouver. Elle nous montre, en effet, bien clairement quels étaient les sentiments des deux partis en présence, et elle éclaire d'une vive lumière les controverses religieuses de l'époque. A ce titre cette pièce mérite d'être rapportée ici dans tout son entier : « Profession de foi du prêtre Pelage, Au saint et pieux seigneur archevêque Domnus et aux pieux Domnus, Théoctiste, Gérontius, Sabas, Théodoret, Julien et Julien, Damien de Sidon, Eustathe d'^Egée et Mélèce, de la part du prêtre Pelage, salut en Notre-Seigneur (4).
(1) Il est probable que cette profession de foi fut exigée de Pelage par tous ces évéques réunis en synode. Le premier Domnus était le patriarche d'Antioche. Dans ses Verhandlungen der Kirchenversammlung, etc., Hoffmann omet le second. Il y avait cependant à cette époque un évéque qui portait le nom de Domnus à A pâmée. {ÉpUrè de Théodoret,) — Théoctiste était évéque de Berrhée, dans la Syrie première; Gérontius de Séleucie, en Syrie; Sabbas de Paltus, dans la Syrie première ; Théodoret de Cyr ; Julien de Syrie ; Julien encore de Resos, dans laCilicîe deuxième; Damien de Sidon; Eustathe d'iEgée, dans la Gilicie deuxième ; Mélèce de Larissa, dans la Syrie. — Quelques-unes de ces assimilations sont purement conjecturales. (Voir Lequien, Oriens christianus, 779, 813, 886, 908, 918. — Voir aussi Hoffmann, note 302, qui commet cependant quelques erreurs.)
c Des personnes, qui vivent en relations constantes avec moi, ont paru à voire religion imbues de doctrines contraires à la sainte Église. On les accuse, en particulier, de prétendre que Dieu le Verbe est devenu chair par changement, que la chair deNotre-Seigneura été changée en la nature de la divinité, et de soutenir que la divinité et l'humanité de Notre*Seigneur Jésus-Christ ne sont qu'une nature. C'est pourquoi Votre Sainteté s'est émue et m'a demandé une explication h propos de ces doctrines perverses.
< En outre, des hommes pieux, des prêtres ont informé votre religion que j'appelais les juifs des docteurs de l'Église. Voilà ce qui m'amène à rédiger cette profession de foi, dans laquelle je confesse, conformément k la doctrine des saints Pères, que le fils de Dieu est un ; Dieu le Verbe, qui s'est incamé, de même que Dieu le Père, est un, de même que l'Esprit saint est un! Jeconfesse aussi la divinité de celui qui s'est fait homme, même dans son humanité, et je crois qu'après l'union il n'y a pas eu de confusion, de telle sorte que Dieu le Verbe n'est point devenu chair par quelque changement, et que la chair elle-même ne s'est pas changée en la nature de la divinité. Je confesse qu'après la résuvrection la chair de Notre- Seigneur n'est plifs sujette à la soufirance, à la corruption et à la mort ; qu'elle est, au contraire, glorieuse de la gloire de la divinité, comme ayant été le corps de Dieu le Verbe, sans sortir des limites de la nature et sans perdre l'apparence de l'humanité N'est-ce pas ce qu'indique la parole des saints anges ? € Ce Jésus qui a été enlevé au ciel viendra tel que vous t l'avez vu partir (1). » Notre-Seîgneur encore
(1) Actei des Apôtres, 1, ti.
disait lui-même, après sa résurrection, à ses apôtres : € * Touchez-moi et voyez : un esprit n'a pas de la chair et « des 03 comme vous voyez que j'en possède (1). » J'a* nathématise donc ceux qui arfirment que, dans le Christ> l'humanité et la divinité ne forment qu'une seule nature; ceux qui attribuant la passion à la nature divine et qui ne confessent pas les propriétés des deux natures, à savoir y l'impassibilité pour la divinité et la passibilité pour Vhur manité. Je confesse un seui^ Fils, Dieu âui-méme, anté* rieur aux siècles, niais Dieu Tait homme à la fin des temps, Qls de Dieu, Père en tant que Dieu et fils de David en tant qu'homme ; qui a été appelé fils de David à cause do son humanité, et Fils ^e Dieu à cause de sa divinité ; qui est né de la vierge Marie suivant la chair. Toutefois j'appelle mère de Dieu la Sainte-Vierge, parce que, dans la conception,* Dieu le Verbe s'est uni la nature qu'il a reçue de la Vierge, je veux dire un homme parfait. Ainsi je crois, ainsi je confesse. Quant à ceux qui pensent différemment et qui font des deux natures de Notre-Seigneur Jésus-Christ une seule nature, lesquelles se seraient unies sans confusion^ je les anathématisey et je les regatxle comme étrangers à la vraie religion. Si, après cette profession de foi écrite, je parais penser différemment, ou m'exprimer d'une autre manière dans la controverse, ou enseigner d'une autre façon chez moi, — votre religion nous a prescrit de nous contenter des enseignements qui sont donnés dans l'Église et de ne pas disputer, — je consens à être tenu pour étranger au sacerdoce, & être anathématisé comme un hérétique et à être livré à la vindicte des lois.
(1) Luc, XXIV, S9.
En outre, je jure avoir écrit ceci de ma main, volontairement, sans contrainte y par la Trinité sainte et par la miséricorde des victorieux maîtres du monde (1). »
On accuse Théodoret d'avoir rédigé cette formule ; mais elle lui fait honneur, et elle dépose en fave.ur de sa foi. Qu'elle soit de lui, ce qui est assez probable, ou qu'elle soit d'un autre, cette accusation prouve néanmoins qu'il était le point de mire de tous les partisans d'Eutychès et de Dioscore. C'était une victime désignée aux coups des meneurs du Brîgandâge d'Éphése.
L'empereur lui avait retiré ses bonnes grâces, et, malgré les puissants protecteurs que l'évêque de Cyr comptait à la cour, il l'avait frappé à plusieurs reprises. D'abord il l'avait condamné à ne pas sortir de son diocèse (juin-juillet 448); ensuite il lui avait interdit de venir au concile, à moins qu'il n'y fût mandé (30 mars 449), et comme si une première défense n'eût pas suffi, un second édit avait été lancé à la veille de l'ouverture du synode (6 août 449). Théodoret était donc, on le voit, l'épouvantail du parti eutychien et, par conséquent, une victime condamnée d'avance.
Chose étrange cependant, et qui est un des plus beaux hommages rendus à la mémoire de ce grand homme ! il est le seul des évoques condamnés ou déposés par le. synode, sur la mémoire duquel il ne plane aucun doute inquiétant. Malgré la haine qu'on lui poirtait et le plaisir qu'on eût trouvé à le déshonorer, on n'essaya pas de soulever contre lui une accusation à proprement parler diffamatoire. On avait fait d'ibas un voleur et un débauché, de Daniel de Harran un libertin et un impudi-
<l) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 151-153.
que, d'Irénée un impie et un bigame, de Sophrone un magicien et un sorcier ; de Théodoret on n'osa en faire •qu'un hérétique et un nestorien ; et, pour cela encore, il fallut, non pas s'en tenir à ses plus récents écrits, à ses déclarations solennelles et réitérées, toutes orthodoxes et ai^prouvées comme telles par saint Flavien, par Jean d'Antioche et par Domnus ; il fallut aller fouiller dans ses anciens pamphlets, dans ses traités contre saint Cyrille ou sur l'incarnation, et en faire des extraits arbitraires.
Ce fut le prêtre Pelage qui présenta le premier libelle, où on incriminait quelques passages des homélies de Théodoret ; mais on voit par la profession de foi que nous venons de citer dans quel sens devaient être conçues les homélies de l'évêque de Cyr. Nous retrouverons ce moine, quand il s'agira de Domnus. Il produisit aussi un tome composé d'extraits ; en tête figure une lettre dirigée contre saint Cyrille et contre le premier concile d'Éphèse. Cette lettre, on le voit, était fort vieille et remontait à l'an 431 ou 432 (1). Lorsque Jean, pri-
(1) « Iterum synodus, auctore Dioscoro, Theodoritum episcopum Gyri dainnavit absentem et nec egressum de sua civilate, propter il la qii8B scripsit contra duodecim anathemata Gyrilli et propter epistolam missam ab eo clericis et monachiset laicis contra Ephesi synodum ante ecclesle pacem. » (Libéralus, Breviarium, Xlï. — Palrologie latine de Migne, LXVIII, col. 1004-1005.) — Cette lettre porte le n© 151, parmi celles de Théodoret. En voici le titre: 4 Theodoreti oratio ad eos, qui in Euphratesia et Osroena regione, Syria, Phœnicia et Cilicia vitam monasticam agunU » {Palrologie grecque de Migne, LXXXllI, col. 1415-1434.) Elle contient, pour le fond, à peu près le même thème que Touvrage dirigé contre les anathèmes de saint Cyrille. (Voir Palrologie grecque de Migne, LXXVI, col. 391-452.) Voir sur cette lettre Tillemont, Mémoires, XV, 247,
micier des notaires, qui faisait les fonctions d'assesseur dans le synode, eut terminé la lecture de cette lettre, il ajouta : « Le manuscrit de Pelage porte cette 8uscrip-> tion: € Apologie de Théodoret, évêque de Cyr, en faveur « de Diodore et de Théodore, athlètes de Dieu (1), » et le concile s'écria aussitôt: a Mais cela suffirait pour faire déposer Théodoret, car l'empereur a dit que refuser de le déposer, ce serait soutenir Nestorius (2). » On lut enfin d'autres extraits de Théodoret, tirés, sans doute, de ses écrits sur l'incarnation, mais on n'en indique point la source.
Quand on eut fini, Dioscore commença par formuler le premier son avis, à la fois pour intimider ceux qui allaient voter après lui, et pour indiquer aux indécis dans quels termes chacun devait s'exprimer. Il prononça la déposition de Théodoret et condamna ses livres à être brûlés. Puis, avant de recueillir le vote des autres évéques, il ordonna c aux notaires Démétrius, Flavien et Primus d'aller trouver Domnus d'Antioche et de lui lire tout ce
(1) c Quo autem cultu viros prosequar, testis est liber quem de mis eon^sni, in gtio conflatam in illos accuscUionêm diluimus^ née accusatorum potentiam, nec structas contra nos insidias reformidantes. » (Episl. xvi, îrenœo episcopa, LXXXHI, col. 1194.) Cette lettre fut écrite vers le mois de mai 449. Dans le cinquième concile œcuinéniqne on trouve des extraits de ce livre de Théodoret aujourd'hui perdu, classés sous le titre suivant : € Ex ki$ quœ Theod&rittts defendens Theodorum, contra CtfrUlum scripsH, per quœ testimonium prwbet idem Theodoritm, quod Tkioêmi èunt ktœ impietates, contra qum sanciœ memoriœ Cprillus $crip$it. » (Mansi, ConciUornm omn,, IX, 252 d. Cfr. 230 d, 255 b, et TiUe- Bttont, Mémoires pour servir à ^histoire ecclésiastique, XIV, art. CXLVI sur saint Cyrille^ p. 662-^664, et Marina Mereator, Fatrologie latine de Migne, XLVJII, col. 1067-1084.)
(2) Actes du Brigandage d*Éphèse, 119-120.
Digiti
qai avait été fait en ce jour, aûn qu'on sût bien clairement ce qu'il pensait, » « C'est juste, i répondit le concile (1).
Tandis que les notaires exécutaient la commission dont les chargeait Dioscore, on procédait aux votes. Juvénal de Jérusalem, Thalassius de Césarée, Euièbe d'Ancyre, Jean de Sébaste, Basile de Séleucie, Diogène àe Gyzique, Florentins de Sardes en Lydie, Séleucus d'Amasée, Marinien de Synnade, Eustatbe de Béryte donnèrent leur opinion à part; puis l'assemblée tout entière vota par acclamation, en ces termes: «Voilà une sentence conformeâ la justice ! Expulsez l'hérétique ! C'est notre avis unanime ! Tous nous consentons à la déposition de Théodoret! i
Comme le conciliabule finissait de voter, les notaires envoyés à Domnus d'Antioche revinrent apporter sa réponse, dans laquelle il disait : « qu'étant malade, il lui était impossible d'assister aux séances avec ses collègues, mais qu'il approuvait pleinement toutes les décisions prises par le synode. » C'est au moins la réponse que lui prête la rédaction dioscorienne des Actes d'Éphèse; seulement il y a lieu de douter de l'exactitude de ce langage et de soupçonner ici une fraude bien facile du reste à commettre (2).
(1) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 126.
(5) Où a prétendu, en effet, que Oomnus, ayant rétracté son vote contre Flavien, avait tourné tûtdte lui les fureurs de Dioscore. Mais pour soutenir ce sentiment, il £aut lire dans Libérsias (Bretich riumm, et Patrologie latine de Migne, LIVIU, col. 1005. Voir plus haut, page 17, note 1), remeantem, au lieu de remanentemaborthodoxorum depositione. Ainsi a lu, sans doute, Fleury {Histoire ecclésiastique, liY. XXVil, no 41), mais cette kçen n'est pas confirmée par les manuscrits^ et les autres documents historiques ne permettent pas de soutenir une opinion aussi favorable à Domnus. Il n'est pas nécessaire, d'ailleurs, de supposer cette rétractation pour explî' quer sadéposîtioii par le Brigandage d'Éphèse.
Celte séance se termina par l'absolution de quelques clercs de Conslantinople que saint Flavien avait frappés de censures. Il nous semble impossible d'admettre, en eiret, que la déposition de Domnus ait eu lieu le même jour ; et nos Actes, sans le dire expressément, le donnent à entendre. Il est donc probable qu'une autre session fut consacrée à l'examen de sa cause. Ce n'était pas d'ailleurs une procédure ordinaire que celle où il fallait juger le premier évêque de l'Asie chrétienne, et un tel procès méritait bien l'honneur d'une session à part.