‹ Le pseudo-synod connu dans l'histoire sous le nom de Brigandage d'EpheseChapitre 22 sur 27 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Déposition de Domiiiis, patriarche d'Antloehe.

La condamnation de Théodoret n'était que le prélude de la condamnation de Domnus, patriarche d'Antioche, car si Théodoret était l'ennemi le plus redoutable des eutychiens par son talent, Domnus était lé plus élevé par son rang et par son autorité dans l'Église. C'était lui, d'ailleurs, qui soutenait tous les nestoricns, et, quoique d'un caractère versatile, il se montrait cependant tenace dans certaines questions. Il avait mécontenté Dioscore personnellement, en refusant de se joindre àlui pour pro-

tester contre les canons de Nicée et de Constantinople (1), et il n'était guère moins détesté des eulychiens que de Dioscore. à cause de son. attachement pour Irénée de Tyr et pour Théodôret. On prétend même qu'il avait le premier dénoncé à l'empereur Théodose les menées d'Eutychès (2). Il y avait donc contre lui beaucoup de griefs, et il était facile à des juges prévenus, comme Tétaient les membres du conciliabule, de prendre ces griefs au sérieux.

A peine Théodôret fut-il condamné qu'on procéda à la déposition de Domnus. La cause fut introduite, sans aucune formalité, dans les termes suivants, par le primicier des notaires de Dioscore (3) :

€ Jean, prêtre et premier des notaires, dit : Le pieux prêtre Cyriaque a remis à votre saint synode œcuménique des libelles dont je vais donner lecture, si votre reUgion l'ordonne.

€ Juvénal, évêque de Jérusalem, dit: Qu'on reçoive ces libelles et qu'on les lise.

« Jean, prêtre et premier des notaires, lut : Au saint et pieux synode œcuménique rassemblé par la grâce de Dieu dans la métropole d'Éphèse, le prêtre Cyriaque ! Nous avons appris de votre sainteté à recevoir ceux qui louent Dieu et à haïr ceux qui le blasphèment. C'est pourquoi nous venons prier maintenant votre religion de détruire le blasphème et de défendre la doctrine de ceux qui aiment à louer le Christ en tout temps. Voici en abrégé, ce dont il s'agit :

t Domnus, évêque d'Antioche, combat son propre senti-

(1) Épltre Lxxxvi, dite de Théodôret.

(2) Voir plus haut, pages 78-79.

(3) Actes du Brigandage d*Éphèse, p: 132.

raent ; car, par suite de Tamitié qui le lie à Théodorct, éveque de la ville de Cyr, il a aimé à vivre avec lui de tout temps, et il est allé même jusqu'à défendre publiquement ses impiétés, au lieu de montrer la crainte qu'il devait avoir pour Dieu. Ce qui est encore pire, c'est qu'en dépit de tous les blasphèmes de Théodoret contre le Christ, seigneur de toutes choses, Domnus bat sans cesse des mains dans l'église, et, par ses éloges immodérés, encourage son ami dans Timpiété. Il est allé même jusqu'à lui bâtir une maison dans les dépendances de l'église, et il lui a permis de demeurer là plutôt qu'en ville. Il l'appelle toujours du nom de € père; > quand il est absent, il l'accable de bénédictions, et, lorsqu'il écrit à ses collègues, il le recommande à tous; il partage enfin toutes les idées de celui auquel, à cause de sa foi perverse, notre miséricordieux empereur a défendu expressément de porter ses regards en dehors de sa ville épiscopale (1). »

Vient ensuite un réquisitoire violent dont on devine aisément la teneur, et sur lequel nous n^avons pas à nous appesantir en ce moment. C'est un de ces documents qu'il faut lire tout entier, pour en apprécier la perfidie et la malice.

D'ailleurs, avant d'aborder l'analyse des accusations intentées à Domnus, il faut se demander quel jour il fut jugé.

Il ne parait pas, en effet, qu'il ait été déposé dans la même séance que Théodoret, et ce qui porte à le conclure, c'est la manière dont s'exprime Dioscore dans un endroit des ActeSy vers la fin de la procédure dirigée

(1) Actes du Brigandage é^Éphèse, p. 482-134.

contre l'évêque de Cyr : t Ce qui a été fait aujourd'hui, dit le patriarche d'Alexandrie, sera porté à Toreilla miséricordieuse et amie. du Christ de nos . victorieux empereurs, afin que leur miséricorde fasse livrer aux flammes les écrits de l'impie Théodoret, qui sont tout pleins d'impiété et de mauvaise doctrine. Maintenant les notaires Démétrius, Flavien et Primus vont se rendre chez lé pieux évéque d'Antioche, Domnus, pour lui lire tout ce qui a été fait en ce jour, afin qu'il fasse connaître, lui aussi, clairement ce qu'il pense là-dessus (1). »

Ce langage n'est pas absolument clair ; il parait indi^ quer cependant qu'on était déjà arrivé à l'entrée de la nuit, lorsque la déposition de Théodoret fut prononcée. Ce serait donc seulement le lendemain qu'on aurait com* mencé le procès du patriarche d'Antioche. Et ce qui semble confirmer cette opinion, c'est qu'après la condamnation de Théodoret on s'occupa encore de quelques autres affaires sans importance, relatives à certains clercs de Constantindple. Or, on conçoit bien qu'on ait pu traiter sommairement la cause de ces clercs excommuniés à la fin d'une séance ; mais cela se concevrait moins bien, si on eût dû vider encore, le même jour, une question aussi grave et aussi délicate que le procès du premier évêque de l'Asie chrétienne. Nous serions donc assez porté à croire que Domnus fut jugé et déposé dans une séance spéciale.

Son procès est presque aussi long que celui de l'évêque d'Édesse, mais il offre peu d'incidents, ou des incidents beaucoup moins intéressants que la procédure d'Ibas. Nous n'en possédons pas, il est vrai, le compte-rendu

(1) Aêtii du Brigandage d'Êphèie, p. 1Î6.

intégral, car plusieurs feuilles du manuscrit ont péri, mais les fragments qui nous restent encore sont assez étendus pour que nous puissions suivre, nous n'osons pas dire les débats, mais l'instruction de celte grande cause.

Ce qui fait le principal intérêt de celte session, c'est la personne de l'accusé : Domnus était patriarche d'Antioche, et les documents historiques mis en œuvre jusqu'à ce jour laissent planer sur sa mémoire des doutes injurieux pour sa réputation. Tandis, en effet, que toutes les victimes du Brigandage d'Éphèse, ou à peu près, obtinrent leur réhabilitation au concile de Calcédoine, seul Domnus fut excepté de cette mesure réparatrice ; et quoique le langage dont se servirent les Pères ne soit point dépourvu de toute ambiguité, on croit reconnaître, à la façon dont ils s'expriment, qu'ils n'étaient pas pleinement convaincus de l'innocence de l'expatriarche d'Antioche.

En effet, lorsqu'on eut rendu à Ibas le siège d'Édesse, queDioscore et ses partisans lui avaient ravi, Maxime, qui avait été élu patriarche d'Antioche à la suite de la déposition de Domnus, s'adressa au concile en ces termes : « Je supplie les juges glorieux et magnifiques d'exercer, de concert avec ce synode saint et œcuménique, un acte d'humanité envers Domnus, qui fut autrefois patriarche d'Antioche, et de lui allouer certains revenus sur les possessions de mon église (1). > Les légats du Pape répondirent à la demande de Maxime d'une manière favorable,

(1) € Maximus reverendissimus episcopus Antiochiœ dixit : Deprecor magnificentissimos et gloriosissimos judices, et sanctam hanc et universalem synodum ut humanitatem exercere, in Domnum, qui fuit Anliochi» episcopus, dignemini, et statuere ei certes sumptus de ecclesia quae sub me est. » Les légats du pape répon-

rautorisèrent à allouer à Domnus quelques revenus (miserationis gratia..,. ut contentus alimoniis quiescat in posterum), par charité, disent-ils, et à condition que désormais Domnus demeurera tranquille, ses moyens d* existence étant assurés. Il y a, dans ce vote, des expressions qui ne laissent pas que de donner à penser, et on se demande si, Domnus étant reconnu innocent de tous les crimes qu'on lui avait imputés, on aurait tenu un: pareil langage. En outre, lorsque Etienne d'Éplièse avait donné son avis sur le synode d'Éphèse, il avait formulé une espèce d'exclusion contre Domnus : « Tout ce qui a été fait à Éphése contre les canons, avait-il dit, doit être tenu comme non avenu; excepté ce qui regarde Domnus, évêque d'Antioche (1). » Plus lard enfin, paraît-il^ le conseil réduisit l'ancien patriarche d'Antiocbe à la communion la'iqus, en lui accordant toutefois une pension alimentaire de 250 sous (2).

Il y a là un problème historique sur lequel les renseignements connus jusqu'à ce jour n'ont pas permis de

dent à cette demande : c Si quidem memoratus reverendissimus episcopus Maximus suo arbitrio Domno voluerit esse consultum, ut sumptus ei de suâ Ecclesiâ, miserationis intuitu, prout aestimavcrit, largiatur; ut contentus alimoniis quiescat in posterum. » (Labbe, Sacra sancta concilia, t. IV, col. 681-682.)

(1) Stephanus reverendissimus episcopus Ephesi dixit: Et ego judico, ut qu8B contra canones in Ephesinà metropoli facta sunt, infringantur, exceptis bis quœ gesta sunt adversus Domnum Antiocbenœ civitatis episcopum, ob hoc, quia ordinatio Dei amantissimi episcopi Maximi facta pro eo canonicè in Antiochenâ metropoli, à sanctissimo archiepiscopo Leone et hoc prœsente sancto et universali concilie est suscepta. > (Labbe, Sacro sancta concilia, t. IV, col. 673-676.)

(2) Héféié, Histoire des conciles, III, 97. — Mansi, Conciliorum omnium, VII, 722. — Œuvres de Saint-Léon le Grand, édition des Ballerini, II, 1227, 1235.

se prononcer. Domnus était-il réellement coupable? Ou bien, fatigué des agitations de la vie publique, dégoûté du monde et de ses grandeurs, découragé par les derniers événements et par les désordres de l'Église orientale, avait-il accepté une sentence inique, et renoncé à faire valoir ses justes réclamations? — On ne peut le dire ; ce qui est certain , c'est que l'élection de Maxime, opérée à la suite de la déposition de Domnus par Dioscore, fut ratifiée par saint Léon-le-Grand ; c'est que Domnus ne parut pas en personne au concile de Calcédoine ; c'est qu'il ne chargea personne de protester en son nom contre la violence qu'on lui avait faite, tandis que presque toutes les victimes d'Éphèse s'empressèrent de présenter leurs plaintes ; c'est enfin qu'il mourut dans le couvent de saint Euthyrnius et que jamais, à partir du concile de Calcédoine, on n'entendit parler de lui. S'il fallait choisir entre ces deux suppositions, nous inclinerions volontiers vers la dernière, et nous préférerions plutôt voir en Domnus un homme désabusé des grandeurs qu'un criminel justement puni. Ce qui nous porterait à adopter ce sentiment, ce sont précisément les plaintes dirigées contre sa personne par le parti d'Eutychès. Il n'y a là que des accusations, ou fausses, ou banales ; la sentence de déposition prononcée par les évêques ne porte que sur le crime d'hérésie. On accuse Domnus d'avoir écrit contre saint Cyrille et d'avoir soutenu tous les évêques suspects de nestorianisme. Entrons, du reste, dans le détail, et parcourons les pièces que nous avons entre les mains. Il nous est possible de suivre la marche des événementS) à quelques jours près.

Domnus avait été souvent mis en cause dans les pro-

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cédures précédentes, notamment dans celles d'Irénée, de Théodoret et d'Ibas. On l'avait présenté comme leur ami et leur protecteur ; on avait insinué une foule de calomnies, dit et redit qu'il s'environnait de tout ce qui était à bon droit suspect d'hérésie ou d'hostilité contre Cyrille. C'étaient là comme autant de pierres d'attente ; on préparait l'opinion du concile à une condamnation, et cette opinion était si facile à manier, qu'on n'eut pas beaucoup de peine à obtenir ce qu'on désirait.

Une criante monstruosité, c'est le silence que nos Actes gardent sur la citation de Domnus. (1 était à Éphèse, malade; on aurait donc pu l'interroger, et il aurait pu se défendre. Néanmoins on ne le cita pas ; on ne le prévint pas qu'on allait le juger, après tous les autres. On lui lit notifier la déposition d'Ibas, d'Irénée, de Daniel, de Théodoret, la veille du jour où on se préparait à l'accuser lui-même, et les envoyés du concile, qui allèrent recueillir son avis, ne lui dirent pas un mot de l'orage qui grondait déjà sur sa tête, de l'orage qui allait éclater dans quelques instants. Il y a là un silence qui révolte la conscience humaine et qui suffirait seul pour justifier l'anathème que quatorze siècles ont jeté sur le célèbre conciliabule. Voici les pièces que contient l'acte d'accusation: l^'un libelle présenté par un prêtre du nom de Cyriaque (133-136) ; 2° divers chefs d'accusation présentés par le même (136-139) ; 3« la célèbre lettre de Domnus à Flavien (139-144) ; ¥ un libelle rédigé par Marcellus, prêtre d'Antioche (144-148) ; 5o une supplique du diacre Héliodore et àes moines Abraham et Gérontius (148-151); 6^ la profession de foi extorquée au prêtre Pelage (151-153); 1^ des renseignements fournis par le moine Théodose au patriarche d'Alexandrie

(153-156); 8° diverses lettres de Dioscore à Domnus et de Domnus à Dioscore (157-172) ; 9® enfin les avis formulés par chaque évêque (172-176). C'est dans ces deux dernières parties que se trouvent les lacunes déjà signalées. Toutes ces diverses pièces furent lues contre Domnus, au synode d'Éphèse, mais elles ne chargent guère sa mémoire. Pour ce qui est des accusations renfermées dans les libelles, outre les chefs déjà connus, de relations amicales avec Théodoret, Irénée et Ibas, elles mentionnent les faits suivants : Domnus, prétendent ces libelles, avait combattu les décrets de Théodose II contre Irénée ; il avait recherché Tamitié de Flavien de Constantinople et lui avait recommandé Théodoret, de telle sorte que Théodoret et Domnus étaient comme les représentants de Flavien en Orient (1). On l'accusait aussi d'avoir voulu changer la forme du baptême, d'avoir extorqué une profession de foi nestorienne au prêtre Pelage, d'avoir enlevé l'église d'Émèse à Pierre, canoniquement élu, pour la donner à un homme perdu de mœurs, mais favorable aux idées nestoriennes. On affirmait encore qu'il avait été nommé patriarche par les soins d'un questeur païen, du nom d'Isocacios (2);

(1) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 434. « C'est encore sur les instances de Théodoret qu*il a sollicité le secours de T impie Flavien. Quant à ce qui a suivi, nous ne le dirions pas que les événements le feraient connaître assez clairement : perturbation dans les églises ; tumulte parmi les troupeaux ; ennuis pour vous, prêtres saints; bouleversement du monde tout entier. Voilà ce qu'on a eu à craindre lorsque Flavien, l'impie susnommé, a transmis à ses deux séides d'Orient et par eux, etc. »

(2) Sur Isocacios, voir Tillemont, Histoire des Empereurs, VI, 572. ~ Théophanes, Chronographia, ad ann. 460. — Pairologie grecqve de Migne, CVIK, col. 292. — Chronique pascale, ad ann, 467. — Pairologie grecque de Migne, XCII, col. 831.

qu'il avait fait ensuite des évêques, sans observer les cérémonies prescrites ; qu'il avait chassé Alexandre de révêché d'Antaradus pour mettre à sa place Paiil, etc.

Il suffit d'énoncer ces plaintes et ces accusations pour montrer ce qu'elles contiennent de faux ou tout au moins d'exagéré. Ce n'est qu'un réquisitoire de pure forme ; l'accusé est condamné d'avance, et si bien condamné, que, lors de la réunion du synode d'Éphèse, au lieu de lui adresser les lettres de convocation et de lui confier la présidence du concile, ainsi qu'elle lui revenait de droit, au moins après Dioscore^ on le tint à l'écart, comme un homme suspect, comme une victime désignée aux fureurs du parti.

Pendant que Jean, primicier des notaires de Dioscore, lisait tous les documents de cette inique procédure, il fut souvent interrompu par les exclamations suivantes : a Ibas n'a jamais dit cela ! Voilà son maître I Anathème au blasphémateur ! Anathème à Domnus ! Ibas n'a point dit cela ! Celui qui te calomnie, Dioscore, est un hérétique ! Celui qui te calomnie calomnie le synode ! Celui qui te calomnie calomnie Cyrille ! Celui qui te calomnie blasphème Dieu! Nous ne connaissions pas cela, nous! Aux évêques longues années ! Aux empereurs longues années ! Au saint synode longues années ! Dieu a parlé par toi, ô Dioscore ! L'Esprit-Sainl a parlé par toi ! Parle, seigneur , et le Christ parlera ! Coupe celte racine ! Sois plein de zèle pour le Seigneur, docteur orthodoxe! Coupe cette racine, docteur orthodoxe ! Qu'il ne demeure plus de rejetons de Nestorius ! En tout temps vainqueur, le Christ vaincra ! La croix triomphe et triomphera toujours ! Aux empereurs longues années ! Aux patriarches longues années! La foi des empe-

reurs est victorieuse 1 Viclorieuse est la foi des docteurs orthodoxes! Cetix qui se taisent sont des hérétiques (4) !

Ces derniers mots donneraient à penser que, sur les cent trente évêques environ qui composaient l'assemblée, quelques-uns ne partageaient point toutes les idées du patriarche d'Alexandrie ; mais l'opposition ne parait avoir été ni bien forte, ni bien énergique; le temps des martyrs n'était plus !

Ces lectures et ces cris finis, Dioscore posa ainsi la question: f Qu'en pense votre religion? Faut-il rejeter les douze chapitres de notre bienheureux père Cyrille? > Et le synode répondit : « Que celui qui les rejette soit janathème! Que celui qui ne les reçoit pas soit anathème (2) ! »

Ainsi fut déposé Domnus, patriarche d'Antioche, contre toutes les formes de la justice humaine et contre toutes les lois de l'Église. Sachant d'avance qu'il était condamné, il ne songea pas à protester contre l'iniquité dont il était la victime ; fort de son innocence, il en appela au tribunal de Dieu, et, dégoûté de toutes les grandeurs terrestres, il regagna le couvent dont les agitations de la vie publique lui avaient fait souvent regretter la douce solitude. Après avoir été témoin de toutes les horreurs que le fanatisme peut faire commettre à des hommes revêtus d'un caractère sacré, il renonça à occuper le monde de son nom et de ses plaintes, et s'enfonçant, avant le temps, dans le silence de la tombe, il voulut être mort à tout ici -bas* Si, une fins encore,

(1) Actes du Brigandage d^Éphèse, p. 143-U4.

(2) Ibid., p. 172.

quelques aimées plus tard, Thistoire nous reparle de lui, c'est son successeur sur le siège d'Antioche qui vient troubler le repos dû à sa mémoire» par compassion pour ses malheurs.

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