‹ Le pseudo-synod connu dans l'histoire sous le nom de Brigandage d'EpheseChapitre 4 sur 27 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Antheatlclté de ees Aetes démontrée par les témoignages des auteurs syriens.

N'aurions-nous à notre disposition que les renseignements fournis par les auteurs grecs et latins qu'il nous serait encore possible de démontrer la complète authenticité des Actes du Brigandage d'Éphèse, ainsi qu'on vient de le voir.

Les preuves intrinsèques et les iprexxy es. extrinsèques, harmonieusement combinées ensemble, seraient plus que suffisantes pour écarter tous les doutes, pour résoudre toutes les difficultés et pour engendrer une complète certitude.

Mais, grâce aux découvertes accomplies de notre temps, nous n'en sommes plus réduits à ces seuls moyens d'informations, et les littératures de l'Asie chrétienne, devenues aujourd'hui accessibles, nous apportent des matériaux précieux, sinon abondants, sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres.

Il était tout naturel de demander à la littérature syrienne quelques renseignements sur le synode d'Éphèse, puisque c'est cette littérature qui nous en a con-

serve le» A^tes. Las doGuments anciens^ qu'elle contient en si grand nombre, pouvaient nous apprendre des faits nouveaux. C'était là un espoir qui ne semblait pas être mal fondé, et, nous pouvons maintenant le dire, le résultat a dépassé nos espérances. Nous avons compulsé rapidement les collections de manuscrits de nos dépôts scientifiques, et en peu de temps les matériaux sont venus s'accumuler entre nos mains, en plus grand nombre que nous ne l'avions espéré d'abord. Ce ne sont plus aujourd'hui quelques allusions aux Actes du Brigandage d'Éphèse que nous pouvons présenter au public; ce sont des citations explicites, variées, étendues, ou, ce qui n'est pas moins concluant, des analyses détaillées de diverses procédures.

Il va sans dire que ces témoignages, très-importants par eux-mêmes, augmentent de valeur à nos yeux, par cela seul qu'ils s'échelonnent le long des siècles, de manière à nous conduire presque à des récils ou à des faits contemporains. Qu'ils émanent d'auteurs connus ou qu'ils appaïUiennent à des auteurs anonymes, peu importe; il faut les citer ici, car, désormais, ils deviennent la propriété de l'histoire, et la science demande à les connaître.

Nous ne parlerons pas des allusions plus ou moins concluantes qu'on rencontre dans quelques auteurs du moyen âge, comme Bar Hébréus (1226-1286) et Denys bar TsaUbi (Xn«-XIIIe siècles), mais des renseignements que nous fournissent les collections de canons, les chaînes patristiques et les auteurs syriaques les plus anciens.

Les premiers témoignages qui se présentent à nous, en suivant l'ordre des temps, se trouvent dans les col-

lections canoniques ou palristiques du VIl« et du VIII* siècle. A celte époque de luttes théologiques ardentes, où les esprits se passionnaient pour un mot et pour un accent, les auteurs syriens composèrent d'énormes traités où la théologie et la philosophie étaient passées en revue dans les questions les plus importantes qu'elles soulèvent.

Ce n'était pas seulement à la raison qu'on faisait appel; c'est encore, et, peut-être même plus qu'à toute autre chose, au sentiment de l'antiquité chrétienne. On citait ce qu'avaient pensé ou écrit les grands auteurs du christianisme, et la parole d'un saint docteur ou le témoignage d'un écrivain inspiré suffisait pour résoudre le plus ardu problème de philosophie morale, de théologie dogmatique ou d'anthropologie. La plupart des littératures anciennes nous ont conservé des traités de ce genre, vrais monuments de patience, œuvres gigantesques, qui nous remplissent à la fois d'étonnement et d'admiration, où la tradition chrétienne tout entière défile en quelques instants sous nos yeux, dans la personne de ses plus illustres représentants.

La bibliothèque du couvent de Nitrie, déposée maintenant au Musée Britannique, contient plusieurs œuvres de ce genre, qui louchent à la fois à la philosophie, à l'histoire, à la théologie, à la palristique, au droit canon, etc., véritables encyclopédies où toute la science chrétienne de l'époque est analysée, défendue, démontrée.

Nous les avons parcourues, et nous y avons trouvé des citations textuelles de nos Actes, même des citations de notre traduction. Le manuscrit syriaque 12155 du Musée Britannique, par exemple, cite la traduction

syriaque contenue dans le manuscrit 44530, à quelques légères variantes près. Ce manuscrit contient : l^ deux citations de la lettre de Théodoret aux moines (1) (P> 112 6, 4 et 2), sous ce titre : « Fragment de Théodoret extrait du tome lu devant le synode, peu après le commencement; il y parle contre Cyrille et contre le concile qui, après avoir reçu ses chapitres, anathématisa Nestorius. » La suscription du tome présenté par Pelage (2) est rapportée de la façon suivante : « Voici comment est intitulé le livre présenté par Pelage : Livre de Théodoret en faveur de Diodore, athlète de la foi (3). > Quant aux divers extraits rapportés dans nos Actes et dont la source n'est indiquée nulle part, le manuscrit 42155 en cite plusieurs sous le titre : « Extraits du livre où Théodoret attaque l'écrit de Cyrille contre Diodore (4), » mais les citations sont moins littérales que les précédentes; plusieurs mots diffèrent dans les deux manuscrits, de telle sorte que, tout en y reconnaissant une seule et même version, on voit'que les citations d'un manuscrit ne sont pas faites sur l'autre. Il a donc dû y avoir plusieurs copies de nos Actes chez les Syriens. Au folio 113 a, 1, le scribe ou l'auteur qui a copié le manuscrit 12155 ajoute cette note importante à la suite d'une longue citation qu'il fait de Théodoret : « Il est clair, dit-il, que Théodoret a composé cet écrit après avoir fait la paix avec Cyrille, car il a été condamné pour ce motif par Dioscore et son synode. D'ailleurs, le*

(1) Voir plus loîQ.

(2) Voir Actes du Brigandage d'Éphèse, 119-120.

(3) Manuscrit syriaque 12155 du Musée Britannique, f> 112 6, 2. — Cf. W. Wright, Catalogue ofsyriac manuscripts, etc., III, 938.

(4) Manuscrit syriaque 12155 du Musée Britannique, ^ 112 6^ 2,

passage de iCyi^He q\L% cite : Un senA fite, 4iykK)mflous, etc., est tiré de la lettre à Succerwus, leitoe ^ (Cyrille dit clairement qu',it avait déjà fait la paix avee les Qrientuux (1). * Le naême manuscrit eile ^oore «» autre passage des homélies de Théodoret à Anlmhe, fA ce passage est évidemment tiré, pour le îmi «t f^vur la for^ie, 4e notre traduction.

Or, le manuscrit 42155 est du VII« ou du VIU© &ièo^ probablement de Ta» 747 (2). Les Actes du BrigaMag^ d'Éphèse étaient donc connus, à cette époque, parmi ie^ Syriens, et m les considérait comme absolun^^ Wjrbesk-p tiques. Un ^utre manuscrit du même gei^e et du mêm^ temps contient également quelques-une^ 4e3 citatious que nous venons de rapporter, mais e^ ^ipinis grand nombre (3). Voilà pour les témoigpages anonywas extraits des auteurs syriens du VU® et du VIU^ ^ipele.

De ce que ces témoignages sont anion^jne$^ ji b^ faur dr£Ût pas en conclure qu'ils sont sans valeur^ Au ^m^ traire, les ouvrages d'où ils sont tirés, leur caf^ctér<^ classique et leur forme doctrinale prouvant qu'o^ fli'élpr vait pas alors le moindre doute sur les écrits qu'op y citait.

Arrivons maintenant aux témoignages émax\stxït d'auiteurs connus.

Nou§ en possédons trois : c'est d'abord la citatiQU d'ww lettre de Dioscpre à Domnus, que nous rencontrons dans un traité adressé à Sergius par Sévère, le célèbre pa-

(1) Manuscrit syriaque 12155 du Musée Britannique, ^ \i3 a, \, — Actes du Brigandage d'Éphèse, il9, note c,

(2) W. Wright, Catalogue of syriae m^nuscripts, etc.. Il, 921- 955, surtout 955, cqJ. a.

(3) W. Wrigbt, Catalogue of syriac $nanyacript$, etp«« II, ^68, .et raaA\i8Cfrit syri?,^ 1^^-

triarcbe iqtrus d'Ântiocbe (512-518). SéTère, écrivant en grec, citait^ sans aucun doute, ce document d'après l'original. Toujours est-il que la traduction syriaque de son livre difiëre de celle de nos Actes (1).

Quand on songe que Sévère vivait au commencement du VI® siècle, et qu'il connaissait toute la littérature chrétienne antérieure, on ne peut pas s'empêcher de reconnaître que son témoignage, même partiel et sur un seul point, est du plus grand poids. Et cependant, bâtons-nous de le dire, nous avons mieux que tout ce que nous venons d'exposer.

Que diraient les adversaires de l'authenticité de no9 documents si nous citions des analyses entières de nos Actes, et si, dans ces analyses, nous retrouvions, non seulement l'ordre et la série des faits, l'ensemble et la suite des arguments, mais souvent les expressions employées par notre traducteur? Le doute serait-il possible, et pourrait-on suspecter des pièces que l'antiquité tout entière, que des écrivains presque contemporains ont admises comme émanant du synode d'Éphèse?

Voilà cependant ce que nous possédons encore aujourd'hui. Nous avons deux témoignages plus explicites que tout ce que nous avons allégué jusqu'ici : l'un du milieu du Vl® siècle, l'autre du commencement du VI«

(1) Manuscrit syriaque 17154 du Musée Britannique, f> 32 a. — Nous avons signalé à M. S.-G.-F. Peiry tous les témoignages /)ue , nous allons c\ter. Le docte éditeur du Brigandage é^Êphèse nous a fait espérer qu'il publierait les textes originaux en lorroe d'appendice. Voici dans quels termes Sévère cite Dioscore : c Dioscore, le martyr du Christ, le seul qui ne fléclôt ^s le genou devait Baal, dans rassemblée de vanité, écrivait fUnai à AMunus, qui fut ^^daj»t un temps sur le siège d'Antiocbe, au sujet de ^eva qui autaqmâaot Cyrille. »

ou de la fin du V® siècle. Le premier est dû à un moine nommé Sarghîs, qui vivait dans un couvent de jjjcée (enSyrie) (1), durant la première moitiéTu VI« siècle, puisqu'il était presque contemporain de Paul II, patriarche d'Antioche (518-521) (2). Voici, du reste, à quelle occasion il composa le traité que nous allons citer :

€ Un jour,. dit-il, Jean Haghîra, celui-là même qui a quitté le couvent de Mar Bassus, rencontra Texcellent prêtre Mar Jean Sabas, lequel a servi de maître à Mar Sarghis, le reclus du couvent de Nicée (Nîquîa). Jean Haghîra se donna beaucoup de peine pour exciter Mar Jean Sabas et le détacher de la communion du bienheureux patriarche Mar Paul (518-521). Mais, une fois qu'il eut exposé toutes ses plaintes, Sabas lui répondit avec une certaine animation : Pourquoi, seigneur, avezvous abandonné la communion du patriarche Mar Paul, sans lui faire connaître les calomnies que vous débitez sur son compte lorsqu'il est absent ? — A cela, Jean (Haghîra) répondit : Les saints Pères ont agi ainsi dans les anciens temps.

€ Le vénérable Sabas le pria alors de mettre par écrit les raisons qu'il avait de se plaindre du patriarche. Jean Haghîra accéda volontiers à ses désirs; mais au lieu de se contenter de rédiger ses plaintes (contre Paul), il osa encore calomnier les saints conciles de l'Église, disant • qu'eux aussi avaient agi de la même manière, en excommuniant certaines personnes sans eooamen. Cet écrit

/ (i) Cette localité est encore mentioimée par Josué Stylite, dans /' sa Chronique sur les guerres de Quabad. (Voir Assémani, Biblioth. orient, I, p. 279, col. 2.) (2) Acta Sanctorum, t. IV, Julii, p. 93-94.

est parvenu aux mains de Mar Sarghîs, dont il a été question plus haut, par Tintermédiaire de Sabas, son maitre. Mar Sabas a, en outre, résolu les objections, et transmis à son disciple les réponses suivantes (1). »

On comprend sans doute déjà le sens des paroles qu'on vient de lire. Jean Sabas reprochait à Jean Haghîra d'avoir condamné le patriarche Paul d'Antioche, sans l'entendre. A quoi Jean Haghîra répondait que les Pères et les conciles avaient agi de la sorte dans quelques cas ; et il citait des exemples pour prouver son dire.

Or, parmi ces exemples figurait, heureusement pour nous, celui du Brigandage d'Éphèse, Jean Haghîra disait: « Ibas et Théodoret furent excommuniés par Dioscore et par son synode, sans être cités. — Domnus, patriarche d'Antioche, fut déposé de la même manière, parce que des fidèles avaient remis des libelles contre lui, libelles qu'on trouve encore aujourd'hui parmi les actes du synode (2). »

Voilà un des faits sur lesquels Jean Haghîra s'appuyait pour légitimer sa conduite. On voit que cette objection nous porte au cœur même de notre sujet. Pour la détruire et pour montrer que, la parité n'existant pas entre le.s deux cas, l'induction était fausse, Jean Sabas dut discuter l'histoire d'Ibas, de Théodoret et de Domnus, et c'est précisément dans cette discussion qu'il

(1) Manuscrit syriaque 14602 du Musée Britannique, ^ 95 a. — Cf. W. Wright, Catalogue of syriac manuscripts, etc., II, 714. — Peut-être est-il question de ce Mar Sarghîs dans le manuscrit syriaque 14155, f» 81 b. (Cf. W. Wright, Catalogue of syriac manuscripts, etc, III, 933.)

(2) Manuscrit syriaque 14602 du Musée Britannique, fo 95 a, 2.

Dons apprend des détails de la plus haute împortanee pour nous.

Mar Sabas, ou Sarghis son disciple, commence par s'écrier : « Qui donnera des eaux à ma tête et des sources de larmes à mes yeux pour que je pleure amèrement? » Et après ces exclamations bibliques, traitant Dioscore de tyran qui induit en erreur les âmes, con-^ damnant également ' Ibas, Théodoret et Domnus, il s'exprime ainsi au sujet de l'évêque d'Édesse : c Les habitants d'Édesse, lassés des maux innombrable^s qu'Ibas leur faisait souffrir, présentèrent à l'empereur Théodose, de sainte mémoire, une requête où ils déploraient amèrement les crimes de leur pasteur. C'est pourquoi le pieux empereur, touché de compassion, ordonna à Photius, é\^êque de Tyr, à Eustathe, évêque de Béryte, et à Uranius d'Imérie d'examiner les accusations intentées à Ibas. Quelles étaient ces accusations? -^ Tout le monde peut le voir par les Actes de Béryte. Mais comme on différait de rendre le jugemait pour des raisons que le texte des Actes nous fait connaître, et comme les accusateurs importunaient incessamment l'empereur de leurs plaintes, celui-ci ordonna au deuxième synode d'Épbèse de revoir le jugement rendu sur Ibas à Béryte. Interrogés par le concile dont ils fai^ saient partie, sur le jugement qu'ils avaient rendu à pro^ pos d'Ibas, Photius et Eustathe s'exprimèrent ea ces termes (1). >

Mar Sabas, l'auteur du traité que nous analysons, ^ite ensuite la réponse des juges de Béryte : < lb$s a été accusé devant nous au sujet de la foi, etc. (2), » mais

(1) Manuscrit syriaque 14602 du Musée Britannique, fo 95 a, S. (%) "Voir dans les AcUi du Brigandage d'Éphèse, p. 14.

chus une tnuhietîon différente de ^sefla que noue possé^ dons. €e n'est partout : Sabas passe ensuite aux proo^ dures qui eurent lieu à Édesse, et continue ainsi sa narration : « Pour ma part, je crois que les dépositions des auditeurs et des compagnons habituels d'Ibas prou* vent surabondamment qu'on rendit un jugement équitable à propos de sa foi. Quelle est l'étendue et la force de ces dépositions? C'est ce qu'on peut voir par ce qui fut dit et écrit, au sujet d'Ibas, dans les procédures dressées à Édesse. Les juges ont déclaré, en effet, qu'elles faisaient jbi des témoignages dii*igés contre lui. Elles montrent, d'ailleurs, que des personnes de toutes classes, de la ville et des environs, que les femmes môme vinrent l'accuser devant le gouverneur d'Édesse, Chéréas. Pour résumer ces accusations en peu de mots, rappelons qu'on l'accusa d'avoir rédigé par écrit les mauvaises doctrines de Nestorius (1), d'avoir pillé le sanctuaire, d'avoir fondu une partie des ustensiles sacrés, qui étaient en argent, pour ^ faire le service de sa table (2), d'avoir vendu et volé le prix du reste, d'avoir enfin enlevé des trésors con^dérables destinés au soulagefiftent des pauvres ou à la délivrance des captifs (3). On l'accusa de sorcellerie, et on nomma ses complices (4). On le traita de conducteur de chars (5), pance qu'il ne rougissait point de se livrer quelquefois à cet exôrcice dans ses orgies. On dressa des actes mr tous ces faits, et cm les porta i la connaissance du bienveiilaAt empe^

(1) Àeies du BriganSage ^Épikète^ p. 90,

(2) Id,, p. 20, 29, 66.

(4) Id., p. 30.

(5) nié.

reur Théodose. Celui-ci ayant lu et examiné ces actes, leur donna son approbation et les transmit au saint concile, le second d'Éphèse. On les lut, avec la lettre impie d'Ibas au Persan Maris, en présence de Photius, d'Eustathe, des accusateurs, et ce n'est qu'après cette procédure que le saint concile rendit, sur l'évéque d'Édesse, la sentence qu'il méritait (1). »

Sabas, ayant ainsi résumé succinctement la partie de nos Actes qui concerne Ibas, termine, peu après, par cette réflexion : c A-t-on fait rien de semblable pour le patriarche Mar Paul? — J'adjure tout auditeur de prononcer là-dessus, comme s'il était en présence de Jésus-Christ, le scrutateur de toutes choses (2). »

Ensuite il aborde la cause de Théodoret : c Pourquoi raconter son histoire? dit-il. — Est-il quelqu'un qui ignore son dévoûment à Nestorius? Est-il quelqu'un qui ne sache comment il a lutté, e!i parole et par écrit, pour les hérétiques Théodore et Diodore? Qui ne connaît également les pamphlets qu'il a dirigés contre le docteur de l'Église Cyrille? — Pour le moment, je laisse de côté tout le reste; je me contente de citer la lettre qu'il a écrite à Jean d'Antioche après la mort du bienheureux Cyrille (3). »

Sabas cite donc plusieurs fragments des lettres de Théodoret à Jean d'Antioche (96 6, 97 a, 4), à Andrée de Samosate, à Alexandre de Maboug, à Nestorius et aux moines dé la Cilicie. Pour cette dernière lettre, le passage cité est le même que dans le manuscrit 12155 ; seule, la traduction est différente. Après cela vient un

(1) Manuscrit syriaque 14602 du Musée Britannique, f» 96 a,

(2) Ibid.

(3) Ibid., f» 96 6, 1. - Cf. TiUemont, Mémoires, XV, 259.

fragment des prédications de Théodoret en présence de Domnus : « Personne n'oblige plus maintenant son voisin à blasphémer. Où sont ceux qui disent que Dieu a été crucilié ? Dieu ne saurait être crucifié. C'est l'homme Jésus-Christ qui a été crucifié... Il n'y a plus de dispute. L'Egypte et l'Orient portent le même joug. L'envie a succombé, et avec elle est ensevelie la discorde. Silence à ceux qui font souffrir la divinité (1) ! >

Arrivant enfin au procès de Domnus, Sabas raconte très-succinctement l'ensemble des faits : « Quand ces blasphèmes et ces impiétés eurent été lus et publiés devant le second synode d'Éphèse, on lut aussi les lettres du bienheureux Dioscore à Domnus, lettres où le patriarche d'Alexandrie priait son collègue d'empêcher Théodoret d'enseigner publiquement les honteuses doctrines de Nestorius. On lut également les lettres de Domnus à saint Dioscore, lettres où il défend la doctrine de Théodoret, prétendant qu'elle est orthodoxe, et où il attaque les douze chapitres du bienheureux Cyrille. Il fut également remis contre Domnus des libelles émanant d'hommes dignes de foi, et ce ne fut qu'après un sérieux et complet examen que le saint Concile procéda à la déposition de tous ces personnages (2). »

Il n'est pas besoin de faire ressortir la valeur d'un pareil témoignage; l'auteur avait sous les yeux un exemplaire des Actes du Brigandage d'Éphèse quand il écrivait, car les détails dans lesquels il entre sont nombreux, précis et exacts. Jamais document ne se présenta plus à propos pour résoudre une controverse.

(1) Manuscrit syriaque 14602 du Musée Britannique, f» 97 6, 1.

(2) Ibid., fo 99 6, 1 ; 99 6, 2.

Saba» éclaircit quelques passages de nos Actes, et nos Actes nous aident, à leur tour, à comprendre les pas« sages du traité de Sabas qui, sans eux, demeureraient quelquefois très-obscurs.

Le traité que nous venons de citer a dû être écrit de Tan 520 à l'an 530, c'est-à-dire quelques années avant le manuscrit 14530 du Musée Britannique* Le manuscrit 44,602 est lui-même de la seconde moitié du VI« ou du commencement du VU® siècle.

Nous possédons enûn un dernier témoignage, un témoignage peut-être plus ancien que le précédent, celui de Philoxène, le célèbre auteur monophysite, qui passa toute sa vie à guerroyer contre les orthodoxes, et qui, pour celte raison, fut exilé deux fois sous le règne de Justin et de Justinien (1). Philoxène est connu depiiis longtemps comme un des plus ardents sectaires des luttes théologiques du V« et du VI« siècle ; mais ce qu'on connaît moins, c'est sa science, son érudition, sa valeur littéraire. H passe, à juste titre, pour un des auteurs syriens les plus purs et les plus féconds. Ses écrits sont malheureusement encore à peu près complètement inédits, et il ne paraît pas vraisemblable qu'on les publie d'ici longtemps.

Dans une lettre adressée aux moines de Tel-Ada, le célèbre évêque de Maboug faisait à ses correspondants l'histoire des anciennes controverses chrétiennes et répondait, sans doute, à des difficultés semblables à celles que nous avons vu faire plus haut par Jean Haghîra, son contemporain. Dans cette vue rétrospective du passé chrétien, Philoxène dut naturellement parler du synode

(1) Assémani, Bibliotheca orientons, Ih page 10*46.

d'Éphèse et examiner quelques-unes des causes qui y furent jugées. Il parait s'être étendu complaisamment sur plusieurs d'entre elles ; malheureusement nous n'a-^ vons retrouvé qu'un fragment de cette lettre dans un manuscrit du Musée Britannique; mais elle existe proba^blement à Rome, à la bibliothèque du Vatican (1). C'est là que devront aller la chercher un jour ceux qui voudront la publier tout entière.

Dans la partie de cette lettre qui manque, Philoxène parlait de Théodoret, ainsi qu'on le voit facilement par ce qui suit. Voici comment il s'exprime dans les fragments que nous avons retrouvés : « Théodoret a cou- Vert d'opprobres le fils de Dieu crucifié quand il a dit : € Comment celui qui donne la vie est-il devenu mortel, f ou comment ressuscite-t-il les morts, celui qui a été € livré à la mort ? Il n'est pas Dieu celui qui a souffert ; € c'est un homme que Dieu a pris parmi nous. 9 Théodoret a dit encore : « Les souffrances appartien- € nent à l'homme qui est passible ; l'impassible est au- « dessus de toute souffrance. C'est la forme de l'esclave € qui a souffert, et voilà pourquoi lui-même a dit : a Pourquoi cherchez-vous à me tuer? > Ce n'est pas à la € vie divine qu'on peut donner la mort, mais à ce qui a € une nature mortelle. » Ailleurs, il dit encore: « Celui € qui a souffert n'est pas Dieu ; c'est l'homme que Dieu « a pris parmi nous. Lorsque donc nous nous servons

(1) Assémani, Bibîioth. orient., 1, p. 569, col. b, codex xxvli, et II, p. 37, col. &. — La première lettre aux moines de Tel-Ada va de la page 1 à la page 29. La seconde va de la page 29 à la page 58 du manuscrit. A Londres, nous n'avons que des fragments de ces deux lettres. Il nous est impossible de dire à laquelle des deux est empnmté le fragment que nous allons citer.

€ du mot incarnation, nous adorons comme un seul € fils et celui qui a pris et celui qui a été pris, tout en € distinguant les natures. 11 n'y a qu'une personne, à € la façon dont Notre-Seigneur a dit de l'homme et de f la femme : Ils ne sont pas deux, mais une seule € chair (j). > Nous disons également, en parlant de l'union, qu'ils ne sont pas deux, mais une seule chair. De même que la dualité de l'homme et de la femme n'empêche pas qu'on les appelle une seule chair, de même la dualité des natures n'empêche pas l'unité de personne. Lorsque nous distinguons les natures, nous ne parlons pas de la substance (q'nouma) sans la personne (partsoupa), car la nature du fils de l'homme est parfaite aussi bien que sdLpartsoupa. IL en est de même de la divinité. Mais si nous considérons l'adhérence (des deux natures), nous ne parlons alors que d'une partsoupa. Quand nous distinguons, au contraire, les deux natures, nous appelons parfaite la personne (partsoupa) du fils de l'homme et parfaite la personne du fils de Dieu. Théodoret disait enfin : « Thomas toucha f celui qui était ressuscité et adora celui qui Pavait « ressuscité (2). >

Philoxène, après avoir cité ces fragments de Théodoret, attaque avec passion le concile de Calcédoine, qui avait reçu l'évêque de Cyr : « S'il faut condamner la déposition de Théodoret, pourquoi ne pas condamner également la déposition de Nestorius? ]► s'écrie-t-il, en citant une parole attribuée à l'empereur Théodose.

Du procès contre Théodoret, l'évêque de Maboug

(1) Évangile de saint Mathieu, xix, 5.

(2) Manuscrit syriaque 14663 du Musée Britannique, f» 11 a. — Voir Actes du Brigandage d'Éphèse, page 154.

— sapasse aux procédures dirigées contre Tévéque d'Édesse, IbaSj^t il cite quelques-unes de ses paroles, « afin que les vrais fidèles sachent, dit-il, en quoi consiste Torthodoxie de l'impiété. Ibas disait donc, en un endroit : ^ Je ne porte pas envie au Christ qui est devenu Dieu, « car je deviendrai ce qu'il est devenu, puisqu'il est de « la même nature que nous (1). » Dans une homélie, la veille de Pâques, il disait encore : t Dieu le Verbe « savait que Jésus devait se justifier par ses œuvres (2) ; » et, le jour de Pâques, il ajoutait : « Aujourd'hui, Jésus « est devenu ijnmortel (3). » Une autre fois, parlant de l'enfer, il affirmait que « c'était une simple menace « écrite pour nous effrayer (4). b Lisant les paroles de Notre-Seigneur, il niait le jugement et blasphémait sans crainte, comme l'impie qui a dit dans son cœur : « 11 « n'y a point de Dieu. » Ailleurs, il s'exprunait ainsi : « Autre est celui qui est mort, autre celui qui est aux « cieux ; autre celui qui est au commencement, autre « celui qui a commencé ; autre celui qui est né du Père, « autre celui qui est né de la Vierge (5). » N'osait-il pas même ajouter: « Si Dieu est mort, qui donc a « vivifié et ressuscité celui qui était mort? » Quelle effrayante impiété (6) ! « Quand on insulte la pourpre, « observait-il, c'est l'empereur qu'on insulte, de même « faut-il dire que la Passion doit être attribuée à « Dieu (7). » Ibas disait encore : « Que les Juifs cessent

(1) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 45 et suiv.

(2) Id., p. 48.

(3) Id., p. 50.

(4) Id., p. 50.

(5) Id.,p. 51.

(6) Ibid,

(7) Ibid.

c de se glorifier, car ils n'ont crucifié qu'un pur € homme (1)... Marie n'est pas mère de Dieu (2). » Écrivant à l'impie persan Maris, Ibas attaquait les douze chapitres du bienheureux Cyrille, soutenait que Nestoritts n'avait pas été déposé, que le bienheureux Théodore avait prêché la vérité et instruit l'Église, non seulement pendant qu'il était en vie, mais encore depuis qu'il était mort. Il enseignait aussi que l'adoration est due seulement à la nature venue de Dieu (par essence), et qu'elle n'était due au fils de Marie qu'à cause de son adhérence au Verbe. Jésus-Christ, selon lui, était c<Mnposé et divisible. De même que la grâce a rempli le temple né de Marie, de même remplit-elle encore ceux qui le craignent. « On teignit de sang, ajoutait-il, la tunique de « Joseph ; de même le Seigneur n'a-t-il souffert que « dans la tunique venant de Marie (3). » Il va sans dire que ces paroles d'Ibas excitent la colère de Philoxène, et que l'ardent monophysite y trouve un nouveau motif d'anathématiser le concile de Calcédoine, parce qu'il avait absous l'évêque d'Édesse de tous les crimes dont on l'accusait. Voulant même donner plus de force à sa pensée, il oppose les évêques d'Éphèse aux éyêques de Calcédoine, et rappelant leurs paroles dans ces deux circonstances, rapprochant leurs sentences les unes des autres, mettant en relief leurs contradictions, il s'efforce de déverser sur la tête de ces pasteurs criminels ou pusillanimes le ridicule et l'insulte.

C'est bien, du reste, le procédé qu'employait, trente ou quarante ans auparavant, le patriarche d'Alexandrie

(1) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 51.

(2) Ibid.

(3) Ibid.

Googïe

Timotbée^ quand il é^Wait son Kvre passionné contre le concile r^ralteur de Calcédoine.

€ Voici, dit Pbiloiéne, les crts que poussèrent les Pères do saint synode qui anathématisa Ibas, quand ils entendirent éni^mérer ses blasphèmes : c Épargnez « notre ouïe! s'écriaient-ils. Voilà des parcdesqui coo- « viennent à des païens. Les démons sont (dus pieux f qo'Ibas. Tous nous anathématisons Ibas! Quiconqve « parle ainsi mérite d'être brûlé (4) ! > Voilà, continuet-il, les cris que profèrent les Pères, quand ils anathématisent Ibas ! Ils crient de la sorte, tant qu'ils demeurent fidèles à la vérité. Mais, dès qu'ils l'abandonnent, comme le firent les évéques de Calcédoine, ils changent bien vite de langage (2). »

Le témoignage de Philoxène de Maboug n'est pas seulement important pour démontrer l'authenticité d'un document qui ressort déjà du document lui-même. À ce point de vue, c'est une déposition hors ligne; mais il est plus particulièrement important, quand il s'agit de découvrir l'auteur de la version syriaque des Actes du Brigandage d'Éphèse. Il parait assez probable, en effet, qu'il n'a existé qu'une seule traduction en cette langue, laquelle traduction est citée littéralement par Philoxène au VI« siècle, et par les collecticms encyclopédiques des théologiens de la Syrie chrétienne, au VII* et au Ville siècles. Jean Sabas paraît avoir eu le texte grec sous les yeux, et c'est pourquoi sa version diffère de la nôtre.* Il semblerait donc qu'il n'existait pas de sou temps d'édition de nos Actes parmi les Syriens, ou que, du moins, elle était peu connue. Aussi, en combinant tous ces

(1) Actes du Brigandage d^Éphèse, p. 61-62.

(2) Manuscrit syriaque 1466^ chi Mutée Britamîque, f> it a-b.

faits et en rapprochaQt tontes ces observations, on serait assez facilement conduit à penser que Philoxène est l'auteur de notre version des Actes du Brigandage d'Éphèse. Le sujet lui est extrêmement familier ; il parle et écrit. absolument comme un auteur qui cite ses précédents ouvrages (i).

C'est une conjecture que nous émettons ici ; elle ne passera peut-être jamais à rétat de certitude; il faudrait pour cela qu'on possédât quelque texte formel, quelque témoignage explicite. Néanmoins, nous croyons que si on retrouvait tout entière la lettre de Philoxène aux moines de Tel-Ada, il serait possible dé se prononcer sur ce point d'une manière plus catégorique et plus définitive.

On voit donc que l'authenticité des Actes du Brigandage d'Éphèse^ retrouvés dans le manuscrit 14530 du Musée Britannique, ne peut être l'objet du moindre doute. Il eût suffi de les rapprocher des détails épars dans les auteurs occidentaux, grecs et latins, pour tirer cette conclusion, sans craindre de se tromper; mais cette conclusion acquiert un degré de plus d'évidence, dès qu'on invoque les témoignages contenus dans les littératures de l'Asie chrétienne. Gène sont plus de simples allusions, des détails isolés que nous y rencontrons ; ce sont des analyses de pièces entières, des citations nombreuses, variées, textuelles, précises, qui se rapportent à tout l'ensemble de nos documents. La littérature syrienne nous a fourni, toute seule, une ample moisson de textes et de preuves. Que serait-ce si nous

(1) Ainsi, en rapportant les paroles de Théodoret et d'ibas, il suit Tordre adopté dans les Actes. C'est au moins une preuve qu'il avait ces Actes sous les yeux et qu'il ne citait point de mémoire.

explorions les littératures copte et arménienne? Nous sommes convaincus d'avance qu'elles aussi contiennent des témoignages clairs et péremploires. Peut-être même retro'uvera-t-on un jour, dans les manuscrits coptes de Turin, ou dans les manuscrits arméniens d'Etchmiazin, un texte complet qui permettra de combler les lacunes de nos Actes. Il serait étrange, en eflfet, que les monophysites d'Arménie et d'Egypte n'aient pas recueilli des pièces qui intéressaient, à un si haut degré, leur communion religieuse (1).

Les manuscrits syriaques de Nitrie nous ont conservé également la traduction d'un ouvrage que Timothée iElure écrivit contre le concile de Calcédoine et contre le tome de saint Léon-le-Grand, dans la seconde moitié du V« siècle. Il y est fréquemment question du Brigandage d'ÉphèsCy et des fragments notables de la première session sont même cités, mais il n'y a qu'une courte allusion aux sessions suivantes. Timothée assistait à tous les événements, en qualité de compagnon ou de secrétaire de Dioscore. Il dit qu'on y surnomma le patriarche d'Alexandrie « le gardien de la foi, » et qu'on écouta ses discours « à l'instar des oracles de l'Esprit-Saint (2). » Nous retrouvons ces exclamations ou des exclamations analogues dans les actes syriaques. C'est une dernière

(1) Npus avons feuilleté quelques manuscrits arabes dont les titres semblaient pleins de promesses (mss. 90, 162) ; mais nos espérances ont été déçues. Dans l'ancien catalogue des manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, on lit, sous le n» 90 : fo Defensio concilii Ephesini secundi cui prœfuit Dioscorus, adversus Eutychium Alexandrinum, à quo in annalibus latrocinium Ephesinum appellaiur. Malheureusement, cette description est menteuse. Sous le no 162, on lit également à tort : Historia concilii Ephesini secundi.

(2) Manuscrit syriaque 12156 du Musée Britannique, f» 56 6, 2.

confirmation à ajouter aux précédentes. Peut-être deviendra-t-elle un jour plus importante, si on arrive, comme nous n'en doutons guère, à découvrir, parmi les débris que nous a laissés la littérature copte, Toriginal du livre de Timothée dont nous ne poss&ions aujourd'hui qu'une traduction incomplète.

Et maintenant que nous voici arrivés au bout de cette exploration entreprise dans le domaine des antiques littératures chrétiennes, jetons un regard en arrière ; rappelons-nous ce que nous avons lu dans les encyclopédies du VII« et du VIII« siècle, dans Jean Sabas, dans Philoxène, dams Sévère ; condensons tous ces témoignages nombreux, variés, étendus, textuels, précis; faisons attention qu'ils embrassent presque tous les actes qu'on vient de retrouver, et rapprochant tous les détails qu'ils nous fournissent des renseignements que nous avons recueillis chez les Grecs et chez les Latins, chez Évagre (1), chez Libératus (2), chez Victor de Tunnones (3), chez l'auteur du Bréviculus (4), chez Prosper d'Aquitaine (5), ou chez les épistologràphes contemporains du conciliabule d'Éphèse, comme Théodoret (6) et saint Léon (7). Oui, rapprochons tous ces témoignages, et demandons-nous s'il est possible de douter que nous ayons devant bous une des plus importantes pièces historiques que nous ait léguées le passé. Il suffit de

(1) Évagre (538-593), Histoire ecelésiaUi^, 1, 10. — Pcàrologie grecque de Mîgne, iXXXVI, col. 2U7-2450, S497-2510.

(2) Patrologie UUine de Migne, LXVIII, col. 941.

(3) Ibid., col. 1003-1006.

(4) Jbid., LVIU, cpl. 929-930.

(5) fttd., U, col. 601-602.

(6) Patrolpffie grecque de Migne, LXXXV.

(7) Pêi/rologie haUne de Migoe, LIV.

poser une pareille question pour que tout le monde y réponde. C'est l'antiquité elle-mêiofte, ce sont les chrétiens d'Asie et les chrétiens d'Europe, les partisans et les adversaires du faux synode qui se sont chargés, de siècle en siècle, de démontrer l'authenticité d'un document qu'un heureux hasard vient d'exhumer. L'histoire peut donc s'en servir, sans crainte de faire fausse route; désormais il lui appartient pour toujours.

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