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ont fait leur apparition. On aperçoit, en effet, un nombre considérable de petits points rouges, disséminés un peu partout, recouverts d’une squame de coloration blanche, nacrée, dont la blancheur s'exagère au grattage, laissant apparaitre, après l'arrachement du dernier lambeau, un derme saignant. Les surfaces d'extension sont encore particulièrement touchées el des espaces de peau jusque-là respectés sont envahis, la région sternale et mammaire entre autres. On y compte une vingtaine d'éléments jeunes, papulo-squameux. Les vieilles plaques sont restées en l’état; leurs dimensions n’ont pas augmenté, mais les bords sont plus rouges et plus nets qu'ils ne l'ont été à un moment donné. Quelques nouveaux éléments en sont très rapprochés et semblent avoir une tendance à se fusionner,
13 avril : Le malade a voulu se lever et à pris froid. La fièvre est remontée; elle atteint 40° le soir; celle du matin est très variable; cela constitue une suite d’oscillations très irrégulières. La langue est rouge et saburrale; l'anorexie est complèle. Le malade se sent très alteintetse plaint de douleurs assez vagues; toutefois, lorsqu'il tousse, cela lui fait mal « entre les deux épaules »; maintenant, il souffre autant d’un côté que de l’autre. Nous l'examinons soigneusement et nous découvrons en haut, à gauche et en avant un nouveau foyer d'infiltration. La submatité occupe la région sous-clavière un peu en dehors de la convexité; cette région est très sensible et douloureuse à la percussion. Les vibrations y sont exagérées, le murmure vésiculaire a perdu son intensité et son moelleux; l'expiration paraît plus longue que l'inspiration; toux émétisante; chaque gorgée de lait avalée proyoque une quinte et i'évacuation successive. C'est vraiment le type de ces malades qui toussent parce qu'ils mangent et qui vomissent parce qu'ils toussent. À ce régime débilitant, les forces du malade déclinent, l'œil est éteint, les commissures labiales abaissées. J..., anhélant, est toujours assis dans son lit.
Les éléments psoriasiques nouveaux qui avaient paru vouloir progresser conservent leurs dimensions et demeurent très limités; les papules sont moins rouges; aucune d’entre elles ne s’est fusionnée avec les autres : elles sont restées distinctes. Les vieilles plaques,
* aux couleurs éteintes, sont en voie de disparition. La desquamation, toutefois, est devenue très discrète et l’on ne trouve plus dans le lit
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les amas épidermiques du début; aucune d'elles, non plus, ne donne au toucher de sensation de rugosité : le doigt glisse sans rencontrer : d'aspérités, on a plutôt une sensation amidonnée.
A partir de ce moment, l'évolution de ce second foyer se fait progressivement. [l ne tarde pas à se ramollir et une nouvelle caverne se constitue. Des souffles, répartis dans toute l'étendue du poumon, avec des zones de submatité, font soupconner de la congestion. Le malade ne réagit plus; la cachexie fait son apparition, bientôt suivie des œdèmes.
Tous les éléments psoriasiques disparaissent les uns après les autres, en commençant par les plus anciens, à la grande stupéfaction de l'intéressé qui n’en croit pas ses yeux.
J... meurt le 25 juin 4915, n'ayant pas trace de psoriasis ; à peine une légère pigmentation persistait-elle au niveau des vieilles lésions. Le malade n'avait jamais absorbé d'arsenie ni subi aucun traitement
local.
En résumé, cette observation nous montre un psoriasique, qui devint probablement tuberculeux de bonne heure, puisqu'il vivait dans un milieu contaminé et que ses premières bronchites remontent à son enfance. Longtemps, toutefois, le parenchyme pulmonaire se défendit : la maladie de notre homme était cataloguée bronchite chronique. La dermatose, apparue dès l’enfance elle aussi, sans qu’on puisse établir de priorité, n'avait jamais rétrocédé, même pendant la pleurésie, et nous insistons sur ce point que nous avons fait spécifier au malade : « Jamais ça n’a changé », nous a-t-1il toujours répondu. Mais un jour, sous une influence quelconque, la défense est venue à fléchir, une localisation pulmonaire s’est faite et a commencé à évoluer; en même temps, nous assistons à ce phénomène curieux de la régression du psoriasis. Puis le processus se ralentit et l’efflorescence se reproduit de nouveau. Vienne une nouvelle poussée tuberculeuse, et la dermatose va progressivement s’effacer jusqu’à la disparition totale au moment de la mort.
Ce phénomène de balancement nous parut curieux et ce fut ! lui, nous l’avouons, qui attira notre attention et nous le fit
signaler à nos maîtres ainsi qu’à notre entourage médical. Très aimablement, le docteur Santini nous donna de précieuses indications qui nous permirent de retrouver dans les auteurs les interprétations qu'on en avait données et les déductions pathogéniques qu'on en avait tirées. C’est de ce fait initial que nous sommes parti, cherchant, sans idée préconçue, si nous avions enregistré une coïncidence fortuite ou si le cas était plus fréquent que nous ne le croyions, ce qui entraïnait d'assez grosses conséquences. = | |
Nous n'eûmes pas le temps de nous décourager. Dès le mois suivant, dans notre service de femmes, nous voyions rentrer une malade qui était atteinte de rhumatisme, de psoriasis et venail faire soigner à l'hôpital « un gros rhume qui trainait ». On se doute de l'attention avec laquelle nous procédâmes à un minutieux examen, dont voici la consignation :