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bien admis que la syphilis était une maladie microbienne avant de connaitre le tréponème; on admet bien que la verrué vulgairé est une maladie microbienne, et on n’en connait pas le microbe ». C'est exact, mais personne ne pouvait douter de l’inoculabilité de la syphilis; sa conlagiosité s'imposait par un ensemble de faits tellement évidents que nul n'aurait osé la nier. Il en est de même pour le psoriasis.
» Dès lors, pour nous, le psoriasis ne peut encore, à l'heure actuelle, être considéré comme une entité morbide vraie, ayant une étiologie et une pathogénie bien définies. Ce n’est pour nous qu'un syndrome objectif, caractérisé par un certain nombre de symptômes et de lésions anatomo-pathologiques. Dès que certains faits ne présentent plus, d’une manière complète, ces symptômes objectifs et ces lésions anatomo-palhologiques, ils ne font plus partie du syndrome psoriasis; ils conslituent un autre syndrome plus ou moins voisin du syndrome psoriasis, suivant l'aspect des symptômes qui le composent, et pouvant d’ailleurs être étroitement relié à lui par d'insensibles faits de passage. Mis Hi
» Aussi, ne pouvons nous comprendre que l'on discute à l'heure actuelle pour savoir si les parakératoses psoriasiformes doivent être rattachés aux psoriasis vrais. Ce sont deux syndromes distincts et un syndrome qui n'est qu’une conception d’un observateur, conceplion faite pour faciliter le groupement et la classification des cas cliniques, ne peut être rattaché à un autre syndrome, quelque analogie qu'il puisse avoir avec lui; il peut simplement en être rapproché, s’il a avec lui des ressemblances objectives anatomo-pathologiques et évolutives.
(Remarquons, au passage, que Brocq déclare ne faire de distinction que pour faciliter le groupement et la classification).
» Par contre, deux ou plusieurs syndromes peuvent être rattachés à une seule et même entité morbide quand il est prouvé que le même agent pathogène peut provoquer l'apparition de ces syndromes objectifs différents : c’est ainsi que l’ulcération tuberculeuse de la peau et le lupus vulgaire non exedens ont été tous les deux rattachés à la tuberculose. Il est donc fort
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possible que plus tard on démontre que le psoriasis, que les” parakératoses psoriasiformes, peut-être même que d’autres syndromes objectifs doivent être rattachés à une seule ét même entité morbide.
D'autre part, un même syndrome peut s’observer dans deux entités morbides distinctes : c'est ainsi que l’urticaire peut être symptomatique d’une intoxication par les fraises, de la rupture d’un kyste hydatique. 1/ n’est donc pas illogique d'admettre que : des causes différentes pourraient provoquer l'apparition du syndrome psoriasis.
Il est enfin à la rigueur possible que la cause première du psoriasis ne soit pas une infection microbienne, mais une, intoxication spéciale de l’organisme, quelle qu’en puisse être l’origine. Pour le moment, nous ne pouvons que répéter que notre ignorance sur tous ces points est totale, et nous devons nous garder de raisonner comme si nous savions quelque chose de précis. |
Donc, si nous ne voulons pas nous payer de mots, nous sommes obligé, à l'heure actuelle, de ne considérer le psoriasis que comme un syndrome et, si nous tenons compte de tous les enseignements de la clinique, nous devons relever les faits suivants : : |
De nombreux cas de psoriasis sont momentanément curables par des méthodes thérapeutiques externes, à l'exception de toute médication interne et de toute mesure d'hygiène alimentaire À cet égard, le psoriasis semble bien se conduire comme : une affection de nature parasitaire externe; mais il convient d'ajouter que, dans la plupart de ces cas, des récidives se produisent avec une plus ou moins grande rapidité, fort souvent quelques jours à peine après la cessation de la médication locale. Ceci, au premier abord, semble être un argument décisif contre la nature parasitaire externe de l'affection. En effet, ni la trichophytie, ni le favus, ni la plupart des autres affections cutanées d’origine parasitaire, quand elles sont bien guéries,ne rédicivent avec cette ténacité. Cependant il convient de remarquer que le pityriasis versicolor, qui est nettement parasitaire,
se conduit à peu près comme le psoriasis (1); et, d'autre part, ilne serait pas impossible que l'agent pathogène du psoriasis fût un microbe commun qui deviendrait actif sur certains terrains.
Eu outre, il est justè de reconnaître que lorsqu'on a poussé fort loin le traitement externe du psoriasis, jusqu'à la disparition de tout veslige de l'éruption, la période de guérison est infiniment plus longue que lorsqu'on s’est contenté d'un à peu près. Quand surtout on continue, après la disparition lotale de l'éruption, à faire de (emps en temps des applications nocturnes générales de préparations antipsoriasiques, on peut, dans cerlLains cas, pas toujours malheureusement, prévenir les récidives.
Tous ces faits sont des arguments de premier ordre en faveur de la nature parasitaire de cette dermatose.
D'autre part, des faits cliniques incontestables démontrent que lespsoriasis est assez souvent soumis à des évolutions saison- nières, à des alternalives d'aggravation et d'améliorations spontanées : les améliorations spontanées vont parfois jusqu'à la disparilion complète de l’éruption pendant des laps de temps plus ou moins longs. Ceci n'est guère en faveur de la nature parasitaire de cette affection.
Le régime végétarien, dans un grand nombre de cas, mais pas toujours, facilite singulièrement l'action des topiques externes. Alors que, par un lraitement externe intensif, nous u’oblenions pas d'amélioration notable, alors qu'il produisait même des aggravations, nous avons vu maintes fois le végétarisme total modifier la scène morbide, calmer les poussées éruptives, contribuer puissamment à les faire disparaître. Nous avons vu ces mêmes sujets rester indemnes de psoriasis tant qu'ils continuaient le végétarisme total et en être de nouveau atteints quand ils reprenaient des œufs et de la viande.
(1) 11 a été démontré expérimentalement que le pilyriasis versicolor était une dermalo-mycose d’origine luberculeuse, ce qui cadre parfailement avec ce que nous allons avancer.
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Nous avons fait disparaître des éruptions intenses du psoriasis en donnant uniquement de l’arsenic à l’intérieur à doses massives, sans faire le moindre traitement local, Par contre, dans la plupart des cas, l’arsenic semble n'avoir que peu ou poiut d'effet.
Nous avons obtenu des succès dans certains cas en donnant de l'extrait thyroïdien; dans d’autres, en faisant des injections mereurielles. On a modifié des psoriasis en donnant du salicylate de soude, l’iodure de potassium à hautes doses, elc.
IL semble que le psoriasis se développe parfois sous l'influence
de chocs nerveux, qu’il remplace, dans certains cas, d’autres manifestations morbides chez les sujets de la catégorie dite vulgairement en France, arthritiques nerveux, etc.
Que conclure de tous ces renseignements fournis par la cliuique? Aucun d’eux n’a une valeur absolue, aucun d’eux ne nous permet d'affirmer que le psoriasis est une entité morbide bien définie due, soit au développement sur.les téguments d'un parasite externe, soit à l'infection de l'économie par un parasite interne, soit à une viciation définie de l’organisme.
IL est certain que l'hypothèse qui semblerait le mieux cadrer avec tout ce que nous venons de signaler, ce serait celle que soutient le D° Pollitzer, d’un parasite cutané qui se développerait plus ou moins bien, suivant les modifications subies par le terrain, et, suivant les cas, il: faudrait pour rendre le terrain inapte à son développement, soit le végétarisme, soit l’administration du corps thyroïde, soit celle du mercure, etc...
Mais tant que ce parasite restera inconnu nous ne pouvons, comme nous l'avons expliqué plus haut, admettre cette vue de l'esprit.
Nous avons établi qu'en attendant nous devons considérer le psoriasis comme un syndrome, et nous sommes obligé d'admettre que suivant les sujets 2/ semble que des influences pathogéniques variables président à sa genèse. On peut donc le considérer comme un mode spécial de réaction de la peau pouvant se développer sous l'influence de plusieurs causes occasionnelles, souvent même sans aucune cause occasionnelle appréciable,