‹ Le puff;Chapitre 22 sur 71 · ANTONIA, ALBERT, MAXENCE · texte numérisé non relu

ANTONIA, ALBERT, MAXENCE

maxence, courant vivement à Albert.

Ah ça! maintenant qu'il n'est plus là... expliquons-nous? ce que tu viens de faire et de dire a-t-il le sens commun ?

ANTONIA

Qu'est-ce donc ?

maxence.

Je m'en rapporte à ma sœur elle-même ! qui est de bon conseil. Ce vieil avare... ce grippe-sou millionnaire, Desgaudets, en un mot, dans un moment non lucide, dans un accès de fièvre au cerveau, lui propose à lui, officier sans fortune, sa fille en mariage !

ANTONIA

Est-il possible !

MAXENCE

Tu es comme moi, tu n'en peux revenir ! le fait te semble fabuleux, et voilà qui l'est plus encore... Albert refuse...

ANTONIA

Vous, Monsieur !...

Albert, avec trouble Oui, Mademoiselle... chacun a ses idées... je ne tiens pas aux richesses... qu'en aurais-je fait ? maxence.

Il fallait toujours accepter... sinon pour toi... du moins pour tes aiiis... en revanche, nous t'aurions guéri de ta passion !•. .

antonia, avec curiosité.

Une passion...

maxence.

Autre absurdité! à laquelle il sacrifie un avenir superbe !

ANTONIA

Et sans doute... monsieur Albert est payé de retour ?

albert, vivement.

Non, Mademoiselle... et je n'ai jamais pensé que ce fût possible.

maxence.

Quelque bégueule!., quelque prude,., quelque dévote...

ANTONIA

Vous la connaissez donc... mon frère ?

maxence.

Pas du tout... il n'a jamais voulu me la nommer...

ce qui est déjà mauvais signe. Lorsque j'aimais

quelq'un qui en valait la peine... tout le monde le

savait... dans ces cas là... il faut de la franchise.. (Passant à la table à gauche reprendre ses papiers et son portefeuille.) et il en aura peut-êtr > plus avec toi.

antonia , s' approchant d'Albert qui vient je se jeter dans un fauteuil à droite.

Si ma bonne vieille tante était là.. . vous lui diriez tout, j'en suis sûre !

ALBERT

Peut-être !

antonia, s' asseyant près de lui.

Eh bien, Monsieur, ne puis-je la remplacer

et si mes conseils... si mon amitié... déjà ancienne... a sur vous encore quelque pouvoir... maxence, d'un ton brusque.

Eh oui !.. dis à ma sœur... ce qui en est... elle ne te trahira pas... nomme lui la personne pour qui tu te meurs d'amour ?

ANTONIA

Oui, Monsieur, parlez... quelle est-elle? albert, après un instant d'hésitation et à voix basse.

Vous !

antonia, se levant vivement.

0 ciel!

f maxence, se retournant de la table à droite. Eh bien! la connais-tu ?

antonia, vivement.

Non !.. il refuse. Il n'a voulu rien dire !

maxence.

Tant pis pour lui !

antonia, avec émotion. Mais nous retenons ici monsieur Albert... qui est attendu chez un chef de bureau... il y va de ses intérêts.

albert, vivement.

Ah ! qu'importe ?

antonia.

Non vraiment !... il ne faut pas les négliger...

MAXENCE

Certainement.

antonia, timidement.

Demain, monsieur Albert... et si mon frère le permet..*

MAXENCE

Comment donc ?

ANTONIA

J'aurai à yous parler.

albert, avec émotion.

Est-il possible !

maxence, riant.

Pour lui dire ce que tu penses de sa conduite.

antonia, avec bonté.

Oui, mon frère... (A Albert qu'elle regarde avec tendresse.) Adieu monsieur Albert... (Lui tendant de loin la main.) A demain !

albert, la regardant avec expression et espoir. A demain !..

(Il tort en faisant tin geste debnheur.)

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