ANTONIA, MAXENCE
maxence, gaiement .
Ah! nous voilà seuls, parlons raison!., cela m'arrive rarement... mais quand une fois j'y suis... (A demi-voix.) Tu as reçu ma lettre ? antonia, sortant de sa rêverie .
C'est vrai !.. je n'y pensais plus.
maxence, gaiement.
Pour toi qui me sermonnes sans cesse et qui es toujours pour les partis raisonnables... je ne pouvais mieux choisir! (En confidence.) Il est ici ! antonia, étonnée.
Comment?
MAXENCE
Certain démon aveu, il vient, (Montrant l'appartement à gauche du spectateur.) demander celui de ton subrogé-tuteur, puis le tien ? antonia, vivement.
Quoi !... monsieur de Marignan !
maxence, déclamant.
C'est toi qui l'as nommé! (Avec chaleur.) Jeunesse, fortune, réputation., il jouit d'une estime universelle!..
antonia, froidement.
Universelle!., oui. Les hommes de lettres l'admirent comme un profond politique, et les hommes d'État le reconnaissent pour un grand littérateur; dans le monde, je l'ai toujours trouvé froid, sec et poli, occupé d'une seule chose, de l'effet qu'il produisait, et d'une seule personne....
MAXENCE
De toi!
antonia, souriant.
Non, de lui, pour qui il professe une préférence marquée et un amour exclusif! Du reste, sa présence ne me cause aucune peine, ni son absence aucun regret; son mérite me laisse l'usage de toute ma raison et me permet de vous dire, mon frère, que ce n'est pas là l'époux que je choisirais ! maxence, riant d'un air embarrassé.
Ah !.. ah !.. de sorte que tu ne partages pasjnon enthousiasme ?
ANTONIA
Nullement.
maxence, de même.
Et que s'il vient, tout à l'heure, pour savoir ta réponse...
ANTONIA
Vous le prierez de ne pas me la demander. maxence, de même.
Comme tu voudras... Après tout, les inclinations sont libres... et quant à mes engagements envers lui... des hypothèques, des lettres de change et autres titres exigibles, ne t'effraie pas !... il n'en sera ni plus ni moins!... si je réussis un jour... tout sera payé... c'est aisé! si je ne réussis pas