COMMENTAIRE
Terc. 9. — San-Leo, ville du duché d'Urbin. Noli, petite ville de -. de l’État de Gènes. Bismantova, montagne de Lombardie. G. A. H.
2-5. — Pla'on avait professé l'existence de trois âmes : rationnelle, concupiscible, irascible ou nutritive, au cerveau, au coeur, au foie. Aristote le contredit au traité De Anima, lib. III. Les Manichéens reproduisirent l'opinion platonicienne en la modifiant : deux âmes, l’une animale et mélée au sang, l’autre spirituelle, eu qui réside la raison. Le huitième concile général prononce sur ce point, can. XI: « Apparel quosdam in tantum impietalis venisse, ut hominem duas animas habere impudenter dogmatizent. » Le manichéisme reconnaissait deux principes. De là l'excuse de tous les désordres des sens, pourvu que la raison n'y consente pas. Le Livre des Dogmes ecclésiastiques, cité par saint Thomas : « Nous ne reconnaïssons point deux âmes en un seul homme, comme Jacques et d’autres Syriens l'ont écrit... Mais nous disous qu’il n’y a dans l'homme qu'une seule et même âme qui vivifie Je corps par sa présence, et se gouverne elle-même par sa raison. » Saint Thomas appuie cette doctrine et combat l'opinion contraire par trois raisons. 1° L'âme est la forme du corps; s’il y avait plusieurs âmes, il y aurait plusieurs antmaux. 2° S'il y avait deux formes, l’une ne pourrait se dire de l’au- : tre que par accident ; or l'animalité est au contraire de l'essence même de l'humanité. 3° Parce qu’une opération de l'âme, quand elle est intense, empêche les autres; ce qui n’arriverait point si le principe des actions n’était essentiellement un. Mais il reconnaît trois sortes de puissances, végétative, nutritive, intellective. — Dante, Convito, IV, 7. « Comme le dit le Philosophe au deuxième livre De Anima, les puissances de l'âme sont les unes sur les autres, comme la fizure du carré est sur le triangle et le pentagone sur le carré, et ainsi la sensitive est sur la végétative, et l’intellective sur la sensi-
tive. » — Il ne s’agit pas de subtilités établies. L'unité de l'âme, c'est la responsabilité et aussi la dignité de la chair, c'est l'unité de la vie humaine : c’est le secret de la force. C'est dans les jours comme les nôtres, qu'on éprouve tout ce qu'il y a de force dans cette union, dans cette harmonie de l'intelligence, de la volonté, des sens, et que ce n'est pas trop de toute notre pensée pour servir notre pays, et de tout no re sang, s’il le faut, pour le défendre.
CARACTÈRE ALLÉGORIQUE DE TOUT CE CHANT. — Ce chemin rapide, c'est celui de la pénitence, c’est la voie étroite qui mène au ciel. « Insuavem et asperam facit nobis viam virtutis longa consuetudo peccandi. — Sénèque : « Le cliemin qui mène à la vertu est « rude au commencement, parce que c'est le propre d'une âme « malade, et qui n'est point aguerrie, de se livrer à la crainte. » Si donc elle est inexpérimentée, il faut la contraindre à se mettre en route; plus tard la vertu ne lui sera point amère, car ce qui guérit ne tarde point à plaire, et quand la santé est rendue, le remède a sa volupté, |
37. — Les négligents. — La paresse maltraitée dans les Proverbes de Salomon : & Le paresseux met ses mains sous ses aisselles et c’est un travail pour lui de les porter à sa bouche‘. » Et au livre des Décrétales : « Sache donc ceci, ‘toi qui te sens coupable dé quelque erreur, autant de temps tu te souviens d'avoir passé dans l'erreur, autant dois-tu en passer à t'humilier devant Dieu. »
41. — Belacqua : — Le glossateur du. mont Cassin donne sur Belacqua le renseignement que voici : « Iste Bevilacqua fuit opti- ‘ mus magister cithararum et leutorum ct pigrissimus (sic) homo in operibus mundi, sicut in operibus anima. » C'est un peu l'i mage de cette Italie qui se laisse eridormir aux chants de ses musiciens et de ses poëtes, et qui mérita d'attendre si‘ longtemps la bberté. | |
{ Abscundet piger manum suam sub ascella sua, et | laborat si ad os suum ‘ cam converterit. (Prov., X, 24.)
lo era già da quell’ ombre partito, E seguitava l' orme del mio Duca.
Quando diretro a me, drizzando il dito, Una gridò : Ve’, che non par che luca, Lo raggio da sinistra a quel di sotto, E come vivo par che si conduca.
Gli occhi rivolsi al suon di questo motto, E vidile guardar per maraviglia
Pur me, pur me, e il lume ch’ era rotto.
Perchè 1’ animo tuo tanto s’ impiglia, Disse '1 Maestro, che l’ andare allenti?
Che ti fa ciò che quivi si pispiglia?
Vien dietro a me, e lascia dir le genti; Sta, come torre, fermo, che non crolla Giammai la cima per soffiar di venti. .
Che sempre l’ uomo, in cui pensier rampolla |
. Sovra pensier, da sè dilunga il segno, Perchè la foga l’un dell’ altro insolla.
Déjà je m'étais séparé de ces ombres, el je suivais les traces de mon guide, quand par derrière, et me montrant du doigt,
L'uned’elles s'écria:« Vois. Il me semble que le dernier des deux fait obstacle au rayon qui n’éclaire pas la terre à sa gauche. [semble qu'il se comportecomme un vivant.»
Je détournai les yeux au son de ces paroles, et je vis
les ombres étonnées me regarder moi seul, moi seul et
la lumière que j'interrompais.
« Pourquoi, dit le maître, ton esprit s'embarrasse-t-il de telle sorte que tu. retardes le pas? Que te fait ce que murmurent ceux-ci ? |
« Viens derrière moi, et laisse dire les gens. Reste comme une tour solide dont le souffle des vents ne fait jamais branler la cime ;
« Car toujours l'homme en qui une penséa jaillit sur une autre pensée éloigne de lui le but, parce quel une affaiblit l'impétuosité de l'autre. »
DEL PURGATORIO
Che potev’ io ridir, se non : l' vegno?
Dissilo, alquanto del color consperso — Che fa l’ uom di perdon talvota degno.
E intanto per la costa da traverso Venivan genti innanzi a noi un poco, Cantando Miserere a verso a verso.
Quando s’ accorser ch’ io non dava loco, Per lo mio ‘corpo, al trapassar de’ raggi, Mutar lo canto in un 0 lungo e roco,
E due di loro in forma di messaggi Corsero incontr' a noi, e dimandarne : Di vostra condizion fatene saggi.
E ’1 mio Maestro : Voi potete andarne,
E ritrarre a color che vi mandaro, Che il corpo di costui è vera carne.
Se per veder la sua ombra ristaro,
Com’ io avviso, assai è lor risposto :
Faccianli onore, ed esser può lor caro.
Vapori accesi non vid’ 10 sì tosto
Di prima notte mai fender sereno,
Nè, Sol calando, nuvole d’ agosto,
Che color non tornasser suso in meno, E giunti là, con gli altri a noi dier volta, Come schiera che corre senza freno.
Questa gente che prenne a noi, è molta, E vengonti a pregar, disse 'l Poeta; Però pur va, e in andando ascolta.
() anima, che vai per esser lieta
Que pouvais-je répondre. sinon : « Me voici? » Je le répondis, un peu convert de cette rougeur qui plus d’une fois rend l’homme digne de pardon. |
Et cependant un peu devant nous, et par le travers de la côte, venait une troupe qui chantait le Miserere verset par verset.
Quand ils s'apergurent que mon corps ne donnait point passage aux rayons, leur chant se changea en une exclamation longue et rauque,
Et deux des leurs, en manière de messagers, coururent au-devant de nous, et nousinterrogèrent : « Instruisez-nous de votre condition. »
Et mon maître : « Vous pouvez aller, dit-il, et rapporter à ceux qui vous en voient que le corps de celui-ci est chair véritable.
«S'ils se sont arrêtés pour considérer son ombre, comme je le devine, on leur a amplement répondu : Qu'ils lui fassent honneur: il peut leur devenir précieux.» - Jamais je ne vis au commencement de la nuit les vapeurs embrasées fendre si rapidement le ciel serein, ni au coucher du soleil l'éclair traverser si promptement les nuées d'août, ,
Que ces àmes ne retournassent en moins de temps ‘encore vers la hauteur, et arrivées là, elles revinrent courant à nous avec les autres, comme un escadron qui s'élafice à toute bride. |
« Cette foule qui nous presse est nombreuse, dit le poëte, ils viennent t'adresser une prière. Va donc toujours, et tout en cheminant, écoute : |
«0 toi, âme qui, pour mériter le bonheur, l'en vas
to
DEL PURGATORIO
Con quelle membra, con le quai nascesti, Venian gridando, un poco il passo queta.
Guarda, se alcun di noi unque vedesti, ‘Si che di lui di là novelle porti :
Deh perchè vai? deh perchè non t' arresti?
Noi fummo già tutti per forza morti, .
E peccatori infino all’ ultim’ ora:
Quivi lume del ciel ne fece accorti Si che, pentendo e perdonando, fuora Di vita uscimmo a Dio pacificati, Che del disio di sè veder n' accora.
Ed io : Perchè ne' vostri visi guati, Non riconosco alcun; ma s’a voi piace Cosa ch’ 10 possa, spiriti ben nati, Voi dite, ed io farò per quella pace, Che, dietro a’ piedi di sì fatta guida, Di mondo in mondo cercar mi si face.
Ed uno incominciò : Ciascun si fida
Del beneficio tuo senza giurarlo, :
Pur che "1 voler nonpossa non ricida.
Ond’ io, che solo, innanzi agli altri, parlo, T1 prego, se mai vedi quel paese |
Che siede tra Romagna e quel di Carlo, Che tu mi sie de’ tuoi prieghi cortese
In Fano si, che ben per me s' adori,
Perch' io possa purgar le gravi offese. :
Quindi fu’ io, ma li profondi fori,
Ond' usci '] sangue; in sul qual io sedea,
Fatti mi furo in grembo agli Antenori, Là dov io più sicuro esser credea :
PT TO CINESE
A CHANT \. 401 avec les mêmes membres que tu apportas à ta naissance, modère un peu tes pas; » ainsi allaient-ils criant.
« Regarde si tu vis jamais quelqu'un de nous dont tu puisses rapporter là-bas des nouvelles. De grâce pourquoi t'en vas-tu? Pourquoi ne t’arrêtes-tu point?
« Nous mourûmes tous de mort violente, et nous restàmes pécheurs jusqu'à l'heure dernière; c'est alors
que la lumière du ciel nous fit ouvrir les yenx,
«Si bien que, repentants et pardonnant, nous sortîmes de la vie réconciliés à Dieu, qui tourmente notre coeur du désir de le voir. »
Et moi : « J'ai beau fixer vos visages, je ne reconnais
persohne; mais si telle chose vous plait qui soit en mon
pouvoir, esprits prédestinés,
« Dites-la et je l'accomplirai au nom de cette paix qui se fait chercher par moi de monde en. monde, sur les traces du guide que voici. »
Et l’un d’eux commença : «Chacun a confiance dans tes bons services, sans qu'il soit besoin de serment, pourvu que l'impuissance ne détruise pas ta volonté. |
«D'où vient que moi, qui seul te parle avant les autres, je Le conjure, si jamais tu. vois le pays situé entre la Romagne et le royaume de Charles,
«De m'assister généreusement de tes prières à Fano, de façon qu'on prie beaucoup pour moi, et que je puisse expier mes graves offenses.
«C'est là que je naquis; mais les profondes blessures d’où sortait le sang qui me portait me furent faites au giron des fils d’Anténor,
«Au lieu mème où je me croyais le plus en sûreté, le
DEL PURGATOLI).
Quel da Esti il. fe far, che m’ avea in ira Assai più là che dritto non volea.
Ma s' io fossi fuggito inver la Mira, Quand’ i’ fui sovraggiunto ad Oriaco, Ancor sarei di là dove si spira. -
Corsi al palude, e le cannucce e il braco - M' impigliar si, ch’ io caddi, e li vid’ io Delle mie vene farsi in terra laco.
Poi disse un altro : Deh, se quel disio Si compia che ti tragge all’ alto monte; :
Con buona pietate aiuta 11 mio.
lo fui di Montefeltro, i' son Buonconte :
Giovanna, o altri non ha di me cura; Perch’ io vo tra costor con bassa fronte.
Ed io a lui : Qual forza, o qual ventura Ti traviò si fuor di Campaldino, “Che non sì seppe mai tua sepoltura? .
Oh, rispos' egli, appiè del Casentino ::
Traversa un’ acqua c’ ha nome l’Archiano,
Che sopra |’ Ermo nasce in Apennino: .r :
Là ’ve ’1 vocabol suo diventa vano.
Arriva 10 forato nella gola,
Fuggendo a piede, e sanguinando il piano.
Quivi perdei la vista, e la parola
Nel nome di Maria fini, e quivi
Caddi, e rimasse la mia carne sola. : l’ dirò "1 vero, e tu "1 ridi tra i vivi:
CHANT V. | 105 seigneur d'Este fit commettre le crime, lui qui m'avait pris en haine bien plus que la justice ne le voulait.
« Sì je me fusse enfui vers la Mira, quand je fus arrivé à Oriaco, j'habiierais encore au lieu où l’où respire.
« Mais je courus au marais, et les roseaux et la fange me retinrent de telle sorte que je tombai, et c'est en ce leu que je vis du sang de mes veines se faire un lac sur la terre. »
Ensuite un autre me parla : « Ainsi puisse s'accomplir le-désir qui t'entraîne au sommet de la haute montagne! De grâce, aide aussi mon désir par une douce compassion !
«Je naquis à Montelfeltro, je suis Buonconte; ni Jeanne ni les autres n'ont sonci de moi; c’est pourquoi je marche le front baissé au milieu de ces morts. » | |
Et je lui dis : « Quelle violence ou quelle aventure t'égara si loin de Campaldino, qu’on ne connut jamais la sépulture? »
«Uh! répondit-il, au pied du Casentino roule un courant d'eau qu'on nomme l’Archiano, qui naît dans l’Apenmin au-dessus du saint désert.
«Là où son nom se perd, j arrivai blessé à la gorge, fuyant à pied et ensanglantant la plaine.
«C'est là que je perdis la vue, et la parole s’étergnit sur mes lèvres avec le nom de Marie; c'est là que je tombai et que ma chair demeura seule.
«Je dirai la vérité, et toi répète-la parmi les vivants :
DEL PURGATORIO
L’ Angel di Dio mì prese, e quel d’ Inferno Gridava : O. tu dal ciel, perchè mi privi?
Tu te ne porti di costui l’ eterno Per una lagrimetta che ’1 mi toghe; | Ma 10 farò dell’ altro altro governo.
Ben sai come nell’ aer si raccoglie Quell’ umido vapor che in acqua riede, Tosto che sale dove "1 freddo il coglie.
Giunse quel mal voler, che pur mal chiede, Con l’ intelletto, e mosse il fumo e il vento Per la virtà, che sua natura diede.
Inde la valle, come il di’ fu spento.
Da Pratomagno al gran giogo coperse Di nebbia, e il ciel di sopra fece intento
‘Sì, che "1 pregno aere in acqua si converse :
La pioggia cadde, ed a’ fossati venne
Di lei ciò che la terra non sofferse :
E come a’ rivi grandi sì convenne,
Ver lo fiume real tanto veloce
Si ruinò, che nulla la ritenne.
Lo corpo mio gelato in su la foce | Trovò l' Archian rubesto; e quel sospinse Nell’ Arno, e sciolse al mio petto la croce,
Ch’ io fei di me quando il dolor mi vinse :
Voltommi per le ripe e per lo fondo; loi di sua preda mi coperse e cinse.
Deh, quando tu sarai tornato al mondo,
CHANT V. 105 l'ange de Dieu me prit et celui de l'enfer criait : O toi qui viens du ciel, pourquoi me faire tort ?
«Tu emportes avec toi ce qu'il y a d’immortel en
- celui-ci, pour une petite larme qui me le dérobe : mais pour le reste je le traiterai autrement.
«Tu sais bien comment se ramasse dans l'air cette hymide vapeur qui retourne en eau aussitôt qu'elle monte dans une région où le froid la saisit.
‘« Le démon mit son intelligence au service de ce mauvais vouloir qui ne cherche que le mal, déchaîna le vent ei les nuées, avec celte puissance qu'il tient de sa nature. |
« Ensuite, et dès que le jour fut éteint, il couvrit de brume toute la vallée, depuis Pratomagno jusqu'au sommet de l’Apennin, et au-dessus il disposa les régions du ciel, |
« De telle sorte que l’air imprégné se résolut en eau. La pluie tomba, et ce que la terre n’absorba pas roula dans les ravins. ‘ |
«Et à mesure que les eaux se réunirent en torrents, elies se précipitèrent vers le fleuve royal avec tant de rapidité, que rien ne les retint.
« L'Archiano impétueux trouva sur son embouchure mon corps glacé, et le pousse dans l’Arno, et défit sur ma poitrine la croix
« Que j'y fis de mes bras quand je fus vaincu par la douleur. Il me roula sur ses rives et sur ses bas-fonds, pis il m'enveloppa et me couvrit du sable dont il avait fait sa proie. »
« De grâce! quand tu seras retourné au monde, et re-
10) DEL PURGATORTO.
E riposato della lunga via, Seguitò il terzo spirito al secondo, 45 Ricorditidi me, che son la Pia:
Siena mi fe, disfecemi Maremma:
Salsi colui che innanellata pria, o Disposato m' avea con la sua gemma.
CHANT V. 107 posé de ton long voyage, » dit un troisième esprit succédant au second, I
«Souviens-toi de moi, je suis la Pia. Sienne me donna la vie, la Maremme me la reprit. Celui-là le sait bien, qui m'épousant m'avait mis au doigt la pierre de son anneau. »
En reparaissant devant vous après les grands événements qui viennent de s’accomplir ‘, je suis heureux de ne trouver dans mes souvenirs de six ans de leçons aucune parole que j'aie à retirer aujourd’hui. Vous m'avez toujours connu passionné pour la liberté, pour les conquêtes légitimes des peuples, pour les réformes qui moralisent les hommes en les relevant, pour ces dogmes d'égalité et de fraternité qui ne sont que l'avénement de l'Évangile dans le domaine temporel.
Aujourd’hui je reviens à des études moins inopportunes qu'elles ne semblent. J'y reviens pour donner, autant qu'il est en moi, le bon exemple de la confiance dans l'ordre qui sera mieux maintenu par l'unanimité des citoyens que par l’échafaudage des fictions légales. J'y reviens parce que le poëte que nous expliquons est le poëte du présent comme il fut celui-de son siècle, le poëte de la liberté comme celui de l’Italie et du christianisme. Il n'ya pas d'esprit si hardi qui n’ait à s'instruire à l’école de ce républicain de Florence, si sévère pour les fautes des pouvoirs contemporains, si emporté dans son amour pour l'indépendance de sa patrie. ll n°y a pas de grande question parmi cellés qu’on agitera bientôt autour de nous qui n'ait ému cette puissante intel-
1 Reprise du cours après les événements du 24 février 1848.
CONMENTAINE DU CHANT V. 109 ligenee. C'est le privilége des hommes de génie de prendre possession des temps futurs, par la hardiesse prophétique de leurs vues, de toucher à ce fond de la nature humaine qui ne vieillit jamais, de rester toujours jeunes, toujours au niveau des générations qui se succèdent, et de les accompagner jusqu'au bout, comme l'étoile avec laquelle le navigateur est parti, et qui luit encore sur sa tête quand il touche au port. Dante a pris Virgile pour guide ; pourquoi ne pas marcher à la suile de Dante?
Terc. 26. — Padoue, dont la légende attribuait la fondation à Anténor. G. À. H.
26. — Extrait pe L’Orrimo Commento. — Le marquis d'Este, Azzo de Ferrare, fit tout son pouvoir en son temps pour se créer des alltances à Bologne, et cela dans l'intention d'acquérir la seigneurie de la ville, comme il avait celle de Ferrare. Il en trouva beaucoup, tant par argent que par promesses. Le peuple de Bologne, s'apercevant de ceci, et craignant de lomber sous une seigneurie tyrannique, chassa de la ville tous ceux qu’on croyait ou qu'on pouvait présumer amis du marquis, et quelques-uns furent justiciés, et on en fit grande déconfiture dans toute la seigneurie et le gouvernement de Bologne. Or il arriva que les Bolonais appelèrent maître Jacopo del Cassero pour être le podestat de la cité, et il en vint prendre l’administration. Celui- .là ne se lint pas content d’agir contre les amis du marquis, mais il répétait sans cesse les calomnies populaires répandues contre lui: savoir, qu'il avait déshonoré sa belle-mère, qu'il était descendu d’une lavandière, et qu'il était chétif et couard, et jamais la langue du podestat ne se rassasiait de l’avilir. Ainsi, par actions et par paroles, il excita si bien la colère du marquis, que celui-ci trama sa mort. Quand donc Jacopo eut quitté le gouvernement de Bologne, il ne cessa d’avoir sur ses talons les assassins apostés par le marquis pour le tuer quand ilsen auraient trouvé la facilité. Dans la suite, messire Mattéo Visconti, étant seigneur de Milan, choisit Jacopo pour podestat. Celui-
ci accepta la fonction et vint par mer jusqu'à Venise, puis, quand il voulut aller à Padoue, ceux qui étaient à sa chasse le tuèrent dans la vallée d’Oriaco. Maigfenant ce même Jacopo, dans les vers qui suivent, prie Dante de notifier à ses parents l'état où il l’a vu, afin qu'on fasse pour lui quelque prière qui puisse abréger sou exil.
La foule de ceux qui ont péri de mort violente est grande. Le tort du moyen âge est de n'avoir pas assez respecté la viede l’homme. L'antiquité ne la respectait pas; la barbarie encore moins. Lutte du christianisme, Non occides, Ecclesia abhorret a sanguine. — L'\talie du moyen âge. Vengeances sanglantes, supplices politiques. Instabilité des républiques italiennes, fondées sur la violence. La légende rapporte qu'on trouva une tête fraichement coupée dans les fondations du Capitole. Si l’on jette des têtes dans les fondations des républiques modernes, elles ne se soutiennent pas.
80. — Mort de Buonconte de Montefeltro. Le combat de l’ange et du démon est un lexte favori des légendes chrétiennes.— Dago- ‘. hert poussé par les diables dans la barque, d'où viennent l’arracher saint Maurice et saint Martin. — Charlemagne mis en jugement. Les démons jettent ses péchés dans la balance, saint Jacques et saint Martin mettent dans l’antre bassin les églises et abbayes qu'il “a fondées et qui le font absoudre.
Admirable récit dans la vision d’Albéric!. Le riche voluptueux. Ses larmes sur la captivité de son rival. Après sa mort, le démon l’accuse; mais une larme de charité recueillie par l'ange efface sa condamnation.
Une larme de cette poésie chrétienne suffit aussi pour effacer toutes les pages sanglantes du moyen àge.
91. — BATAILLE DE CAMPALDINO. — Arezzo, guelfe comme le reste de la Toscane, se fit giheline en 1287 à l’instigation de son évêque Ubertino de Pazzi, qui y appela en qualité de capitaine de guerre Buonconte de Montefeltro. Les Guelfes, chassés d'Arezzo, viennent implorer le secours de Florence. Ligue de tout le parti guelfe, Florence, Bologne, Lucques, Pistoia, -environ douze mille hommes, 1289. Récit de Dino Compagni. « Au jour fixé, les Florentins portèrent les enseignes en avant pour entrer sur le territoire
. Voir les Sources de la Divine Comédie, œuvres complètes, t. V, p. 415,
des ennemis; ils traversèrent le Casentino par des mauvais chemins où, s'ils eussent trouvé l'ennemi, ils eurent essuyé de graves dommages. Mais Dieu ne le voulut pas, et ils arrivèreut près de Bibbiena, en un lieu qui se nomme Campaldino, où étaient les ennemis, et ils s'arrêtèrent et se mirent en bataille. Les capitaines de la guerre mirent les feditori uu front de la bataille, et au-devaut furent placés les hommes armés de pavois au champ blanc avec le lis vermeil. Alors l’évêque, qui avait la vue courie, s'écria : « Qu'est-ce que ces murailles? » Et on lui répondit : « Ce sont les pavois des ennemis. » Messire le baron de Mangiadori de San-Miniato, cavalier hardi et éprouvé en fait d'armes, rassembla les hommes d'armes et leur dit : « Seigneurs, les guerres de Toscane se décidaient autreiois par une charge vigoureuse, le combat ne durait guère, et peu de gens y mouraient, l’usage n’étant point de les tuer. Aujourd’hui, la coutume est changée, l'art de vaincre c’est de tenir ferme. Je vous conseille donc d’avoir du cœur et de les laisser assaillir. » Et il fut résolu
qu'on ferait ainsi. Les Arétins menèrent la charge si vigourense-
ment et avec tant de force, que l'armée des Florentins recula de beaucoup. La batail'e devint opiniâtre et dure, Messire Corso Donati avec la bande de Pistoia prit les ennemis en flanc, les flèches pleuvaient, les Arétins en avaient peu, et étaient attaqués sur les flancs où ils étaient découverts. L'air élait couvert de nuages et la poussière trèsépaisse. Les gens de pied des Arétins se jetaient accroupis sous le ventre des chevaux, le couteau à la main, et les éventraient. De leurs cavaliers: plusieurs s'avangèrent si fort,*qu’au milieu de l'armée il y en eut beaucoup de tués de part et d’autre. Ce jour-là, beaucoup dont on avait estimé la prousse furent trouvés lâches, et plusieurs dont on ne parlait pas acquirent de la gloire. Du côlé des ennemis périrent l'évêque et messire Guillaume de Pazzi, hardi cavalier, Buoncon!e et Loccio de Montefellio et d’autres vaillants hommes... Les Arétins furent vaincus, non par lâcheté ni par défaut de prouesse; mais à cause du trop grand nombre de leurs ennemis, qui les mireut eu déroute et en tuèrent un grànd nombre. Les soldats florentins, habitués à la poursuite des fuyards les assommaient, les paysans n'en avaient pas de pitié. »
Dante avait pris part au combat comme il l’attestait dans une lettre où il déclare qu’il éprouva du commencement une grande crainte, et à la fin une extrême joie, à cause des vicissitudes de la bataille,
Quando sì parte il giuoco della zara, Colui che perde si riman dolente Ripetendo le volte, e tristo impara; | Con l’altro se ne va tutta la gente :
Qual va dinanzi, e qual diretro il prende, E qual da lato gli si reca a mente;
El non s'arresta, e questo e quello intende; À cui porge la man, più non fa pressa; E così dalla calca si difende.
- Tal era io in quella turba spessa,
Volgendo a loro e qua e là la faccia,
E promettendo mi sciogliea da essa.
Quivi era |” Aretin, che dalle braccia
Fiere di Ghin di Tacco ebbe la morte;
E l'altro che annegò correndo in caccia.
Quivi pergava con le mani sporte
Federigo Novello, e qual da Pisa
Che fe parer lo buon Marzucco forte.
Quand on quitte le jeu de dés, celui qui" perd demeure chagrin, répétant les coups, et triste il s’étudié à mieux faire;
Avec le gagnant s’en va toute la troupe : l’un marche devant, l’autre le suit par derrière; et le troisième de côté se rappelle à son souvenir ; |
Lui ne s'arrête point, il écoute l'un et l'autre; celui à qui il tend la main cesse de le presser; et c'est ainsi qu'il se défend de la foule.
Tel j'étais dans cette multitude pressée, tournant vers eux mes regards à droite et à gauche, et à force de promesses, je me dégageais.
Là, je vis l'habitant d'Arezzo qui reçut la mort du bras cruel de Ghino di Tacco, et cet autre qui se noya quand ses ennemis lui donnaient la chasse.
Là priaient, les mains étendues, Federigo Novello et ce jeune homme de Pise qui fit paraître la force d'âme du généreux Marzucco.
DEL PURGATORIO
Vidi Cont’ Orso, e l’anima divisa Dal corpo suo per astro e per inveggia, Come dicea, non per colpa commisa;
Pier dalla Broccia dico : e qui provveggia, Mentr' è di qua, la donna di Brabante, Si che però non sia di peggior greggia.
Come libero fui da tutte quante Quelle ombre che pregar pur ch'altri preghi, Si che s’avaccì il lor divenir sante,
To cominciai : E’ par che tu mi nieghi, O luce mia, espresso in alcun testo,
Che decreto del Cielo orazion pieghi; E queste genti pregan pur di questo.
Sarebbe duncue loro speme vana?
O non m' è il detto tuo ben manifesto?
Ed egli a me : La mia scrittura è piana,
E la speranza di costor non falla, | Se ben si guarda con la mente sana ;
Chè cima di giudicio non s’avvalla, Perchè fuoco d'amor compia in un punto Ciò che dee soddisfar chi qui s’astalla :
E là dov io fermai cotesto punto,
Non si ammendava, per pregar, difetto, Perchè il prego da Dio era disgiunto.
Veramente a così alto sospetto Non ti fermar, se quella nol ti dice, Che lume fia tra’ vero e l’ intelletto.
Non so se intendi : io dico di Beatrice :
Je vis le comte Orso et une autre âme séparée de son corps par le ressentiment et l'envie d'autrui s’il fallait l'en croire, et non pour aucune faute qu’elle eût commise ; |
Je veux dire Pierre de la Brosse, et qu’elle y avise pendant qu'elle est sur terre, la noble dame de Brabant, ‘ afin de n'être pas un jour en pire compagnie.
Aussitôt que je fus délivré de toutes ces ombres qui priaient seulement qu’on priàt pour elles, pour hàter l'heure où elles deviendraient saintes,
Je commengai : « 0 toi qui es ma lumière, il semble que tu me nies expressément, dans un texte, que l'oraison puisse fléchir un décret du ciel ;
« Et cette foule ne demande pas autre chose. Leur espérance serait-elle donc vaine, ou ta parole ne m'est-elle entièrement claire. »
Et lui me répondit : «Le sens de mon éerit est facile, et l'espoir de ceux-ci ne les trompe pas, si l'on y regarde attentivement avec une raison saine.
« Car la hauteur du jugement divin ne s’: baisse pas, encore que le feu de l'amour accomplisse en un moment la satisfaction que doit toute âme 1c1 reléguée :
« Et dans le lieu où j'établis ce point, la souillure ne pouvait se purger par la prière, parce que la prière était séparée de la grâce de Dieu.
«Toutefois ne t'arrête point à un doute si profond, si tu n'y es invité par celle qui servira de lumière entre la vérité et ton intelligence.
«Je ne sais si tu m’entends : je parle de Béatrix. Tu la
Tu la vedrai di sopra, in su la vetta . Di questo monte, ridente e felice.
Ed io : Buon Duca, andiamo a maggior fretta;
Chè gia non m' affatico come dianzi;
E vedi omai che il poggio l’ ombra getta.
Noi anderem con questo giorno innanzi, Rispose, quanto più potremo omai;
Ma il fatto è d’ altra forma che non stanzi.
Prima che sii lassù, tornar vedrai
Colui che già si copre della costa,
Si che i suoi raggi tu romper non fai.
Ma vedi là un’ anima, che a posta |
Sola soletta verso noi riguarda :
Quella ne insegnerà la via più tosta.
Venimmo a lei : O anima lombarda,
Come ti stavi altera e disdegnosa,
E nel mover degli occhi onesta e tarda!
Ella non ci diceva alcuna cosa;
Ma lasciavane gir, solo guardando
A guisa di leon quando si posa.
Pur Virgilio si trasse a lei, pregando
Che ne mostrasse la miglior salita ;
E quella non rispose al suo dimando ; Ma di nostro paese e della vita
C’ inchiese. E il dolce Duca incominciava Mantova... E l'ombra, tutta in sè romita, Surse ver lui del luogo ove pria stava,
Dicendo : 0 Mantovano, i’ son Sordello
Della tua terra. E l’un l’altro abbracciäva.
| CHANT VI. | 117 verras plus haut, à la cime de ce mont, en un lieu riant et fortuné. »
Et moi: «0 mon bon guide, repris-je, hâtons la marche, car déjà je ne me fatigue plus comme auparavant, et vois que désormais la montagne allonge son ombre. » È « Nous marcherons aujourd’ hui, réponditil aussi loin qu’il nous sera possible. Mais le fait est tout autre que tu ne penses.
« Avant d'être là-haut, tu verras revenir l'astre qui ‘ déjà se cache derrière cette côte escarpée, de manière
.. que tu n’interromps plus ses rayons.
« Mais vois là haut, une âme qui se tient seule, toute seule, et qui regarde vers nous. Celle-là nous enseignéra la voie la plus prompte. »
Nous nous approchâmes d’elle. Ah! grande âme lombarde, comme tu té tenais altière et dedaignene grave et lente à lever les yeux!
Elle ne nous adressait pas une parole, n mais elle nous laissait passer, nous suivant seulement ‘du regard, è la manière du lion qui se repose.
Cependant Virgile s'approcha d'elle, la priant de nous indiquer le meilleur chemin. Elle ne répondit pas à sa demande. —
Mais elle s’enquit de notre pays et de notre condition, ‘et mon doux guide commença : « Mantoue, » dit-il, et l'ombre, jusque-là toute recueillie en elle-même,
Se leva du lieu où jusque-là elle se tenait, et vint à lui, disant : « O Mantouan, je suis Sordello, de ta ville chérie, » ‘et l’un et l’autre ils s'embrassèrent.
Ahi serva Italia, di dolore ostello, Nave senza nocchiero in gran tempesta, Non donna di provincie, ma bordello !
Quell’ anima gentil fu così presta, Sol per lo dolce suon della sua terra, Di fare al cittadin suo quivi festa; Ed ora in Le non stanno senza guerra Li vivi tuoi, e l’un l’altro si rode Di quei che un muro ed una fossa serra.
Cerca, misera, intorno dalle prode Le tue marine, e poi ti guarda in seno S’ alcuna parte in te di pace gode.
Che val, perchè ti racconciasse il freno Giustiniano, se la sella è vota?
Senz' esso fora la vergogna meno.
Ahi gente, che dovresti esser divota, E lasciar seder Cesar nella sella, Se bene intendi ciò che Dio ti nota!
Guarda com’ esta fiera è fatta fella, Per non esser correlta dagli sproni, Poi che ponesti mono alla predella.
| 0 Alberto Tedesco, che abbandoni
Costei ch'è fatta indomita e selvaggia, E dovresti inforcar hi suoi arcioni, Giusto giudicio dalle stelle caggia Sovra ‘1 tuo sangue, e sia nuovo ed aperto,
Tal che il tuo successor temenza n' aggia : |
Chè avete tu e il tuo padre, sofferto, Per cupidigia di costà distretti, Che il giardin dell’ imperio sia diserto.
—m——r rPmPrt___ um. cr
CHANT VI. | 119 Ah! terre esclave d'Italie, maison de douleur, navire |. sans nocher dans une grande tempête! Toi qui n'es plus la reine des provinces, mais leur prostituée!
Cette âme généreuse fut si prompte, rien que pour avoir entendu le doux nom de son pays, à fêter là-bas son concitoyen ;
Et maintenant les vivants ne peuvent se tenir chez toi sans se faire la guerre, ils se dévorent les uns les autres, ceux qu'enferment un même mur et un même fossé.
Cherche, malheureuse, tout autour de tes plages et regarde aujourd’hui dans ton sein, s’il reste un lieu qui jouisse de la paix.
A quoi sert-il que Justinien t'ait rajusté le frein, si la selle est vide? Sans lui la honte serait moindre.
Ah! nation, qui devais être obéissante et laisser César se mettre en selle, si tu entendais bien ce que Dieu l'apprend?
Regarde comme cette béte est devenue rebelle, pour n'avoir pas été corrigée de l’éperon, depuis que tu as mis la main sur la bride.
Albert d'Allemagne, toi qui abandonnes cette cavale désormais indomptée et sauvage, quand tu devrais eu- ‘ fourcher les arçons! O
Puisse un juste jugement tomber des étoiles sur ceux de ton sang! et qu'il soit éclatant et nouveau, et tel que ton successeur en demeure épouvanté!
Parce que ton père et toi, éloignés par le désir de conquérir ailleurs, vous avez souffert que le jardin de l'empire ne soit plus qu'un désert!
DEL PURGATORIO
Vieni a veder Montecchi e Cappelletti, Monaldi e Filippeschi, uom senza cura, Color già tristi, e costor con sospetti.
Vien, crudel, vieni e vedi la pressura De’ tuoi gentili, e cura lor magagne, E vedrai Santafior com'è sicura.
Vieni a veder la tua Roma che piagne, Vedova, sola, e di’ e notte chiama :
Cesare mio, perchè non m' accompagne?
Vieni a veder la gente quanto s'ama; E se nulla di noi pietà ti muove, . A vergognar ti vien della tua fama.
E se licito m' è, o sommo Giove, Che fosti in terra per noi crucifisso, .Son li giusti occhi tuoi rivolti altrove?
O è preparazion, che nell’ abisso Del tuo consiglio fai per alcun bene, In tutto dall’ accorger nostro scisso? Chè le terre d Italia tutte piene Son di tiranni, ed un Marcel diventa Ogni villan che parteggiando viene, Fiorenza mia, ben puoi esser contenta ° .
Di questa digression che non ti tocca, . Mercè del popol tuo che si argomenta.
Molti han giustizia in cor, ma tardi scocca, Per non venir senzar consiglio all’ arco :
Ma il popol tuo ha in sommo della bocca.
. Molti ritiu tan lo comune incarco;
Viens voir les Montaigus et les Capulets, les Monaldi et les Philippeschi, hommes sans souci de l’avenir, viens voir ceux-là déjà odieux, et ceux-ci poursuivis de soupçons. |
Viens, cruel, viens voir l'oppression de tes nobles, et guéris leurs blessures, et tu verras comme Santafiora est en sûreté.
Viens voir ta Rome qui pleure, veuve délaissée, et te ‘criant jour et nuit: « O mon César, pourquoi ne me fais-tu point compagnie? »
Viens voir comme les gens s'aiment, et si nulle pitié ne te touche pour nous, viens rougir de ta renommée.
Et s’il m'est permis de m'adresser à toi, è mon souverain Jupiter, qui fus sur la terre crucifié pour nous, tes justes yeux sont-ils tournés ailleurs ?
Ou bien est-ce une mesure que tu prends de loin dans l'abîme de tes conseils, pour quelque bien entièrement caché à nos regards? :
Car les cités d'Italie sont toutes pleines de iyrans, et tout vilain y devient un Marcellus s’il se jette dans un paru.
O ma Florence, tu peux bien te réjouir de cette di-
gression qui ne te touche point, grâce à ton peuple qui est sì sage.
* Beaucoup ont la justice dans le cœur, mais comme une flèche qu'ils sont lents à décocher pour ne point tirer l'arc imprudemment. Ton peuple, au contraire, la porte sur Te bord de ses lèvres. | |
‘ Beaucoup refusent le fardeau public. Mais ton peuple
122 DEL PURGATORIO
Ma il popol tuo sollecito risponde Senza chiamare, e grida : l' mi sobbarco.
46 Or ti fa lieta, chè tu hai ben onde :
Tu ricca, tu con pace, tu con senno.
| S’io dico ver, l’effeto nol n’asconde.
47 Atene e Lacedemona, che fenno L’antiche leggi, e furon si civili, Fecero al viver bene un picciol cenno 48, Verso di te, che fai tanto sottili | Provvedimenti, ch'a mezzo novembre Non giugne quel che tu d'ottobre fili.
49 Quante volte del tempo che rimembre, Legge, moneta, e ufici, e costume Hai tu mutato, e rinnovato membre!
so Esebenti ricorda, e vedi lume, |’ Vedrai te somigliante a quella inferma, Che non può trovar posa in su le piume, 51) «Ma con dar volta suo dolore scherma.
CHANT VI. 43 empressé répond sans qu'on l’appelle et s'écrie : « C'est moi qui veux porter la charge. »
Maintenant sois joyeuse, car tu-as bien de quoi; tu es riche, tu as la paix, tu as la prudence; si je dis la vérité, l'effet le témoigne.
Athènes et Lacédémone, qui firent les antiques lois, et qui furent si polies, donnèrent un petit exemple dans l'art de bien vivre,
Auprès de toi qui fais la trame de tes règlements si fine qu’on voit que le fil que tu commences en octobre n'arrive pas à la moitié de novembre.
Que de fois depuis le temps dont tu gardes la mémoire as-tu changé les lois, les monnaies, les charges, les coutumes et renouvelé les membres de l’État!
Et si tu reviens à toi-même, et que tu ouvres les yeux à la lumière, tu te verras semblable à cette malade, qui ne peut trouver de repos sur les plumes de sa couche,
- Et qui en se retournant croit se défendre de la dou- - leur.
Terc. 6. — L'Arétin. — Benincasa, juge d'Arezzo, étant vicaire du podestat à Sienne,‘fit mourir un frère de Ghino di Tacco, pour vol de grand chemin. Plus tard, Benincasa ayant été appelé à la cour de Rome, Ghino le tua et emporta sa tête. — L'Altro. — Cione de Tarlati, à la défaite de Bibbiena, fut poursuivi et se noya dans l'Arno.
6. — Federigo Rovello, mis-à mort par Fornaiuolo de Bostoli. — Marzucco alla demander à Ugolin la permission d’ ensevelir son fils.