CHAPITRE YIII
Qu'en offrant ses bonnes oeuvres pour les morts, non seulement on ne satisfait pas moins, mais on satisfait davantage pour ses péchés à la justice de Dieu.
1. — Voici la plus grande difficulté qui se rencontre en cette matière. Car il semble que, quand nous cédons aux morts la satisfaction qui est un des fruits de nos bonnes œuvres, nous nous en privons tout à fait nous-mêmes. Et en effet, si du même argent dont on paye les dettes d'un de ses amis, on ne peut pas payer les siennes, on ne peut pas non plus satisfaire pour ses péchés par les mêmes œuvres qu'on offre à Dieu en satisfaction des péchés d'autrui. D'où il s'ensuit qu'en voulant soulager les autres, on ne songe pas à s'exempter des horribles peines qu'on aura à souffrir dans le purgatoire. Or cette manière d'agir paraît contraire au bon sens et à l'ordre même de la charité, qui veut qu'on pense à soimême avant que de penser au prochain. C'est là le principal, ou pour mieux dire le seul prétexte dont plusieurs couvrent leur indifférence et leur dureté pour les morts. Aussi ne devons -nous rien omettre pour le détruire. Nous y emploierons ce chapitre tout entier et les deux suivants.
2. — Je dis donc, premièrement, que celui qui offre ses bonnes œuvres pour les morts, ne fait
pas moins, et qu'il fait môme davantage pour s'exempter de la peine due à ses péchés, que s'il ne les offrait point et qu'il s'en réservât tout le fruit. Quand j'aurai fait voir cela clairement, j'aurai détruit ce qu'on nous objecte de plus fort. Mais avant que d'en rapporter les preuves, je proposerai deux réponses qu'on pourrait faire à cette objection, et qui paraissent si convaincantes qu'il ne serait pas besoin d'y rien ajoutei .
3. — Première réponse. Qu'on croie, si l'on veut, ce qui est très faux comme on verra dans la suite, qu'on croie que nos bonnes œuvres, offertes pour les âmes des défunts, ne nous servent plus de rien pour l'expiation de nos fautes. Je dis cependant que si nous perdons un peu d'un côté, nous gagnons de l'autre infiniment davantage. La raison en est évidente. Car cet acte d'une charité désintéressée et qui n'envisage que Dieu, mérite une telle récompense dans l'éternité, . qu'un mal passager, qui est cause d'un si grand bien, doit être compté pour fort peu de chose, quelque grand qu'il soit. Le mal que j'ai à souffrir ne peut être long; le bien que j'espère sera éternel. Un homme passerait pour fou, qui, ayant une rente fort petite et ne l'ayant que pour peu d'années, n'y voudrait pas renoncer, quoiqu'il sût qu'en l'abandonnant il en gagnerait une autre mille fois plus considérable et dont il jouirait toujours. Dira-t-on que je sois plus sage, si je fais difficulté de céder mes
bonnes œuvres aux morts qui me les demandent, parce que je crains d'être condamné comme eux pour quelque temps aux flammes du purgatoire, bien je sois sûr qu'en leur faisant cette charité, j'augmenterai de beaucoup et pour jamais ma couronne dans le Ciel ?
Il est souhaitable pour moi d'éviter les peines du purgatoire ; mais ce sont des peines qui ne dureront pas toujours, qui ne dureront peut-être que quelques moments ; au lieu que la perte du moindre degré de gloire est irréparable, puisque c'est la perte d'un bien éternel et d'un bien sir grand, que quand il faudrait souffrir mille fois et durant des siècles entiers toutes les peines de ces âmes qui implorent notre assistance, ce ne serait pas l'acheter trop cher. En effet, si tout le mal que l'on souffre dans le purgatoire devait être éternellement récompensé par un seul degré de gloire, à peine mériterait-il le nom de mal ; comme l'on ne mettrait pas au nombre des maux une légère piqûre, si l'on pouvait gagner par là l'empire et l'univers (I). Certainement si les bienheureux étaient capables de quelque tristesse, rien ne les affligerait tant, après leurs péchés, que la perte des occasions qu'ils ont eues de multiplier leurs mérites et d'obtenir un plus haut rang dans le ciel, non seulement à cause du tort qu'il se sont fait en se privant d'un avantage qu'on ne peut assez estimer, mais parce que,
( 1 ) Vide c vr, n. 2.
s'en étant privés, ils en seront moins capables de glorifier Dieu durant tous les siècles ; et c'est là ce qui leur causerait plus de douleur que ne sauraient faire mille purgatoires (1).
4. — Seconde réponse. Quelques peines que j'aie à souffrir dans le purgatoire, je pourrai m'en exempter par le moyen des indulgences, et cela même n'est pas difficile. Car bien que l'argent, dont je paye les dettes d'un de mes amis, ne me serve pas pour payer les miennes, il se peut faire néanmoins que mon créancier soit si libéral, qu'en considération de quelques personnes dont il a reçu de grands services, et qui s'entremettent pour moi, il me remette ma dette et m'en tienne quitte, comme si je la lui avais payée tout entière.
5. — Mais pour ne pas nous arrêter davantage à ces deux réponses, venons au principal point que nous avons à examiner, et remarquons avant toutes choses quel est cet acte qu'on fait, lorsqu'on offre pour les morts ses œuvres satisfactoires. Il est à peu près conçu en ces termes : Seigneur, je vous offre cette prière, ce jeûne, cette aumône, pour les âmes du purgatoire, ou, pour l'âme d'un tel, etc. Ce que j'offre donc et ce que je cède est toute la satisfaction attachée à mes bonnes œuvres : si bien que le fruit que je tire-
( 1 ) Vide c. X, n i.
rais de ma prière, de mon jeûne, de mes aumônes, pour l'expiation de mes fautes, ce fruit, dis-je, n'est pas à moi, mais aux âmes à qui je l'ai transporté .
Cependant l'acte héroïque de charité que j'ai fait en l'offrant pour elles et en m'en privant moimême, m'est très utile, et a la vertu de satisfaire pleinement à Dieu pour mes péchés. A la vérité, cette prière, ce jeûne, cette aumône ne satisfait point pour moi : tout le fruit que j'en puis tirer est pour les âmes en faveur desquelles j'y ai renoncé ; mais l'acte même par lequel j'y ai renoncé, cet acte si noble, si généreux, est pour moi, et non pas pour elles, et il contient une manière de satisfaction beaucoup plus parfaite que la plupart ne s'imaginent, comme j'espère le prouver par des raisons convaincantes.
6. — Pyxmière raison. Cet acte est très excellent et d'un mérite extraordinaire, comme on l'a fait voir dans le Chapitre sixième ; donc la satisfaction qu'il porte avec soi est abondante, puisqu'elle est proportionnée au mérite. Car, comme dit Yasquez, « si les œuvres méritoires sont « dignes de la vie éternelle et d'une augmenta- « tion de gloire dans le ciel, pourquoi n'empor- « teraient-elles pas la rémission de la peine tem- « porelle du péché, puisque, par la rémission de « la peine temporelle du péché, on entre plus « tôt en possession de la gloire ? Lors donc qu'un « juste par ses ])onnes œuvres mérite la gloire,
DU PURGATOIRE. — CHAP. YIII bô
« et la mérite d'une manière non commune, il « se rend digne, non seulement d'un nouveau « degré de gloire, mais de ce qui peut faciliter « l'entrée dans la gloire. Il s'exempte donc de la « peine temporelle, et, par conséquent, il satis- « fait à la justice divine (1). » Voilà ce que dit cet auteur, qui ajoute peu après : « Celui qui fait « de sftintes actions, mérite non seulement de « jouir de la vie éternelle, mais encore d'être « exempt de ce qui l'empêche d'en jouir ; et jdIus « il en fait, plus il mérite d'être délivré de cetce obstacle. Car s'il est digne de la vie éternelle, « il doit encore être plus digne qu'on Texempte « des peines qui retardent son bonheur. «
C'est ainsi que raisonne ce grand théologien, selon lequel toute bonne œuvre qui mérite un sublime degré de gloire, mérite aussi une entière rémission, ou une diminution notable de la peine qui arrête la jouissance de cette gloire qu'on s'est acquise par sa bonne œuvre. D'ailleurs, plus on se rend agréable à Dieu par quelque action sainte, plus on répare l'injure qui lui a été faite par des actions criminelles. Car c'est le propre des grandes actions, non seulement de mériter une éternelle récompense, mais d'obtenir une entière abolition des fautes passées et d'en effacer la mémoire. C'est pour cela que plusieurs docteurs (2) enseignent, aussi bien que nous, qu'en chaque bonne œuvre la satisfaction et le
( i ) Tom. III, in 3 p. q. 94, art. 1, club, v, n. 4. - ( 2) Victoria, Soto, Ledesma.
84 DE LA CHAniTÉ ENVERS LES AMES
mérite sont toujours égaux. Et sur ce principe nous disons que la charité qui s'exerce envers les âmes des défunts étant d'un très grand mérite auprès de Dieu, elle doit être par conséquent d'une très grande efficacité pour la satisfaction et la rémission de la peine qu'il faut souffrir dans le purgatoire.
7. — Deuxième raison. C'est le sentiment de beaucoup de théologiens très célèbres, que ce qui donne à une bonne œuvre la vertu de satisfaire pour les péchés, n'est pas tant la peine et la répugnance qu'on y trouve, que la charité avec laquelle on l'entreprend et on l'exécute. Si cela est, il faut confesser que la compassion qu'on a pour les morts étant l'effet d'une charité très pure, elle doit beaucoup servir à l'expiation de nos offenses. Mais, quoi qu'il en soit, il est toujours sûr, et tout le monde en convient, que les bonnes œuvres sont satisfactoires quand elles sont difficiles et pénibles, et qu'il faut vaincre son inclination pour se déterminer à les faire, ainsi qu'il arrive dans le jeûne, dans l'aumône et dans l'oraison, non seulement lorsqu'on fait toutes ces choses pour le prochain, mais même lorsqu'on n'y regarde que son intérêt.
Comme donc la nature humaine est si corrompue qu'il n'y a presque point de bonne action où il ne se trouve quelque sorte de difficulté, soit qu'on travaille pour soi-même, ou pour le prochain : aussi n'y en a-t-il presque aucune, si
légère qu'elle puisse être, qui ne soit satisfactoire. Comment donc une nature, faible d'ellemême et inclinée au mal, n'aurait-elle pas une extrême répugnance à jeûner, à donner l'aumône, à persévérer longtemps en prière au pied des autels, à exercer toutes sortes d'austérités dans la seule vue d'expier les péchés d'autrui? Comment ferait-elle toutes ces choses avec allégresse et avec ferveur, parle motif d'une charité désintéressée, sans gagner d'insignes victoires sur son amour-propre ?
Il faut donc avouer que des œuvres si excellentes, et en même temps si pénibles, ne laissent guère de peines à payer dans l'autre monde, et qu'il faut se faire violence pour se résoudre à les pratiquer. Elles sont pénibles; car si elles ne l'étaient pas, auriez- vous autant de difficulté que vous en avez à faire assez peu de chose pour les âmes de vos frères, nonobstant tout ce que nous avons dit et tout ce que nous dirons dans la suite pour vous exciter à faire quelque chose de plus ?
Mais si vous êtes porté à les soulager, et que vous vous en fassiez un plaisir, parce que la charité vous en adoucit la peine, sachez que la satisfaction, qui est un des fruits de votre bonne œuvre, ne perd rien par là de sa force. Car ceux qui font avec répugnance ce que vous faites avec joie, n'en sont pas mieux disposés pour satisfaire à la justice de Dieu et apaiser sa colère. L'ardeur qu'inspire la charité n'alfaiblit en nulle sorte la
satisfaction, parce que, selon saint Thomas, « quanti la peine n'est diminuée que par la a ferveur de la volonté, le mérite n'en est pas « moindre ; au contraire, il en est plus grand. « Et la même chose se peut dire de la satisfac- « tion (1). »
8. — Troisième raison. Cet acte de charité pour les morts se fait souvent par des motifs si élevés et si purs,qu'il devient un acte d'amour de Dieu, lorsque, par un zèle ardent de sa gloire, et de sa plus grande gloire, on n'épargne rien pour tirer du purgatoire un grand nombre d'âmes, qui puissent au plus tôt l'aimer et le glorifier de toutes leurs forces dans la compagnie des esprits célestes. Or, plusieurs docteurs (2), ou, comme disent quelques-uns, tous les théologiens, enseignent communément que, par un acte d'amour de Dieu, quoiqu'on le fasse avec plaisir, on satisfait pour les peines dues à ses péchés. Et ce sentiment est conforme à l'Ecriture. Plusieurs péchés, disait le Sauveur en parlant de la Madeleine, plusieurs péchés lui sont remis parce qiifelle a beaucoup aimé (3). Le sage dit, dans le même sens, qu'un des effets de la charité est de couvrir et d'abolir tous Us péchés (4). Mais remarquez qu'il arrive rarement qu'un acte d'amour de Dieu, tel qu'est celui-ci, vienne à se former, sans qu'il y ait de
(1) In Supplem. 3 p. q. 15, art. 2.— (2) Ita ^gid. Gonink. D. 10, de Satisfact. Dub. iv.— (3) Luc. vu, 47. — (4) Prov. X, 12.
la résistance du côté de l'amour-propre, toujours passionné pour ses intérêts. Il se forme donc avec peine, et par conséquent il a ce qu'il faut pour être satisfactoire .
9. — Quatrième raison. C'est un grand acte de charité envers le prochain, que celui par lequel on tire du purgatoire des âmes justes, et on avance le temps de leur entrée dans la gloire et dans les joies du Seigneur. Sur quoi l'on se souviendra de ce que saint Pierre recommandait aux premiers fidèles. Avaîit toutes choses, disait-il, ayez les uns pour les autres une charité constante, jjarce que la charité couvre beaucoup de péchés (1). Certainement ce motif doit nous exciter puissamment à avoir pitié des âmes souffrantes, puisque, s'il y a quelque charité qui couvre et éteigne beaucoup de péchés, c'est sans doute celle qui délivre d'un si grand mal, et qui met en possession d'un si grand bien des âmes chéries de Dieu.
10. — Cinquième raison. Entre les actes qu'on peut faire pour la satisfaction de ses fautes, un des principaux est la contrition. Or, on peut former une espèce de contrition très parfaite et très agréable à Dieu de la manière que je vais dire. Un pécheur qui considère que par ses désordres il a offensé un Dieu d'une majesté infinie, et qui
(1) Epist, I, c. IV. 8.
veut, autant qu'il lui est possible, réparer sa faute, prend une ferme résolution de délivrer le plus d'âmes qu'il pourra du purgatoire, afin qu'étant bienheureuses, elles bénissent le Seigneur et lui rendent en son nom d'éternelles actions de grâces. Certainement tous les honneurs et tous les services qu'on peut lui rendre ici-bas, pour réparer en quelque sorte l'injure qu'on lui a faite, ne sont rien en comparaison de cette manière sublime et toute divine dont les saints l'honorent et le glorifient dans le ciel. C'est donc là un admirable moyen de satisfaire pleinement à la justice de Dieu.
11. — Sixième raison. Nous avons prouvé assez au long dans le chapitre sixième que la charité qu'on exerce envers les âmes du purgatoire est une des œuvres de miséricorde spirituelles, et une œuvre si excellente, qu'elle surpasse de beaucoup en dignité et en mérite tout ce qu'il y a d' œuvres de miséricorde corporelles. Et là-dessus on peut raisonner en cette manière : l'Écriture parlant de l'aumône, qui ne va qu'au soulagement du corps, dit qu'elle sauve de la mort, qu'elle efface les péchés, quelle fait qu'on trouve miséricorde, et qiî'on gagne la vie éternelle (1) ; qii'elle délivre du péché et de la mort (2), et que, comme Veau éteint le feu, elle éteint et abolit le péché (3). Enfin le Sauveur assure qu'il ne faut
( 1 ) Tob. I, 9. — ( 2 ) Tob. iv, 1 1 .— ( 3 ) Eccli . — m, 33.
que donner l'aumône pour être entièrement purifié (1). Si cela est, comme il n'est pas permis d'en douter, de quel mérite doit être notre aumône spirituelle, lorsque nous tirons notre prochain d'une extrême misère, et que nous lui procurons un bonheur infini ; lorsque nous payons toutes ses dettes, et que nous l'aidons à sortir de sa prison, où il souffre des tourments inconcevables; et qu'enfin, après l'avoir mis en liberté, nous le faisons jouir de la vue de Dieu, qui est le terme de tous ses désirs? Oh! qui pourrait assez louer une si grande charité! Saint Thomas, expliquant en général la différence qu'il y a des œuvres de miséricorde corporelles aux œuvres de miséricorde spirituelles, dit que « celles-ci n'excellent « pas moins au-dessus des autres que l'esprit « au-dessus du corps (2). »
Rappelons donc en notre mémoire tout ce que dit l'Ecriture à la louange de l'aumône ; considérons de quelle efficace elle est pour l'expiation de nos offenses, et, sur le principe de saint Thomas, disons en nous-mêmes : Notre aumône spirituelle excelle autant par dessus toute aumône corporelle, que l'esprit par dessus le corps : donc elle nous sert beaucoup plus à expier nos péchés .
12. — Concluons enfin que, dans le temps même où nous nous montrons plus libéraux à l'égard des
(1) Luc. XI, 41. — (2) 2" 2" q. 32.
âmes du purgatoire, en leur cédant nos bonnes œuvres, notre libéralité nous tient lieu, auprès du souverain Juge, d'une pleine satisfaction pour nos fautes. Si bien que plus nous donnons, plus nous gagnons, et que nous nous enrichissons en faisant du bien aux autres. C'est ce que le sage nous enseigne par ces paroles: Il y en a qui donnent ce qui est à eux, et qui en deviennent 'plns riches {{].
Quelqu'un me demandera peut-être, à la fin de ce chapitre, si en se réservant à lui seul tout le fruit des œuvres satisfactoires qu'il a faites jusqu'à présent et qu'il fera jusqu'à la mort, il peut se promettre de ne x^oint passer par les flammes du purgatoire. Je ne le crois pas, et j'ai sujet de ne le pas croire. Car combien voit-on de personnesàrarticle delà mort, qui n'ayant presque rien fait durant leur vie pour les âmes de leurs frères et n'ayant eu soin que d'elles-mêmes, ne laissent pas d'aiDpréhender, et avec raison, les peines de l'autre monde? Mais j'ose dire que si l'on a de la charité pour ces âmes affligées, et qu'on s'emploie tout de bon à les soulager, on peut s'assurer qu'on s'exemptera de toutes les peines, ou de la plus grande partie des peines du purgatoire. C'est ce que j'espère faire voir dans le chapitre suivant.
( 1 ) Prov. XI, 24.
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