Enfin, la troisième raison, prise aussi de
(1) Apocal. XXI, 11. — (2) I Cor. m, 12, 15. — (3) S. Ambr. in eum locum. — (4) Serm. 20, in Psal. cxviii. — (5) Matth. V, 25. — (6) S. Hier, in hune locum.
l'Écriture, est qu'encore que tous nos péchés mortels et véniels nous soient remis, toutes les fois que nous retournons à Dieu par une sincère pénitence, il ne s'ensuit pas qu'avec nos péchés on nous remette toujours la peine qui nous est due pour nos péchés; au contraire, il nous en reste ordinairement une grande partie à payer , et si nous ne la payons pas tout entière en cette vie, comme il arrive le plus souvent, nous la paierons infailliblement après la mort dans le purgatoire. Ce que je dis se peut prouver par beaucoup d'exemples que l'Ecriture nous fournit; mais de peur d'être trop long, je n'en prends que deux.
Voici le premier. Il est hors de doute que l'eau du baptême efTace en nous la tache du péché originel ; et, néanmoins, nous souffrons encore la peine de ce péché après le baptême. De là vient que les enfants, même baptisés, ne sont pas exempts de la mort, qui ne peut être à leur égard que la peine du péché originel, quoiqu'effacé par le sacrement. Saint Paul le déclare en termes exprès : Un homme, dit-il, a introduit le péché dans e monde, et le péché y a introduit la mort; et ainsi am ort est devenue commune à tous les hommes (1), sans en excepter les enfants mêmes après le baptême.