GOMMENT NOUS DEVONS PLEURER
toutes les larmes de la tendresse ceux que la mort leur ravissait. Ils ont avoué qu'ils étaient vaincus par la douleur. « Je pleure, disait l'un d'entre eux, parce que l'amour dont j'aimais était véhément et parce qu'il pénétrait toutes les profondeurs de mon âme ! Fleo quia vehementer amo ! »
Mais chez eux, ces larmes, ces agonies de la tendresse étaient transfigurées par la foi. Ils voyaient au ciel ou près de monter au ciel après l'épreuve du purgatoire, ceux qui venaient de les quitter. Ils les voyaient revêtus de la gloire de Dieu et submergés dans sa béatitude infinie. Us bénissaient ce grand Dieu de les avoir appelés à l'éternelle possession de son royaume. La séparation n'était que passagère : ils allaient bientôt se retrouver ; aux larmes de l'exil allaient succéder les torrents de la félicité divine, et pour l'éternité ! Et dans cette bienheureuse patrie, l'affection la tendresse, l'amitié, allaient puiser en Dieu, qui est l'amour infini, une profondeur et une intimité toutes nouvelles. Ainsi, ils pleuraient, mais ils trouvaient dans la foi une source inénarrable de consolations divines.
Saint Augustin pleure Monique, sa mère, avec toute la tendresse de l'amour filial. Ce qu'il dit dans son livre des Confessions au sujet de sa mort est présent à tous les esprits ; et nul ne peut l'entendre sans pleurer Monique avec lui.
Saint Bernard pleure son frère avec toute la tendresse de l'amour fraternel. Dieu a voulu que sa douleur, comme celle d'Augustin, fût connue