‹ Le puritain de Seine et MarneChapitre 4 sur 13 · AU K01IU · texte numérisé non relu

AU K01IU

— Une^reuT^! mumraraBertrandqmdeTint plus pensif.

— G'estpour la dépayseret pour l'isoler même. Alors, en peu de temps, elle verra , si favo^ risée qu'elle soit par la chance , qu'il ne fait pas bon vivre aillears qne dans safamille , et quelle eondition elle a perdue par sa faute. La morgue des antres au premier mécontentement lui donnera Tintelligence des vivacités de sa mère qui ne la corrigeait qu'à bonne intention. L'humiliation fera ce que n'ont pas fait les coups. Elle devinera qu'il faut se mettre en frais pour être bienvenue , et qu'il ne . lui sera tenu compte chaque jour que de son otUité. — Soyons juste ; elle a très-facilement appris à lire et à écrire» C'est peut -être que je m'en suis chargé. — Groyez-moi, il y a de la ressource. — Des égwrdê pour êon caractère I dites-vous : voila du neuf* Vous ne lui en parliez pas , dame Madeleine , en la souffletant tout à l'heure. Ayez d'abord des égards pour son avenir , et répétez-vous ce qm vous disiez à votre mari, qu'il fout aimer Jeanne plus pour elle que pour vous. — D'une part, songez bien que des étrangers ne lèveront jamais la main sur une fille de cet àge-là. C'est une fomiliarité qui ne vous est échappée diibout des doigts qu'après bien des semaines de déman;

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geaison, tonte bouilianto que tous êtes. L'auto- ^té maternelle n'a de juge que Dieu qui est patient : et Bertrand ne le serait guère sid'atitres que Yousfrappaient sa fille.— Ensuite, on se pique de plus de maintien chez les personnes qui ne sont pas des nôtres, parce qu'on se sent moins de prise sur leurs faibles , et qu'on ne les a pas étudiées pendant quinae ans. C'est de la complaisance qu'il lui importe d'acquérir, et le sen* timent du besoin. Ici tous ne faites que la disputer en lui prodiguant son nécessaire. Pourquoi chercherait-elle à gagner ce qu'on loi donne? Elle reçoit les tapes et le pain ; tout est dit. Vous en restez là. «^ J'oubliais une chose : elle apprend à résister, et voilà la guerre civile. Bertrand ! il lui faut goûter un peu de ce que le soldat appelle de la vache enragée. Point de père qui la câline à la sournoise , ou de mère qui, le cœur gros d'avcnr été sévère, effieice d'une caresse indiscrète l'indiscrétion d'an emporte* ment. Si cette révolution dans ses habitudes ne la change pas, je la déclare incorrigible. — Dame Madeleine ( il faut qu'elle vous montre avec fierté le premier écu de cent sous qui sera le fruit de son travail. Le premier écu du travailleur est le gage de son indépendance: c'est une preuve de sa force. Il n'y a que le premier qui

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co^e : les aatres Tiennent de sonrce. On sait comment s'y prendre.

Après cette conversation il y eut an grand silence. Le mennier, croisant les jambes et se*> conant avec des chiquenaudes la farine qui poudrait sa manche, sifflait, sans y prendre garde , une ritournelle entre ses dents. Dame Madeleine, le sourcil froncé, les mains ouvertes, restait absorbée dans ses réflexions . Pour le curé, se donnant bien de garde de revenir sur l'effet qu'il avait produit , il lançait un regard d'inquiétude aux assiettes vides et se disait mentalement que de si longues explications délabraient encore plus l'estomac que le mécompte produit par la négligence de Jeanne. Enfin Bertrand sortit de sa préoccupation en sursaut, et produisit sur la meunière la même vibration électrique en loi désignant avec vivacité la table. Elle se hâta d'obéir, sans souffler un mot, au geste de son mari, et couvrit la nappe, en unclin-d'œil, des ingrédiens nécessaires pour l'iiiiprovisation d'un diner tel quel. Alors Bertrand', avec une civilité grave , fit asseoir le tonsuré à la place d'honneur, en lui disant d'une voix pénétrée que rendait plus expressive encore une forte poignée de main :

— Vous avex parlé d'or, monsieur le curé.

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