‹ Le Purpura MercurielChapitre 11 sur 19 · LORS · texte numérisé non relu

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purpuriques, les unes lenticulaires, les autres amorphés et formant de petites nappes sanguines plus ou moins étendues. À la paume de la main, on ne compte pas moins d'une trentaine environ de ces suffusions purpuriques.

Cette teinte purpurique de l'exanthème ne fit, du reste, que s’accentuer et s’accroître détendue pendant les trois à quatre premiers jours qui suivirent l'entrée du malade à l'hôpital. Elle devint presque noïre pour se faner ensuite et s'étendre progressivement.

Apyrexie. Un peu d'affaissement les premiers jours.

Traitement : irrigations buccales très fréquemment répé-

tées avec une décoction de guimauve, potion au chlorate

de potasse, lait, vin de Banyuls coupé d’eau, café, panse-

* ment des syphilides par occlusion au taffetas de Vigo,

lavements d’iodure de potassium.

Amendement progressif de l’exanthème qui disparaît en

une douzaine de jours. Amélioration rapide de la stomatite

et des syphilides.

Iodure de potassium donné par l'estomac (4 à 8 grammes par jour). Exeat en bon état, cinq semaines plus tard.»

Observation VI (AMERICO VALERIO)

(Cyanure de Mercure et purpura hémorragique)

(Compte rendu de l'observation).

Observation d'une malade de 25 ans qui présente, au s

cours d’une série d'injections intra-musculaires de un cen-

tigramme de cyanure de mercure, des épistaxis, des Aématuries et des ménorragies, puis. des AU PIX PEAR des ecchymoses spontanées. S

Syndrome hématologique d'hémogénie. Abou ë anté-

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cédents adiuee L'é épreuve de Bauer révèle une * notable insuffisance hépatique. Se

Guüérison en deux mois, après suppression du cyanure, -sous l’action d’un traitement hépatique et calcique.

Observation VII. Nan

(Observation résumée de GOUGEROT, P. BLum, J. BRALEZ et R. ARCHAMBAULT).

Pigmentation réticulée : après érythrodermie hydrargyrique.

CNE ; Se Ë " Fe d Re

: : Se Il s’agit d’une malade qui, ayant reçu pour une derma-.

| tose indéterminée des pommettes, une série de douze ‘injections intra- veineuses de cyanure de mercure, de juillet à

septembre 1930, voit apparaître à la suite de ces injections — une éruption constituée par : 4

se 19 Une pigmentation brunâtre généralisée, réticulée* sur la majeure partie du corps, sauf au niveau des cuisses,

où elle revêt l aspect de larges plaques brunes et s’ asso=

ciant, en certains endroits, à de petites macules (thorax),

à des placards rouges squameux (face, membres supérieurs,

. membres inférieurs, genoux) ;

ob 90 Des éléments purpuriques sous forme de pétéchies très .

| nombreuses au niveau, des jambes et des genoux et de

: papules ecchymotiques au niveau du dos des pieds. (Les

| auteurs signalent que le signe de la ventouse sèche s’est

4 montré facilement positif et que, par ce procédé, ila été.

possible de provoquer de petites tâches pürpuriques) ;

in d : 3 Une hyperkératose siégeant à la plante des pieds.

| Les muqueuses sont indemnes. L'état général est très

altéré, la température légèrement élevée. Les réactions de

Ent hordel Wassetmann, de Hecht, de Desmoulières, sont

négatives. On ne retrouve dans les antécédents aucune no-

tion de syphilis. | LT | 1 Les lésions cutanées, l’érythème, les pétéchies ét les Sr taches ecchymotiques, la desquamation, en un mot l’érythrodermie vont s’éteindre et disparaître progressivement, ne | ne 4 ne laissant que la pigmentation qui, à son tour, s’atté-. 2e nuera plus tard. Æ HER LIENS Les auteurs concluent qu’il n’y avait à à l’origine de cette «TA affection aucune poikilodermie, ni aucune dermatose % chronique, et qu'ils se.sont trouvés en Poe d'une

érythrodermie mercurielle intense. LR ESP ÿ En EE

& 4 4 Len à 15

Observation VIII (GOUGEROT, DECHAUME, CARTEAUD)

y a KE ) 20 ; & À The (Observation résumée).

Un cas de dermatite nodulaire disséminée avec éléments purpuriques et éléphantiasis palatin par septicémie bénigne consécutive û DRE stomaitte inercurielle ulcéreuse. CE

«5 Fe. S * >

Sronites pour une syphilis ancienne, à B:-W. positif en 1921 et devenu négatif depuis 1926, la malade est atteinte en mars PP étant en pleine cure “ae ie inj

matite mereurelle intense qui fait à cesser la médi ation | aie (O gr. 35 par litre) et ten (. a. 70. ES 6 iminueront pro- | gressivement pi la suite. k ee tt |

Dès avril 1931 un. éléphantiasis du palais se constitue # he ; NE : L'administration d'iodure (4 grammes par jour) réactive Je 4 mai, au bout de deux jours de traitement, la stomatite

Fe “qui était encore imparfaitement guérie. Les urines sont à

| nouveau chargées d’albumine. La cessation du traitement et ioduré amène la disparition rapide de ces symptômes ge 10 11 mai, Ja malade quitte le Service.

: C'est à partir de cette date du 11 mai qu apparaissent

des lésions cufahées polymorphes, accompagnées d’ar- …

| hralgies, sans phénomènes généraux, sans fièvre, sans

lésion cardiaque. Sur r une des fesses d’abord, puis sur les.

membres inférieurs, on note, d'une part, vers la fin

fe

juin 1931, de petites papules de quelques millimètres de

Din

# diamètre, . légèrement rouges, mais surtout infiltrées,

evées, provoquant des démangeaisons et rappelant s éléments @ de DRATEC ou Soue d'autre part, des

pas présentent un Den particulier a avec un rentre ï semblant en voie de régression et une collerette purpurique ; quelques- uns d’entre eux nettement annulaires, reposent sur une base indurée-et constituent de véritables nodules. On retrouve de semblables nodules sur le thorax Let dans le dos.

; de 1 \ er que les s phénomènes € cutanés sont en pleine |

. Dune vestiges de taches LPO

riques résorbées. Il n'y a plus que deux nodules, l'avant-bras gauche, l’autre à l’une des jambes.

Le 5 décembre, après une longue absence, la malade revient à la consultation pour une hémorragie du corps vitré à l’œil gauche. Pour ce motif, du 11 décembre 1931 au 28 janvier 1932, on lui fait une série de quinze injections intra-veineuses de un centigramme de cyanure de mercure. '

Ces injections provoquent une nouvelle stomatite mercurielle moyenne et tolérable.

Au cours de cette récidive de la stomatite, l'éraption cutanée diminue manifestement. i e

Pendant que la grande stomatite du début se cicatrise, ù puis que la stomatite récidivée s’atténue, l'éléphantiasis palatin persiste, particulièrement intense en juillet.

Le traitement local, surtout l'ablation de séquestres

osseux, amène la guérison de l'infection, la cicatrisation :

des ulcérations, ensuite la résorption de l’état éléphantia- ‘sique. Ces séquestres entretenant l'infection, celle-ci ne

- guérit que par leur ablation. "1

L'étude des signes cliniques, l'évolution, les examens. . de laboratoire, concluent les auteurs, éliminent la tuber-

culose, les mycoses, la Iymphogranulomatose de Nicolas.

FaBrEe et font admettre une infection buccale provoquée

par la stomatite mercurielle et déterminée par les micro-

bes de la bouche, ce qui est classique. Cette stomatite est

réactivée par l’iodure, ce qui est peu connu ; elle récidive -

par une nouvelle cure mercurielle, ce qui est banal, et occasionne une septicémie bénigne curable, caractérisée par une éruption polymorphe avec > éléments purpuriques..

o Fe

Observation IX de ee. Ge CANUXT, Ch. WiLp et L. ISRAEL). FF VUS

Un cas d’aleucie hémorragique. -

La malade, une jeune fille de 22 ne. est adressée le 15 février 1933 à la clinique Oito-Rhino- Laryngologique de — Strasbourg (Service de M. le Professeur CaANuyT) pour

épistaxis grave durant depuis deux jours. :

Rien de spécial dans ses antécédents héréditaires et col-

. latéraux. Sourde- -muette depuis l'âge de4 ans, à la suite 25 di "a une otorrhée bilatérale. En outre, cécité de l'œil droit. Ménorragies (règles durant de huit à 10 jours). L'entou-. |

à | rage nous apprend que la patiente a reçu, durant les trois semaines précédant son admission à l'hôpital, une série de dix injections intra-veineuses de cyanure dé mercure de ‘un | centigramme chacune pour la kératite parenchyma- $ teuse de l'œil droit. Le Bordet-Wassermann a été douteux - dans le sang. Sept jours avant son admission, c’est-à-dire le 8 février 1933, règles particulièrement abondantes, per- sistant encore le jour de son entrée à l'hôpital. Le 13 fé-

vrier au soir, épistaxis s’arrétant spontanément. Le 14 fe: vrier, reprise der hémorragie, beaucoup plus forte que le jour précédent et accompagnée de fièvre (387 de tempé- RÉ rature axillaire). Le 15 février, l'épistaxis reprenant avec : + : Does: de ne et l’état nl déclinant visiblement, ï

Facies pâle, : muqueuses

don | faible chétive, arriérée.

| -exsangues, ‘hémorragie nasale, état lipothymique marqué. : ox Le nez débarrassé des gros caillots de sang fétide, dent il

était bourré, nous examinons les fosses nasales qui ne

montrent pas de lésions susceptibles d’avoir causé l'épis-

taxis. Les fosses nasales lavées au coagulène, nous prati-

quons un tamponnement nasal antérieur. L'examen de

l’arrière-gorge montre une amygdalite pultacée aiguë "qui

s'arrange dans la suite. Au niveau des oreilles, nous cons-

tatons un tympan cicatriciel à droite et une otorrhée à

gauche. La température est de 3807 rectale, le pouls à 100

et la tension artérielle de 10,5-7 au Riva-Rocci. | A

L’inspection des téguments révèle de nombreuses taches 142

pétéchiales et de grandes ecchymoses au niveau des membres ÿe Se

inférieurs. Hématome infecté de l'articulation des deuxième

et troisième phalanges du médius gauche, avec légère

réaction lymphangitique, ouvert au galvano- cautère : sans: "0 re suites. L'examen clinique complet ne révèle rien d’anormal ; le foie et la rate en particulier ne sont pas bypertro= fe phiés. Lie Le RE D PE re

+= < ‘ 4 rS $ À L Se UPS

Examen hématologique : k Ve V3. 4 PEYRE

Temps de coagulation : 2 minutes ; caillot trétractile à 5

Temps de saignement : 2 heures, 10 minutes ; Se MReSE D

Signe du lacet : positif; RS

Globules rouges : 2.480.000 ;

Hémoglobine : :459 5/2: ue Valeur globulaire : 0,92 ; jù

Plaquettes : 40.000:

us ea blancs : ee UES il

en Entats leucocytaire : es Lens

We Polynucléaires neutrophiles : . 15%: 6

Lymphocytes petits : OP re #7)

Lymphocytes moyens : 62%;

nou DAS Anisocytose peu marquée ; DORE) ose p peu marquée :

pas de mégaloblastes ; ; pas d’hématies nucléées ;

Hémoculture négative. Urée sanguine : 0.48 pour 1.000. Nous nous trouvons donc en présence d’une jeune fille, # hérédo- -syphilitique probable, atteinte d'épistaxis grave, chez laquelle l'examen du sang montre une hypogranu- en < locytose, une anémie aplastique et de la thrombopénie. La | gravité"de ce syndrome hémorragique nous incite à pratiquer immédiatement une transfusion de 80 cm? de sang pur à notre malade ; arrêt de l'épistaxis qui se maintient NÉMOES le lendemain 16 février, maïs la température monte Re

à 3907 et le pouls à 150. Chute du temps de saignement à ie minutes. Plaquettes: 38. 000 globules ce : 2.380.000 ; un blancs : 1.300.

Nouvelle transfusion de 9250 cms de sang pur. Le jour : suivant température à 4003. La malade continue à ne plus | ‘saigner du nez. Cependant l’état fébrile D’ est expliqué par aucune localisation pulmonaire ou autre. Temps de sai- | gnement : 5 minutes 30 secondes ; temps de coagulation : > minutes; persistance de l’irrétractilité du caillot; globules rouges: 2.440.000; globules blancs : 2. 000; ia 35. 000. eee Hétéro-hémothérapie de 30 cm.

‘Le 18 février, ainsi que les jours suivants, la PARA Le - ture reste stationnaire entre 390 et 40°5. Temps de sai- ‘ gnement : 3 minutes ; : plaquettes : 35. 000 ; globules rouges : ni

Le 380.000 ne blanes : 2.900. ‘es |

SEA une reprise de l’hémorragie nécessitant un nouveau tam- .:

Fa ponnement.

M Le 20 février, le temps de saignement est de 14 minutes. | Les règles persistent toujours. L'examen gynécologique, À

ne montre rien d’anormal. Nous instituons un traitement

El —

à l’ergotine, qui reste inefficace. | RS Le 21 février, apparition d’un suintement sanguin nasal |

à travers la mèche. La ménorragie continue, la malade s’affaiblit visiblement. Tension artérielle : 90-60. Temps Ë de saignement : 22 minutes. Plaquettes : 25.000. Giobules ; (4 rouges : 1.900.000: Globules blancs : 1.200. Formule leu- CEE cocytaire j lymphocytes petits: 66°; lymphocytes moyens: Sc

20 %; monocytes :8%; polynucléaires neutrophiles : 6 ‘/.

e NÉ onde x Eh gt de mine} et: D PTT

Anisocytose peu marquée; poikilocytose peu marquée ;

pas de chromatophilie, pas d’hématies nucléées, pas de

… mégaloblastes.

Te hémoculture pratiquée à plusieurs reprises, depuisle début de la maladie, a toujours été négative. ne À La thérapeutique de ce jour, 21 février, consiste en ee: ER injections de quatre ampoules de coagulène, de 100 Hiites à de sérum gélatiné intraveineux, de 20 cms de septicémine : | intraveineux. . = ® AE Le 22: féviier 1933, nouvelle transfusion de 170 cm$ de ; 1 sang pur. A cette date et lés j Jours suivants, nous injec- n. tons dans les veines 30 cm° d'une solution de citrate de. s ; 1 soude à 10 %. Hépathémo à à raison de deux ampoules. par S à ; jour. Malgré tout. traitement, la malade S affaibli de plus. RS RS ê

en plus. AN ee ER Se ce 2, | Les glebules rouges tombent progressivemént à 900. 000, s + les globules blancs à 900, les plaquettes à à 20. 000. Le pe : de saignement remonte à 32 minutes. La ménorragie me FÉ à #:' dsiste jusqu'à la mort, qui survient le 26 février 1933.

LE autopsie n'a pu Être: faite. Per LR

Nous pensons utile, en raison du caractère exceptionnel de ce cas, de rapporter les commentaires que firent à son propos les auteurs G. Canuyr, Ch. Win et L. IsraL dans la séance de la Société d’hématologie du 6 juin 1933. ;

« Le malade présente des stigmates d’hérédo-syphilis (kératite parenchymateuse, surdi-mutité, sérologie douteuse). La diathèse hémorragique qui se mani-

festait par les ménorragies trouve une recrudescence

après un traitement mercuriel. Jusqu'à quel point:

celui-ci est-il responsable des accidents de notre malade? Il est difficile de répondre à cette question. Toujours est-il que CusvaLLier et FLanprin relatent Vhistoire d’un malade syphilitique atteint d’épistaxis

rebelles dès l'adolescence, chez qui la prédisposition

hémorragique s’accentue à la suite d’un traitement intensif par les arsenicaux, aboutissant à un syndrome d’aleucie hémorragique. L’arsenic modifie la crase sanguine. Le mercure semble moins facilement provoquer les mêmes complications. Aussi croyons-nous devoir incriminer chez notre malade, comme facteurs capables de modifier le sang, le terrain hérédo-syphilitique, peut-être le traitement mercuriel et l’état infectieux. »

Toujours à propos de ce cas, Paul CnevazcreB dé-

clare dans cette même séance : «Je ne nie-pas la possibilité d’une intoxication métallique pure »et : « Aucun

doute ne reste d’ailleurs sur l'importance de la pré-

disposition individuelle». | | "a

J. Perdrizet 3

SL a

A gna cette éruption sous le terme de lèpre mercurielle,

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