PP
On sait que le purpura en général, dont le terme même désigne une « éruption de ‘taches sanguines », autrement dit des hémorragies de la peau, a pour lésion élémentaire des taches appelées, suivant leur étendue, péléchies, vibices ou ecchymoses spontanées. |
Les péléchies. sont des taches puncliformes ou lenti-. culaires, dé couleur rouge vif ou bleu- violacé, prenant successivement une teinte brun-foncé, brun , clair, vert fané, gris-vert et finalement j jaune chamois, ne s’effaçant pas sous la pression du doigt, ou mieux d'une’ lame de verre (vitri. pression). et devenant confluentes dans certains cas. Les vestiges de pétéchies éteintes peuvent, d'autre part, se traduire par des pigmentations localisées, groupées ou non, finissant . par disparaître à leur tour. La durée de. ces taches varie entre six à dix } jours, peut-être davantage. Sou-
vent, après leur disparition, PRES aqua, à PS leur niveau. | nn
Les vibices sont des hémorragies cutanées. en QUE ee fouet, en forme de stries. « | \ . Quand les taches prennent de grandes dimensions, À
on leur donne le nom Ÿ ccchymoses spontanées. ts < =
TD AN OPE V # “nd On TEA] ve
LAS PAS nt $ e -
ont, à peu de chose près, une évolution semblable à , celle des pétéchies ou des vibices.
Les pétéchies s’observent surtout aux membres 2 V0 ESS inférieurs et aux jambes en particulier. Mais on peut | les voir également aux membres supérieurs, au tronc,
plus rarement à la faceet sur les muqueuses buccale
ou linguale, etc... où elles prennent aie l’aspect de
et
| petits grains de raisin noir.
L’évolulion procède par poussées successives, ce qui peut parfois prolonger l’affection pendant plusieurs | semaines. Il est, en outre, assez fréquent que d’autres éruptions telles que des lésions érythéma- — teuses polymorphes, des papules ou des bulles san-
guines, etc..., les devancent ou les accompagnent.
Quelquefois, dans les purpuras infectieux, on se ee trouve en présence d’ulcérations et de gangrènes ei cutanées compliquant le syndrome purpurique. \ Enfin, avec les hémorragies cutanées proprement dites, peuvent coïncider des phénomènes généraux,
des troubles. fonctionnels, des hémorragies diverses,
profuses ou répétées, des muqueuses et des viscères. | Les anciens avaient déjà, précisément, ‘ discerné
È deux formes principales de purpura : le purpura sim-
| ple'et.le DorDere hemorrhagica, ce dernier indiquant
d'ordinaire une forme plus grave.
Les notions qui i précèdent s'appliquent aussi bien au
purpura mercuriel. C’est ainsi que, dans cette variété
nosologique, il est possible de distinguer ûn purpura simple, un purpura associé à d’autres manifestations “EME
cutanées ou à d’autres manifestations morbides dé- Sd er à | e hi Le
PAPA Tr ONE PU Et
péndänt dé l’hydrargyrisme ôu d'infections surajou—
grave.
Si nous rious reportons, en effet, aux observations constatons que l’aspect de l'érüption sanguine, ses
de ce qu’on voit dans tout autre purpura. Il convient toutefois de faire état de certaines particularités susceptibles d'attirer plus spécialement l’attention.
De purpura mercuriel, nous l’avons dit plus haut, se rencontre de façon quasi-exclusive dans lhydrargyrisme subaigu thérapeutique. HER
Ses délais d’ apparition sont assez variables ; ils s’étendent de quelques jours à plusieurs semaines
après l’ absorption de mercure. Le purpura est survenûü au bout de trois semaines au cours de frictions r mercurielles dans le cas observé par RAMBAUT (obs. À à 1 Fi au bout de trois semaines ençore après la dernière injection d’une série de douze piqûres intra-veineuses de cyanure de mercure dans: l'observation de Gouce-
; de FOURNIER (obs. V), au bout de deux mois environ après des injections intra-musçulaires d’arqu énitol : (obs. VI); au bout de trois semaines ‘environ “après une série ‘de dix ‘injections. de cyanure de mercure | (obs. IX), au bout de huit j jours seulement après üné. friction inercurielle unique êhez notre malade (obs. D.
ni ñ
tées et enfin, un purpürà hémorragique dé pronostic:
de purpura mercuriel rélatées dans ce travail, nous.
caractères, son Siège, son évolution, ne diffèrent guère
ror, BLUM el BraLez (obs. VIf), au bout de cinq se k maines après l’ingestion quotidienne dé trois cuille-. rées à bouche de liqueur de Van Swieten dans le cas
Le
KEANE gr Bo PV dr QD, Same AT
PRET « 1 d Æ ui: 4 RÉ OO STE M
Dans'les observations de Guisert (obs. IV) et d’Amxruco Vazerro (obs. VI), la date d’apparition du pur- Es pura n'est pas précisée, ces auteurs se bornant à —
es indiquer que éruption purpurique est apparue après
huit injections d'huile biiodurée dans le premier cas,
- et au cours*d’une série d’injections intra- musculaires
de cyanure de mercure dans le sécond. Dans de cas.
observé par BARTHÉLEMY, un purpura bénin st.
apparu après huit injections intra-veineuses de
cyanure. |
Le mode d'administration du toxique ne be pas
intervenir d’une façon plutôt que d’une autre. Le - ao “purpura s’est montré aussi bien après des frictions mercurielles qu après’ ingestion de mercure par la “ bouche ou injection intra-musculaire ou injection intra” -veineuse. Na FES La nature du composé mercuriel, introduit dans l'or d une. ne paraît pas davantage entrer en ligne dé. | compte ; la liqueur de Van Swieten, le biiodure de mercure, l’onguent mercuriel, les pilules mercurielles, le cyanure de mercure, ayant indifféremment provoqué. le syndrome purpurique. © * Quant à la dose capable d'engendrer l'éruption Sale guine, il n’est pas possible, non plus, d’avoir unë d 1 ; “ donnée précise, la quantité de mercure utilisée, sous . © quelque forme que cela fut, ayant été fort variablé ne dans les diverses observations recueillies ; cette quan | | tité peut, elle- -même, être. minime ou être assez im- : LE portante et, suivant la susceptibilité inhérente à chaque individu, ne rien déterminer chez l’un et
déclencher un purpura chez l’autre. 11 y a là certainement aussi une question de lerrain ou d'état momentané de l’organisme.
ES L’éruption sanguine est, dans certains cas, précé— ke 4 dée de prodromes, de démangeaisons plus ou moins vives au niveau des taches purpuriques ertrain de se constituer. Le prurit est d’ailleurs un symptôme clas- ; sique des éruptions mercurielles banales. Signalons que chez notre malade (obs. I) il n’y eut pas seulement À du prurit, mais une sensation de cuisson, de véri- | table brûlure avant l'apparition des éléments hémor- - ragiques cutanés. | Il est possible de constater également, avant toute éruption sanguine, tout d’abord un œdème marqué,
étendu, prurigineux, de coloration rouge ou rosée, $ ensuite une poussée eczémaleuse. : x | L’éruption purpurique elle-même peut comprendre $
des éléments phlycténoïdes ou encore des papules hémorragiques surélevées, voire de véritables nodules en KR raison de la configuration annulaire de*certains élé- * 1 ments reposant sur une base indurée. ea
Qu'il s agisse de pétéchies ou d’ecchymoses spon— | .tanées banales, les unes et les autres siègent fréquem- i ment aux extrémités, aux pieds et aux mains et attei- S gnent de même les autres parties du corps : dos, thorax, abdomen: Des phénomènes de desquamation marquent la fin de leur évolution,
Ges éléments purpuriques peuvent être la seule manifestation de l’intoxication par le mercure. «IL :. s'agit alors d’un« Purpura mercuriel simple».
Le plus souvent, des érythèmes de types divers accompagnent les hémorragies cutanées. La forme associée du Purpura mercuriel est alors réalisée. Mais ce qu'il est utile de noter plus particulièrement, c’est la coexistence fréquente d’une stomatite mercurielle. Cette stomatite peut être à ce point intense qu’elle entraîne parfois des ulcérations buccales nécrotiques ;
une certaine relation paraît exister entre la stomatite
et les phénomènes cutanés ; vraisemblablement, l’in-
fection microbienne concomitante ne lui est pas
étrangère, en sorte qu’en l’occurrenceil s’agirait, non
d’un purpura toxique pur, mais d’un purpura toxi-
infectieux. Nous aurons l’occasion d'y revenir. Quelquefois, des hémorragies du côté des mu-
queuses ou des viscères (gingivorragies, épistaxis, hé-
matémèses, melæna, hématuries, ménorragies, etc...) viennent compliquer le tableau clinique qui est alors
celui d un purpura hémorragique. Des hémorragies | rétiniennes ont été observées. Ces faits assombrissent Ale pronostic du purpura qui, normalement, est consi- » . déré comme hénin,etexceptionnellement devientgrave
en cas d’hémorragies : RAMBAUT cite un cas de mort. Ilest intéressant à ce sujet de rechercher l’existence ‘du syndrome hématologique de l’hémogénie, c'est-àdire l’allongement du temps de saignement, l’irré-—
tractilité du caillot et la diminution du nombre des
plaquettes. Mais le «purpura mercuriel » étant d’ordinaire un purpura simple, la plupart des observations que nous rapportons ne mentionne pas l'étude de
ce syndrome.
— 46 — sp
Dans un cas relaté par Canuyr, Wicp et IsrAër, le tableau clinique revêt l’aspect de l’aleucie hémorra— gique de Franck, L’affection est alors caractérisée
par :
19 Un syndrome hémorragique du type purpurique, existant dès le début, persistant et s’accentuant par périodes jusqu’à dominer les préoccupations thérapeutiques ; cs
20 Une forte anémie aplastique et hyperchrome encore accrue par les hémorragies ;
30 Une leucopénie avec hypogranulocytose ; cette leucopénie existe dès que la päleur attire l'attention ; elle est permanente et devient extrême à la période agonique ; la chute des globules blancs porte surtout sur les cellules granuleuses et en particulier sur les polynucléaires neutrophiles dont le nombre est très diminué et dont le pourcentage peut devenir infime à
4° L'échec de la thérapeutique et le pronostic fatal.” NAME T :
En dehors. des ‘cas graves exceptionnels que nous venons de passer en revue, tous les autres cas de Purpura mercuriel se terminent en quelques semaines par la guérison. Dans les : cas de purpura simple, l’état général est d’ dire intact ; aucune fièvre ; aucune altération rénale ; il semble même que dans l’hydrargyrisme subaigu par médicamentation, il y ait
un certain antagonisme entre les lésions cutanées et
les lésions rénales, alors qu’ au 1 contraire, dans l'hy-
drargyrisme aigu les lésions rénales tiennent la pre- a mière placé (néphrite aiguë toxique). | | ; gi Le diagnostic de purpura est en général facile.
On élimine aisément les éruptions apparues spon- ,
tanément, mais disparaissant à la pression, telles
ne que celles de l’érythème simple, de l'érythème polymorphe. On saura reconnaître les taches rosées et les points de folliculite, de même que les taches” per- | manentes traumatiques, ou encore les piqûres de puces centrées par un point plus sombre. On neïcon-
fondra pas des éléments purpuriques avec des nævi
| vasculaires sanguins. in Se) Il sera plus difficile de se prononcer au point de
vue étiologique. % dl conviendra en particulier d’écarter l'hypothèse + :.d un purpura primitif : purpura rhumatoïde s'accom- A pagnant d'arthralgies, de phénomènes gastro- “intes— #5 | tifaux et de fièvre modérée ; purpura infectieux avec température élevée ; s hémogénie avec manifestations - purpuriques se répétant et a sur des SUR er Tu Hate On éliminera ‘facilement des causes. de purpura telles que : maladies infectieuses, maladies du sang, Fa | aflections hépatiques. Citons également les purpuras des rénaux, des cachectiques, des vieillards. ALAN ES Has
On pensera alors à un syndrome purpurique con NL sécutif à l’action de toxiques. On songera en premier Ki à lieu aux arsénicaux, aux sels d’or, aux benzènes.
Après avoir procédé à à leur élimination, on recher-
APR TEE
chera si d’autres produits, des composés mercuriels
en particulier, ne peuvent être incriminés. En effet, en raison de sa rareté, l'hypothèse d’un « purpura mercuriel » ne devra pas être écartée ; dans le but de , la vérifier, il sera nécessaire re soigneusert le patient, de rechercher tous les traitements qu'il a pu récemment" subir, de faire préciser la nature et le mode d'administration des médicaments employés afin de ne pas omettre comme étiologie possible du. Purpura des causes telles que des fric— tions ou des injections urétrales ‘par M que le malade posxra aisément t passer sous silence.