‹ Le quadrilogue invectif 1923Chapitre 16 sur 55 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

æ O hommes forvoiez du chemin de bonne cognoissance, % feminins de couraiges et de meurs, loingtains de vertuz,

forlignez de la constance de voz peres, qui pour delicieuse-. ,} ment vivre choisissez a mourir sans honneur, quelle musardie |

ou chetiveté de cuer vous tient les mains ployees et les voulentez amaties que vous bastez en regardant devant voz yeulx vostre commune desertion et musez comme attendans de quelle part versera le faiz de cestui vostre naturel heberge et retrait, lequel vous pourroit tous acraventer et enclorre vostre ruyne soubz la sienne? Et toutesvoies ne mettez les mains en oeuvre a ce que je soye secourue par vostre travail. Ë Qui est cellui qui pourroit assez blasmer ou reprendre voz piteuses et delicatives condicions ou vous estes nourriz et y oulez envieillir, ne quelles assez aspres paroles pourray je prendre pour vous reprocher vostre ingratitude envers moy ?

Ce vous puis je mettre au devant que, apré le lien de Foy | catholique, Nature vous a devant toute autre chose rs à

au commun salut du pays de vostre nativitéet a la defense + de celle seigneurie soubz laquelle Dieu vous a fait naistre <a avoir vie. Encore dy je que peu doit priser sa naissance ets mains desirer la continuation de sa vie qui passe Ses jours, ainsi que fait homme nez pour soy seulement, sans fructifier a la commune utilité, et comme cellui qui estaint sa memoire avecques sa vie. Helas ! tant est es anciens cou- : raiges prouchaine et si inseparablement enracinee l'amour 0 naturelle du païz que le corps tent a y retourner de toutes pars.comme en son propre lieu, le cuer y est donné come a celle habitacion qui plus lui est aggreable, la vie et la sancté y croissent et amendent, l’omme y quiert sa sceurté, sa paix, | son refuge, le repos de sa vieillesce ÉtisA derreniere sepul- :: ture. : is Et puis que tele est la pe que Nature y a establie, if | dire que nul labour ne vous doit estre grief, que nulle adventure ne vous doit estre estrange a soustenir pour cellui pays et seloneurlie sauver, qui depuis vostre mativité 20 jusques a vostre mort est quant de soy ouvert envers | VOUS a toute soustenance, et qui vous repaist CE nourrit 4 entre les vivans, et entre les mors vous reçoit en sepulture. Si est force dedire que ceulx sontdesnaturez, quiaucommun besoing et pour le salut de leur païz et seigneurie n’efforcent 5 leur povoir, et mieulx veulent soy laisser perdre avecques la chose publique que pour icelle soy exposer a peril. Donc 4 pouroit il sembler que la loy de Nature, | qui toutes !! choses soubz le ciel oblige par lien indissoluble, seroit plus parfaictement es bestes mues que en vous autres, et que. vous seriez trouvez 1h desnaturez in elles, Le n’ont ae Fi

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