LE CLERGÉ : DANGER DES DISSENSIONS AT
embrasemens de guerre, puissent estre faittes oeuvres sans plaintes et au contentement d’un chascun. Et se tu y quiers ou veulx trouver du tout repos de cuer ou appaisement de conscience, tu sembles cellui qui quiert raison entre les forsenez. Et pour non longuement aller autour de ceste matiere et vénir au fondement de la possibilité de mectre fin en ces griefves discentions, qui ne correspont pas en fait ne en oeuvre a ce qu’en est es voulentez et desirs hastiz des homes, con-
siderons que a prince qui maine guerre et a puissance de ,°}
gens convient avoirtrais choses principales : savance, che- Nvance et. obeissance. Savance pour cognoistre son fait et cellui de son ennemi, chevance pour ses contraires attraire et aïdans soustenir, et obeissance pour esploicter promptement en lieu et en temps a l'avancement de son proufit et esche- vement de son dommaige. Enquerre nous fault doncques se nous les avons ; mais il ne soufhist pas entierement les avoir se nous ne eine et voulons saigement nous en aïdier. Quant dela savance chascun sceit que en ce royaume sont
gens de hault sens et de clere cognoissance. Si y peut avoir
un obstacle jouxte les paroles d’Ysaïe, qui dit que souvent le
: conseil des saiges | est irrité ou precipité de Dieu par faulte de bien recognoistre de lui. L'autre obstacle si est que, quelque grace de bon entendement ou discretion de bien jugier que Dieu ait mis en testes et comprehencions des jounes hommes, leur capacité ne pourroit les regards particuliers et cauteles ingenieuses qui afherent a si hault œuvre bien conduire ne comprendre.
. O guerre d’ennemis et division d'amis, discords de royaumes et batailles civilles et plus que civilles au dedans des cités et des seigneuries, par vous est mis le joug de serwitute sur les treshaultes puissances, par vous est donné a cognoistre aux hommes mortelz que sur eulx regne Dieu immortel, qui l’orgueil de leur fier povoir peut reprimer et
Co]
A2 LE QUABRILOGUE INVECTIF
asservir a mendre de soy et la vanité de leurs. grans habondances chastier et ramener a indigence et mnecessité. Soit “ doncques regardé quans aguetz d’ennemis, dangiers des servans et souldoiers mal contens, indignacions de gens
escondiz ou reboutez, murmure de subgiez, plaintes de peu-
ple et de commun, rappors divers et souspeçonneux, ligues et riotes entre les siens, prince menant guerreest tenu d’escouter, doubter et refraindre, et chascun cognoistra que plus
a d’eur, sceurté, franchise, sufhsance et faculté de vivre a son
4 ( Ci LE CEQI qe Rent ie oré, en la loge d’un petit bergier que es haulx palais des
princes que grant autorité de seigneurie a fait estre serfz a plusieurs pour icelle avoir, : mais plus que serfz quant le besoing contraint a la defendre. Or est a juger selon ces
premisses lestat etinfelicité des princes qui, pour acquerir
seigneurie où pour demourer seigneurs de celies qui leur appartiennent, sont faiz serfs et suboiets a gens de diverses
affections, de contraires voulentez, et a pourveoiret avoir
l’ueil a choses repugnans et aux cas qui soudainement leur
sourviennent soit en leur avantaige, quant bien en veulent user, ou en leur prejudice, se obvier n’y scevent. Dont se.
peut ensuivre clerement que, se le plus saige prince que onc-
ques Dieu meist sur terreestoit environné de pesans affaires
et de cuisans poinctures, qui pour relever ceste sergneurie opprimee sourviennent en chascun jour, dur lui seroït a y pourveoir au bien de la chose et aux divers appetiz des
hommes. Le savoir raisonnable croist avecques les ans et la longue vie et grans experiences font les certains jugemens,
si est la savance quise en ceulx qui plus ont veu et plus vescu. Neantmoins a eu la seigneurie mestier jusques cy de prince saichant et de assistence de gens qui aient savoir. Et se des oeuvres passees en ce temps de gmerre se peut faire rapport sans vanterie et sans arrogance, On a peu veoir, en po de jours, ung prince eñ joune aage esloignié par