LE CLERGÉ : INDISCIPLINE DES NOBLES SI
trouvé en fait de souveraine proesce, nul n’estoit appellé aux gaiges d’omme d'armes s’il n’avoit prins honnestement prisonnier de sa main ; maintenant savoir ceindre l’espee et vestir ung hauberjon sufhist a faire ung nouveau capitaine Or avient que sont faictes entreprinses ou sieges assis ou le ban des princes est crié et le jour souvent nommé pour les champs tenir, mais plusieurs y viennent par maniere plus que pour doubte d’y faillir et pour paour de avoir honte et de reprouche plus que pour vouloir de bien faire, et'si est en leur chois le tost ou le tart venir, le retour ou la demeure.
Et de telz en y a qui tant aiment les aises de leurs maisons
plus que l’onneur de noblesse dont ilz les tiennent que, lors qu'ilz sont contrains de partir, voulentiers les portassent
avecques eulx, comme les limaz qui tousjours trainent lac® |
ï coquille ou ilz se. hebergent ; et s’ilz les vouloient garder «par maniere que elles leur ent acquises, ce ne seroit /. pas en y reposant, car au travail de leurs corps et au peril de leurs vies ont les anciens nobles hommes acquis les honneurs et les droiïs des noblesces. Nous voions nostre prince qui depuis quatre ans n’a cessé de voiager sans guaires de repos ne d’arrest, nous voions les estrangiers alliez de nostre royaume qui passent les fortunes de mer pour venir a nostre secours et estre parçonniers de nostre adversité et de
nostre paine, et les plusieurs de ceulx qui sont tenuz de
defendre actendent et escoutent quel en sera le bruit, et se
laisseroient avant chacer et charger du fais de la guerre jusques a estre deboutez de leurs maisons qu’ilz meissent paine ee prevenir ne de chacer la guerre loing de soy. Ceste ignorance ou faulte de cuer est cause des durtez et rapines dont
lle peuple se complaint, car, en default de ceulx dont on se
devroit aider, a convenu prendre ceulx que on a peu finer et … faire sa guerre de gens acquis par dons et par prieres ou lieu de ceulx qui leur devoir et loiaulté y semonnoit. Si est faicte