LE CLERGÉ : DISCIPLINE ROMAINE
Mouvoir nous pevent a ce faire moult d’ancienneshistoires, mais avec ce nous doivent contraindre les maulx qui par oultrecuidance et faulte d’obeir sont avenuz et aviennent en noz vies devant noz yeulx ; et, se histoires proufhitent a
regectier ung pou cest orgueil, lisons Titus Livius et nous |
trouverons que les dictateurs et les conseulz qui conduisoient les batailles rommaines estoient’ souvent esleuz a Romme de vaillanz hommes que on envoioit querre es champs ou ilz faisoient les labours des terres, comme il avint de Fabricius, de Lucius Quintus et de pluseurs autres, qui neantmoins estoient si craintivement obeiz que, ou les faultes advenoient contre discipline d'armes, pitié n’y avoit lieu, lignaige ne hault port n’y donnoit faveur et prieres n'y avoient mestier. Si estoit tele leur euvre que par euvres et ensaignemens ilz apprenoient aux gens qui armes portoient que plus estoit a doubter le chevetaigne que les ennemis et les honteux paines des honteux defaulx plus cruelles que les plaies qu’ilz rapportoient des adversaires. Celer ne se peut ce que loiale affection contraint a dire et, quoy qu’il touche aux haulx faiz et haultes personnes, j'en parle selon ma petitesce, mais oncques ne fut veue a l’ueil ne levé par escript maindre discipline ne plus fraelle justice d’armes que celle que nous disons tenir sur nostre chevalerie. Qui sera cellui qui me puist mectre avant ung hault honneur rendu pour vertueux service ne une seule correction pour deliz infimiz commiz en chief contre toute ordonnance d’armes et au revers des loys et coustumes des preux et des vaillans ? Et se aucun en enquiert pour savoir ce que nul ne peut ignorer, quans avohs nous veu desobeir aux mandemens, enfraindre les deffenses, venir quant il leur plaist et s’en aller a qui qu’en desplaise, abandonner leurs gardes pour garder | choses abandonnees sans cause, livrer les forteresces pour soy delivrer de force, au besoing faillir et soy rendre sans besoing, faire
s4 :\ LE.QUABRILOGUE INVECTIP 0 NN
departir les compaignies et tenir compaignie a part? Ets’aucun . savoit de toutes ces choses moy monstrer une punicion dont l'exemple peust estre doctrine d'aucun amendement, aucunement seroit ramolliee la rigueur de mes parolles, mais a Dieu
me rapporte de ce qu’il en est, achascun de ce qu'ilen con-
gnoist. Piz me fait que les nobles hommes y prennent si peu
garde que a peu se laissent ja les pluseurs couller en Pordonnance des autres, sans difference de meurs ne de voulentez, et ne craingnent aucuns encourre male renommée contre qui noble cuer doit avoir plus mortelle guerre que contre autres ennemis, et doivent contre les autres celle merche porter que leurs euvres les facent cognoistre des autres et que nul d’eulx en son semblable ne laïsse tache de reprouche sans y donner le remede, comme firent les Scipions a Romme quant ilz osterent a l’un des hoirs de Scipion l’Auflricain lannel qu’il portoit, où estoit empraint l’imaige du vaillant Scipion, pour ce qu'il ne faisoit pas les oeuvres de cellui dont il portoit si noble ensaigne.
De Marcus Scaurus est il aussi escript une responce de vertueux pere et vergoigneuse aux gens de failly couraige,