‹ Le quadrilogue invectif 1923Chapitre 43 sur 55 · ES · texte numérisé non relu

ES

car, comme il lui fut noncié que son filz s’en retournoit |

villainement d’une bataille et venoit devers lui, il respondy

que plus joieusement il allast a l’encontre de ses ostz, s’il lui

feust rapporté mort par vaillance, qu'il ne le recevroit en sa

maison aprés une faulte si deshonnourable. Ce futditde pere constant et entierement ferme de garder l’onneur de sa

os

maison et de sa noblesce et fut sentence d’omme de grant

gravité ; mais par la bouche de femme et de fraelle sexe fut

en semblable cas seurmontée ceste parolle, quantune dame de haulte renommee vinta l'encontre de ses enfans qui d’une bataille s’enfuyoient et pour confundre leur vituperable honte et lacheté laissa la commune vergoigne feminine, car elle se descouvry par devant en leur disant, puis que fouir vou-

ENOUT

de grant abondance de bon vouloir.

TROISIÈME RÉPLIQUE DU CHEVALIER ro

loiïent, qu'ilz rentrassent ou ventre qui les avoit portez et A

que autre lieu n’avoit pour les sauver, comme s’elle voulsist

dire que mieulx leur vaulsist n'avoir oncques esté nez que estre

yssuz de son ventre au reprouche d’eulx et de leur lignee.

Si doit estre discipline de chevalerie et crainte d’onneur

gardee es maisons des nobles comme en lost du prince, car la reverence et salvable doctrine des vaillans peres et anciens

d’un lignaige peut plus aux jounes proufiter a vertu que la

- peur de la justice de leur chief.

En somme, se la sapience de Salomon, la proesce de

Hector, la constance de Machabees, la force de Sanson, la

cautelle de Ulixes, la multitude des legions de Daire et de Xercés et l'avoir d'Octovien estoit en ung ost desordonné

sans justice et sans discipline de chevalerie, la sapience seroit au paraller irritee, la prouesce ramollie, la constance

froissee, la force debilitee, les cautelles aneanties, la multitude dissipee et l’avoir delgasté, et, se bién y advenoit, plus devroit estre imputé a Fortune que Raison. Ces choses et noz autres defaulx ne sont pas a raconter pour entrer en

contempcion les ungs aux autres, ains seroient du tout a - traire a qui n’en vouldroit plususer pour correction que pour

reprouche. Si ne les recite pas pour donner charge, mais

pour y prendre adviz, et a tant suffise a chascun ce peu que j'en scay dire, car, quoy qu'il soit de petit effect, il procede

L'acteur. | Une seule replique requiert avoir cellui qui les armes

. portoit et prist a dire :

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