‹ Le quadrilogue invectif. EditéChapitre 25 sur 33 · I.E PEUPLE : l-AUTES DES NOBLES · texte numérisé non relu

I.E PEUPLE : l-AUTES DES NOBLES

retenir atrempance ne modcracion, ton inconstance doit estre dicte mendrc que la mienne et ton excusation mains recevable de tant comme ton sens et ton autorité est greigneure.

\'enons a parler de la folle erreur et des partiz que tu m'aciises d'avoir soustenuz, et s'il estoit aussi grant besoing :; du dire comme il est hoaneste du taire, de tel vice ou obprobre comme il y pent avoir, aucuns des tiens ne s'ensauroient laver ne que moy. Et puis que l'oeuvre de fait va devant les iilîections et les paroUes legieres du menu peuple, je m:e rapporte a toy de conclurre qui est de ce le plus chargié. lo Tant I puis je dire que j'ay creu ce que par lectres, par [»«] renommée et par prédications et enhortemens de presuhiptueux clercs, on m'a mis es oreilles. S'ilz ont erré, a eulx en doit on demander le retour et sur eulx en soit la vengence, quant soubz umbre de nous esclarcir vérité ilz nous ont mis 15 en ces obscures ténèbres.

D'une autre chose suis je par toy contraint de respondre, quant tu me notes de souppeçon, de faulte d'aide et de reffuz ou doubte de recueil de toy et des tiens, et que tu atFermes que ceulz du peuple, qui soubz ton umbre se sont mis sus, 20 font les deliz dont tu acquiers les mauvais loz. A peu de parolles, je ose affermer que tes faiz, que chascun congnoist, me donnent plus cause de défiance vers toy que au prince ne donnent de confiance, et, se moastrer le fault, je produiroye exemples en lieu de raisons et nommeroye les lieux et les ,3 villes ou pluseurs des tiens ont habité tant corne les vivres et les rappines des biens qu'ilz n'avoient pas acquiz les ont peu soustenir, mais ilz ont faUly aux places quant la proye leur a failly, et prins des amis ce qu'ilz n'eussent ozé sur les ennemis chalengier pour laissier les lieux aux ennemis qu'ilz :,o s'esioient chargez de garder aux amis. Assez me vueil de ceste chose taire a poy de parler,, mais, a ce que tu diz que aucuns des miens font les raaulx soubz umbre de toy, tek

36 LE Q.UADRILOGUE INVECTIF

qu'ilz sont tu les as faiz et de ce qu'ilz font tu dois porter le faiz. Tu leur es umbre a faire leurs iniquitez et ilz te font umbre a multiplier tes vices et croistre ta compaignie de larrons pour avoir plus de souldeeset acquerirgreigneur renommée, dont tu destruis le peuple et ton honneur, et si te ren- 5 dent tes péchiez et l'orreur des cruaultez de ta compaignie indigne d'avoir la grâce de bien faire, deffiez et descouragez d'avoir victoire sur tes ennemis, et en la fin te mectroni a confusion, se par meilleur adviz n'y donnes aucun prochain remède. u

L'acteur.

Ung peu musa cellui qui en armes estoit et puis reprist en cestc manière a parler :

Le chevalier.

A tes diz cognois je bien le vouloir de ton courage et que, 15 quant tu pues et oses, tes faiz et tes parolles sont en rigueur, mais quant crainte te oste le hardement, encore demeure ton langaige aigre et poignant pour tousjours courre sus par detraction a meilleur de toy. Tu fais tes plaintes de la vanité des pompes et dissolucion des estas de nous et semble que 20 trop fort te dueilles de la consumption des finances dont la despence est sur la bourse des nobles et les trésors en sont en tes coffres. Toutes voies ne te desplaise si je te dy que tu en faiz sur tous le plus a blasmer. Or te demande je doncques qui est le plus dommageable vice, ou a nous de abuser des 25 estas oultre ce que mesure donne quant ilz nous appartiennent, ou a toy de les prendre telz qu'ilz ne t'appartiennent pas ? Et pour conclurre sur ce point du temps dont tu parles et de cestui, j'appelle les vivans a tesmoing j que tu t'es selon [202] toy desroyé en tes estaz trop plus que nous, et tu en vois ^o

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