Guillaume de Tignonville
« Et sur ce. le dit duc de Berry rentra dedens. et fist tenir les huis s fermez ainsi qu'il avoit esté ordonné par Le dit conseil... Le dit « duc de Bourgongne. en grant doublant r. retourna en son hostel « d'Artois. Et afin qu'il ne feust prins ne arrêté, sans délay monta à (( cheval avec six de ses hommes seulement en sa compagnie, et se
parti parla porte Saint-Denvs, et hastivement chevaucha en pre- « nans auscuns chevaulx Douveaulx, sans arrêter en nulle place, « jusques à son hostel de Bapeaumes. Et quant il eust ung petit « dormy, il s'en ala sans délay à Lisleen Flandres. Et ses gens qu'il a avoit laissez oudit lieu de Paris, le suivirent le plus tost qu'ils « porent, doubtans d'estre arrestés et prins. Et pareillement, Raou- « let d'Actonville et ses complices , leurs vestements changez et « déguisez, se partirent de Paris par divers lieux, et tous ensemble « s'en alèrent loger dedens le chastel de Lens en Artois, par « l'ordonnance dudit Jehan de Bourgongne, leur maistre et sei- « gneur...
« Si fut lors dénoncé par toute la cité de Paris et tout commun, « que le dit duc de Bourgongne avoit fait faire cest homicide. Dont " Le peuple de Paris, qui n'estoit pas bien content du dit duc d'Or- « léans, et point ne l'avoient en grâce pour ce qu'ilz entendoient que « par son moien les tailles et aultres subsides s'entretenoient, « commencèrent à dire l'un à l'autre, en secret : « Le haston noueux « est plané ! ... »
Martial d'Auvergne, dans ses Vigiles de la mort du roi Charles VII, a présenté une relation rimée très sommaire de l'assassinat du duc d'Orléans ' ; en voici le texte, il est remarquable par sa froide et naïve simplicité :
Ce an, la veille Saint-Clément.
Sur la nuvt qu'on ne voyait goutte.
Le duc d'Orléans chaudement Eut quatre coups mortelz de route:
I. Martial d'Auvergne, littérateur <i poète, né à Paris en 1110 et mort en 1508 ; ses Vigiles <lr la mort du roi Charles VII ont été publi.'-.-- pour la première foia à Paria en i I93,in-f° ; on les retrouve <l;m^ le Recueil des poésies de cel auteur, imprimé à Paris en 172-i, 2 vol. in-8*.
"ili LE QUARTIEB BARBETTE
Auprès de la porte Barbette
Qu'il ne s'en cloubtoil nullement ;
Si fut sa sépulture faitte
Et mourut bien piteusement.
Le lendemain y eut grant deuil
Et fut à Paris inhumé
En grant service et appareil
Ainsi qu'il est accoustumé.