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troisième corps était commandé par Jean, sire de Malestroil. L'armée bretonne entra ainsi dans l*a ris, portant ses bannières déployées jusqu'au château du Louvre, où elle conduisit la reine et ses enfants. Les Parisiens murmurèrent beaucoup de cette entrée. Jamais.
disaient-ils. aucun prince n'avait osé porter ainsi ses bannières dans Paris. Les partisans du duc de Bourgogne échauffèrent tellement à ce sujet les esprits des Parisiens, qu'une nuit ils tendirent les chaînes des rues, dans le dessein d'attaquer le lendemain le duc de Bretagne; mais, ce prince, avant été averti du complot, rassembla toutes ses troupes autour de lui. Les Parisiens, confus d'avoir manqué leur coup, retirèrent les chaînes qu'ils avaient tendues, et envoyèrent le Prévôt de Paris vers le duc pour lui faire excuse. Néanmoins, par suite des succès et du pouvoir toujours grandissant du duc de Bourgogne, la reine se crut encore obligée de fuir Paris trois mois après; et, toujours sous la garde du duc de Bretagne, c'est à Tours, cette fois, qu'elle se fit conduire avec le roi et ses enfants.
Nous pensons avoir suffisamment établi les motifs et les circonstances de la présence à Paris du duc de Bretagne, ce gendre dévoué dTsabeau de Bavière, pour ne pas insister davantage sur les (aus.s probables de sa résidence à l'hôtel Barbette.
La tidélité du duc de Bretagne à la cause du roi et de la reine ne fut cependant pas de trop longue durée, car, deux ans après, attaqué par le comte de Penthièvre, protégé de Jean-sa lis- Peur, il s'empressa de faire sa paix avec le duc de Bourgogne, en attendant d'embrasser son parti et de s'allier aux Anglais. Malheureusement la défection du duc de Bretagne ne fut pas la seule ni la moindre de cette époque si profondément troublée, où l'exemple de la versatilité politique venait souvent des princes, de ceux-là mêmes, qui, par les liens sacrés du sang ou du mariage, approchaient le plus prés de la couronne : témoin cette trop étrange Isabeau de Bavière, qui finit par s'allier avec le meurtrier même du duc d'Orléans, cet implacable Jean-sans-Peur, sou plus dangereux
adversaire, et mil le comble à ses turpitudes en signant 1 infâme
traite de Troyes, ou (die déshéritait du tronc de France son propre /.c quartier Barbette. 6
fils, le dauphin Charles, au profit d'un de ses gendres, Henri V, roi d'Angleterre.
Le duc de Bretagne flotta longtemps entre le parti anglais et celui de 1 indépendance nationale; l'épée de connétable donnée en 1425, à son frère, le comte Arthur de Richemont, par Charles VII, le réconcilia définitivement avec la France, et ramena au service du roi cette pépinière de bons soldats et d'habiles capitaines que la bellicpieuse province fournissait depuis si longtemps. Jean VI avait la réputation d*un prince beau, bien fait, magnifique dans ses habits, dans ses meubles et dans sa dépense, mais trop facile et trop bon ; il fut le père de ses sujets, et mourut en 1442, âgé de cinquantequatre ans.
C'est vers 1410, à l'époque de sa première défection, que Jean VI dut abandonner l'hôtel Barbette. Son successeur dans cette royale résidence ne pouvait être encore qu'un personnage de marque, figurant aussi dans les événements de ce temps avec une certaine importance. Mais, cette fois, le nouvel hôte de l'hôtel Barbette fut un prélat, Jean de Château-Giron de Malestroit, plus connu sous le nom de Jean de Malestroit, évêque de Saint-Brieux, conseiller du roi et chancelier du duc de Bretagne. Issu d'une famille éminente qui avait produit déjà plus d'un personnage célèbre dans les fastes de la chevalerie bretonne, Jean de Malestroit avait été sacré évêque de Saint-Brieux en 1405. Comme chancelier du duc de Bretagne, il accompagna certainement Jean VI dans cette fameuse expédition de 1408, où l'on vit les sires de Malestroit et de Château-Giron, à la tète de leurs chevaliers, et bannières déployées, ramener à Paris la reine et ses enfants au grand émoi des bourgeois parisiens. Transféré, en août 1419, au siège épiscopal de Nantes, Jean de Malestroit fut. l'année suivante, chargé par le duc de Bretagne de négocier, auprès du roi d'Angleterre, la mise en liberté du comte de Richemont, fait prisonnier à Azincourt. Mais ses fonctions de chancelier ne furent point pour lui dépourvues de dangers et de mésaventures. Accusé. par suite du retard apporté dans l'envoi des subsides nécessaires, d'avoir fait manquer le siège de Saint-James de Beuvron, en Normandie, que tentait sur les Anglais, en 1 125, Richemont devenu
i.i. ni un :i.i; BARBE1 1 1. S'A
connétable, il fut, sur les ordres de celui-ci. arrêté et conduit en prison à Chinon. L'année suivante, il fut mis en liberté, sur sa promesse d'amener la conclusion de la pais entre le roi de Fram Le duc de Bourgogne. Cinq ans après, il devail être de nouveau victime des vicissitudes qu'entraînaient ses responsabilités. Le duc d'Alençon étant venu, en 1431, en Bretagne pour se faire payer 30.00(1 livres qui lui étaient encore «lues sur la dot de sa mère Marie de Bretagne, n'avait reçu qu'une partie de cette somme ; mais il revint sur la fin de la même année pour réclamer le reste, et n'ayant pu obtenir satisfaction a sa demande, il lit enlever le chancelier de Bretagne et conduire à la Flèche, puis enfermer au château de Pouencé. Le duc Jean VI, irrite de ['affront fait à son ministre, vint faire le siège de Pouencé, dont la mère et la femme du duc d'Aleneon faisaient justement leur résidence ; il pressa si vivement la place qu'il força son adversaire, le 21 février suivant, à lui demander la paix, à rendre le chancelier, et à payer tous les liais de la guerre. Après sa délivrance, Jean de Malestroit fut commis par le concile de Bàle pour la levée de quelques impôts sur le clergé de Bretagne. Il mourut le 14 septembre 1443 après avoir résigné son évèché à son neveu, Guillaume de Malestroit *.
Nous ignorons à quel titre l'hôtel Barbette était passé des mains du duc de Bretagne à celles de Jean de Malestroit. Selon toute probabilité, le duc de Bretagne octroya cette résidence à son chancelier, Tévêque de Saint-Brieux. en raison de ses services importants, et sans doute avec l'assentiment de la reine. Quoi qu'il en soit, on peut sûrement établir, à l'aide de deux titres de la maison du Temple, qu'il était déjà détenteur de l'hôtel Barbette au commencement de l'année 1411, puisque, aux dates des 3 et 17 février de cette année, on le voit, par ces deux titres, en aliéner gratuitement quelques dépendances en faveur de Guillaume Barrau, premier sécréta ire du roi '-'.