‹ Le quartier BarbetteChapitre 57 sur 121 · II. Q\ vis i ll.i; it viiiii.i 1 1. îl'.l · texte numérisé non relu

II. Q\ vis i ll.i; it viiiii.i 1 1. îl'.l

Sui\;uit l'usage de snn tempA, la reine Isaheau a\ait l'ail répéter |§f armoiries un peu partout, suit en émail sur des lianaps. nu

peintes ep tapisserie sur 1rs tentures de ses salles, à la grande

fureur, a-t-OP «lit. de son pauvre époux Charles VI, qui. dans s;, démence, ne pouvait ep supporter la vue sans entrer aussitôt clans un accès (le frénésie !- Aussi, quelque destination qu'elle ait donnée a cette partie de l'ancien hôtel de Moptagu, appelée la petite Barbette, soil cp l'adoptant pour son habitation particulière, ou bipp

en 1 all'ectant au logement de ses serviteurs et de ses ot'liciers. il parait certain que, suivant la inènie raison d'usage, les fusées de Bavière, peintes ou sculptées, devaient orner la porte de ce séjour et lui servir d'enseigne.

I c souvenir des fusées d [sabeau est resté pendant quelque temps attaché au nom d'une rue, qui esta peu près dans le prolongement de la rue de la Perle et qui aboutissait au derrière de l'hôtel des Fusées. Cette rue. qui s'était appelée d'abord rue de Thorigny à cause du voisinage d'un hôtel de ce nom, puis rue du Petit Paradis, à cause d'une enseigne, portant ce vocable, qui y était pendue, est devenue, depuis au moins trois siècles, la rue du Parc- Boyal parce qu elle conduisait jadis au parc de l'hôtel royal des Tourn elles. De cette rue, le nom de fusées aurait passé quelque temps à un hôtel qui y a été bâti dans la première moitié du dixseptième siècle, et qu'on voit encore vis-à-vis la rue de Sévigné '-. Enfin ce souvenir héraldique est resté si vivace dans ces parages que nous l'avons retrouvé sur le Plan général de la censive du Temple en 178Î) \ servant de dénomination au petit fief qui longeait alors la rue de la Perle et occupait la moitié environ de l'espace compris entre cette rue et la rue Barbette actuelle : il s'agit du liel îles Fusées, dont nous avons eu déjà occasion de parler ailleurs '.

Avec Diane de Poitiers. L'antique et vénérable logis de Barbette

l. Vallet de Viriville, Isabeau île Bavière, pp. 10 et 32,

t'euve. Les anciennes maisons de Paris, t. IV. p. 139. 8, Arch. Nat., N1 — l i (Seine .

4. \' < >i r notre article sur L'Hâte! de Thorigny Bulletin de la Sue. <le VHist. de Paris ei 'le l'Ile-de-France, 22* année. 1895. pp. 73 el 7:i.

(00 Lt: QUARTIER BARBETTE

jouit peut-être encore de quelque lustre; mais ce ne dut être, assurément, qu'un dernier reflet de ses splendeurs d'antan. Quant à l'histoire de cette illustre favorite, elle est trop connue pour tenter seulement d'en présenter ici la moindre esquisse. Il nous suffira de rappeler qu'elle était de sang royal par sa grand'mère, une bâtarde de Louis XI. qui avait été marié'- au sire de Saint- Vallier, son grandpère. Cependant le nom de Saint-Vallier nous ramène malgré nous au souvenir des prétendus rapports de galanterie qui auraient existé entre Diane de Poitiers et François I". C est une légende, ou pour mieux dire un mensonge historique, que ne font pas même pardonner les beaux vers qu'y a consacrés Victor Hugo dans le Roi s'amuse. Rien ne prouve d'ailleurs cet amour du père avec celle qui devait être plus tard la maîtresse de son fils. Il semble plutôt que cette légende n'a été inventée que pour flétrir l'acte de clémence du roi pour le père de Diane, en disant que celle-ci lavait payé de son déshonneur. Si le roi n'eût pardonné qu'à ce prix honteux, il eût pardonné tout à fait, car des grâces achetées à ce prix ne se donnent pas à demi, et il n'eût pas gardé le malheureux de Saint-Vallier en prison plus de quatre ans après. Si François Ier fut clément, c'est à cause du gendre, mari de Diane, M. de Brézé, fidèle et dévoué serviteur, que son zèle pour le roi avait conduit à dénoncer M. de Saint- Vallier. mais sans nul doute avec l'espoir du pardon : le châtiment de celui qu'il livrait l'eût trop puni lui-même '.

Xée en I L99, Diane de Poitiers était déjà quadragénaire et veuve depuis sept ou huit ans. lorsqu'elle devint la maîtresse de Henri II, alors dauphin, qui n'avait que dix-huit ans. Malgré une telle disproportion d'âge, elle sut toujours conserver le même empire sur le cœur de ce prince, tant ses grâces et sa rare beauté restèrent à l'épreuve du temps. Après la mort si tragique de son royal amant, elle se retira en son château d'Anet qu'elle avait fait construire par Philibert de l'Orme; elle y mourut en 1566, depuis longtemps abandonnée de ses anciens courtisans, et ne devant sans doute d'avoir échappé aux terribles rancunes de Catherine de Médicis

l. Edouard Fournier. L'Esprit dans l'histoire, pp. 150. 160.

LE QC \H ïir.li BARBET] II. H»|

qu'en lui abandonnant le château de Chenonceaux. Son litre de duchesse de Valentinois date de la deuxième année du règne de Henri II.

Si l'hôtel Barbette servit peu ou point d'habitation à Diane de Poitiers, ''II'' n'en fut pas moins - propriétaire el détempteresse . ainsi qu'elle le reconnut suivant déclaration par devant aotaires au Châtelel de Paris, le 23 février 1545 *, pour les S livres II sols \ deniers parisis •!•' cens et renie a paver et continuer de payer chaque année au Temple pour le <Iii hôtel : mention de cette redevance est encore l'aile, sur deux cueilloirs des années 1549 et 1550, de la façon suivante

Madame la duchesse 'le Valentinois, pour plusieurs grandes maisons, (•(mu-, jardins etappartenances, tenant, d'une part, à Monseigneur Jehan <le la Ballue, el d'autre pari à l'hôtel «le- Fusées, appelé l'hôtel Barbette,

doil par an de Ions de terre, cens el renie

S livres 1 1 sols i deniers parisis

A partir de 1553, cette redevance ne fut plus (pie de 12 deniers tournois, parce que, suivant un ('-dit du roi de la même année concernant les rentes foncières de Paris, le cens de l'hôtel Barbette .tait payé au Temple par le prévôt <'t les échevins de la ville de Paiis. à raison de 13 livres I» sols ."» deniers tournois chaque année. Diane de Poitiers s'étant rachetée <!<■ celle rente foncière suivant acte passé par devanl notaires du Châtelet le 2\ janvier 1553 ;.

I. Areh. Nat., S 5073b, n 7 de la 66' liasse; <-l S 5544 f* 147 r°. •>. Ibid., MM 168 el 169.

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