SCÈNE
5NEL, TEULIER
-mi. .1 demi déthahillé, entr'ouvre m porte.
Quel est le bougre qui fait ce vacarme? Ce»! toi. Teulier?Que le diable t'emporte 1 11 j a une demi-heure que
ndea tout Beul. \ <pii <-n ;i>-tu '.'
1 1 i i ii ii.
nel .'
'i- ce <|«i' 'puis ce matin,
elle n ii pas cessé de me travailler !<• corps.
De quoi parles-tu
QUESNEL
De ma diablesse, parbleu. Ma goutte. Impossible de fermer l'œil. — Avec angoisse. Et ce n'est pas tout, ïeulier, je le sens venir.
Qui?
QUESNEL
L'accès. Mes coliques néphrétiques. Elles se préparent depuis quelques jours... Ah ! pourriture de chair !
TEL" LIER
Prends-tu quelque chose ?
QUESNEL
Il n'y a qu'une chose qu'il nie faudrait, c'est le repos, les eaux. Faute de cela, le médecin me l'a dit, je serai enlevé, d'un jour à l'autre. Qu'y faire:1 II ne s'agit pas de nous. Il s'agit de la pauvre patrie qui est bien malade aussi. et que nous sauverons, n'est-ce pas. Teulier ? — Nous, nous y resterons tous.
TEULIER.
Ne te décourage pas si vite.
Je ne me décourage pas. Je sais que Custine ne pense plus à noLis. Ce matin, je ne voulais pas leur dire. Mais le général Moustache se garderait bien d'user sa gloire à tâcher de nous débloquer. Il nous laissera pourrir ici. Nous v passerons tous, l'un après l'autre. — Ah ! tant mieux, tant mieux, va; je voudrais que ça fût demain.
'1 Kl LIER.
Tu soutires, citoyen?
(H ESNEL.
Oui... Ah! la guenille, connue die se joue de moi ! — Allons, sacrebleu, laissons cela ! Quand on fait attention à elle, elle s'en donne à cœur joie. — Parlons d'autre chose.
TEl LIER.
que je voulais, justement.
i.'l lv\l !..
Tu avais quelque chose à me dire? Tu n'es donc pasfati- Tu peux dormir, toi.
TU LIER
Non, je ne pourrais pas plus que toi, cette nuit.
«,»l ESNEL.
Es-tu souffrant aussi? Tu as la figure couverte de sueur. < m gèle pourtant ici. Bougre ! ferme donc la fenêtre... Tu
i 1:1 LIER.
-t moralement que je suis malade.
ni ÊSIfEL.
ia pe'm*' iYcn parler alors ! Il n'y a de souffrances Iles du corps.
I il LIER.
Tu es aigri : tu ne pei que tu dis.
i l'âme! On ne peu! beaucoup souffrir de ce qui n'existe pas.
ion. Tous les jours, tu exposes ton corps ù itraille pour défendre la sainte Liberté contre l'atteinte
Q1 ESNEL, rad
Ne m h oute | encore m trie, cama-
li t»- tourment
II l III l;.
m esl dui It : vous avez condamné
i mort.
QUESNEL
Faute de mieux. Il méritait davantage. Enfin, ce sera assez pour lui.
TEL LIER
Vous vous êtes bien pressés.
QUESNEL
Il fallait se hâter. La ville savait tout. On devait rassurer l'opinion par un coup de foudre.
TELLIER
Qu'a-t-il dit pendant le procès ?
QUESNEL
Tu ne l'aurais pas reconnu : il était bien changé. Les premières minutes, il avait encore son air d'arrogance. Puis, tout de suite, abattu comme d'un coup de massue, tout rouge, cramoisi, les yeux lui sortant de la tête, il haletait ; il avait l'air d'un loup forcé et pantelant.
TELLIER
A-t-il avoué ?
QUESNEL
Jamais. Seulement, au commencement, il niait de façon furieuse. Peu à peu, sa voix s'est enrouée, et il se contentait à la fin de secouer la tête avec haine. Il sentait bien qu'il était perdu, qu'il n'y avait plus rien à faire.
TELLIER
Et avec l'autre, l'espion, — l'a-t-on confronté?
QUESNEL
Naturellement. Mais il a feint de ne pas le connaître. Je ne vois pas d'ailleurs comment il aurait pu agir autrement.
TELLIER, se promenant de long en large, à grandes enjambées.
J'aurais voulu être là.
QUESSEL.
Ce n'était une fête pour aucun de nous. Rien de pénible comme cet écroulement.
Crois-tu que j'aie dit cela, parce que j'aurais voulu me t de 1 humiliation de mon ennemi ?
QUESNEL
Je pensais.
TEL LIER, irrité.
Merci... J'ai plaisir à casser l'orgueil de ceux que je liais ; mais je ne recours pas à la justice pour cela.
QUESNEL
Tu es bien agité, ce soir.
TEL'LIEK, venant à Quesnel, et lui prenant les mains.
Quesnel, vous êtes sûrs, dis-moi, vous êtes bien sûrs?
ni ESNEL, ne comprenant pas.
t Kioi ?
ti:i LIER.
De son crime ?
Ql BSNEL.
i ? il te reste un doute? Ne sai>-tu pas sur quelles rasantes il a été condamné ?