S VIN T-.JI SI
Point d'amitiés! la Patrie.
ROBESPIERRE
Danton menace. Danton est suspect. Il se répand en paroles violentes et injurieuses. Il s'entoure d'intrigants, de débauchés, de financiers ruinés, d'olïiciers cassés de leurs ies. Les mécontents de toute sorte se rallient autour de lui.
SAINT-JLST.
< hie Danton disparaiss
ROBESPIERRE
Danton fut républicain. Il aima la patrie. Il l'aime encore, peut-être.
BAINT-J1 ST.
Il n'aime point la patrie, celui qui ne la respecte point par l'austérité de sa vie. Il n'est point républicain, celui qui a les vices et les maximes d'un aristocrate. Je hais Catilina. nique, sa lâche intelligence, sa politique ignoble, qui Hotte entre tous les partis, pour se servir de tous, avilit la République. Que Danton soit frappél
ROBESPIERRE
Il entraine dam sa chute l'imprudent Desmoulins.
béteui «'liront»', pour qui les malheurs de la patrie ., des effets de style, ce bel esprit vaniteux qui • la Libei té à une antitfa
ROBESP1I RRE.
m enfant, la dupe de ses amis et de son esprit.
SAINT-JUST
L'esprit aussi est un crime, quand la France est en danger. Les malheurs de la patrie ont répandu sur tout l'État une teinte sombre et religieuse. Je me défie de ceux qui rient.
ROBESPIERRE
J'aime Desmoulins.
SAINT-JUST
Je t'aime. Si tu devenais criminel, toi-même je t'accuserais.
ROBESPIERRE, gêné, s'écarte. Puis revenant, après un court silence.
Merci. — Tu es heureux ; jamais tu ne balances. Rien ne fait contrepoids en toi à la haine du vice.
SAINT-JUST
J'ai vu le vice de plus près que toi.
ROBESPIERRE
Où donc ?
SAINT-JUST
En moi.
ROBESPIERRE, étonné.
En toi, dont la vie tout entière est un modèle d'abnégation et d'austère sacrifice !
SAINT-JUST
Tu ne sais point.
ROBESPIERRE, incrédule.
Quel péché de jeunesse ?
s\lM-.M si. sombre.
J'ai été au bord de l'abîme; j'ai vu le crime au fond, prêt à me dévorer. Depuis, j'ai juré de le détruire dans le monde, comme en moi.
ROBESPIERRE
Je suis las parfois de cette lutte. L'ennemi est trop vaste.