‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 95 sur 151 · ROBESPIERRE, SAINT-JUST, BILLAUD-VARENNE, VADIER · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE, SAINT-JUST, BILLAUD-VARENNE, VADIER

Billaud-Yarenne, tète baissée, sombre, l'air écrasé de fatigue, les yeux un p Vadier, lèvres pincées, ricaneur, amer *. — Robespierre

at-Jusl se lèvent très froidement. Il- se salbaai de la tête, d'un ps-tit ■insse donner la main.

BILL M l>-\ 1RES NE.

Salut et fraternité.

v \Di!.i;. voyant Saint-Just.

t-Just... Uloris, ça ira. Nous rattraperons le temps perdu.

Billand el Vad al sans façon. Saint-Just se promène,

debout, appuyé contre la fenêtre. — Après un nlen

BO.LA1 i).

aillotine ] lu as trop attendu, Robespierre: nous h danger. Si Danton existe encore demain, la liberté est perdue.

aoBi spu >

< lurllt". nouvelles '

nt méridional très marqué. Il prononça i les t comme leur, ou au lecteur, d'j

tU THEATRE DE LA RÉVOLUTION

BILLAUD, des papiers à la main.

Regarde. Le traître a continué.

ROBESPIERRE

Qui?

VADIER

Ton ami. Maximilien, Camille, le cher Camille.

ROBESPIERRE

Il a encore écrit ?

BILLAUD

On vient de saisir ces épreuves. Lis.

VADIER, se frottant les mains.

La septième du Vieux Qordelier. La suite du Credo du bon apôtre.

ROBESPIERRE

Le fou ! Il ne se taira donc pas ?

BILLAUD, attaché à son idée fixe.

La guillotine !

SAINT-JUST, lisant avec Robespierre.

C'est une fille. Il souffre de la maladie de se déshonorer,

Et Danton ?

BILLAUD

Danton s'agite ; il pérore au Palais-Royal. Il insulte Vadier, moi, tous les patriotes. Desmoulins est avec lui. Ils sont attablés avec Westcrmann et des catins ; ils profèrent des injures obscènes contre le Comité. Le peuple s'attroupe et rit.

SA1NT-JI St.

Tu l'entends, Robespierre !

ROBESPIERRE, dédaigneusement.

Aucun danser. Avant nue Danton ait fini de boire, nous

que

- le temps de délibérer en paix. Regardant les papiers. Ainsi, l'insensé se suicide !

Ah ! cette ibis, mon cher, il a jeté son bonnet par-dessus Desmoulins.

BILLAl I).

Que sa tète suive le même chemin !

SAINT-Jl ST, lisant.

Il compare la Convention à Néron et à Tibère.

BILLAUD, H>ant.

Il ose dire que nous avons poursuivi Custinesur les ordres de Pitt, et non parce que Custine avait trahi, mais parce qu'il n'avait pas assez trahi.

VADIER, lisant.

« Le Comité réduira l'Assemblée à la condition servile d'un parlement dont on embastille les membres rebelles. x>

I 5P1ERRE, contrôlant la lecture.

11 \ a : « réduirait », et non pas : « réduira ».

\ \Diiu.

il la même chose.

BILLAl D, li-ant.

ie manque- t-il au Comité pour anéantir la République, si ceux di-s députés qu'il ne peut acheter il les envoie au Luxemboui -

ratifiant.

Il j .1 : il peut les envoyer >. e| non pas: • il les en\<>!

M I>. il. ![,..!;

pas toujours I

SAlIfT-Jl ST, lisant.

Il a l'effronterie de prétendre que « les bureaux de la

Guerre nomment à la tète des armées les frères des actrices avec qui ils couchent. »

VADIER

Désorganiser la Défense, avilir la nation aux yeux de l'étranger, rien ne l'arrête, quand sa langue bavarde et bègue le brûle.

BILLAUD

Le tout enveloppé d'appels à la clémence, de phrases sur l'humanité !...

VADIER

Des larmes en sucre, des devises de confiseur î

SAINT-JIST.

Point de plaie d'Egypte comparable aux hommes sensibles. Nul tyran ne coûte plus de deuils à l'humanité. Ils se disaient aussi des hommes sensibles, les traîtres de la Gironde, qui promenèrent par toute la France les torches de la rébellion.

ROBESPIERRE

Desmoulins est faible, enfantin, non factieux. Il fut mon ami d'enfance ; je le connais.

BILLAUD, soupçonneux.

Y a-t-il des privilèges pour les amis de Robespierre ?

VADIER, goguenard. Il lit le numéro du Vieux Cordelier.

Ecoute encore, Maximilien : voici pour toi. Il paraît que si tu fermes les maisons de débauche, si tu fais étalage d'un beau

zèle pour purifier les mœurs et chasser les p s, c'est sur

les instructions de Pitt ; car « tu ôtes ainsi au gouvernement un de ses plus grands ressorts : le relâchement des mœurs ». Tu entends, Incorruptible ? Ceci doit te faire plaisir ?

SAINT-.ll ST.

L'âme basse et hypocrite !

BILLAUD, violemment.

La guillotine !

Il 10111111', la tête sur la table, comme un bœuf abattu.

ROBESPIERRE

Il s'évanouit ?

VADIER, indifférent.

Un étourdissement.

Saint-Juat ouvre la fenêtre. Billaud revient à lui.

SAINT-J1 st.

Tu es malade, Billaud?

BILLAUD, d'une voix rauijue.

Qui es-tu?... Scélérats! — Je n'en puis plus. Voici dix nuits que je n'ai dormi.

\ ADIER.

Il passe ses nuits au Comité et le jour à l'Assemblée.

ROBESPIERRE

Tu travailles trop. Veux-tu qu'un autre te supplée, quelques joui

BILLAl I>.

lia tâche ne s'improvise pas. Correspondre avec les déparents, tenir dans sa main tous les iils de toute la France

- >nne ne le peut que moi. Si je m'interromps, tout l'écheveau s'embrouille. Non ; il faut (pie je reste jusqu'à ce que je cuve.

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