HOLTZMANN, loC. cU
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Lfe QUATRIEME ÊVA^GtLË
mort du Christ, et il fonde renseignement de la dernière cène sur le raj3port de ces deux idées, la mort et l'amour, la passion et l'agape-amoureucharistie; comme il associe étroitement la typologie de la pâque au récit de la passion, il retient par là même, quoique de façon moins directe, le rapport de Teucharistie avec le festin pascal. N'a-t-il pas pris soin aussi de noter que la multiplication des pains avait eu lieu à proximité de la pâque ^. Ce qui est vrai, c'est que, dans le quatrième Evangile, la mort du Christ n'a pas la même signification ; elle n'inspire plus l'espèce d'horreur naturelle que l'on sent encore dans les Synoptiques; elle n'est pas, comme dans Paul, la base de toute la doctrine ; en soi ce n'est qu'une volonté du Père, et, comme acte du Christ, une preuve d'amour; la pensée de l'évangéliste s'est familiarisée avec elle et l'a tournée de façon qu'elle n'a plus rien d'effrayant ni d'inquiétant ; le Christ en parle et il la traverse avec une telle sérénité que le lecteur n'en garde qu'une impression de vie. L'idée de la vie l'emporte assurément sur celle de la mort, et la mort n'est plus que la condition de la vie.
Cette conception du baptême et de l'eucharistie inaugure la doctrine des sacrements. Le baptême et la cène sont les deux mystères chrétiens, deux actes essentiels du culte et deux éléments de la foi. L'Évangile et la première Epître johanniques les associent plus étroitement encore que n'avait fait Paul. Ils sont figurés ensemble dans l'eau et le sang qui sont l'objet d'un témoignage si solennel dans le récit de la passion; ils reviennent encore, joints à l'esprit, dans la première Epître ; ils sont, avec l'esprit et par l'esprit, l'héritage que le Christ a laissé aux siens ^; et dans la pensée de l'évangéliste, le baptême chrétien correspond au baptême de Jésus, l'eucharistie à sa mort; par l'eau vient l'esprit; par le sang vient la vie, fruit de la mort; l'un complète l'autre, et tous deux sont véhicules de l'esprit; mais l'eau communique, le sang entretient la vie de l'esprit; les deux extrémités de la carrière du Christ marquent les deux pôles entre lesquels évolue la vie spirituelle du chrétien ^.
La présence d'un élément sensible dans la religion de l'Evangile spirituel n'a rien qui doive surprendre. Le culte en esprit n'est pas dépourvu de toute manifestation. De même que le Christ, tout Dieu et tout esprit en tant que Verbe, ne laisse pas d'être réellement incarné, le culte en esprit s'incarne dans les sacrements où agit l'Esprit, et il reste spirituel sous les signes sensibles. Au lieu de se contredire, l'évangéliste est fidèle à sa théorie de l'incarnation et à son idée générale du symbolisme religieux, de la révélation des vérités éternelles dans des images temporelles, de