Voir, par exemple, Ar/r. x
4. Cf. Uûim. IV, 42. Touchant le rapport de ce passage avec le Xd^o; to[j.£Ûç de Pliiloii et riiifUioncc générale de la doctrine philonienne sur la christologie
INTRODUCTION
tiens n'avaient déjà parlé du Logos et perçu un rapport intime entre lui et la manifestation du Christ \ Jean n'aurait pu supposer le Logos connu de ses lecteurs. Le Logos est connu ; ce qui Test moins, c'est son rapport exact avec Jésus ; Jean définit ce rapport. Pour s'être exercée autour de l'évang-éliste et avant lui, l'influence philonienne n'est pas plus sujette à contestation. Dans Philon lui-même, la théorie du Logos résulte d'éléments juifs et helléniques, de la combinaison de la Sagesse hébraïque avec les idées de Platon et la raison agissante des stoïciens ^. On pourrait nier tout aussi bien que Philon dépende des philosophes grecs, si le .fait de ne pas suivre jusqu'au bout les théories des auteurs non juifs était un argument recevable contre la réalité de l'emprunt ^. Il ne faut pas, d'ailleurs, exagérer le caractère transcendant du Logos de Philon, attendu que ce Verbe sert de médiateur entre Dieu et le monde, entre l'absolu et le contingent, touchant à l'un et à l'autre, ni la répugnance que l'idée du Logos opposerait à l'incarnation dans un seul être humain, vu que Philon lui-même décerne au Logos, entre autres noms, celui d'homme à l'image de Dieu, homme intelligible, et le fait apparaître en forme humaine aux patriarches ^. Peu importe que la pensée de Philon soit plus éloignée de Paul et du quatrième Evangile que son langage, il n'en reste pas moins que l'équation était facile à établir entre le Christ synoptique, l'homme céleste de Paul, et le Verbe homme et image de Dieu. L'emprunt qu'un philosophe n'aurait pas fait en cette manière, le théologien mystique a pu le faire, ou plutôt le compléter, sans autre souci de la logique et de Philon, modifiant inconsciemment l'idée du Logos pour la faire chrétienne et la prendre comme définition du Christ éternel ^. On peut donc et l'on doit soutenir à la fois que la conception
de l'Épître aux Hébreux, voir Holtzmann, II, 294-295; Ménégoz, Théologie de VÉpitre aux Hébreux, 197-217.
1 . Ap. XIX, 13, suppose le nom et son application familiers aux chrétiens d'Asie.
2. Cf. E. Herriot, Philon le Juif , 338 ; E. Schuuer, Geschichte d.jiid. Volkes im Zeitalter Jesu Christi, 3 JH^ 557 ; J, Réville, 88.
3. a On ne doit jamais perdre de vue, dans l'étude de la théologie judéoalexandrine, que si la philosophie grecque en fournit la substance, l'Ancien Testament est le moule dans lequel cette substance a été coulée. » J. Réville, 84.