‹ Le quatrième évangileChapitre 109 sur 857 · Cf. IIOLT/MANN, II · texte numérisé non relu

Cf. IIOLT/MANN, II

INTRODUCTION

mettre toute la religion dans la connaissance ; comme il ne prend de la sagesse non chrétienne que ce qui est compatible avec la foi commune et peut lui servir de recommandation auprès des contemporains ; comme il maintient énergiquement la réalité de l'apparition historique du Christ dans la chair et qu'il fait de Jésus le révélateur de l'amour divin ; comme il coordonne sa gnose, d'un côté à la foi, et de l'autre à la charité ; comme, pour lui, les enfants de Dieu sont, en définitive, ceux qui aiment, et les enfants du diable, ceux qui haïssent, le quatrième Évangile n'est pas un livre gnostique, mais un livre essentiellement chrétien, d'un christianisme plus savant^ non moins profond et vrai, que celui de la génération apostolique \ Sa théologie et son mysticisme sont essentiellement moraux. Au lieu de produire un système purement doctrinal et compliqué, de sacrifier la morale à la science, de constituer une aristocratie intellectuelle sous prétexte de religion, il borne sa spéculation à la théorie du Verbe incarné, conserve à la foi son caractère moral, et conçoit l'Église comme la société des saints, la communion universelle de la charité. Son idée de la communauté ^ chrétienne est ainsi très catholique, bien qu'il ne conçoive pas l'Église comme une institution hiérarchiquement organisée, fondée sur le principe de la tradition et de la succession apostolique, mais comme le siège et l'organe permanent de l'Esprit qui représente le Christ en tous ceux qu'unit la loi d'amour.

§ VI. — L'origine du quatrième évangile

On a pu voir comment la certitude d'une origine apostolique pour le quatrième Évangile s'établissait dans l'esprit d'Irénée ^. Elle se conserve à peu près de la même manière chez les défenseurs actuels de l'authenticité johannique. Ceux-ci s'autorisent du témoignage traditionnel, sans faire attention aux lacunes de ses commencements, puis de ce qui est dit du disciple bien-aimé dans le livre même, interprété comme une source de caractère rigoureusement historique ^. Le témoignage traditionnel désigne un ami intime de Jésus, que l'on suppose ne pouvoir être qu'un des trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, présentés dans les Synoptiques comme ayant été admis dans une plus étroite familiarité avec le Sauveur. L'on

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