Zahn, I, 677-679; Einleitung, II
8. Adv. Marc. IV, 3, 4 : (( Sed enim Marcion nactus epistulam Pauli ad Galatas, etiam ipsos apostolos suggillantis, ut non recto pede incedentes ad veritatem euangelii, simul et accusantis pseudapostolos quosdam pervertentes euangelium Christi, eonnititur ad destruendum statum eorum euangeliorum quac propria et sub apostolorum nomine eduntur, vel etiam apostolicorum, ut scilicet fidem quam illis adiniit suo conférât Quod crgo pertinet ad euangelium intcrini Lucao, (|uateiius communis ejus inter nos et Marcionem de veritate disceptat, adeo anticpiius Marcione est quod est secundum nos, ut et
INTRODUCTION
Mais le recueil évangélique n'avait pas encore, au temps de Marcion, la consistance qu'il avait acquise à la fin du second siècle. L'hérésiarque, en faisant son choix parmi les Écritures ecclésiastiques, a probablement déterminé l'Église elle-même à prendre une conscience plus nette de ce que nous appelons le canon du Nouveau Testament; en face du canon de Marcion qui comptait un seul Évangile et sept Epîtres de Paul, l'Église affirma le sien, qui désormais comprit quatre Evangiles, ni plus ni moins, avec les Actes, les treize Épîtres de Paul, la première Épître de Pierre et celle de Jean, c'est-à-dire les écrits qu'Eusèbe appelle homologoumèiies A certains égards, le quatrième Evangile convenait mieux à Marcion que celui de Luc , et l'on peut croire qu'il en aurait tiré parti s'il l'avait connu comme œuvre apostolique; s'il n'en tient pas compte, ce peut être que le livre n'avait pas le même crédit que les premiers Évangiles. Il est vrai, d'ailleurs, que le quatrième Evangile renfermait un système doctrinal relativement complet et défini. Il se prêtait bien moins que Luc aux manipulations théologiques de l'hérésiarque. Les disciples de Marcion durent plus tard s'occuper du quatrième Évangile 2; mais si le fondateur de la secte l'a connu, comme il est très vraisemblable, on ne peut prouver qu'il y ait eu le moindre égard. Héracléon, disciple de Valentin, est sans doute le plus ancien commentateur de Jean; il a écrit vers 160-180 ^, et il paraît attribuer notre Évangile à
ipse illi Marcion aliquando crediderit, cum et pecuniam in primo calore fidei catholicae ecclesiae contulit, projeclani mox cum ipso, postquam in haeresim suam a nostra veritate descivit. Quid nimc, si negaverint Marcionitae primam apud nos fidem ejus adversus epistulam quoque ipsius ? Quid si nec epistulam agnoverint? Carte Antithèses (l'ouvrage de Marcion) non modo fatentur Marcionitae , sed et praeferunt . Ex his mihi probatio sufficit. » Tertullien allègue encore cette lettre de Marcion dans De carne, 2, après avoir parlé de la suppression de Luc, i-n, dans l'évangile de l'hérésiarque : e Mortuus es qui non es christianus, non credendo quod creditum christianos facit, et eo magis mortuus es quo magis non es christianus, qui cum fuisses excidisti, rescindendo quod rétro credidisti, sicut et ipse confiteris in quadani epistula, et tui non negant et nostri probant. » Autant qu'on en peut juger par ces allusions, la lettre de Marcion était une profession de foi ecclésiastique; on ne voit pas qu'il y fût expressément question des Évangiles, et Ton n'est pas autorisé à dire (avec B. Wbiss, 13) que Marcion adhérait positivement à l'Évangile quadriforme et à l'origine apostolique de Jean. L'argumentation de Tertullien suppose simplement que Marcion, faisant profession d'appartenir à l'Église, a dû tenir pour bons les Évangiles de l'Église et recevoir le texte de Luc dans son intégrité, comme l'Église le lisait alors.
1. Cf. Hist. eccl. ni, 25. Le recueil contenait encore d'autres livres, selon les Églises.